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Société

"Souvenirs, souvenirs…" Oté compère Chinois !


Carnet-lo-mois, bonbons la rouroute, bassins tourteaux, vélos Hirondelle, « Buck John », « Nous Deux »…

Par - Publié le Vendredi 1 Mai 2020 à 06:27 | Lu 13863 fois

Une boutique "chinois" à Saint-Louis (C'était hier, vol.7, de Daniel Vaxelaire, éd. Orphie)
Une boutique "chinois" à Saint-Louis (C'était hier, vol.7, de Daniel Vaxelaire, éd. Orphie)
« Oté compère Chinois rouve la boutique, assez rêvé/Dé clients sortent Ti-Serré i vien mange riz cantonnais… ». Magnifique chanson de Fred Espel, magnifiée par la voix sans pareille de Michel Adélaïde soutenue par la trompette du regretté Carpin…

Cette chanson colle au coeur de notre histoire locale la plus intime. Dans ce cas très précis, elle concerne le Sud, plus exactement Saint-Louis. Parce qu’effectivement, les clients débarquant à Saint-Louis venant de Ti-Serré, route de Cilaos, arrivaient à cinq heures pétantes devant l’église de Saint-Louis, dans le car conduit par Raymond Sangaria (« Caf pas vilain manière », vous vous rappelez ?) Et « cognaient » la boutique Ah-Fon (Lo-King-Fong) pour s’en jeter un derrière la cravate à la santé du capitaine (inside joke). Le riz cantonnais et la soupe bouchons étaient prêts.

Il y aurait eu des morts !

Pour l’anecdote… Savez-vous que les trois plus grandes églises de la planète (je ne parle pas de cathédrales ni de basiliques mais d’églises) sont dans des « Saint-Louis »: Saint-Louis de chez nous, Saint-Louis du Sénégal, Saint-Louis du Missouri. Revenons à notre riz cantonnais.

Il était superflu de demander à nos compères de l’Empire du Milieu de se lever, au garde-à-vous depuis 3 heures. Ces travailleurs acharnés n’étaient pas venus chez nous po gratte zot ki mais pour bosser, bosser, bosser encore et réussir une vie qui leur était refusée dans leur pays d’origine.

Chez les mandarins, l’esclavage n’était pas vraiment fini, si vous voyez ce que je veux dire. Aujourd’hui non plus d’ailleurs, où des mômes de 10 ans fabriquent pour 100 euros par mois des Adidas que vous arborez fièrement parce qu’elle vous auront coûté 400 bâtons !

Ils l’ont fait, nos compères, ils se sont acharnés et ont tout réussi. Au prix d’un labeur de tous les instants et d’une complicité qui fait que, sans eux, les traits de La Réunion ne seraient pas du tout les mêmes. Et qu’il y aurait eu bien plus de morts. Par milliers.

J’explique…

Les Chinois se sont débrouillés entre eux, notamment pour se fournir les moyens financiers de monter leurs boutiques.  « La banque chinoise », qu’on appelle ça. Mais une boutique sans clients, ça ne vit pas longtemps. C’est là que leur ingéniosité naturelle, couplée à un sens aigu de l’observation, leur a permis de créer un système original dont je ne sais si l’équivalent existe ailleurs dans le monde : Le carnet.

Une époque calamiteuse

Le Créole a, certes, in tas èk in paquet de défauts. Mais il a une qualité, « l’honneur de la dette ». Lorsqu’il perçoit son l’argent, sa réaction première est réglée comme du papier à musique : « Mi paye ça qu’mi dois ! »

Ça, nos compères aux yeux bridés l’avaient tout-de-suite saisi. L’époque était sombre, calamiteuse, la misère régnant en maîtresse dans les campagnes réunionnaises. La départementalisation de 1946 ne restait qu’un rêve lointain, un lendemain qui chanterait un jour, peut-être, mais en attendant… La mortalité infantile régnait. Les campagnes s’habillaient en haillons et l’on y mangeait peu.

Les Chinois ont eu alors une idée de génie, le carnet. Ils savaient n’avoir rien à perdre. Le carnet était double, l’un tenu par le client, l’autre par le boutiquier.

