Courrier des lecteurs

Tribune de l'association Droit de Cité sur l'errance et la maltraitance animale

Lundi 24 Juillet 2017 - 11:55

RAPPORT MORAL 2016 - Assemblée générale du 31 mars 2017


Le contexte local dans lequel s’inscrit l’activité de notre association, même si on constate une légère amélioration de la situation des animaux  à la Réunion, reste préoccupant. 
 
En effet, même si en 22 ans le nombre de vétérinaires est passé d’une dizaine à une soixantaine, le problème de l’errance et de la maltraitance passive n’a guère évolué.  De très nombreux animaux restent en dehors du circuit des soins et les fonds publics consacrés chaque année depuis 2000 par les collectivités  à la gestion de l’errance sont pour l’essentiel affectés aux euthanasies de masse dans des usines à tuer flambant neuves, ceci au mépris des recommandations de l’AFIRAC dans son rapport de 1998, ou encore des demandes des associations de protection animale.
 
Alors que le nombre d’euthanasies devrait progressivement diminuer, les derniers chiffres communiqués par la DAAF  montrent que le nombre de chiens et chats euthanasiés continue d’augmenter sur le département de la Réunion pour atteindre en 2015 (dernier chiffre connu), un total de 11 340 animaux passés sous les fourches caudines de l’euthanasie ( 8487 chiens et 2853 chats),  les équipes de capture étant de plus en plus efficaces et sortant de leur cadre légal puisqu’elles ne se contentent plus de ramasser les animaux divaguant mais de récupérer à domicile de malheureux chiens et chats dont leurs maîtres veulent se débarrasser à bon compte. Une situation qui devrait perdurer dans la mesure où aucune action de prévention n’est menée  en direction de la population afin de provoquer une prise de conscience et  un changement des mentalités.
 
A cela s’ajoutent 7716 cadavres de chiens et chats écrasés sur le route, chiffre auquel il convient d’ajouter les cadavres de chiens et chats écrasés sur les 6 communes de la CIREST qui n’en n’assure pas le décompte
(estimation : 2000). Au total en 2015, plus de 20 000 chiens et chats ont été les victimes de l’inconséquence coupable et de l’indifférence des hommes. Un bilan fort sombre qui, avec un animal euthanasié pour 70 habitants pour la Réunion contre un animal euthanasié pour 700 habitants en métropole (base : 100 000 euthanasies), fait de la Réunion le champion de France de l’euthanasie de confort.
 
Le constat n’est guère meilleur en ce qui concerne le bilan budgétaire euthanasies/stérilisations avec un ratio stérilisations/euthanasies qui est de 20/80 (hors masse salariale) et qui n’a aucune influence sur la courbe de l’errance, comme il ressort du rapport du GEVEC lui-même datant de 1998.
 
Une situation largement favorisée par « l’exception juridique » que constitue à la Réunion la réduction du délai de garde légal en fourrière qui est ici de 4jours contre 8 jours en métropole, ceci grâce à un tour de passe-passe juridique datant du décret du 25 novembre 2002, qui a permis progressivement de tuer deux fois d’animaux sans investir en places fourrières,  et contre lequel DROIT DE CITE avait saisi le Conseil d’Etat en 2004. En vain. 
 
CAUSES OBJECTIVES DE CETTE SITUATION
 
Les causes sont multiples même si certaines sont plus déterminantes. Voici un inventaire non exhaustif :
 
- la place de l’animal dans la société réunionnaise est davantage liée à son rôle utilitaire et l’animal est généralement plus livré à lui-même, ce qui contribue à la divagation ; on remarquera la quasi-inexistence du « chien promené  en laisse par son propriétaire ».
 
- l’habitat créole rural traditionnel est généralement non clôturé ce qui constitue un facteur de divagation.
 
- Même si la case individuelle reste l’habitat le plus répandu, il y a depuis plusieurs années des programmes de relogements en immeubles collectifs de nombreuses familles qui vivaient dans de mauvaises conditions ; l’idée d’emmener son chien en appartement lorsque la famille déménage est généralement rejetée et par ailleurs considérée comme malvenue  par les bailleurs sociaux (auxquels il nous arrive de faire des rappels à la loi sur cette question). L’absence de coordination entre les bailleurs sociaux et les collectivités et les associations conduit chaque année à la multiplication de petites meutes urbaines issues des chiens laissés sur place lors du relogement
 
- Bien que le nombre de vétérinaires ait été multiplié par cinq en 20 ans et que le taux de médicalisation soit plus élevé, celui-ci s’est surtout développé dans la population de chiens de races issus de lignées importées, ceci au détriment des chiens issus de croisements de rencontre et qui forment les bataillons de chiens euthanasiés : le royal bourbon de la Réunion.
 
