Faits-divers

Un papa écrasé, faut qu'ça rapporte, et gros !

Correctionnelle Champ-Fleuri mardi 24 septembre 2019

Jeudi 26 Septembre 2019 - 08:51

Il y a des familles de charognards qui donnent envie de gerber. Le 18 février 2018 vers 6h45, un homme de 63 ans s'est fait renverser par une voiture aux alentours de la Technopole de Saint-Denis. Les faits sont aussi simples que navrants...

Tout a été tenté pour le sauver
 
Vers 6h15, une infirmière au CHU de Saint-Denis, finit sa nuit de boulot. Elle est harassée : elle a effectué un remplacement impromptu après sa journée de travail. Ils sont en sous-effectif, on le sait, mais rentabilité avant tout ! C'est le résultat d'une politique voulant que les services de soins doivent désormais rapporter du pognon... alors qu'avant, ils devaient soigner les malades. Merci patron !
 
Cette dame habite dans l'Est et, pour rentrer chez elle, emprunte le boulevard Sud comme toujours. Une route qu'elle connaît par coeur. Peu après Canal +, elle est surprise et éblouie par le soleil. Un choc, le pare-brise qui éclate... elle s'arrête. Pour constater qu'elle vient de renverser un vieil homme qui a tenté de traverser la quatre-voies à un endroit où il n'y a aucun passage pour piétons. Ce genre de drame est malheureusement trop fréquent dans toute l'île.
 
On se demande quel est l'esprit malade qui a conçu des voies rapides entre deux ronds-points sans passage piéton. Explication : les ronds-points débiles et chers, même à cent mètres l'un de l'autre, rapportent de juteux pourcentages aux ingénieurs de secteurs ; pas les passages pour piétons, pas assez chers sans doute ?
 
Notre infirmière fait ce que ferait n'importe quel conducteur honnête dans un tel cas : elle appelle pompiers et gendarmes. Les pompiers sont là très vite, procèdent aux premiers soins puis emportent le malheureux à Bellepierre (il n'est pas mort). L'accidenté va y rester quelques heures avant d'être transféré par hélico au centre hospitalier Sud dans un service spécialisé.
 
Un phénomène surprenant : que ce soit à Bellepierre ou à Saint-Pierre, aucun membre de la famille du vieil homme ne viendra lui rendre visite.
 
Un pauvre homme solitaire, c'est toujours bon à prendre
 
Une constatation importante : chez la conductrice comme chez le piéton accidenté, on n'a relevé aucune trace d'alcool ni de stupéfiant.
 
Le vieillard décède après plus de 24 heures de soins intensifs : polytraumatisé, il n'avait aucune chance d'en réchapper.
 
La conductrice reconnaît qu'elle était très fatiguée après toute une nuit de travail. On le serait à moins. Cette dame, qui a plusieurs fois exprimé ses regrets envers la famille du mort, reste traumatisée plus d'un an et demi après l'accident. On peut le comprendre : elle n'a aucune mention à son casier judiciaire, n'a jamais eu de PV, n'a jamais blessé ni, encore moins, tué personne. Ce que le président Molié a exprimé très humainement :
 
« Votre métier consiste à soigner, voire sauver des gens ; pas de les tuer. On comprend que vous soyez manifestement affectée aujourd'hui encore ».
 
Les circonstances des faits ont largement été mises sur la table au cours de l'audience : le soleil à ras du sol, l'absence de passage protégé, la faible vitesse de la voiture, l'éblouissement de la conductrice... tout, tout, tout a été dit.
 
Y compris le fait que ce pauvre homme de 63 ans vivait seul : il était divorcé et ses propres enfants, de leur aveu-même, ne venaient le voir que le plus rarement possible.
 
Et c'est là qu'on tombe des nues...
 
Les rapiangs à deux pattes : une honte !
 
La procureure Carniéllo ne s'est pas acharnée sur la fautive. Sans omettre le moindre détail lors de son réquisitoire, madame Carniéllo n'a requis aucune peine, s'en remettant à la sagesse des juges.
 
La famille de la victime, en revanche, avait dépêché une avocate pour tomber à bras raccourcis sur l'infirmière : ce père, cet ex-époux que plus personne ne considérait sinon avec indifférence voire mépris, il fallait bien que ça rapporte ! Même l'ex-madame a fait dire son « immense chagrin ». Quel chagrin ? Ils l'ont tous laissé mourir comme un chien, ne sont jamais venus le voir, n'ont même pas pris de ses nouvelles par i-phone interposé. Mais ils ont tous voulu se faire payer au moins les frais. Quels frais, direz-vous ? Mais c'est évident, voyons : les « frais de messe » (mi espère bon Dié la tourne la tête, si lu la entende ça alorss' !)... les « frais de voyage »... « pou venir au corps » comme dit Créole... et le « préjudice moral », ça compte non ? Ben oui,... ça compte, très gros même.
 
On a du mal à entendre ça et rester stoïque. J'ai bien failli sortir de la salle pour aller gerber. Ce vieil homme solitaire, ce vieil homme qui n'intéressait personne de sa famille, devenait par la voie magique du fait-divers ce qu'ils avaient de plus précieux au monde. Tant il est vrai que l'argent n'a ps d'odeur, pas même celle du sang frais.
 
Maître Rochambeau, avec infiniment de tact, a retracé les faits en insistant sur le côté inévitable, « la circonstance indépendante de toute volonté », l'absence de passage protégé, l'habitude malencontreuse qu'ont les piétons de traverser les voies rapides sans précaution, le fait que l'homme a sans doute surgi de derrière un de ces grands palmiers d'où il était peut-être invisible...
 
« Le prix de la souffrance » : on croit rêver !
 
La plaidoirie a été efficace : l'infirmière a été relaxée mais...
 
Mais la décision des juges en a surpris plus d'un. Si la conductrice est reconnue non-coupable, la famille de ce mort que tous ignoraient a touché le gros lot. Ce sont les assurances qui vont jouir ; et l'avocate de la partie civile aussi, je présume : 8.000 euros « pour le prix de la souffrance » ; 10.000 euros « pour le préjudice moral » (où voient-ils de la moralité, chez ces grippe-sous ?) ; plus deux fois 5.000 euros pour les deux orphelines... qui ne venaient jamais voir leur père (elles l'ont reconnu) ; plus encore trois fois 3.000 euros pour je-ne-sais quels frais « de voyage »...  y compris pour l'ex-épouse qui avait sans doute oublié jusqu'au prénom du malheureux piéton !
 
L'accusée, elle, bien que relaxée, n'en menait pas large : elle n'aura pas assez de toute une vie pour effacer de sa mémoire les terribles images de l'accident et leur fatale conséquence.
 
Je lui souhaite sincèrement de parvenir à faire le vide : n'importe lequel d'entre nous, sauf peut-être un Malik Unia, et encore ! n'aurait pu éviter le choc.
Jules Bénard
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1.Posté par titi974 le 26/09/2019 09:05

Il y a des gens écœurants sur cette terre ils en arrivent même à se faire du fric sur le dos d’un mort qu’ils ne considéraient pas depuis des années et que dire de cette justice qui va jusqu’à leur donner raison dans leurs démarches de charognards c’est consternant.

2.Posté par Ti Tangue zilé zone le 26/09/2019 09:07 (depuis mobile)

Bande de M .................malheureusement ils ne sont pas seul ces rapiangues

3.Posté par joyeux joyeux le 26/09/2019 09:24

cette article n'est en rien un article d'information... mettez de coté vos avis et émotions, c'est de la manipulation public. on est pas intéréssé par vos état d'ame

4.Posté par Pleureur professionnel le 26/09/2019 10:06

Rajoute 500 euros et mi pleur plus fort !

5.Posté par Veridik le 26/09/2019 10:26 (depuis mobile)

Vive la justice française

6.Posté par simbad le 26/09/2019 08:54

mi en vomi deja en llizan lé fé..la honte fé lo frik si la tèt "papa".

7.Posté par Dom974 le 26/09/2019 10:55 (depuis mobile)

Toute personne a un prix, c pas parce que la dame est une très bonne personne sur et certains qu''elle ne doit pas payer quelques choses. Le justice dit bien ont doit rester maître de notre véhicule par toute circonstance

8.Posté par LadiLafé le 26/09/2019 11:02 (depuis mobile)

Si seulement c''''était un cas isolé, moi, je connais une vieille femme qui a fini sa vie complètement seule, dans l''''indifférence.
Ses enfants se sont souvenus qu''''ils avaient une mère quand il a fallut partager l''''héritage,.

9.Posté par bob le 26/09/2019 11:35

Non mais c'est quoi cet article ? Vous êtes l'avocat de la dame, son neveu ou que sais-je ? Comme dit @3 ça n'est pas de l'information mais un déballage de sentiments et des émotions du journaliste, ce n'est pas à proprement parler ce que nous attendons lorsque nous nous rendons sur un site d'informations.

10.Posté par pipo le 26/09/2019 12:42

Jules vos écrits me font tellement penser à ce que l'on trouve dans la presse Malgache!

11.Posté par Vilinmanir le 26/09/2019 12:50 (depuis mobile)

Émotion ou raison ? .Nous ne devons pas juger cette famille...Souvent d''ailleurs c''est au moment d''un drame que des familles se restructurent.Alors faisons fi de nos émotions, de nos passions ! la justice tranchera selon le droit, rien que le droit.