Le client ne sachant ni lire ni écrire, la plupart du temps laissait le Chinois écrire lui-même les achats du jour. Question de confiance. Ça existait alors.

La carnet-Chinois s’est étendu à toutes les couches de la société dans les villages, les hameaux et les campagnes. Je me souviens, nous en avions un chez Ah-Ton à La Rivir’.

Les fameux carnets crédit de la clientèle des boutiques (collection Michel Chung Poo Lun dans C'était hier, vol.7, de Daniel Vaxelaire, éd. Orphie)
Les fameux carnets crédit de la clientèle des boutiques (collection Michel Chung Poo Lun dans C'était hier, vol.7, de Daniel Vaxelaire, éd. Orphie)
Mais, détail d’importance : le carnet ne concernait que les achats de haute nécessité : le riz, la graisse, de sel, la morue, saucisses, tomates (les Chinois vendaient aussi des produits frais), les bougies (les gens modestes n’avaient pas l’électricité), les tourteaux pour les cochons, l’huile d’arachide dans les bacs en fer-blanc et, aussi, des rouleaux de tissu.

Deux qualités de kaki

Du tissu car, en cette époque de misère campagnarde épouvantable, une misère noire, disons-le, les familles n’avaient nullement les moyens d’acquérir des vêtements tout faits. Les merveilleuses mères de famille réalisaient alors de vrais miracles avec rien.

Ce sont elles qui ont créé cette cuisine créole si simple et savoureuse, qui consiste à faire un régal avec trois fois rien. Qu’y a-t-il de meilleur qu’une sauce sardine, in plat d’gros pois et in paquet d’piment crasé !

Eh bien ces ménagères aux doigts de fées savaient coudre ; et fabriquaient, avec les grossiers tissus vendus par le Chinois, pantalons, robes, chemisiers, kilottes… Je me souviens qu’il y avait chez Ah-Ton deux variétés de toile-kaki, le kaki marron, et le kaki verdâtre.

Une visite chez le Chinois relevait de l’incursion dans la caverne d’Ali Baba.

Ce qui attirait d’autorité le regard, c’était la vitrine aux gourmandises. Bonbons gras, « boules chinoises », bonbons la rouroute, ti-cornets la crème, bonbons-millet, massepains… Les minables ersatz d’aujourd’hui devraient pâlir de honte ! Chez Ah-Ton et autres, il y avait des plateaux de petits LU fabriqués maison. Ce qui nous étonnait fort, c’était leur teinte grisâtre pendant qu’ils séchaient sur le comptoir. Et, peu à peu, prenaient la vraie couleur ocre pâle comme ceux d’origine. Jamais compris.

Les sulfureuses couvertures de « Nous Deux »

Dans de grands bacs en bois, il y avait les tourteaux dont nous fauchions quelques-uns au passage. Pas pour les cochons. Il y avait le riz « ségon » (Saïgon), le gros sel de Madagascar. Dans des bacs en fer-blanc, l’huile d’arachide (il n’y en eut longtemps aucune autre ici). Pour ceux qui avaient les moyens, il y avait de petites fioles en métal d’huile d’olive Planiol…

Plus loin dans une vitrine se trouvaient ces cierges chantournés pour la 1ère communion et les brassards de la même farine. Mais ce qui nous collait le nez à une autre vitrine, comme des mouches, était le rayon aux « ti liv’ cow-boys », je les revois comme si c’était hier : Buck John, Kit Carson, Tex Tone, Red Canyon, Jim Ouragan, Bob Tempest, Cassidy, Biribu, Oliver… sans compter les sulfureuses (!) couvertures des romans-photos « Nous Deux ».