- Le nombre élevé de chiens en particulier qui se multiplie de manière anarchique : la Réunion compte 700000 habitants répartis en 300 000 ménages au sens statistique du terme. La plupart des familles possèdent un chien.  Même si les possesseurs d’animaux domestiques sont plus  nombreux en milieu rural qu’en milieu urbain, même si une partie de la population ne possède pas de chiens pour une question  d’éthique religieuse, le nombre de chiens/habitant à la Réunion (estimation : 250 000 chiens pour 850 000 hab., soit 1 chien  pour 3,5 hab.) est plus élevé qu’en métropole (7,5 millions de chiens pour 65 millions d’habitants, soit 1 chien pour 9 hab).
 
- Le taux de chômage très élevé et le pourcentage de personnes vivant des minimas sociaux constituent un frein «à la consultation vétérinaire » et à la stérilisation aux frais des propriétaires. Nous regrettons une fois de plus que le budget consacré par les collectivités à la stérilisation reste le parent pauvre du Plan de Lutte contre l’errance même si le préfet a annoncé que l’Etat débloquerait à partir de 2017 un montant 600 000 € supplémentaires pour la stérilisation à raison de 200 000 € par an pendant trois ans afin  d’améliorer le faible taux de stérilisations subventionnées ; un budget qui reste néanmoins très insuffisant et ne permet pas aux  75 % de foyers fiscaux non imposables de bénéficier du programme de stérilisation subventionnée.
 
A CES CAUSES S’AJOUTENT :
 
- le prix des aliments pour animaux est en moyenne de plus de 50 % plus élevé que le prix pratiqué en métropole, même si l’écart est moindre dans le cas des marques distributeurs. La marque KANEO fabriquée localement depuis 2 ans reste d’un coût encore trop élevé pour bon nombre de Réunionnais et a contribué à renchérissement des marques importées qui ont dans la foulée été taxées d’un tarif 
d’octroi de mer plus élevé (18 % au lieu de 4 % antérieurement).
 
- les honoraires vétérinaires qui restent trop élevés pour les actes de base que sont l’identification
(on est ainsi passé d’une identification par tatouage sous anesthésie générale à une identification par puce électronique effectuée sans anesthésie mais sans répercuter la baisse liée à la suppression de  l’anesthésie) ; pour le moment il n’existe aucun tarif social pour cet acte ou pour la vaccination ou la stérilisation. Seul le dispensaire de la SPA de la Réunion permet aux habitants de la CINOR (St-Denis, Ste-Marie et Ste-Suzanne ) de bénéficier des services du dispensaire.

- Le faible montant des fonds publics consacrés à la stérilisation et aux besoins eu égard aux sommes considérables consacrées chaque année depuis plus de 15 ans aux euthanasies de masse. 
 
- L’absence quasi-générale de campagnes de communication sur le sujet auprès de la population.
 
A l’origine de cette situation, il y a également des causes beaucoup plus insidieuses, et qu’il convient de dénoncer parce qu’elles permettent à la situation de perdurer.
 
- L’absence de collaboration entre les associations : il existe à la Réunion 20 associations de protection animales mais elles n’ont aucune stratégie commune. Malgré les appels répétés de la DAAF sur ce point, malgré la création par trois associations (DROIT DE CITE, AREPA et VIVRE LIBRE) de l’UNAPA-Outremer (UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DE PROTECTION ANIMALES DES OUTRE-MER) dont l’objet principal est la lutte raisonnée contre l’errance, malgré l’existence du CRAPA et de la plus récente ALLIANCE POUR LES ANIMAUX, les  dirigeants des associations respectives empêchent cette UNION pourtant  indispensable et continuent d’envoyer chaque semaine à la mort plus de 200 chiens et chats de l’Ile.
 
- Le conflit d’intérêt entre  la DAAF et le lobby GEVEC (Groupement d’étude vétérinaire) qui s’exerce au détriment du travail des associations et empêche la mise en place d’une réponse objective à la problématique de l’errance. Cette communauté d’intérêt entre DAAF et GEVEC a conduit à la marginalisation des associations de protection animale, voire  leur exclusion de l’élaboration du  Plan de Lutte contre l’errance des carnivores domestiques début 2017, le GEVEC fixant lui-même les règles des marchés auxquels il soumissionne.

- La mise  en application à dater du 1er janvier 2016 de l’Ordonnance 2015-1243 relative au commerce et à la protection des animaux de compagnie. En effet si les objectifs de ce texte sont louables et étaient attendus par les protecteurs des animaux, sa mise en œuvre sans campagne de communication préalable auprès des habitants a laissé, à la Réunion, des centaines de chiots et châtons sans solution autre que l’euthanasie.
 
- L’expatriation ou la délocalisation relativement récente chaque année de plusieurs centaines de chiens vers la métropole dans des conditions parfois douteuses notamment en matière de suivi de ces « rapatriements » masque le problème  et n’est autre qu’une cautère sur une jambe de bois sans compter l’image désastreuse de la Réunion véhiculée par cette pratique en Métropole et en Allemagne notamment. Nous considérons que la question de l’errance doit être résolue à partir de ses causes et que les adoptions de chiens réunionnais doivent être encadrées, avec notamment l’identification des animaux au nom de l’association locale et non de l’association de destination et ce, jusqu’à  l’adoption définitive de l’animal, ce qui permet, en cas de problème à l’arrivée, de garder la main sur sa destinée. De même il  nous paraît indispensable d’accompagner chaque adoption en métropole d’un briefing de l’adoptant en raison de l’écart important entre la place occupée à la Réunion et en métropole,  dans la famille et dans la société,  par l’animal adopté.
 
