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Société

Une élève de CAP privée d'examen à cause d'un dialogue de sourds


​Comment rater bêtement une épreuve d’examen sans être fautif ? C’est le sort réservé à une jeune femme inscrite en CAP. Le manque de sérieux de son centre de formation combiné à l’intransigeance du rectorat ont eu raison de son année de labeur.

Par Ludovic Grondin - Publié le Mercredi 2 Juin 2021 à 16:51

Juin-juillet, les mois d'examens sont là et doivent décider de la validation d’une année de travail acharné (en principe) de milliers d’étudiants. 

Cet aboutissement, Magalie (prénom d’emprunt) va devoir encore patienter pour le vivre. Ce jeudi 3 juin, elle devait participer à son EP3, c’est-à-dire à la troisième et dernière épreuve concluant son année de certificat d'aptitude professionnelle (CAP) en esthétique.

Mais c’est dans un tout autre registre qu’elle ferraille depuis trois semaines maintenant. 

Le 11 mai, elle reçoit du rectorat un courrier lui annonçant que son dossier est arrivé incomplet. Une réalité qu’elle ne conteste pas puisque l’erreur initiale provient bel et bien de son centre situé au Port qui forme aux métiers de l'esthétique et de la coiffure. Résultat : elle est exclue de cette épreuve numéro 3 qui doit se dérouler ce jeudi. Maigre consolation : elle a pu se présenter aux deux premières épreuves qui ont commencé lundi dernier. 

Ses parents, loin de s’en laisser compter, ont très vite contesté ce refus de passer l’EP3. Ne pas passer l’épreuve maintenant reviendrait à tout décaler à la session de septembre. Petite cause, grande conséquence. Elle a tout d’abord formulé un recours gracieux auprès du rectorat sans qu’aucune réponse ne lui soit donnée. Le papa de la candidate a embrayé avec un référé liberté devant le tribunal administratif. Examiné vendredi dernier, son résultat n’était toujours pas connu des parties à cette heure. 

Un cas "loin d’être isolé", de l'aveu du rectorat

L’heure tourne et la conciliation réclamée par le papa a été accordée à travers un rendez-vous calé ce mercredi 2 juin à 16H au rectorat, soit à la veille du fameux examen, ce qui fait vraiment court comme délai, regrette une nouvelle fois le papa. 

Le fin mot de l'histoire, nous l’avons obtenu ce mardi après-midi. La Division des examens et concours de l’Académie de La Réunion nous offre une réponse ultra détaillée sur ce cas précis, tout en informant qu’il est "loin d’être isolé". Chaque année, de nombreux apprentis se font ainsi avoir en raison du manque de sérieux de leur centre de formation. Car il revient aux centres de formation de soumettre le dossier de leurs élèves au rectorat. 

Malheur à ceux dont le dossier est transmis incomplet. "Ma fille fait les frais d’une posture administrative", évoque le père de cette élève alors qu’une meilleure communication entre centre de formation et rectorat pourrait régler de tels couacs facilement, selon lui. C’est d’ailleurs l’expérience d’un ancien de la formation continue puis de l’Education nationale qui parle. Il admet l’erreur initiale du centre de formation qui a oublié de joindre une pièce au dossier de sa fille mais, selon lui, le rectorat se devait d’alerter le centre pour verser la pièce manquante dans les délais. 

Au lieu de cela, la commission composée d‘enseignants et de l’IEN (inspection de l’Education nationale) a statué le 21 avril et "a logiquement exclu la candidate au motif que « les exigences pour se présenter à l’épreuve EP3 ne sont pas respectées »", nous confirme le rectorat.

Les élèves font les frais d’un manque de dialogue entre administrations

"Ils considèrent les candidats comme des pions, ça ne peut plus marcher comme ça", juge sévèrement le papa car derrière une décision administrative comme celle-ci, c’est tout un parcours de vie qui s’en trouve chamboulé. 

Faut-il y voir un manque de considération de la part du service concours et examens du rectorat alors qu’un simple coup de fil au centre de formation pour qu’il transmette la pièce manquante aurait suffi à résoudre le problème ? C’est la version que défend le papa. 

