Un nouvel ennemi pour nos fruits


Parmi les 10 espèces de mouches des fruits recensées à La Réunion, certaines détiennent la capacité de pondre sur différents
fruits et légumes. Détectée dans l’Ouest du département fin avril 2017 par la FDGDON, la Mouche orientale des fruits (Bactrocera dorsalis) est dangereuse car elle est capable de piquer un très grand nombre de fruits.

Une grande capacité d’invasion

Originaire d’Asie, la Mouche orientale des fruits affectionne les climats chauds et humides. Elle a un cycle de vie très court, de 1 à 3 mois, une fécondité importante, entre 800 et 1500 oeufs sur 20 jours. Elle a également une grande capacité d’invasion avec un cycle de développement rapide sur un choix de plus de 300 espèces de plantes hôtes et n’hésite pas à s’attaquer aux mangues, aux jujubes, noix de badame mais aussi aux papayes, aux goyaves ou encore aux piments, aux tomates, au café et aux cucurbitacées.

Les dégâts d’une mouche très polyphage

La Mouche orientale des fruits entraîne, suite à ses pontes, l’émergence d’asticots qui provoquent, en se nourrissant de la pulpe du fruit, leur pourrissement mais aussi des coulures et des lésions. Mûris trop rapidement, les fruits piqués chutent alors au sol et deviennent non commercialisables. Après plusieurs jours, les larves quittent les fruits pour s’enfouir dans le sol où elles se transforment en pupes puis en mouches adultes. Le cycle dure entre 17 et 48 jours selon les températures rencontrées.

Les foyers

Dès sa détection par le réseau de surveillance réunionnais en avril 2017, un dispositif de surveillance renforcé a été mis en place immédiatement sur le territoire. Il apparaît que les foyers les plus actifs rencontrés à l’échelle départementale se situent notamment à Saint-Paul (Tour des Roches, Cambaie, Boucan Canot), à la Possession (Lataniers), au Port ou encore à la Grande Chaloupe. À ce jour, la Mouche orientale des fruits est installée sur l’ensemble du littoral.

Comment lutter contre cette nouvelle mouche ?

Nous vous invitons à limiter la progression de la Mouche orientale des fruits en mettant en place les mesures suivantes qui sont efficaces sur toutes les espèces de mouche de fruits responsables des dégâts sur les productions réunionnaises.

Prophylaxie : ramasser quotidiennement et détruire systématiquement les fruits piqués tombés au sol : c’est le moyen le plus efficace pour empêcher les mouches de se reproduire. Enfermer les fruits dans un sac hermétique ou dans une poubelle hermétique en les laissant 15 jours au soleil. Pour de grandes quantités de fruits, il est possible de les enterrer ou de les broyer. Les fruits piqués peuvent aussi être donnés à consommer aux animaux de basse-cour. L’objectif étant d’empêcher le cycle de reproduction, il ne faut surtout pas jeter les fruits au compost car les mouches pourraient s’en échapper facilement.

Favoriser les ennemis naturels : les Mouches des fruits sont attaquées par différents animaux utiles appelés « auxiliaires». Parmi les auxiliaires, on trouve des prédateurs qui se nourrissent directement des mouches des fruits adultes et de leurs asticots, comme les araignées, les fourmis, les caméléons et les oiseaux. D’autres auxiliaires parasitent les oeufs et les pupes des Mouches des fruits comme la micro-guêpe de très petite taille (environ 1 mm) appelée Fopius arisanus. Ces auxiliaires sont très efficaces s’ils ne sont pas détruits par des pesticides. Pour attirer les auxiliaires, il faut laisser se développer la végétation à proximité des cultures sans utiliser de désherbant chimique.

Contacts :
La DAAF : 0262 33 36 68
La Chambre d’Agriculture : 0262 96 20 50
La FDGDON (OVS Végétal) : 0262 45 20 00 ou 0262 49 92 15
Le CIRAD 3P : 0262 49 92 00
Vendredi 20 Octobre 2017 - 13:40
CIVIS
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