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Courrier des lecteurs

Un Ramadan intimiste, encore plus propice à une méditation sur l’Humanité


Par Youssouf OMARJEE - Publié le Jeudi 23 Avril 2020 à 15:02 | Lu 762 fois

Sans précédent dans l’histoire contemporaine de l’humanité, situation inédite de confinement, les mesures exceptionnelles et drastiques pour faire face à une guerre sans visage contre un ennemi redoutable (le coronavirus) vont contrarier durablement notre vie quotidienne, dont le « retour à la normale » ne semble pas pour demain en dépit de l’engagement gouvernemental sur un horizon temporel prévisionnel d’un déconfinement qui se fera progressivement. Cette pandémie nous a certes surpris, mais a changé nos habitudes. Elle a créé de nouveaux réflexes d’adaptation à l’imprévu, et, elle va imposer en nous un changement comportemental durable. En soi, elle va révolutionner le cours de nos vies, nous faire gagner en « esprit d’initiative ».

Elle a aussi développé notre créativité, et, fut l’occasion de souligner la floraison des initiatives numériques ou pas, locales et solidaires, qui a démontré une bonne résilience citoyenne. Certes, cela est louable, mais gageons que cette pandémie puisse nous faire prendre conscience de nos interdépendances, laquelle doit nous conduire, inéluctablement, à revisiter notre rapport au monde, aux autres, à notre présence sur terre, à ces jours qui viennent, passent et s’en vont trop vite, à l’abord d’un Ramadan plus propice à une réappropriation de la Seule et Unique Réalité à laquelle nous sommes appelés à nous éveiller, celle de passer une bonne vie sans nul doute, mais surtout de rejoindre l’Autre Rive en ayant fait preuve de respect à l’égard de nos droits vis-à-vis de nos semblables et de la Création, et, à l’égard de Notre Créateur.

Au-delà d’une incursion plus ou moins osée sur des explications possibles, des pistes plus ou moins plausibles de l’origine de cette pandémie, des citoyens ultra-informés car confinés et plus curieux de la qualité des investigations et des justifications qui leur sont proposées, des différentes réécritures de l’histoire en ligne au gré des prospections et des revirements de situation, de ce qui nous tombe dessus et qui nous réduit à l’impuissance, je voudrais, nonobstant, apporter, moi aussi, une petite réflexion qui se déroulera en 5 temps sous la forme de 5 E, à l’aube de ce mois de Ramadan, empreint de ferveur spirituelle et de retour sur le cours de nos vies respectives.

Tout d’abord, je voudrais dire qu’il faut absolument garder espoir en des lendemains meilleurs car « L’Unique, Celui qui nous a mis sur terre et qui nous a fait divers » requiert de notre part un espoir accompagné cependant de l’agir. Cette pandémie, au travers de la propagation incontrôlée et mondialisée de ce virus COVID-19, est un rappel pour nous tous, quant aux faveurs innombrables dont Le Créateur nous a comblées et quant à notre désinvolture ou notre ingratitude à l’égard de tant de bonté de Sa part envers nous, les Hommes. Le confinement qui nous est ainsi imposé, doit être l’occasion d’une introspection quant à la pureté de nos âmes, à la sincérité de nos intentions, à la rectitude de nos actes et au désintéressement total des actions que nous pouvons initier ou auxquelles nous pouvons prendre part en faveur des plus démunis d’entre nous.

Ensuite, cette situation est une souvenance de notre Essence, laquelle nous relie constamment à Notre Créateur. C’est donc, en vertu de notre Essence, que nous devons nous interroger sur la qualité du lien que nous entendons cultiver avec Celui qui est détenteur de nos vies, surtout, lorsqu’on regarde la violence avec laquelle la maladie saisit, celles et ceux qui malheureusement en périssent, laquelle n’épargne plus désormais personne, puisque même les adolescents et les bébés y sont exposés. Les images auxquelles nous sommes confrontées sont si insoutenables qu’elles provoquent en nous un choc si grand, et, un énorme émoi, ce qui devrait nous conduire à réfléchir à notre comportement au quotidien. Tout ceci doit nous interroger sur cet exil dans lequel nous sommes, et, duquel nous voulons sortir avec dignité. S’il est vrai que nous sommes tous liés face à une issue inéluctable, cette pandémie interpelle donc, au final, notre niveau d’empathie.

