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Courrier des lecteurs

Toute épidémie a une fin


Par Collectif Covid Médecins 974 - Publié le Vendredi 9 Avril 2021 à 14:21 | Lu 1480 fois

Toute épidémie a une fin
En 1987, l’entomologiste Alan Berryman (1) publia un article intitulé « Théorie et classification des épidémies ». Le texte s’ouvre sur une définition de base : « Du point de vue de l’écologie, une épidémie désigne l’augmentation spectaculaire des effectifs d’une espèce particulière, dans un laps de temps relativement bref. »

Selon cette acception, par provocation, l’épidémie la plus notable qu’ait connue la planète Terre est celle de l’espèce Homo Sapiens. Allusion au taux de croissance de l’espèce humaine. Pourtant les chiffres sont là :
- Depuis l’invention de l’agriculture, la population humaine a été multipliée par 333
- Depuis la grande peste noire, par 14
- Depuis la naissance de Darwin, par 5
- Depuis la deuxième guerre mondiale, par 2

Entre 1804, la population humaine a atteint le milliard. En 1960, nous étions trois milliards. En octobre 2011, 7. Depuis la dernière décennie, le taux de croissance diminue, mais reste au-dessus de 1%, soit plus de 70 nouveaux millions d’humains chaque année.

Nous sommes un cas unique. De toutes les espèces, à part les fourmis et les krills (petites crevettes, nourriture quasi-exclusive des baleines), nous pesons le plus : 370 millions de tonnes. Parmi les grands animaux, seuls les bovidés font mieux, avec leurs 1 milliard trois cent millions de têtes, pour une masse de 500 millions de tonnes. Uniquement à notre service. Notre biomasse est plus de 100 fois supérieure à celle de n’importe quel autre grand animal sur cette planète. L’humain est un monstre, un phénomène unique dans l’Histoire : notre corpulence et notre longévité n’ont d’égale que notre abondance. Nous sommes une épidémie.

Or toute épidémie a une fin. Cette fin peut être soudaine ou progressive. Ainsi, chez les chenilles à tente du Nord-Ouest des USA, grands prédateurs des feuilles des arbres caducs de ces régions, leur croissance démographique est aussi soudaine que leur disparition rapide. On a décelé que la cause principale de cette décroissance fulgurante est liée à un virus, le VPN (virus de la polyédrose nucléaire, baculovirus affectant les lépidoptères). Or nous avons, nous aussi, nos lots de virus dévastateurs potentiels : rétrovirus, myxovirus, coronavirus. Subirons-nous le même sort que les papillons du Montana ou de Colombie Britannique ? Une telle analogie est-elle valide ?

L’immense infectiologue Donal Burke a publié en 1997 une conférence à ce sujet (2). Il y énonce les critères permettant de désigner les virus les plus susceptibles de déclencher une pandémie :
Ce doit être une zoonose (maladie dont l’origine animale peut être transmise à l’Homme), car il faut un réservoir animal dans lequel le virus pourra muter facilement

Il faut recenser les virus ayant déjà provoqué des pandémies : nous disposons des orthomyxovirus (grippe) et des rétrovirus (SIDA)

La capacité à produire des épidémies majeures dans les populations animales non humaines. Ici, nous avons : les orthomyxovirus, mais aussi les paramyxovirus (comme Hendra ou Nipah), ainsi que les coronavirus comme le Sars-Cov.

Le troisième critère est l’évolution intrinsèque du virus, soit sa capacité à muter, se recombiner, se réassortir, ce qui lui donne les moyens potentiels d’émerger dans une population humaine pour y provoquer une pandémie. Les candidats ici sont les rétrovirus, les orthomyxovirus, et les coronavirus. Ces derniers sont une menace sérieuse pour la santé humaine. Par leur capacité à conjuguer forte évolutivité et déclenchement d’épidémies animales.

Burke ne croyait pas si bien dire. En 2003 survenait la première épidémie de Sars-Cov-1. 23 ans après cette mémorable conférence, celle du Sars-Cov-2. Mais ce ne fut pas une prédiction selon les mots mêmes de l’auteur. Il note juste que cela nous donne les conditions pour nous y préparer : détection des transmissions animal-homme, contrôle des épidémies avant qu’elles ne se transforment en pandémies, capacité d’identifier les virus connus et de caractériser les nouveaux.