Toutes les boutiques Chinois proposaient, à travers l’île, peu ou prou, les mêmes articles. Mais, mais, mais, chacune savait cultiver sa petite différence. Je vous ai parlé des ti-LU de Monsieur Ah-Ton.  ET que dire alors de madame Ah-Tioune, à Saint-Jo, à deux pas de la case Pépé-Mémé, dans « les bas d’Jam’ti » (Jean-Petit)…

Des berlingots informes mais pas infâmes

Ce que je retiens d’abord des Ah-Tioune, c’est qu’un jour, retour de l’école, un de ces macros m’a balancé un caillou qui a failli m’éborgner. J’en conserve la trace au front. J’ai bien été vengé par Pépé qui a engueulé la maman (qui n’y était pour rien) et a foutu, au coupable, une de ces volées qui comptent dans une vie.

Madame Ah-Tioune, vieille femme d’une très grande gentillesse, fabriquait un tas de choses faisant le régal de sa clientèle. Chaque vendredi, déjà, elle tuait le cochon à minuit et apprêtait la charcuterie. A cinq heures, boudin, saucisses, zandouilles, côtelettes, tout était fin prêt.

Mais cette adorable vieille dame avait encore bien des secrets. Ainsi fabriquait-elle ses propres berlingots, informes, marrons, tordus dans tous les sens, bref… succulents. Et moins chers que ces berlingots joliment colorés d’importation.

Pépé, un jour, a dit à Mémé Anéa : « Tu crois que madame Ah-Tioune dort ? »

Parce qu’en plus du reste, elle fabriquait aussi son pain . 500 grammes à 2Kpi près, un pain large, plat, légèrement acidulé, j’en ai encore le goût sur les papilles.

René, en face de l’église de Saint-Jo, était réputé comme un des meilleurs fabricants de gâteaux : choux à la crème, ti pâtés la viande… Il faisait le plein après l’office du dimanche. C’est fou ce que la foi peut être confortée par la présence d’un bon Chinois.

Pareil pour ti-Louis, à Cilaos, qui attendait patiemment la sortie de la grand-messe pour liquider son stock d’incomparables macatias.

Tandis que face au lycée Juliette-Dodu, le Chinois du coin a fabriqué les meilleurs petits pains au jambon de ma connaissance. On en avalait aisément quatre chacun, Zalan et moi… plus un litre de Lovelait (chacun).

Certains vont dire que je bafouille. Ben soit ! Je me plais à dire, redire et re-répéter : sans nos Chinois, l’île eût été différente. Ils ont aussi changé notre cuisine, grâce à ces produits dont nous n’avions jamais entendu parler, mais entrés aujourd’hui dans nos caves aux merveilles.

Philippe WTY (TPA) m’a donné mes premières notions de cuisine chinoise. C’était à Nice, en 1969, voilà qui nous rajeunit. Le même m’a appris « qu’on ne laisse pas un copain dans la merde ! » Et Jerry Ah-Yan m’a montré mille fois qu’on peut être frères sans se faire ch… par SMS 56 fois par jour.

Et surtout, surtout, ils nous ont montré que l’on peut aller loin, très loin, avec rien au départ. Sinon de l’amour. Merci, compère Chinois !


Jules Bénard
Le plus ancien de l’équipe ; la mémoire de Zinfos. Jules Bénard, globe-trotter et touche-à-tout... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Nadia le 01/05/2020 05:26

Merci à Jules Benard de nous rappeler ces bons souvenirs et surtout cette ambiance, cette époque où les gens se connaissaient et se parlaient

2.Posté par Bien entendu le 01/05/2020 07:27

Jules comme toujours c'est un régal de vous lire, car vous ravivez des souvenirs pleins de nostalgie. MERCI pour cet hommage aux chinois dont le pays d'origine est aujourd'hui sur la sellette avec cette foutue épidémie confinante ! Je partage votre analyse quand vous affirmez que grâce à leur ténacité ces chinois se sont construits ici un avenir tout en structurant inconsciemment la société réunionnaise.

3.Posté par Betty le 01/05/2020 08:17

C ke du passe. Bouffee de souvenirs et triste present au rythme des virus - Fbook-fausse solidarite ambiante . Pourkoi rester ??