12.Posté par olive le 26/09/2019 13:01

un mec bourré allongé sur la route, et bien la justice considère que le piéton ne commet aucune faute inexcusable... c'est l'automobiliste qui est en tort : chacun doit être maître de son véhicule, patati patatas,
voyez-vous, il y a les assurances (donc les assurés indirectement...) qui paieront. Par contre, quand il s'agit de mettre en cause un fonctionnaire (donc l'Etat), là les juges trouvent toutes les excuses au fautif : il ne pouvait pas savoir, le lien de causalité n'est pas établi ou autres motifs falacieux. vous avez dit Justice ??? tout cela est du théâtre, les juges font semblant

13.Posté par Rouloulou le 26/09/2019 13:25 (depuis mobile)

Post 3 : comment alors rendre compte d'une telle ignominie sinon en la relatant comme l'a fait Jules Bénard ? Le rôle du journaliste c'est aussi susciter l'émotion si son intime conviction l'amène à s'indigner. Vous êtes des pisse-froids hypocrites.

14.Posté par polo974 le 26/09/2019 13:33

Si je me rappelle bien, Pierrot demandait que le bvd sud soit mis à 90 au lieu de 70...

Jules, j'ai apprécié la lecture de ton article... même s'il a un parti pris, surtout parce qu'il a un parti pris ! ! !

15.Posté par Miguel le 26/09/2019 11:46

On n'a que faire de votre déballage trés bien orchestré et de vos considérations qui ne peuvent être que personnelles la Loi est la Loi et est la même pour tous et la Loi dit que l'on doit rester maître de son véhicule en toutes circonstances un point c'est tout. Si vous pensiez faire pleurer dans les chaumières c'est raté les réquisitions appartiennent à ceux qui rendent la Justice en l'occurrence les Juges et non vous qui vous prenez pour un justicier alors que vous êtes un justiciable devant la Loi...

16.Posté par Dubois le 26/09/2019 13:48

Des bouffes me...e ces gens là.

17.Posté par Miguel le 26/09/2019 13:30

La Loi est la même pour tous elle dit que l'on doit rester maître de son véhicule en toutes circonstances donc sans commentaires..

18.Posté par MAILLOT le 26/09/2019 15:32

la loi le permet , c'est le problème, et ces personnes incriminées sont rentrées dans la brèche ( c'est comme la Balkany qui est devenue maire ...légalement) .
Néanmoins Mr Jules Benard, aucune observation sur votre entrée en matière : elle venait vivre au sein de l’hôpital pour des raisons (certainement financières) un calvaire.
cela peut encore arrivé demain avec les problèmes que rencontre l’hôpital public actuellement et la fatigue dans laquelle le personnel soignant se trouve.
Que fait l’hôpital de cette situation ?? est elle considérée en accident de travail lors de ce dramatique accident?? as t elle eu les accompagnements nécessaires ???
Bon courage à cette dame et à sa famille.

19.Posté par Miguel le 26/09/2019 16:47

S'apitoyer sur le sort de Madame et un peu fort de café vous ne croyez pas?
Bientôt ça va être la faute du défunt d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment il n'en reste pas moins qu'elle est entièrement responsable aux yeux de la Loi de la mort de cet homme. Il ne faudrait tout de même pas inverser la situation ....

20.Posté par PEC-PEC le 26/09/2019 19:33

A 3, 9, 11 un seul mot empathie.....
Comment porter sur ses épaules le poids d'un mort et comment supporter que des roulures qui ont oublié leur papa viennent pour toucher le loto sur le dos de l'homme décédé.....
Oui Jules à pris le parti de la conductrice qui elle au moins est touchée. Pourquoi un journaliste n'aurait pas le droit de parler avec le cœur, qui peut le lui interdire ?
Quand Antoine Blondin parlait de vélo il le faisait avec le cœur pas seulement en rapporteur de nouvelles !
Quand Albert Londres écrit sur tous les héros du début du 20ème siècle (de Staline à Gandhi entre autres) il écrit avec ses tripes, il n'est pas que témoin de son époque et c'est bien là le charme de son écriture........

21.Posté par Ken le 26/09/2019 20:21

Toujours aussi pénible avec son communisme instinctif primaire le Jules Bernard...non, le système de santé public ne doit pas « rapporter du pognon » il faudrait juste qu’il arrête d’en perdre 10% de plus que tous nos voisins Européens avec le seul service qui se détériore...

22.Posté par Miguel le 26/09/2019 21:08

Quoi qu'il en soit la dame porte la responsabilité de la mort de cet homme et elle doit rendre des comptes à la Justice.

23.Posté par L''''avocat est aussi un charognard. le 27/09/2019 10:02

Dur métier ! Tantôt justicier tantôt charognard sans état d’âme.

24.Posté par Loic le 27/09/2019 14:13 (depuis mobile)

#joyeux joyeux je suis d accord avec vous il y a prise de intérêt du journaliste


25.Posté par Ti coq le 27/09/2019 18:09 (depuis mobile)

Bana la pense que si la vie n''a pas de prix peut etre que la mort oui.
Sa y appelle aou charognards.

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