La suite dépendra de la science, de la politique, de nos mœurs, de nos comportements humains. Car les pandémies (présente ou à venir) s’inscrivent dans un schéma beaucoup plus large, dont notre humanité est pleinement responsable. Elles ne font pas que survenir, elles sont aussi le reflet de ce que nous faisons. Or, s’il est vrai que certains facteurs nous échappent, nous gardons prise sur d’autres : notre démographie, nos empiètements sur le monde sauvage, nos déplacements. Une certitude : l’envahissement de la planète par notre espèce est la plus magnifique aubaine que nous puissions donner à l’ardeur conquérante des microbes. Car les zoonoses sont impossibles à éradiquer. Seule l’intelligence humaine pourra jouer un rôle décisif. Y parviendrons-nous ?

Collectif Covid Médecins 974
D’après « le Grand Saut », de David Quammen, éditions Flammatrion, 2012


Le 09/04/2021

1. Alan A. Berryman, “the Theory and Classification of Outbreaks”, in P. Barbosa et J. c. Schultz, Insect Outbreaks, San Diego, Academic Press, 1987, p. 3
2. Donald S. Burke, “Evolvability of Emerging Viruses”, , in A. M. Nelson et C. Robert Horsburgh, Pathology of Emerging Infections 2, Washington, ASM Press, 1998, p. 7




1.Posté par A mon avis le 09/04/2021 16:46

A propos de biomasse :
Vous oubliez les lombrics, ces éternels oubliés forts utiles et même indispensables au bon fonctionnement des cycles biologiques des sols.
Tout le contraire de l'espèce humaine !

Biomasse des lombrics (toutes espèces confondues, soit plus de 7000) : de 1 à 3 tonnes/ha. Soit une biomasse totale évaluée à 20 fois la biomasse humaine.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lumbricina://

Et que penser de la biomasse totale de certaines espèces de bactéries ? ou de champignons ? etc.
Ce ne sont pas toujours les plus visibles qui sont les plus importants, tant en nombres qu'en biomasses. Et qu'en actions.

Nous sommes une espèce vivante comme les autres. Seules notre prétention et notre arrogance nous font nous considérer comme une espèce différente des autres et supérieure aux autres.

Ce qui différencie le vivant de l'inerte, c'est la capacité du vivant à transformer de l'énergie pour produire de la matière et à se reproduire et se multiplier au détriment des autres.

Les épidémies s'inscrivent dans ce vaste schéma du vivant qui veut que pour vivre et se reproduire, il faut le faire aux dépends d'autres espèces, voire d'autres individus de sa propre espèce (exceptés les végétaux chlorophylliens, les seuls capables d'utiliser l'énergie lumineuse et les matières minérales pour produire de la matière organique)

Chaque espèce agit et modifie son environnement. Notre prétendue intelligence supérieure, n'a toujours été mise qu'au service de "croitre et se multiplier", jusqu'à occuper la planète entière. D'autres espèces réussissent aussi bien que nous dans ce domaine.

Ayant pris conscience de notre rôle néfaste dans la manifestation du réchauffement climatique et la survenue des dernières pandémie. Saurons nous réagir ?

Vous posez la question :
Seule l’intelligence humaine pourra jouer un rôle décisif. Y parviendrons-nous ?


La réponse est plus qu'incertaine, quand on constate que malgré tout, la politique, nos mœurs et nos comportements humains ne changent guère !

2.Posté par C.J. le 10/04/2021 07:39

Très belle production. Chacun trouvera son compte...selon sa phobie du moment.
Un point apparaît quand même en filigrane, celui de la démographie.. un point sacré, un sujet tabou,c'est pour ça que je le soulève.
J'aime ça..

3.Posté par A mon avis le 10/04/2021 12:17

@ 2 C.J.
Plus une espèce vivante est en difficulté, plus elle a tendance à se reproduire. L'espèce humaine n'échappe pas à la règle ! Une sorte "d'instinct" de conservation de l'espèce.

4.Posté par Pierre Balcon le 10/04/2021 12:32

Ca y est , comme après chaque orage , les prédicateurs de l'apocalypse sont de sortie .

Matérialistes absolus , au point de rapporter l'homme à des vers de terre , comme ils ne sont pas à une contradiction près , ils en appellent pourtant au salut par la raison ( j'allais dire l'âme ) .

Faudrait savoir !!! Ou nous sommes des masses, des volumes ou bien nous produisons aussi de la pensée .

On ne saura jamais vraiment la place que Darwin accordait à Dieu dans la création et l’évolution , en revanche on sait la place que revendique l'imposture écologiste dans la nouvelle métaphysique politique .

