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Courrier des lecteurs

Toute pandémie est le fruit du déni de la crise écologique


Par Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID (aid97400.re) - Publié le Jeudi 9 Avril 2020 à 10:27 | Lu 470 fois

Toute pandémie est le fruit du déni de la crise écologique
La pandémie du Covid-19 était inimaginable. Elle a suscité les pires théories du complot. Pour les chercheurs, elle était prévisible. Des études scientifiques, et même des livres la laissaient prévoir. De nombreux laboratoires dans le monde consacrent leurs efforts à comprendre les dynamiques épidémiologiques des nouvelles maladies infectieuses comme le Covid-19. Seuls le moment du passage de la vague et son intensité restent inconnus. D’autres pandémies sont à prévoir. C’est une quasi-certitude si un changement radical des politiques en lien avec la biosphère n’a pas lieu.

Le Covid-19 appartient au groupe des zoonoses, maladies liant espèces sauvages, animaux domestiques et humains. La destruction des milieux naturels provoque ces zoonoses. L’humanité rencontre des espèces microbiologiques contre lesquelles elle est désarmée. Les 5 400 espèces de mammifères hébergent 460 000 espèces de virus, dont l’immense majorité reste à décrire. Comme les autres agents pathogènes, ils participent à l’équilibre naturel en contrôlant l’accroissement de leurs espèces hôtes (principe d’équilibre écologique). L’immense majorité de ces virus sont inoffensifs. Mais même un faible pourcentage constitue déjà une réserve d’agresseurs phénoménale : depuis des années, nous affrontons VIH, Ebola, Dengue, Zika, Chikungunya, la fièvre de Lassa, SARS, H5N1, H1N1, et beaucoup d’autres maladies émergentes qui n’ont pas fait la une de l’actualité. Mais leur nombre est en constante augmentation depuis un demi-siècle et les épisodes épidémiques sont de plus en plus fréquents.

La faune sauvage ne représente que 4% de la biomasse des mammifères terrestres, les humains et leurs animaux domestiques représentant les 96% restants. On pourrait croire que la menace virale diminue avec leur régression. Le contraire se produit du fait de l’artificialisation de plus de 80% des terres cultivables et de l’extension de l’agriculture, de l’élevage industriel, et de l’empreinte humaine sur la planète : fragmentation des paysages, développement de monocultures intensives en lieu et place des forêts tropicales. L’absence d’investissement en infrastructures de santé dans les pays riches en biodiversité ne fait qu’aggraver la crise sanitaire. Les virus bénéficient de l’immense réseau de diffusion par les interconnexions entre leurs hôtes potentiels.

Aujourd’hui, ce qui nous menace tire avantage de l’expansion des activités humaines d’élevage partout dans le monde, facilitant les contacts avec la faune sauvage, provoquant des changements d’hôtes et leur ouvrant une immense niche écologique. Ainsi un virus qui effectuait encore son cycle biologique dans une population de chauve-souris quelque part en Asie en septembre 2019, émerge sur un marché chinois en décembre, pour s’étendre à la terre entière en mars. Ce que décrit le long métrage prémonitoire de Steven Soderbergh : « Contagion ». Les pandémies qui nous frappent ne sont qu’une facette du changement planétaire. Celui-ci inclut aussi les perturbations climatiques provoquées par les gaz à effet de serre et l’extinction massive d’espèces.

L’humanité est confrontée aux conséquences de ses choix économiques et politiques. D’autres choix sont nécessaires pour la survie de notre espèce autant que pour la préservation des milieux naturels. Les réponses sont connues. L’IPBES, plateforme intergouvernementale pour la biodiversité et les services écosystémiques, propose aux gouvernements un bilan de nos connaissances scientifiques et empiriques sur les défis posés par la préservation de la biodiversité et les moyens d’y répondre. Il convient aux acteurs politiques de s’en saisir. Les politiques doivent intégrer les conclusions du GIEC sur le dérèglement climatique.

