ZinfosBlog à la Une

Un auteur, trois livres rien que pour les garçons !


Un auteur, trois livres rien que pour les garçons !
Oui, je l’écris noir sur blanc, les garçons aiment lire les histoires de garçons. Des histoires vraies. Une manière de se reconnaître où de mettre des mots qu’ils posent sur leurs émotions similaires. Alors voici donc : Edouard Louis.

En finir avec Eddy Belleguelle – Ed. Seuil – 224 pages - 2014
Histoire de la violence – Ed. Seuil – 240 pages - 2016
Qui a tué mon père ? – Ed. Seuil – 96 pages - 2018


Pourquoi Edouard Louis ?

parce que pour le magazine « les inrocks » il faisait partie en 2015 des cents créateurs qui dans tous les domaines, inventent la culture française.

Parce qu’il a publié son premier roman à l’âge de 22 ans… « en finir avec Eddy Bellegueule » où il raconte avec le style de la vérité ses années d’enfance dans la misère et le rejet. Au fil des chapitres, on se demande si c’est bien là une histoire française. Découvrez les 20 premières pages de son ouvrage à travers ce lien :
https://ec56229aec51f1baff1d185c3068e22352c56024573e929788ff.ssl.cf1.rackcdn.com/attachments/original/0/7/8/002742078.pdf

Le second ouvrage « histoire de la violence » est là aussi dans un style bien à lui, il narre une rencontre qui a mal tourné! Une réflexion sur la violence dans notre société : ses répercussions, ses sources privées ou publiques. Un récit à deux voix : la sienne et celle de sa sœur qui raconte le déroulement des faits à son mari camionneur.

Voici un extrait :
"Je ne reconnaissais plus ce que je disais. Je ne reconnaissais plus mes propres souvenirs quand je les racontais ; les deux policiers me posaient des questions qui me contraignaient à exposer la nuit avec Reda autrement que je l'aurais voulu et je ne reconnaissais plus ce que j'avais vécu dans la forme qu'ils imposaient à mon récit, je me perdais, je savais qu'une fois avancé dans ce récit, par ce qu'ils me demandaient ou par les directions qu'ils me faisaient prendre, il était trop tard pour revenir en arrière, ce que j'aurais voulu dire était perdu, je sentais que si une chose n'était pas dite au moment où elle devait l'être elle disparaissait, sans possibilité de retour, irréversiblement, la vérité s'éloignait, s'échappait, je sentais que chaque parole prononcée devant la police rendait d'autres paroles impossibles l'instant d'après et pour toujours, je comprenais qu'il y avait certaines scènes, certaines choses qu'il ne fallait pas dire pour me souvenir de tout, qu'on ne peut se souvenir qu'en oubliant, et que si la police me forçait à me souvenir de ces choses-là alors c'était tout que j'oublierais."
 
Dans son troisième livre qui vient de paraître : facile et vite lu, Edouard Louis raconte cette fois-ci ses relations (difficiles) avec son père, sa vision poussée au plus absurde de la masculinité. Dans le même style que Zola « J’accuse », il dénonce les dérives des politiciens qui ont mené son père au chômage et à la maladie : Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question esthétique : une manière de se penser, une manière de voir le monde, de construire sa personne, pour nous c’était vivre ou mourir.

Rentrer dans le monde d’Edouard Louis, c’est entrer dans une incarnation terrestre affreuse !
Mardi 22 Mai 2018 - 17:49
Gilette Aho
Lu 580 fois



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >