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Courrier des lecteurs

Transition agroécologique : Qu’est-ce qu’on attend ?


Par Nazir Houssen - Publié le Mercredi 17 Juin 2020 à 17:43 | Lu 715 fois

Le consommateur a toute légitimité pour questionner les responsables des politiques agricoles, puisqu'il est, finalement, celui pour qui toute cette énergie est déployée. Vouloir se nourrir sainement, sans souffrances inutiles infligées aux animaux, durant leur vie et au moment de leur abattage, sont des conditions que nous ne pouvons pas passer sous silence. Les poules élevées en batterie et dont les membres s'atrophient par manque de place pour s'ébattre, les élevages intensifs, pour la viande ou pour le lait, où les animaux sont gavés avec une nourriture contenant des OGM et n'ont jamais vu la moindre prairie, etc. Tous ces mauvais traitements infligés aux animaux, nous, consommateurs, n'en voulons plus et nous avons le pouvoir et de choisir, et de boycotter lorsqu'il nous apparaît que les animaux ne sont pas respectés en tant qu'êtres vivants dotés d'une sensibilité. Ceci est le but vers lequel nous souhaitons tendre, sachant bien que les  industriels de l'agro-alimentaire n'ont aucun intérêt à ce que ceci change : la malbouffe, chez nous à la Réunion, avec toutes les enseignes de restauration rapide où le client n'a même plus à sortir de sa voiture pour être servi, se porte bien merci, et une partie de la population, malheureusement, est plongée dans une consommation aliénante qui risque de lui coûter cher, à lui d'abord, en termes de santé, et à l'ensemble de la société ensuite, par le coût en termes de traitement des pathologies associées à la mauvaise hygiène alimentaire, et en termes de dépollution.

Tout ceci pour dire qu'entre l’agrochimie, une forme d'agriculture qui n'a que faire du vivant, et une autre, l’agrobiologie, qui respecte TOUTES les formes du vivant, notre choix est fait et s'imposera de lui-même. Toutes les études ont d'ailleurs démontré qu'elle était la seule soutenable à long terme, l'autre forme, qui use et abuse d'intrants chimiques de toutes sortes et laisse les terres exsangues, n'ayant aucun avenir. Le rapporteur spécial à l'alimentation de l'ONU en 2010, Olivier de Schutter, après une tournée dans pas moins de 180 centres d'agrobiologie dans le monde, tirait la conclusion que cette forme d'agriculture, non seulement pouvait nourrir la planète, mais qu’il n’y a que comme cela qu’elle pourrait le faire durablement. En effet les formes actuelles, très dépendantes des énergies fossiles, n'empêchent pas les famines et la sous-alimentation constatées dans plusieurs régions du monde, d'Asie et d'Afrique notamment, mais aussi d'Amérique latine.

Le mouvement va clairement dans le sens de l’Agriculture Biologique : en 2018, 5.000 agriculteurs sont passés de l’agrochimie à l’agrobiologie en France, 7.000 en 2019, et une prévision de 10.000 nouveaux pour 2020 !

L'agriculture intensive, en termes de santé, de coûts de production, avec la pollution des sols, des eaux, et de l'air, la disparition de la biodiversité, en raison du déboisement soutenu (en Amazonie, en Afrique, en Malaisie, en Indonésie et ailleurs), montre chaque jour un peu plus ses limites. Pourtant, c'est ce modèle qui continue pour l'heure à s'imposer. Les militants écologistes, à travers la planète et ici à la Réunion, réclament un changement radical et en profondeur des pratiques, changement sans lequel nous allons droit dans le mur d’une façon beaucoup plus rapide qu’il n’y paraît. L'heure n'est plus aux discussions stériles et aux atermoiements. L'épidémie de coronavirus, qui est loin d'être terminée dans ses conséquences, devrait être le signal d'une prise de conscience de notre impréparation collective à relever les défis d'une agriculture saine et autosuffisante. Nous sommes, plus que jamais, dépendants des approvisionnements extérieurs, dont on ignore jusqu'à quand ils pourront se maintenir...

Cette agriculture industrialisée et mondialisée, destructrice de l’environnement, et qui contribue fortement au réchauffement climatique, apparaît désormais pour ce qu’elle est vraiment : un colosse aux pieds d’argile, qui peut s’effondrer à tout moment.

C’est pour toutes ces raisons que je fais partie des 30.000 signataires du Manifeste d’Oasis Réunion à lire et signer sur https://oasis-reunion.bio/  et que je partage ses 3 objectifs :
▶ 1° Une agriculture autosuffisante 100% biologique locale et paysanne
▶ 2° Une alimentation saine, sûre, durable, pour tout le monde, au juste prix
▶ 3° Une consom’action éco-responsable, écologiquement maîtrisée et solidaire, économiquement circulaire et redistributive

 




1.Posté par Pierre Balcon le 17/06/2020 18:58

Oui mais ces produits prétendument écologiques vous les mettez sur les marchés à quel prix ?
Et quels sont les consommateurs que vous visez ?
Rappelez vous le taux de pauvreté à La Réunion

2.Posté par A mon avis le 17/06/2020 22:56

@ 1 Pierre Balcon :
Pour vous, les pauvres sont naturellement condamnés à la malbouffe.

Plus il y aura de producteurs d'aliments bio, plus les prix baisseront. Mais il faut aussi admette qu'un produit de qualité doit être rémunéré à son juste prix.
Une agrobiologie nécessite davantage de main d’œuvre, et privilégie les circuits courts, deux phénomènes pourvoyeurs d'emplois.
Et le but est aussi une autosuffisance alimentaire sur le plan régional.