Cette nécessité d’action et ses échecs passés posent la question des verrous à lever dans la gouvernance de nos interactions avec la biosphère et la prise en compte de ses limites. Il est urgent de rompre avec le déni des menaces planétaires créées par les activités humaines et d’utiliser ce que nous savons pour mettre en place les politiques de changement radical.

Vu dans Libération du 08/04/2020, d’après un collectif d’écologues




1.Posté par chikun le 09/04/2020 15:29

C'est par manque d'écologie qu'il manque des masques, des lits de réa , des respirateurs ? (rires)
Franchement tu me fais de la peine . Le problème du monde est la surpopulation et les manipulations génétiques . L'homme se veut Dieu...... Il va le sentir passer.

2.Posté par China le 10/04/2020 13:00

Post 1 Ce qui fait de la peine , c’est que vous ne savez pas lire ! Vous ne comprenez pas , ou vous refusez ce que vous lisez ..? Votre réaction est simpliste . Cette personne vous apporte une analyse scientifique, essayez de la relire sans à priori, je suis sûre que vous comprendrez . ( sans rire ) .
J’ai lu : « le manque d’investissements en infrastructures de santé ..l’empreinte humaine sur la planète, l’expansion des activités humaines..la monoculture ,l’élevage industriel ,la destruction des forêts et des milieux naturels, le dérèglement climatique. L’humanité est confrontée aux conséquences de ses choix politiques et économiques.. »
Ce n’est pas qu’un problème de surpopulation.

3.Posté par polo974 le 10/04/2020 13:06

1 chikun:
arrête de te plaindre, on est en phase de réduction de la surpopulation... mais ça marche pas assez bien (chez les autres, bien sûr).

4.Posté par Pierre Balcon le 10/04/2020 15:08

Ils sont incorrigibles ces écolos !
Ils sont un peu comme les témoins de Jéhovah qui voient partout des signes de la puissance divine et de la déchéance de l'homme .

Bien avant le réchauffement climatique l'’histoire de l’humanité est jalonnée par l’apparition subite de ces grandes pandémies.
On a en mémoire celle des grandes pestes qui décimèrent l’Europe depuis l’Antiquité jusqu’au XVIIe siècle.
La première grande épidémie, dite «peste d’Athènes, une fièvre typhoïde rapportée par l’historien Thucydide, se propagea en Grèce entre 430 et 426 avant J.-C., fauchant des dizaines de milliers de personnes. A commencer par le grand stratège Périclès.
Mais le plus grand fléau ce fut la peste.
La première grande épidémie se déclencha entre 541 et 542 dans le bassin méditerranéen, mettant fin aux rêves de restauration de l’empire romain de Justinien.
En 1347, un nouveau mal se répand en Europe, celui de la «peste noire», la peste bubonique, à une époque où la Guerre de Cent Ans, qui aura duré de 1337 à 1453 ruine le peuple et les campagnes de France.
La peste se manifestera ensuite régulièrement et pour la dernière fois à Marseille en 1720, après avoir touché Venise en 1630. Même si elle reste endémique dans d’autres parties du monde.
D’autres épidémies suivirent, s’accompagnant presque toujours des mêmes troubles sociaux quand elles ne sont pas perçues comme un châtiment venant s’ajouter aux troubles.
Il y eut ainsi les épidémies de variole introduites en Amérique par les conquistadors.
En retour les Indiens leur firent don de la syphilis, surnommée «le mal de Naples» par les Français.
Puis le choléra, qui toucha la France en 1832..

Et puis la grippe dite à tort espagnole qui , de 1918 à 1919, fit plus de victimes que la Première guerre mondiale, contaminant plus d'un tiers de la population mondiale. ( Selon l'Institut Pasteur, la grippe espagnole aurait tué plus de 30 millions de personnes, mais d'autres estiment plutôt le nombre de victimes à 100 millions.)