Sur le fond l'argument démographique , ressassé , ad nauseam , par nos ayatollahs ne tient pas : " la civilisation" , le développement , l'éducation , partout , font chuter la fécondité .
Le problème pour nombre de pays , dont ceux d'Europe , est celui d'assurer le renouvellement des générations .

5.Posté par Jean Le Monstre le 10/04/2021 14:04

"La suite dépendra de la science, de la politique, de nos mœurs, de nos comportements humains. Car les pandémies (présente ou à venir) s’inscrivent dans un schéma beaucoup plus large, dont notre humanité est pleinement responsable. "

Je suis responsable. Macron et les suivants sont responsables. Tout le monde est responsable.
Il ne s'agit pas de faire des grimaces, de faire semblant, de se faire tester, de se faire vacciner, etc. et après de vivre n'importe comment.
Il faut être responsable de soi-même, mais pas seulement, des autres, mais pas seulement, de la société, mais pas seulement, de la nature, etc.
Il faut être humain, naturellement humain.

6.Posté par A mon avis le 10/04/2021 15:41

@ 4.Posté par Pierre Balcon (Ayatollah de l'anti-écologie)

"Ou nous sommes des masses, des volumes ou bien nous produisons aussi de la pensée."

...dites vous.

Eh bien nous sommes des masses pensantes !
Au même titre n'importe quelle autre espèce.
La fourmilière, n'est-elle pas une masse pensante ? Et la termitière ? La ruche? Et même le blob (physarum polycephalum) ? Et même les arbres et autres végétaux qui semblent communiquer et savent réagir à leur environnement et même anticiper ses modifications ?.

Jusqu'à présent l'intelligence "supérieure" dont de glorifie l'espèce humaine qui se prétend "civilisée" ne lui a été utile que pour croitre et prospérer aux dépends du milieu dans lequel elle vit, à l'instar d' n'importe quelle autre espèce vivante.
Et c'est certainement une des espèces les plus violentes, sinon la plus violente qui s'ingénie à inventer des armes les plus destructrices possibles pour s'entre-tuer.

Et si vous voulez savoir ce que pensait Darwin de Dieu et la création, lisez "De l'origine des espèces" de Charles Darwin ! et vous aurez la réponse.

7.Posté par A mon avis le 10/04/2021 16:08

4.Posté par Pierre Balcon (Ayatollah de l'anti-écologie)
Vous écrivez :
"Sur le fond l'argument démographique , ressassé , ad nauseam , par nos ayatollahs ne tient pas : " la civilisation" , le développement , l'éducation , partout , font chuter la fécondité .
Le problème pour nombre de pays , dont ceux d'Europe , est celui d'assurer le renouvellement des générations ."


... "assurer le renouvellement des générations". En toute logique, il en faut même un peu plus si vous voulez que la sacro-sainte "croissance" se maintienne.
Jusqu'à quand ? ... Jusqu'à l'effondrement ?

Quand vous dites : "la civilisation" , le développement , l'éducation , partout , font chuter la fécondité ." c'est exact.
vous ne faites que confirmer à contrario le constat que lorsque une espèce se sent menacée dans sa survie, sa fécondité augmente. (parallèlement à la mortalité infantile). Et ça ne contredit pas non plus le fait que le vivant est caractérisé par "croitre et se multiplier" !

Remarque "écologique" concernant la fertilité humaine : de nombreux facteurs notamment chimiques sont responsables de la baisse de la fertilité humaine (masculine et féminine).

8.Posté par A mon avis le 10/04/2021 16:24

" Une certitude : l’envahissement de la planète par notre espèce est la plus magnifique aubaine que nous puissions donner à l’ardeur conquérante des microbes. "


Et nous allons débusquer ces microbes (virus, bactéries etc.) partout sur la planète, au plus profond des forêts primaires comme aussi bien que dans le permafrost où étaient conservées dans les sols gelés de multiples espèces microbiennes.

9.Posté par L'Ardéchoise le 10/04/2021 17:31

En tout cas, il y a une pandémie qui ne prendra jamais fin, pour laquelle on ne trouvera jamais ni traitement, ni vaccin : c'est la connerie !
Qui va continuer à croître et à se multiplier avec la reproduction des cons...

10.Posté par C.J. le 10/04/2021 18:01

3.Posté par A mon avis le 10/04/2021 12:17

@ 2 C.J.

Pas mal dit...je crois bien en effet.

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