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Courrier des lecteurs

Tribune : Quel statut pour la cité sanctuaire de Jérusalem ?


Par André ORAISON, Professeur des Universités, Juriste et Politologue

Par André Oraison - Publié le Lundi 10 Avril 2017 à 07:58 | Lu 395 fois

Existe-t-il un statut idéal pour la cité sanctuaire de Jérusalem, le berceau des trois grandes religions monothéistes ? Adoptée par les Nations Unies le 29 novembre 1947 pour mettre fin au mandat de la Grande-Bretagne sur la Palestine, la résolution 181 avait prévu la création de deux « États indépendants » – l’un arabe et l’autre juif – ainsi qu’une internationalisation territoriale pour Jérusalem afin de sauvegarder la dimension spirituelle d’une ville à nulle autre pareille. Construite à proximité de la Jordanie et de la mer Morte, la Jérusalem multiconfessionnelle, multiculturelle et multiethnique devait être soumise à un régime de démilitarisation et de neutralisation sous l’égide de l’ONU afin d’offrir des garanties optimales pour la sauvegarde des Lieux saints chrétiens, juifs et musulmans qui se côtoient dans la Vieille ville. 

Mais ce statut révolutionnaire et, au premier abord, séduisant imaginé par la Communauté internationale au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale avec le soutien de l’État de la Cité du Vatican n’entra jamais en vigueur. En raison de la survenance du premier conflit israélo-arabe qui aboutit de facto à un partage de la cité judéenne en 1949, Jérusalem-Ouest devient dès le 23 janvier 1950 la capitale d’Israël – un État créé le 14 mai 1948 sur le fondement de la résolution 181 – tandis que Jérusalem-Est, y compris la Vieille ville, passe sous le contrôle de la Jordanie. À l’issue de la « Guerre des Six Jours » déclenchée le 5 juin 1967, Israël s’empare de la Cisjordanie et de la partie orientale de Jérusalem qui est aussitôt annexée. Par la suite, la loi fondamentale israélienne du 30 juillet 1980 érige « Jérusalem entière et réunifiée » au rang de « capitale éternelle de l’État d’Israël ». 

Mais parce qu’il est contraire au droit international positif, le statut de capitale imposé par l’État hébreu sur l’ensemble de la ville de Jérusalem est condamné par les Nations Unies depuis 1980. De surcroît, ce statut est rejeté par l’ensemble du monde arabo-musulman et tout particulièrement par l’Organisation de libération de la Palestine qui, depuis sa « Déclaration d’Alger » du 15 novembre 1988, milite – en invoquant, à son tour, la résolution 181 – pour la création d’un État pleinement souverain sur le territoire palestinien occupé depuis 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. 

Pressentie dès le 29 novembre 1947, la « vision de deux États » sur le territoire de la Palestine mandataire demeure vivace en dépit du temps qui passe. Il est vrai qu’une telle solution – une solution digne du roi Salomon – peut compter sur le soutien indéfectible des Nations Unies. Sans lire l’avenir dans le marc de café, on peut raisonnablement penser que la coexistence pacifique de l’État d’Israël avec un État palestinien indépendant est nécessaire pour l’établissement d’une paix juste et durable dans la région jusqu’à ce jour tumultueuse du Proche-Orient. En revanche, l’ambitieuse résolution 181 qui proposait une internationalisation territoriale de l’ensemble de la ville sainte et de ses faubourgs, incluant la ville de Bethléem, sous le contrôle onusien est aujourd’hui frappée d’obsolescence. 

De fait, la question de Jérusalem – la « fille de Sion » pour reprendre l’expression affective de la communauté juive orthodoxe – n’a jamais cessé d’être au premier rang des préoccupations politiques, diplomatiques et juridiques internationales. C’est même le nœud gordien des pourparlers israélo-palestiniens. Parce qu’elle se situe au carrefour de deux nations et de trois croyances, cette ville qui a connu à maintes reprises la guerre et la paix, l’anéantissement et la reconstruction cristallise depuis plus de trois mille ans des passions incandescentes dont on ne saurait faire abstraction. 

Dès lors, si on admet qu’Israéliens et Palestiniens accordent la plus haute importance à Jérusalem et si, de surcroît, la « cité de David » ne peut plus être érigée en un « corpus separatum » comme le prévoyaient les Nations Unies en 1947 dans la résolution 181, il est tout aussi évident que Jérusalem ne saurait demeurer la capitale « une et indivisible de l’État d’Israël ». Battu en brèche, dès 1967, à la suite de la « Guerre des Six Jours », le dogme hébraïque multimillénaire de l’indivisibilité de Jérusalem n’est plus aujourd’hui admissible. 