Le virus de la grippe dite asiatique a été identifié pour la première fois en Chine en 1956. Atteignant Singapour, puis Hong Kong et finalement les États-Unis seulement en l’espace de quelques mois, on estime qu’elle aurait causé de 1 à 4 millions de morts dans le monde. Sa souche a ensuite évolué en H3N2 antigénique, entraînant une autre pandémie de 1968 à 1969 ou la grippe de Hong Kong, tuant pour sa part, environ 1 million de personnes. . 

Dans les années 70, le sida fait son apparition, bouleversant la vie de toute une génération, puis plus récemment le virus Ebola.

En réalité les maladies infectieuses suivent à la trace l’évolution de l’humanité.
Mais leur pouvoir le plus malfaisant est de réveiller en l’homme ses instincts les plus primaires et ses peurs les plus viscérales.
Dommage que ce soit sur ce ressort là , celui des peurs et de la déraison , que s'appuient nos écolos .
La plupart ne sont que des charlatans .

5.Posté par Bruno Bourgeon le 11/04/2020 11:36

Merci, Pierre, pour le qualificatif de charlatan. Par pitié pour toi, je ne reprendrai pas les assertions dont certaines sont fausses, ce n'est pas le lieu ici. Je maintiens le titre, et je te t'indiquerai, lorsque nous aurons une discussion de vive voix, comment la pandémie de la Grande peste noire en Europe, a une cause écologique (climatique devrais-je dire). Amitiés.

6.Posté par Pierre Balcon le 11/04/2020 15:16

Chez l’homme, il a été calculé que l’organisme comportait dix fois plus de cellules bactériennes ou virales que de cellules proprement humaines.

A vrai dire l'homme est devenu humain par adjonction successives d'éléments étrangers .

On découvre aujourd'hui les micro biotes et micro biomes de l'intestin , des bronches, de la peau.

Les chauves souris , les pangolins , les civettes palmistes ont sans doute toujours cohabité avec les primates et les hommes chasseurs qui ont en fait leur nourritures..

S'il était avéré que ce virus là serait parti de Chine ( ce qui reste à démonter d'ailleurs ) , n'incriminons pas leurs habitudes culinaires . En France nous mangeons des grenouilles et des escargots. A la Réunion des tangues.

Rien à voir avec le réchauffement climatique ( dont l'origine anthropogénique est au demeurant sujet à controverses , au moins concernant son intensité ).

En revanche il ne fait guère de doutes que la propagation des épidémies est accélérée par la mondialisation des échanges et la circulation des hommes « vecteurs » .

Mais on ne peut pas, comme les écolos , plaider pour le mondialisme et l'européisme et se plaindre de l'afflux de « visiteurs » .

Quand on aime les chiens il faut aussi aimer les poux du chien .

Je relis le tract de campagne d'Ericka Bareigts , soutenue par EELV , qui plaidait pour une ville de Saint Denis ouverte sur le monde . Elle fut la première à demander la fermeture de l'aéroport et sera sans doute la dernière à en demander la réouverture.

N"'aie aucune pitié pour moi . Argumente.