Mais cela va aussi de paire avec un éducation à la nutrition, car malgré ce que vous pensez (ce que vous avez écrit dans un de vos billets) la malnutrition existe à la Réunion.
Manger moins, en équilibrant davantage son alimentation permet de choisir des aliments de meilleure qualité, sans forcément augmenter beaucoup son budget;

3.Posté par Pierre Balcon le 18/06/2020 08:27

Je vais tous les dimanche matin route du Théâtre à St Gilles et je constate que les prix sont exorbitants , hors de portée du consommateur moyen . !

Hier des planteurs de cannes bio témoignaient eux mêmes que leurs rendements baissaient de 30 % alors que le prix d'achat de la canne et donc du sucre par l'usinier était le même pour tout le monde .

Plutôt que de parler de bio je préfère le terme d'agriculture raisonnée parce que raisonnable.

Cuba nous offre de ce point de vue un modèle d'économie insulaire qui a opté , par nécessité , pour l'abandon des engrais et pesticides .
Mais on reste dans une économie de pénurie.

Dans un autre ordre d'idée , la semaine dernière j'ai posé deux baies coulissantes pour la maison d'une amie qui n'a pas trop de moyens .

Devis de 2400 € en fabrication locale, contre 1200 € chez Skal à Saint André , avec un produit de qualité acceptable venant de Chine .
Qu'est ce que j'aurais du faire?
Privilégier le circuit court ou traiter au meilleur coût ?

4.Posté par A mon avis le 18/06/2020 10:52

@ 3.Posté par Pierre Balcon

"Devis de 2400 € en fabrication locale, contre 1200 € chez Skal à Saint André , avec un produit de qualité acceptable venant de Chine ."


Votre remarque évoque deux situations classiques :

- installation par un professionnel qui comprend la fourniture d'un produit local (et de qualité sans doute) + main d’œuvre de l'installation +TVA + garantie.
- installation par un bricoleur (votre cas sans doute) ou plus souvent par du travail au noir + un matériel de qualité douteuse.

C'est certain que les artisans se heurtent à la rude concurrence du travail au noir et des prix cassés sur du matériel de qualité discutable !

La qualité se paie.
Aussi, le plus souvent une installation douteuse avec du mauvais matériel, nécessitera de recommencer la dépense plus tôt que prévu !

Le moins cher n'est pas toujours le meilleur choix !

5.Posté par martin lane le 18/06/2020 12:39

On attend la montée en flèche du cours de matière premières, le riz à 10 euros le kg et la canne à sucre sans subvention.
L'inde et la chine re-confinent, criquets pélerins en masse en Afrique, orage sur les greniers à blé en Europe, Australie, gelée en mai au Canada, ses tankers remplis de pétrole brut qui font des ronds dans l'eau.....
Que peut-il arriver ?

6.Posté par Sylvain Paré le 18/06/2020 16:04

Merci M Houssen pour la pertinence de votre article. Vous serez heureux d'apprendre qu'une solution d'ampleur internationale se développe actuellement (et discrètement) à la Réunion et réponds pleinement à vos inquiétudes...

7.Posté par martin lane le 18/06/2020 17:03

@6- Silvain Paré : peut-on avoir la primeur de ces révélations ?

8.Posté par Pierre Balcon le 18/06/2020 17:52

à à mon avis

Bricoleur ? Comme vous y allez !
C'est pas parce que l'on relativise l'origine anthropique du réchauffement climatique qu'on est un néophyte en menuiserie bois et/ou aluminium

9.Posté par Pierre Balcon le 18/06/2020 17:55

à Sylvain Paré

Ou en êtes vous de la production d'hydrogène ( non sulfuré ) et de son utilisation dans les moteurs de voitures de série ?

Vous nous aviez mis en appétit et puis plus rien ...

10.Posté par A mon avis le 18/06/2020 22:32

@ 8.Posté par Pierre Balcon
Oui, c'est ce que prétend chaque bricoleur prétentieux ! 😊😊😊

11.Posté par Pierre Balcon le 19/06/2020 07:46

Max Scheler serait pour vous d'une lecture plus utile que le butinage sur Zinfos

Et que nous dit il , sur ceux qu'il appelle , dans le prolongement de Nietzsche , " les hommes du ressentiment" ( parmi les quels on compte à peu près aujourd'hui tous les écolos politiques ) ?

Eh bien il constate que l'’homme de ressentiment en vient à dénigrer tout ce qu’il n’est pas, tout ce qu’il n’a pas. Le faible tend à dévaluer la puissance, le pauvre la richesse, le laid le beau... Le ressentiment fausse « notre vision de l'univers », mais c’est en faussant « le sens des valeurs lui-même » qu’il donne toute sa mesure -- ce que Nietzsche nomme « falsification du barème des valeurs ».

12.Posté par A mon avis le 19/06/2020 10:52

@ 11.Posté par Pierre Balcon :
Eh bien il constate que l'’homme de ressentiment en vient à dénigrer tout ce qu’il n’est pas, tout ce qu’il n’a pas.

Belle autocritique ! 😊😊😊

"dénigrer tout ce qu’il n’est pas, tout ce qu’il n’a pas" ... n'est-ce pas ce que font tous vos écrits et commentaires ?
Et tout particulièrement vis à vis de l'écologie ?

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