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Courrier des lecteurs

Trois Révolutions pour qualifier le Nouvel Hôpital (En trois parties)


Par Frédéric Paulus, CEVOI, (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien) - Publié le Mercredi 17 Juin 2020 à 15:00 | Lu 487 fois

 
La première de ces trois révolutions sera liée à la sensibilité cellulaire, et là, les travaux du grand biochimiste espagnol Faustino Cordon seront déterminants. La seconde, exposée également séparément, dans un prochain courrier, sera génétique et epigénétique, les deux faces évolutionnairement codées qui rendent compte de la plasticité et l’adaptabilité des organismes animaux et humains. La troisième, exposée également séparément,  sera anthropologique liant toutes les sciences dites « humaines » aux sciences de la vie en une science intégrée du vivant, même si celle-ci a grand peine à devenir transdisciplinaire.
 
Un autre regard sur la vie et la « conscience » cellulaire
 
A propos de cette première Révolution l’auteur qui tient le haut de l’affiche est le biologiste  Faustino Cordon (1909-1999) que le philosophe et épistémologue Patrick Tort aura présenté aux Français en 1995.  
 
Mais avant d’aborder l’œuvre de Cordon (présenté par sa fille) relevons que lors de l’émission animée par Mathieu Vidart « La tête au carré » du 14 avril 2019, Alexis Gaudreau, directeur de recherche au CNRS, reconnaît que la cellule mammaire par exemple, voire n’importe quelle cellule, devrait ressentir les variations physico-chimiques de son environnement proche ;  « que ces variations soient purement chimiques, mécaniques ou hormonales ». La visualisation in vivo de cellules à l’aide de technologies microscopiques de très haute performance conduit les chercheurs à cette reconnaissance que l’on aurait qualifiée de « perception subjective » voici peu. La cytologie, intimement liée à la microscopie, n’est plus figée, elle s’anime in vivo sous les yeux du chercheur. Une équipe internationale, dont Alexis Gaudreau fait partie, dans une très récente publication, en convient.  « Toutes les cellules possèdent un squelette leur permettant de se déplacer et de conserver leur forme. Des chercheurs viennent de montrer qu’une partie de ce cytosquelette, appelée « fibres branchées », est également essentielle à la prolifération des cellules : « Ces fibres informent les cellules sur la place disponible autour d’elles et sur les messagers chimiques dans l’environnement et donc sur l’opportunité de proliférer. » Si les conditions requises ne sont pas réunies, ces fibres ne sont pas synthétisées et la cellule ne se divise pas. « Sauf dans le cas des cellules cancéreuses, (assurent-ils), qui arrivent à s’affranchir de ce mécanisme de contrôle et qui prolifèrent où et quand elles ne devraient pas. » Ces chercheurs pensent que ce « mécanisme » (alors que Cordon évoquerait un « processus ») pourrait offrir une cible thérapeutique pour lutter contre certains cancers. « Bloquer la formation des fibres branchées, dans cette hypothèse, permettrait de stopper la croissance de cellules de mélanome pour lesquelles aucun autre traitement spécifique n’existait à ce jour. » Ces travaux menés par une équipe internationale comptant des chercheurs du laboratoire « Bases moléculaires et régulation de la biosynthèse protéique » du CNRS/École polytechnique sont publiés dans Cell Research le 10 avril 2019, (5).
 
Sollicitons à présent Teresa Cordon (sa fille). Elle nomme « expérience animale » et, dans un sens plus strict, « conscience animale », enfin « cette prise de notion de l'état du milieu » qui sont implicitement évoqués par cette équipe CNRS/École polytechnique. « Par la prise de notion de l'état de l'environnement, dit-elle, la cellule ou un groupement de cellules, ou l'animal comme champ magnétique unitaire, doit posséder un quantum d'autocorrection réagissant à sa disparition dans le champ magnétique général de la Terre, essayant de coordonner ses vecteurs à travers d'éphémères tentatives d'auto-stabilisation. Nous nommons capacité de liberté de l'animal le quantum d'effort qu'il consacre à corriger son action sur le milieu, en relation avec le caractère (désormais) favorable ou défavorable de l'effet causé par elle. Ainsi, selon nous, l'animal, en tant qu'être vivant, en tant qu'unité d'intégration, a la capacité de percevoir l'effet favorable ou défavorable de son action sur son environnement, et de tenter de la corriger de la manière qui convient. Cette correction est prise comme guide par ses cellules somatiques qui se voient ainsi garantir un milieu cellulaire stable. L'animal (champ physique commun à de nombreuses cellules, mais très ténu) guide ses cellules somatiques sans avoir conscience de leur existence, et les cellules de son « soma » (l’association de cellules) prennent pour guide de leur activité l'animal, sans le percevoir », « Pour Darwin », p. 495. C'EST CET ASPECT DE GUIDE (inconscient) QUE NOU VOULIONS METTRE EN VALEUR. Nous partageons le même point de vue que Teresa Cordon. Au lieu de parler de « prise de notion de l'état de l'environnement » nous utilisons l'expression « sensorialité discriminative » qui guiderait l'organisme. Quelques précieuses précisions sont apportées par Patrick Tort, pour qui « l’histoire naturelle de la conscience et de l'autonomie est une histoire animale, et elle exige d'être précédée phylogénétiquement par une histoire cellulaire (d'où l'existence nécessaire d'une conscience cellulaire), qui ne peut elle-même se passer d'un primordium au sein d'un niveau antérieur, etc. Le comportement d'un phagocyte par exemple, qui capte son nutriment dans son milieu trophique, puis règle son deuxième captage en fonction de l'écart ressenti entre ce qui était attendu du premier mouvement et ce qu'il en a effectivement reçu, est l'illustration simple de l'existence d'une conscience cellulaire, à la seule condition que l'on redéfinisse, comme je l'ai fait et comme le rappelle Chomin Cunchillos dans le corps de ce livre, la conscience... », (2014). De fait, les travaux « cordonien » et ces suggestions à la conscience organique cellulaire (résumées ici) révèlent les limites du réductionnisme et du déterminisme en biologie qui gouvernent la médecine hospitalière. 
 