4.Posté par MT le 01/05/2020 08:29

Souvenirs de mon enfance
Très bel article Monsieur Jules
Comme toujours

5.Posté par Roger le 01/05/2020 08:42

Merci pour ce très beau rappel du "temps lontan".
Une petite erreur toutefois sur la photo : la boutique Ah-Hone, c'est à St-Paul, angle des rues du commerce et de la rue de la Poste (elle existe toujours je crois)

6.Posté par LAMPION le 01/05/2020 08:53

Salut JULES.
Ou là oublié Saint louis à coté de BALE en SUISSE. Et l' adition du carnet, quand y fesait le compte po payer, en haut de la page y inscrivé l'anné, et y aditioné le montant des commissions avec l'année po payé. Et le riz mangalor y puai.
YAB LA RIVIR.
Un stylo d'or po ou.

7.Posté par SITARANE le 01/05/2020 09:27

A l'époque, peu de Créoles savaient lire et écrire , les Chinois se sont enrichis grâce à eux.........Pas de nostalgie hypocrite........................

8.Posté par francky de l''''ouest le 01/05/2020 09:34

Bonjour l'équipe z'infos 974 il y a erreur sur la première photo .C'est la boutique AH -HONE angle des rues Commerce et Rhin et Danube à Saint-Paul non a Saint- Louis comme préciser

9.Posté par Momo le 01/05/2020 09:57

J'allais boire un rhum camarons et gingembres !

10.Posté par Zilet zone Cilaos le 01/05/2020 10:13

Très bel article. Je tiens à tirer mon chapeau à Monsieur Richard PAYET qui dans son magasin U Express de Cilaos, et alors même qu'il n'est pas chinois, pratique toujours le carnet, les facilités de paiement sans justificatif, le transport des personnes n'ayant pas les capacités de rentrer à pieds dans leur Caze, c'est vraiment un homme exceptionnel, une figure incontournable et pourtant si humble et discret. Chapeau !!!

11.Posté par BENARD le 01/05/2020 10:47

Pour la photo je confirme , c'est la boutique AH-HONE à Saint-Paul

12.Posté par le lépreux le 01/05/2020 10:55

Chapeau bas devant le génie chinois du commerce et du travail bien fait

13.Posté par Lauret Raymond le 01/05/2020 10:57

Passons sur le talent de Jules, sur cet attachement extraordinaire à l'Histoire et aux Histoires qui ont fait son île natale et qui nous rappelent pleinement nos souvenirs les plus profonds.
Oui, passons sur le talent de Jules pour voir en tout premier lieu la capacité qu'ont eue à l'époque nos compatriotes d'origine chinoise pour se fondre dans un pays grand comme deux sous et dont la population n'avait, pour sa part la plus importante, connue que la vie simple et pauvre, sans jamais tomber dans la misère. A la maison, avec le salaire de mon père, nous étions pauvre mais pas misérable. La "boutique chinois" où, dans notre quartier de la butte citronnelle, nous faisions nos courses, savait s'adapter aux petits moyens financiers de mes parents. Il y avait de la confiance, que ce soit chez Monsieur Ah-Time ou Ah-sou ou encore Thiaw Kine, pour notre souci de payer ce que nous avions pris. Quitte à attendre jusqu'au mois prochain....

14.Posté par Robert JUNOT le 01/05/2020 11:23

c'est effectivement la boutique AH HONE de St-Paul mais la boutique Ah Fon à St-Louis lui ressemblait comme une goutte d'eau. On ne pourrait pas dire la même chose des zarabs aujourdhui, alors que dans le temps j'en comptais beaucoup d'amis parmi eux notamment à St-Pierre quand j'étais au collège.

15.Posté par Domi le 01/05/2020 11:34

Post 7
Pour une fois je suis entièrement d’accord avec vous .
Disons le monsieur Bénard n’ayons pas peur ( on va dire que c’est du passé) on a un peu abusé de la crédulité de la gentillesse des gens . On payait souvent beaucoup plus de ce que l’on consommait !!!
Ou souviens de l'expression « stylo y écrit deux côtés » ?
Je constate que pour ne pas fâcher certains zinfos sait rester dans le politiquement correct !!!