7.Posté par Bruno Bourgeon le 14/04/2020 08:08

Pierre,

La Grande Peste maintenant : elle a été favorisée par l'éruption méga-colossale de Samalas en Indonésie (1257), la plus colossale enregistrée sur les 10000 dernières années, et qui a engendré un hiver "nucléaire" de plusieurs décennies, donc de mauvaises récoltes ayant généré la grande famine de 1315-1317. Cette éruption a démarré le Petit Âge Glaciaire Médiéval. La Grande Famine a démarré dans la vallée de l'Eridan (le Pô) après plusieurs années de sécheresse et de pluies abondantes (pluies excessives en été 1314), avec de graves conséquences démographiques : plusieurs millions de morts en Europe qui comptait 73 millions d'habitants. La Peste Noire elle-même : son origine reste encore discutée : le nord de la Caspienne selon des textes russes, le sud de la mer Noire, les confins asiatiques via Samarcande et la route de la soie, le sud de l'Himalaya selon une surinterprétation des écrits de Ibn Battuta. Bref, la "Mort Noire" franchit la Méditerranée et envahit l'Europe par le Sud, traverse la France (Marseille 1347), conquiert les îles britanniques puis la Scandinavie. Elle tua environ 25 à 45 millions d'Européens, soit près de 50% des habitants (et non un quart). Au niveau mondial, avec l'Empire Byzantin (qu'elle contribua à défaire face aux Ottomans) et l'Asie, 75 à 200 millions de personnes : je ne connais pas la proportion par rapport au reste de l'Humanité. Mais un quart, pourquoi pas? Elle fut également favorisée par l'atmosphère martiale : islamisation des Mongols, Guerre de Cent Ans. D'ailleurs du bon sens populaire émana cette prière : "Délivre-nous, Seigneur, de la faim, de la peste, et de la guerre", associant ainsi les trois dans un même fléau. C'est d'ailleurs pourquoi je prétends que toute pandémie a un fondement écologique : ainsi de la Peste Noire, mais aussi de la grippe espagnole, lessivant des millions de personnes déjà éreintées par la Grande Guerre, de nos jours avec la déforestation et la mise en contact d'espèces virales inconnues de nos systèmes immunitaires ; HIV, Ebola, Zika, SARS-Cov-1 et 2, etc...

8.Posté par Pierre Balcon le 14/04/2020 11:37

Bruno ,

Oui mais quelle est la part du réchauffement climatique dans tout ça ?,

Tes deux dernières lignes , de ta facture , ajoutées aux thèses généalogiques discutées au sein de la communauté scientifique ( qui raisonne d'ailleurs en la matière par simples corrélation et peine évidemment à mettre en évidence des liens de causalité directe ) , sont abusives .
La chauve souris est considérée comme un réservoir de virus , parce qu'elle vit longtemps ( 30 ans ) dans des milieux favorables aux bactéries et virus . Il en existe des centaines d'espèces qui vivent dans des milieux variés.
Le Brésil à ce compte là devrait être le point de départ des pires épidémies . Idem Madagascar plus près de chez nous
Ce qui est loin d'être le cas .

L’Indonésie , les Philippines sont en revanche plus suspectes.

La science ne fait jamais bon ménage avec la politique parce qu'elle implique une rigueur absolue.

9.Posté par Pierre Balcon le 14/04/2020 11:57

Dans les zones anthropiques ou de déforestation, de nombreuses espèces de chiroptères ( chauves souris ) sont en forte régression ou ont localement disparu.

Certaines font l'objet de plans de restauration ou bénéficient d'un statut de protection, dont en France.

Alors parler de la déforestation comme cause de l'éclosion des virus est pour le moins hasardeux .

10.Posté par Bruno Bourgeon le 17/04/2020 15:34

Pierre,

Voici une référence étrillant le discours de Vincent Courtillot sur l'argument fallacieux que l'élévation CO2 dans l'atmosphère est conséquence du réchauffement et non sa cause. Bonne vision! https://www.youtube.com/watch?v=n-NJ-B_IIFw&t=1081s.

La conférence est de 2011, la vidéo d'octobre 2018. Pour résumer ceux qui n'auront pas le courage de visionner 42 minutes de sciences et d'analyse interrogative, tout est affaire de boucle de rétroaction et de rapidité d'augmentation du CO2 dans l'atmosphère tandis que l'inertie de l'ascension des températures est beaucoup plus importante. Donc si l'on présume que les paramètres de Milankovic concordent pour amorcer le réchauffement après l'ère glaciaire, et que le CO2 suit le mouvement, très rapidement il le précède et enclenche l'accélération de celui-ci.

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