A l’inverse, le rectorat peut se prévaloir d’avoir informé le centre de formation précocement, dès le 30 octobre 2020 qu’il devait adresser l’attestation d’expérience professionnelle accompagnée des pièces justificatives au 12 avril au plus tard. "Ce premier envoi a été doublé d’une relance en date du 22 mars dans laquelle sont réclamés les dossiers complets, il y était de nouveau mentionné qu’à défaut les candidats ne seront pas autorisés à composer et que la note de zéro sera attribuée à l’EP3", atteste le rectorat.

"Par bordereau de transmission du 7 avril, le centre de formation a déposé au rectorat 8 dossiers, dont celui de Mme (…). Parmi ces 8 dossiers, seul celui de cette candidate est incomplet. En date du 17 mai, le centre de formation nous fait parvenir un recours gracieux reprochant à la DEC de ne pas avoir fait leur propre travail, à savoir vérifier les dossiers qu’ils présentent. Dans ce courrier, le centre traite la candidate à la fois comme candidate de la formation continue et comme apprenti. Un contrat d’apprentissage est produit avec courrier, il est non signé et donc non valide. La question du statut de cette candidate se pose légitimement", ajoute même le rectorat. 

Au-delà du cas personnel de sa fille, ce père appelle à "un travail en bonne intelligence pour en finir avec ce clivage qui existe entre la formation professionnelle initiale pilotée par des acteurs publics et de l'autre la formation professionnelle continue ou par alternance dont s'est emparée nombre d'acteurs privés", dit-il. Les premiers considérant les seconds, à tort ou à raison, "comme des boîtes à fric". Au final, ce sont des élèves comme Magalie qui s'en trouvent piégés. 

 




1.Posté par Veridik le 02/06/2021 18:20

La magnificence de l'administration du service public

2.Posté par On ne dit pas dialogue de sourds le 02/06/2021 18:57

On ne dit pas "dialogue de sourds" mais " procédure administrative française"
On ne dit pas "crétin" mais "fonctionnaire"

3.Posté par Lopin le 03/06/2021 05:44

Je dirais plutôt l incompétence des centres de formation privé qui accompagnent très mal leurs élèves et prennent un pognon de dingue à l état !
Ils ne sont même pas capables de constituer des dossiers avec les pièces demandées et en plus il faut encore le leur signaler ...

4.Posté par Portois Da Kour le 03/06/2021 06:10

Dans le cas présent c'est surtout le centre de formation qui fait n'importe quoi, pas l'administration.

5.Posté par Luc le 03/06/2021 07:01

Le rectorat est un truc énorme qui ne sert à rien et considère les filières techniques comme de la m..... la CMA ne fait rien pour que ça aille mieux, cette année panne de jury en cap esthétique et coiffure . C’est la honte !

6.Posté par RÉUNION Projet X le 03/06/2021 12:00

Courage à toi force et honneur bats-toi jusqu'au bout devant l'Empire gros bisous le Marocain

7.Posté par Centres de formation bidons le 03/06/2021 12:55

Étant jury, je peux assurer que nombre de centres de formation sont complètement bidons, et ne servent qu'à pomper les subventions. C'est un pur scandale, sur lequel la justice ferait bien de se pencher. Mais tant que les élèves ne déposent pas plainte...

8.Posté par eh oui! le 03/06/2021 18:43

Tout à fait d'accord post 7 , j'ai plusieurs fois participé en tant qu'examinateur dans des centres plus ou moins bidons ( ils sont nombreux , la formation professionnelle génère des millions d'euros de "bénéfice" au profit de ces centres souvent sous équipés , avec des formateurs qui le sont comme moi je suis curé!
Les perdants sont toujours les élèves qui , bien souvent ne se rendent même pas compte qu'ils se font berner car ils sont souvent en situation difficile, c'est d'ailleurs grâce à cela que ces centres se multiplient et aussi à causes des autorités qui ne font aucun contrôle!

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