16.Posté par wobe le 01/05/2020 12:16

Dans les hauts de l'île on en trouve encore des "boutik chinoi" qui n'ont presque pas changés. Mon préféré dans les hauts de l'ouest fabrique encore des choux à la crème, ti pâtés la viande, d'excellent bonbons gras (je pense que ça doit être l'un des meilleurs), bonbons la rouroute, ti-cornets la crème, bonbons-millet, ti panier la crème, ti panier frangipane. Un patrimoine Réunionnais passé de génération en génération. Mais au fond on le sait bien que c'est voué à disparaitre ; les jeunes chinois ca ne les interresse plus de poursuivre dans ce genre commerce familiale.

17.Posté par Sisi le 01/05/2020 12:27

Post 7... Les chinois se sont enrichis mais ils ont permis à bcp de famille de manger.

18.Posté par Choupette le 01/05/2020 13:01

Pour les boules chinoises, à Saint-Paul on les appelle "Bonbons millet", à cause des petites graines de millet dessus.

D'ailleurs, dans la boutique Ah-Hone à Saint-Paul, on trouve encore tous ces bonbons-là. Même une vendeuse d'une autre pâtisserie les recommande. Surtout les cornets la crème. Parce qu'ils ont le goût des bonbons longtemps ... .

Merci pour cette page !

19.Posté par Choupette le 01/05/2020 13:03

15.Posté par Domi

Ah, on peut dire ce qu'on veut, mais même s'ils ne savaient pas lire, nos Anciens avaient le sens de l'observation ! Et le sens des formules ad hoc qui nous faisaient bien rire ... .

20.Posté par Bénard le 01/05/2020 13:55

Raymond, tu me tires les larmes des yeux, là, camarade !!!

21.Posté par La reunion le 01/05/2020 15:06

Si vous êtes nostalgique , visionner la Réunion lontant reportage en 3 films très bien fait ,le 2eme es troublant sur les faits qui sont similaires à ce qu'on subit en ce moment.virus,mort et la date du 11 mai !!!

22.Posté par Jambalac le 01/05/2020 17:33

14.Posté par Robert JUNOT le 01/05/2020 11:23

c'est effectivement la boutique AH HONE de St-Paul mais la boutique Ah Fon à St-Louis lui ressemblait comme une goutte d'eau. On ne pourrait pas dire la même chose des zarabs aujourdhui,
..............................

Faux. M. MOULLAN à Ste Marie faisait crédit (carnet) sur de très longs mois (mariages, communions etc..) et il n'était payé qu'à la fin de la coupe cannes (décembre).
Idem chez les OMARJEE au Tampon et nombre de dettes étaient souvent effacées en cas de décès. Idem chez MOHAMED à St Pierre (compte ouvert aux clients). Mais à l'époque comme le dit M. BENARD , la règle était ": « Mi paye ça qu’mi dois ! » .

Dans les années 80 nombre de boutique pratiquaient encore la vente sur carnet (Georges au Tampon, King siong etc...).

23.Posté par djo le 01/05/2020 17:56

Merci monsieur Bernard j ai connu les petits pâte de monsieur René ct excellent je dis bien ct parce que on en trouve plus et vous avez oubliez les bonbons piment de mde Ah peing

24.Posté par Bleu outre mer le 01/05/2020 18:47

Le crédit, la bonne idée et je suis d'accord avec post 7 qui pour une fois a su garder la tête au bonne endroit. Comme Fontaine, je ne boirait pas de ton eau........

25.Posté par Domino le 01/05/2020 19:21

Dommage de sortir de tels souvenirs en cette période, elle mérite mieux, c'est une partie de notre histoire. Espérons qu'elle ressortira quand la mémoire sera plus réceptive....
Mais super quand même, le bons en arrière.

26.Posté par pipo le 01/05/2020 19:47

@6.Posté par LAMPION le 01/05/2020 08:53

J'ai bien rigolé avec cette anecdote de la date sur le carnet!

M Benard vous êtes un pan de la culture Réunionnaise :)

j'vais jamais compris ça dans cette chanson...Dé clients sortent......"Ti-Serré" mais effectivement maintenant que vous le dites!
Merci à vous

27.Posté par DIDIER NAZE le 01/05/2020 20:21

Je voudrais avant tout saluer mon ami Jules BENARD ☺😊....et te dire que c est un véritable plaisir de te lire !!....merci de nous faire revivre régulièrement ces pans d histoires de notre île .