En effet, l’empathie est notre « capacité de s'identifier à autrui dans ce qu'il ressent ». Je crains fort, que nous ayons beaucoup d’efforts à accomplir afin de parvenir à ressentir ce que l’être qui nous ressemble ressent dans les peines et les frustrations qui sont les siennes lorsqu’il n’a même pas accès, la plupart du temps, à l’essentiel. Il est vrai que les associations n’exposent pas la population à la misère à laquelle elles sont confrontées, à la détresse sociale qui ne cesse de monter de jour en jour, à la souffrance des familles qui ne peuvent plus faire face au quotidien. Les associations, en se fondant sur leur armée de bénévoles, en comptant sur la générosité de leurs mécènes, en recrutant des donateurs dont elles sont toujours en manque, essayent de faire un travail de terrain, au quotidien, afin d’y apporter leur maigre contribution à une guerre contre l’indifférence générale. 

Ce qui me conduit au sujet de l’entraide, de cet état d’esprit perdu, de cette vertu du partage piétinée par tant d’égo démesurés, tant de richesses détenues par des mains avares, tant de cœurs asséchés face à la misère du monde, tant de larmes qui ne coulent plus sur le sort de ses semblables, tant de regards qui se détournent à la vue de gens censés être pourtant perspicaces lorsqu’il s’agit de mener à bien leurs propres affaires, tant d’états d’abandon du genre humain. L’entraide est essentielle pourtant dans une société qui a soif d’harmonie et qui a faim d’équilibre. Peut-être que ni les analystes, ni les experts ne voient cette réalité-là, peut-être que des personnes menant une vie confortable demeurant dans leur tour d’ivoire se détournent de celles et ceux qui subissent une existence au sujet de laquelle leurs semblables et leurs familles n’ont pas le choix. L’entraide est une donnée essentielle, elle est la sentinelle du mal être sociétal. Il faut donc y consacrer une attention particulière et y apporter une contribution notable sans que les associations locales, de proximité ou nationales, n’en viennent à supplier ceux et celles dont les moyens financiers peuvent mettre à l’abri du besoin matériel un temps donné, sans toutefois qu’ils ne soient en mesure  de les protéger des risques infectieux véhiculés par le COVID-19 qui ne fait point de distinction entre pauvres et riches.

Enfin, j’aborde mon dernier point relatif à l’écosystème de l’entreprise, lequel se doit de redonner le primat à « l’être » tout en faisant de « l’avoir » un principe plus ancré dans le domaine du raisonnable. En effet, ils sont aujourd’hui peu à travailler, à prendre des risques au péril de leur propre vie, à être au service de leurs semblables à titre onéreux ou à titre gracieux, et, il sont autant donc à être fatigués, épuisés, apeurés, se sentant délaissés et pas assez valorisés dans le travail qu’ils sont amenés à produire au sein de leurs entités respectives, de leurs entreprises dont certaines en sont devenues à devenir plus citoyennes que d’autres au point d’adapter leurs chaînes de production pour se mettre au service des urgences du moment autant que des exigences de la pandémie. Cette pandémie nous enseigne que nous sommes dans le même bateau, que nous devons nous serrer les coudes certes, que nous devons aussi penser à mieux répartir les richesses et pourquoi pas à « situation exceptionnelle », mieux valoriser financièrement la contribution de cette armée de travailleurs qui participent activement à la réussite économique d’une Nation, mieux reconnaître leur rôle en ne se limitant pas seulement à penser à rétribuer généreusement les seuls investisseurs ou actionnaires en dividendes.

Il y a donc tout un écosystème à repenser car le bonheur des uns ne doit pas faire le malheur des autres. Il nous faut apprendre à rester unis dans l’opulence avant que la misère ne vienne à frapper à nos portes. Il nous faut consentir à ouvrir nos cœurs à nos « alter ego » sans qu’ils ne soient contraints de venir quémander une aide. Surtout, il faut penser à créer des emplois, des emplois de proximité, à faciliter l’emploi de celles et ceux qui sont aux « minimas sociaux » en faisant preuve d’audace, d’inventivité et de courage pour leur rendre à leur propre dignité sans qu’ils n’en deviennent, pour autant, dépendants d’un salaire dont le versement se trouve aujourd’hui fortement compromis. Il faut rendre les gens plus libres de créer leur propre « valeur ajoutée » sans être enfermés obligatoirement dans un « système auto-entrepreneurial » fortement contraignant fiscalement parlant.




1.Posté par klod le 23/04/2020 19:49

bon ramadan à nos frères et sœurs musulmans.

2.Posté par A KLOD le 27/04/2020 10:20

Tu es pistonné, mon vieux ! mon commentaire, lui, ne passe pas.
A. Gunet

3.Posté par A mon avis le 28/04/2020 11:32

C'est une excellente introspection !

Mais ce qui est toujours surprenant , dans une catastrophe telle que celle que nous vivons, le croyant ne remet jamais en cause l'existence de son Créateur, ni sa toute puissance divine.
Alors que, manifestement, la preuve de son impuissance est manifeste. Et de plus, qu'il reste sourd à toutes les prières qui ne manquent pas actuellement !

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