Le territoire de la cité  hiérosolymitaine devra donc un jour être partagé, par consensus, afin d’aboutir à des compromis territoriaux douloureux mais nécessaires qui tiennent compte équitablement des désidératas des deux principales communautés. C’est dire que la ville convoitée par deux nationalismes – l’un arabe, l’autre juif – a vocation à abriter deux capitales contiguës, une pour chacun des deux États voisins concernés : Jérusalem-Ouest doit en toute logique devenir la capitale de l’État d’Israël et Jérusalem-Est la capitale effective d’un État palestinien souverain. Mais le partage de la principale ville de Judée est encore loin de faire l’unanimité en Israël comme dans les territoires palestiniens occupés. Il en est ainsi lorsqu’on aborde le statut qui doit être réservé aux Lieux saints de la Vieille ville – le cœur historique et spirituel de Jérusalem – délimitée au XVIe siècle par les remparts dressés par le sultan Soliman le Magnifique à l’époque de l’Empire ottoman. 
_____

Cette inextricable question du statut international de Jérusalem sera présentée et débattue dans le cadre d’une conférence programmée à Saint-Denis et plus précisément à l'amphithéâtre Élie de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université de La Réunion le jeudi 13 avril 2017, à 18 heures. Présidée par Mr Idriss Issop-Banian et suivie d’un débat placé sous le patronage officiel du Groupe de Dialogue Interreligieux de La Réunion (GDIR), la conférence du professeur André Oraison a pour titre : « Le statut international de Jérusalem à l’aune du droit, de la politique et de la religion ». 




1.Posté par margouillat974 le 10/04/2017 10:19

De toute façons, Israël ne respecte aucune des résolutions de l' O.N.U., ça sert à quoi de faire des colloques ?

2.Posté par Axel Payet le 10/04/2017 15:07

Jèrusalem, berceau des religions monothéistes? C'est très discutable. Pour des raisons d'antériorité, il n'y a pas photo, le judaïsme (et donc Israël ) a plus de légitimité à revendiquer cette ville dans sa totalité. Plus que le catholicisme arrivé bien après sur le site. Et infiniment plus que l'Islam apparu, encore plus tard , à des centaines de km du côté de La Mecque et Médine.

3.Posté par klod le 10/04/2017 17:25

post 2 ou le raisonnement par l'absurde ou 'l'antériorité" qui abolirait tout autre droit ..................... .........no comment . affligeant.

4.Posté par Axel Payet le 10/04/2017 17:39

A post 3: C'est votre anonymat qui est affligeant. Déclinez votre identité et je vous répondrai sur le fond!

5.Posté par cmjj le 11/04/2017 09:55

Jérusalem cité du grand roi David ou fus construit le temple par son fils Salomon il fait bon de remonter l histoire connaitre d ou l ont viens pour mieux connaitre d ou ont veux aller

6.Posté par Abdel Kader le 11/04/2017 14:12

A poste 4 : votre naïveté est tout aussi affligeante. Qu'est-ce qu'on peut bien avoir affaire avec votre identité ?

7.Posté par Axel Payet le 11/04/2017 15:54

A post 6: A propos d'identité, j'estime qu'il est nécessaire de la décliner pour tout post, ne serait ce par correction à l'égard de l'auteur de l'article qui,lui, s'est annoncé de la façon la plus claire qui soit. Et si d'aventure on devait critiquer son écrit , point n'est besoin de recourir lâchement à un pseudo, véritable niqab littéraire, qui permet d'avancer masqué et de déraper souvent et à divers égards. Bref, une question d'élégance, quoi...
Quant à ma naïveté, je ne vois pas les raisons qui vous autorisent à l'évoquer.

8.Posté par Charles Attan le 12/04/2017 01:06

A poste 7 : j'évoque ce que je veux sans raison et sans autorisation, que cela vous plaise ou non.

9.Posté par Axel Payet le 12/04/2017 11:23

Charlatan, vous avez parfaitement raison. Vous pouvez évoquer ce que vous voulez "sans raison et sans autorisation". Du moment que vous ne tombez pas dans la diffamation .

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