Au delà des boutiques Chinois.....il y a aussi des boutiques qui sont tenues ou qui ont été par des petits Blancs, des Indiens hindouistes et des Indiens musulmans. Je pense par exemple, a la Boutique Sitaya, rue du Maréchal Leclerc a St Denis, boutique toujours existante, la Boutique Loulou a St Gilles ou on peut manger un bon macatia jambon /beurre.....boutique de Madame Nourri à Grand Ilet....je ne sais pas si ça existe toujours.

Concernant le Bas de la Rivière ....berceau .....de mon véritable. ...PREMIER AMOUR...😐☺....façon de parler....certains et certai es comprendront de quoi et de....QUI je parle..enfin bref, revenons au sujet...

J ai bien connu la Boutique Tortue, Michel Teng-Shong....boutique toujours existante, et la boutique ....détruite. .Ho Hune, boutique qui était à côté de L EX bar des pêcheurs, parti en fumé depuis quelques années. ...la boutique Ho Hune qui s était spécialisée aussi dans la vente des articles de pêche.

Ces boutiques qui font partie de notre Patrimoine. ...qui au fil des années ont disparues pour un bon nombre...au grand désespoir des grands nostalgiques comme moi et à un bon nombre de.....VRAIS RÉUNIONNAIS. ...sans plus de commentaires. ..

Et je termine en disant qu' en ....2005,il y a un ouvrage qui a pour titre : BOUTIQUES, dont l auteur c est ARMAND GUNET . Ouvrage absolument magnifique avec de belles photos de ces fameuses boutiques! ...Ouvrage introuvable en librairie ...mais QU ON peut trouver dans certaines bibliothèques et médiathèques. ...

28.Posté par zanatany le 01/05/2020 21:39

Bonsoir Jules.
Impossible même avec mes collègue de l'académie de retrouver une photo de la boutique, 'AU PITI' proche de Joinville !
Je cherche désespérément pour un ami.
Merci

29.Posté par Jambalac le 01/05/2020 22:33

A St Pierre prés du moulin maïs (à côté de l'ex EER aux Casernes, il y avait un boutik chinois té fé berlingots. Je le voyais manier la pâte et cracher dans ses mains pour le faire, mais ses berlingots té bon quand même....

30.Posté par Jambalac le 02/05/2020 05:37

Le billet de Jules est un flash-back d'un temps meilleur en ce qui concernait les relations humaines.
Toute de moune té donne la main. Respect grand moune dans la rue. Beaucoup té boi café dans la moque, brosse coco dans la case, l'encaustique té brille. Chapeau soulevé devant mesdames. Pas besoin signe un dossier 20 pages pou un crédit chez un commerçant. Acheter un loto rencontre était l'occasion de belles rencontres. Vous pouviez marcher dans la rue en toute sécurité. La vitre loto té reste ouvert. Bananes dans la cour navé le temps mûrir sur le pied sans être volé. L'instituteur té un monsieur. Parle pas la loi (mi parle bande casse en fer -casque en fer-). Maintenant le temps moderne lé en kitsamère...

31.Posté par Mehdi le 02/05/2020 08:24

Moi je me souviens des "boudou".... trop bon......lol

32.Posté par zanatany le 02/05/2020 10:21

Comme d'habitude des chefs d'oeuvre de lecture et merci pour sa passion des temps lontan.
Vivement une prochaine !

33.Posté par C'''est vrai... le 02/05/2020 10:48

...Vous avez raison de nous rappeler ces bons moments.Et mr Philippe WTY a toujours la main sur le coeur , dans le cambouis , mais toujours ouverte pour les autres .Et toujours une assiette à dispo pour celui qui arrive . Lé pareil pour son frère.En fait , chinois longtemps, zarab' longtemps, créole longtemps, lété d'moune par rapport sak nous voie koméla. Le but n'est pas la critique "c'était mieux avant" mais faut avouer que....

