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Un patron de transports en commun se bat contre les monopoles

Jeudi 29 Juin 2017 - 17:39

Eric Caroupapoullé, le PDG des Transports C. Joseph
Eric Caroupapoullé, le PDG des Transports C. Joseph
Eric Caroupapoullé, le PDG des transports C. Joseph, n'est pas content. Alors que sa société vieille de 60 ans, assure depuis des années les liaisons avec Cilaos et Petite Ile, il a récemment été averti qu'elle n'a pas été retenue dans le tour de table organisé par la Semitel pour le compte de la Civis, à compter de janvier 2018.

Les collectivités disposent de deux outils pour passer les contrats de transport en commun : soit la formule du marché public, qui permet de partager les lignes en lots et de satisfaire un grand nombre d'entreprises tout en faisant jouer la concurrence, soit la délégation de service public qui passe par un seul marché et à laquelle seuls les gros groupes peuvent répondre.

C'est bizarrement cette deuxième formule que choisissent la plupart des collectivités, dont la Civis ici concernée.

Dans la plupart des cas, mais n'y voyez aucune malice, ce sont des SEM dans lesquelles les communes ou les communautés d'agglomération sont largement majoritaires qui emportent le marché. Comme par hasard...

Dans le marché qui nous intéresse, c'est la Semitel, dans laquelle la Civis est actionnaire à 70%.

Dans ces conditions, ce sont la plupart du temps les entreprises (choisies en fonction de quels critères?) qui composent le reste de l'actionnariat des SEM qui se partagent le gâteau, tandis que les autres restent sur le bord du chemin.

C'est ce qui risque de se passer en l'espèce. Le 8 juin 2016, Albert Perianaygom, le PDG de la Semitel, a averti Eric Caroupapoullé que son entreprise n'assurera plus les lignes de Cilaos et de Petite Ile à compter de janvier 2018, sans même lui laisser la possibilité de faire une offre puisque ces lignes ne sont pas détachées et que C. Joseph n'a pas les moyens, seul, de soumissionner à l'ensemble du marché des lignes du Sud. Seule la Semitel, associée à Transdev, a les capacités financières et techniques pour le faire.

Si C. Joseph perd le marché, c'est une cinquantaine d'emplois qui seront supprimés, suite à la perte de la moitié du chiffre d'affaires de l'entreprise. Et alors même que C. Joseph est le deuxième employeur de Cilaos et de Petite Ile...

La demande d'Eric Caroupapoullé est simple : il souhaiterait que l'on abandonne la procédure de délégation de service public et qu'on passe plutôt par celle des marchés, la seule qui permettrait à des petites sociétés de transport en commun, très nombreuses à la Réunion, de candidater et d'éviter de disparaitre.

Et, histoire de mettre un peu la pression sur la Civis qui devait tenir son conseil communautaire le 3 juillet, mais qui vient de décider de repousser cette date, Eric Caroupapoullé a décidé de porter plainte au pénal, aidé en cela par son avocat Me Philippe Cressens, "contre les personnes qui se sont entendues pour créer un monopole de transport de personnes à la Réunion".

Une plainte auprès de l'Autorité de la Concurrence avait déjà été déposée en 2016 mais il s'agit de procédures très lourdes et très longues. Eric Caroupapoullé espère que les choses iront plus vite cette fois.

Mais tient-il à préciser, "je n'ai rien contre la Civis. Ce que je dénonce, c'est l'existence d'un monopole".

Une partie des bus de l'entreprise C. Joseph
Une partie des bus de l'entreprise C. Joseph
Pierrot Dupuy
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1.Posté par Sabine HOARAU le 29/06/2017 21:41

Cressens est dans la place? Vous n'avez rien contre la CIVIS, par contre eux ils ont qq chose contre vous. Attention pren garde comme dit créole, cat y donne la roue y pousse pas le charrette. Dans le cas ou supposons que certains membres de la CIVIS disposerait de ticket VIP au tribunal, je vous propose de rejoindre l'équipe de l'association Les Révoltés du 974, lanceurs d'alerte, puisque apparament vous êtes maintenant un lanceur d'alerte .
- "C'est bizarrement cette deuxième formule que choisissent la plupart des collectivités, dont la Civis ici concernée.
Dans la plupart des cas, mais n'y voyez aucune malice, ce sont des SEM dans lesquelles les communes ou les communautés d'agglomération sont largement majoritaires qui emportent le marché. Comme par hasard...

2.Posté par GIRONDIN le 30/06/2017 08:11

Marché sur mesure ??

Ici jamais !

3.Posté par ANGO le 02/07/2017 07:51

Ya pas mort d'homme, Albert Perianaygom, le PDG de la Semitel, est obligé de reprendre au moins 25 personnelles de Eric Caroupapoullé, c'est la loi qui veut ça ! Perdre le marché c'est une chose, mettre au chômage 50 employés, c'est prendre en otage le personnelle et ça honteux !!!

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