Courrier des lecteurs

Tribune : Saint-Benoît dans l'impasse

Mercredi 23 Août 2017 - 10:38

La commune de Saint-Benoît se trouve aujourd'hui dans une situation délicate sur différents dossiers et le silence de la majorité actuelle m'interpelle.

Tout d'abord, la situation de la restauration scolaire ne cesse de défrayer la chronique. Depuis 1998, Saint-Benoît est la seule ville du département à avoir décidé d'externaliser cette prestation auprès d'opérateurs privés. Il y a quelques mois, le Conseil d'Etat a annulé la convention provisoire signée avec la société Dupont Restauration. La mairie a alors décidé de lancer un appel d'offres pour un marché public. Cette annulation avait elle-même été précédée d'une annulation de la délégation de service public (DSP) accordée au groupe Elior.

Le moins que l'on puisse dire c'est que la mairie semble gérer ce dossier à la petite semaine, sans qu'une véritable stratégie soit définie aussi bien dans l'intérêt des marmailles de nos écoles, des salariés de la cuisine centrale et des comptes de la commune.

Trois solutions sont possibles pour la mairie : la gestion en régie (comme dans l'ensemble des communes de La Réunion), la passation d'un marché public, la délégation de service public (DSP). La situation financière de la commune de Saint-Benoît, proche de l'asphyxie, laisse peu de possibilité à la commune d'assurer une gestion directe de la restauration scolaire, ce qui supposerait que la commune assume elle-même l'entretien de la cuisine centrale en plus d'une reprise du personnel. Le même raisonnement peut également être repris pour la passation de marché public dans la mesure où la rémunération du prestataire se ferait intégralement par la commune.

Reste le choix de la délégation de service public qui fait peser le risque financier sur le délégataire privé qui serait retenu. Le Conseil d'Etat en annulant les contrats passés par la mairie a pointé les vices juridiques de ceux-ci sans pour autant inciter la mairie à faire tel ou tel choix (ce qui n'est d'ailleurs pas le rôle de la juridiction). Les atermoiements de la mairie doivent cesser et elle doit décider une fois pour toute d'assurer la prestation de la restauration scolaire par une délégation de service public (DSP). Une instruction de la Chambre régionale des comptes sur ce dossier ne serait d'ailleurs pas un luxe pour le contribuable bénédictin.

Ensuite, l'actualité récente sur les contrats aidés a révélé une gestion pour le moins douteuse de ces contrats par la mairie. J'ai appris avec stupéfaction que plusieurs dizaines de bénéficiaires de contrats arrivés à terme perçoivent des prestations chômages payées non pas par Pôle Emploi...mais par la mairie elle-même. Ce qui suppose que la mairie n'a pas payé (volontairement ou pas) les cotisations sociales sur ces contrats. Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Le service du personnel de la mairie aura à s'en expliquer.

Par ailleurs, le robinet semble se refermer pour les contrats aidés. Je ne doute pas que la mairie de Saint-Benoît tiendra compte de cette nouvelle donne en faisant bénéficier ces contrats aux personnes véritablement en situation de précarité et non pas aux enfants de tel ou tel adjoint. Le maire devra réfléchir à d'autres moyens pour tenir la cohésion de sa majorité. Enfin, la fermeture récente d'un commerce historique de la commune, le magasin Adam et Eve, me fait m'interroger, une nouvelle fois, sur le manque de visibilité et de stratégie de développement pour la ville. De nombreux projets d'investissement sont encore aujourd'hui au point mort. Qu'en-est-il de la mise en place de la vidéoprotection dans le centre-ville et à proximité des établissements scolaires ? Qu'en est-il du projet d’aménagement du front de mer pour lequel la commune a obtenu une subvention de 800.000 euros de l’Etat depuis le mois de septembre 2016 ? Dans quel sens iront les orientations du nouveau plan local d'urbanisme, notamment en matière de déclassement de terrain afin de rendre disponible du foncier ?

Le maire de Saint-Benoît, dépourvu de son mandat de député, a tout intérêt à reprendre la main sur la gestion de la commune et de ses services pour éviter un avenir sans perspective pour notre ville.
Patrice Selly
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1.Posté par Cimendef le 23/08/2017 12:48 (depuis mobile)

Il serait plus que temps que Monseigneur Fruteau de Laclos aille se reposer et laisse enfin cette ville entre les mains d'un vrai gestionnaire.

2.Posté par Ma sonnerie le 23/08/2017 14:41

1.
Le sieur FdL est comme tous les autres, contraints par la pression sociale, et les engagements pris pendant la campagne contre vote en sa faveur, comme pour tous les autres maires élus.

3.Posté par Cimendef le 23/08/2017 16:33 (depuis mobile)

Au post 2 : Le sieur fruteau se soucie comme d'une guigne de cette ville ou il est élu depuis 1983. D'autres maires ont les mêmes contraintes mais ne laissent pas les administratifs seuls aux commandes. Le pilote a quitté l'avion depuis longtemps.

4.Posté par Cimendef le 25/08/2017 12:40 (depuis mobile)

Labonne nouvelle c'est que le rose et le bège règne sur la mairie de saint benoit. Comprenne qui pourra !

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