Sainte-Anne,  le 31 MARS 2017
Astrid Puissant - Présidente de Droit de Cité Arche de Noé
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1.Posté par MICHOU le 24/07/2017 12:41

En effet il y a le coût des soins, de la nourriture mais c'est aussi un choix qui entraine une responsabilité des adoptants. Il y a le laxisme qui permet à des chiens de se promener sans laisse, sans muselière dans la rue à n'importe quel moment de la journée.
Enfin, quand on se permet de vendre ou d'acheter ou de dresser des animaux pour son plaisir alors qu'en parallèle on abolit l'esclavage. Qu'est ce qui nous autorise à avoir des droits sur ces animaux? où sont les droits des êtres vivants?

2.Posté par Choupette le 24/07/2017 13:44

" ... identification par puce électronique effectuée sans anesthésie mais sans répercuter la baisse liée à la suppression de l’anesthésie"

C'est là que le bât blesse.

Et à qui profite cette non-suppression de l'anesthésie ?

Il faudrait ouvrir un dispensaire dans les autres coins de l'île : ouest, sud et est.

A croire que les vét' ont trouvé la poule aux œufs d'or ici à La Réunion.
L'errance animale devrait aussi (et surtout) leur être imputée pour leur manque de collaboration.

Dans une clinique vétérinaire de l'ouest, j'ai eu une mauvaise expérience lors d'une visite lors de laquelle mon chien a été très bien soigné, au demeurant.
Dans son cabinet, il m'annonce un prix (deuxième visite pour le même problème, donc je payais moins cher - sympa); à la caisse, l'employée a doublé le tarif "à cause du poids du chien !!!".
Alors que le poids du chien n'a pas varié depuis sa première visite - 3 jours auparavant !
A croire que c'est elle qui fixe les tarifs !
Ecoeurée, je n'ai pas bronché mais ces "secrétaires" se croient (sont) dans le domaine des dieux, ma parole !!!

Petit remède efficace et non coûteux au cas où votre chien aurait une bronchite : poser un balai par terre et faites-le passer par-dessus le manche.
Radical, pour l'avoir essayé, et ça vous évite d'aller claquer du fric chez ces vétérinaires (très) peu scrupuleux.

Surtout ne me remerciez pas. :-)

3.Posté par sonnia le 27/07/2017 09:51

Il y a encore bien à faire pour nos amies les bêtes. Par ailleurs, Je suis une amie des bêtes et sur facebook SPA Réunion nord, je viens de lire cet APPEL AUX DONS POUR AIDER AUX SOINS DE SAMY (petit chiot adorable mais qui a besoin d'aide pour financer ses soins).
La SPA de La Réunion est sollicitée de plus en plus pour des appels concernant des maltraitances faites aux animaux domestiques. Elle est une association de protection dont le devoir est de sauver le maximum d’animaux. Ses bénévoles consacrent une partie de leur temps à soutenir son action en aidant au sauvetage d’animaux récupérés errants sur les routes ou chez des particuliers peu soucieux du bien être des animaux.
Dernièrement la SPA Réunion nord a récupéré 3 chiots d’environ 2 mois au refuge qui ont été amenés par une personne qui les avait trouvés errants dans les hauts de Sainte Marie, deux ont pu être adoptés mais pour le troisième, qu'elle a appelé « SAMY » son vétérinaire a décelé une fracture à la patte arrière gauche.
Le mardi 4 juillet SAMY a été amené au cabinet vétérinaire de Saint Paul à La Réunion pour faire une radio qui a bien confirmé une fracture du tibia gauche. Décision a donc été prise de l’opérer rapidement.
L’opération s’est déroulée lundi 10 juillet avec succès et SAMY a pu rejoindre le refuge dans un endroit confiné lui interdisant des marches longues durant 4 semaines.
SAMY a rejoint sa Famille d’Accueil ce jeudi 20 juillet afin que les soins qui lui soient apportés se fassent dans les meilleures conditions.
La facture concernant l’opération s’élève à 632.30€ et comme la SPA Réunion est confrontée très souvent à ce genre de cas douloureux, elle sollicite les Amis des Animaux à l' aider à financer le paiement de cette facture.
Pour aider SAMY, vous pouvez envoyer un don par chèque, avec inscrit au dos « SOINS POUR SAMY » à l’adresse suivante

SPA Réunion
Refuge du Grand Prado
113, rue André Lardy
La Mare
97438 Sainte Marie

Un reçu fiscal vous sera adressé à l’adresse indiquée sur le chèque.
Les dons au profit des associations ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu.
Un grand merci par avance pour l’aide que vous pourrez apporter à financer les soins pour SAMY.

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