Réf :
1) Paulus. F, « Les travaux du grand biochimiste et évolutionniste Faustino Cordon vont-t-ils contribuer à lever l’énigme du phénomène cancer ? », 19/11/2019, in Europe Solidaire : http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=3975&r_id=&t=Les%20travaux%20de%20%20Faustino%20Cordon%20et%20l%27%E9nigme%20du%20ph%E9nom%E8ne%20cancer%A0?




1.Posté par Dr anonyme le 19/06/2020 11:32

REFAIRE L’HÔPITAL EN TROIS REVOLUTIONS ?
Si je vous comprends bien trois révolutions sont nécessaires. Lesquelles ? Voici les vôtres : la première de ces trois révolutions sera liée à la sensibilité cellulaire. La seconde sera génétique et épigénétique. La troisième sera anthropologique liant toutes les sciences dites « humaines » aux sciences de la vie en une science intégrée du vivant.
Ne croyez-vous pas que vous pourriez vous être égaré dans un hôpital virtuel bien différent de l’hôpital réel ? Je ne crois pas que vous soyez entré dans l’hôpital que nous connaissons tous par la bonne porte. Pardonnez-moi ! Il me semble que vous confondez la biologie fondamentale et le fonctionnement actuel de l’hôpital qu’il faut pourtant réformer par de bonnes mesures prises dans les réalités.

Allons-y ! L'excellente définition de l'hôpital public français donnée par le Pr Robert DEBRE, en 1958, comportait, pour chacun des 30 CHU et 2 CHR créés par lui, trois piliers : les soins (les plus difficiles), la recherche (et fondamentale et clinique), l'enseignement (de toutes les professions de santé). A l’époque chaque ville universitaire devait trouver parmi les médecins de ville celui qui serait capable des trois fonctions. Depuis les choses se sont compliquées.

Depuis 1958 s'est ajouté à ce trépied un quatrième pilier : une administration parasite. Elle est devenue trop lourde. Les cliniques privées se passent, presque toutes, de cette administration obèse qui caractérise l’hôpital public sans en souffrir le moins du monde. Comment ? En mettant souvent la direction dans les mains d'un médecin âgé mais tenu au courant des nouveautés quand les demandes de modernisation des hôpitaux publics ne nous arrivent que dépassées.

Voici un problème propre aux hôpitaux français : un système administratif très centralisé, d’une lourdeur bureaucratique que peu de personnes évoquent alors qu’elle explique que leurs plans enchaînés depuis des décennies ne fonctionnent jamais.

C’est 32 % de plus que les établissements allemands, en équivalent temps plein (33/25). Pour un groupe comme l’APHP, cela représenterait 1,54 milliards d’euros, ou une source d’économie d’un demi-milliard d’euros environ si l’on en revenait au taux observé en Allemagne.

Et enfin, s'est ajouté un cinquième plier un acteur bien caché : les firmes pharmaceutiques. A l’hôpital les médecins se divisent en deux vocations : soigner des malades, soit des maladies. Cette distinction ne vous apparaît pas. Elle est pourtant essentielle.

Les firmes pharmaceutiques ont fait disparaître la vocation de certains médecins pour la recherche fondamentale qui coïncide avec l'étude des maladies en particulier des maladies orphelines. Comme l’Assurance maladie ne finançait pas la recherche, BID DATA s’est emparée de la recherche clinique uniquement faite de comparaisons de traitements et de stratégies monnayées aux leaders d’opinions.

Vous voyez à quel point votre point de vue plane au-dessus des réalités. Chacun de ces cinq secteurs devrait être entièrement revisité. A vous de vous y mettre ! A chacun de nous de rédiger son cahier de doléances en suivant ce plan si possible.

Je suis pour refaire des services de spécialités et pour nommer, dans chaque service, trois directeurs pour les trois fonctions inscrites sur son bulletin de naissance (soins recherche, enseignement). Elles sont devenues trop lourdes à porter par un seul homme. A trois ce serait plus efficace.

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