34.Posté par L'Ardéchoise le 02/05/2020 16:09

Une lecture plaisir, comme d'hab.
Merci Jules.
Mais... c'était comme dit en 33, dann tan lontan !

35.Posté par Christian le 02/05/2020 22:17

La boutik Lahm-to.

Ma grand-mère du côté ma maman, habitait dans les hauts de la chaloupe St leu.

Ouiii ôté, Nou té marmaille, cour la boutik la pate à terre rod comission..
Fé noter dans carnet...
Fin des années 70 début 80....
Buveurs la rak lavé un paké aussi....

Té le bon temps.... Ouiiiii ôté.

Un Reunionnais depuis Toulouse.

36.Posté par @3 le 03/05/2020 06:13

Anecdote:

A St Denis un certain OMARJEE avait crédit chez son chinois. Comme le OMARJEE était riche, le chinois laissait souvent le crédit courir (il le réclamait bien des mois après). Le fils de ce OMARJEE avait l'habitude le matin d'emmener le carnet et avant et au sortir de l'école et pendant les vacances, de se payer des fantaisies pour lui et ses copains (quand ou nana l'argent copains où nana). Ce fils OMARJEE était un zenfant gâté et son papa n'avait l'argent (en ce temps là, les OMARJEE étaient très, très riches. Ils avait même une écurie de courses. Leurs chevaux et Jokey avec casaque à leurs couleurs, couraient à la redoute).

Lorsque le chinois réclama l'argent dû, le OMARJEE concerné dû vendre une maison pour payer le crédit (les maisons avaient une certaine valeur mais pas celle exagérée d'aujourd'hui). Il s'en acquitta alors qu'il n'y avait aucun contrat d'écrit, juste la parole. C'était une époque de gens honnêtes.

Le vieux RAVATE que je rencontrais parfois à Gillot, me confirma cette histoire. Il précisa qu'à cette époque les OMARJEE avait leur bureau près de la Banque de la Reunion, que sa fortune à lui, n'arrivait pas à leur cheville, et que le OMARJEE en question (concerné par la dette du chinois) avait à lui seul prés de 300 maisons. Et qu'un OMARJEE avait fait don à l'Etat français (après la crise de 1929) d'une importante somme d'argent.



37.Posté par Hoarau Emile le 03/05/2020 07:54

Merci Jules pour ces souvenirs du passé. On ne s'est plus revu depuis ton départ de la Rivière, mais j'ai toujours suivi tes publications (roman policier, participation au Mémorial, et autres jusqu'aux"Souvenirs d'une enfance créole"). Je suis né en 47, j'ai habité pente Nicole à 100 mètres de la boutique AYON, et on a été dans les mêmes classes au primaire. J'ai toujours été un de tes admirateurs. Merci encore pour tout ce que tu fais.

38.Posté par Grangaga le 03/05/2020 19:30

Bravo é mèr'si.....y fonn' konm' in sikré d'orz' dan la bouss' mon Frwa....
Konm' sakènn', y mètt' son ...."konpèrr' Sinwa an l'èrr'.......
Mi di ma mètt' mon ......" grin d'sèl' ".....
Mé lé nott'....lé a d'mandé, si nana ènn' la rann' a li omaz'........
Mi koné pa si y di konm' sa là.....
Y ....mètt' a mwin dann' ....l'anbara, ènn' ti pé.........
Pars'ké si po lo bougu' y di Konpèrr', po lo fanm' sé ...Komèrr'.......
Bin lé nott' té y apèl' ......Madanm' Ha Yok....
....Mé li té y fé pa koméraz' souplé, non !!!!!!
Sé lo fassonn' parlé, lo fassonn' di, mi vé dirr'...
San bougu', san z'anfan, san kouzin kouzinn', ti fanm' là la zèrr' son boutik'......
Ziska la fin d'son vi......
Et lo vilaz' té ....bandé, sa lavé son l'izinn' konm' satt' zot' là.....
Y paré k'li la domann' a ...rapatri son korr' an Sinn'.........
La pa tou sa !!!!!
Mé po lo kar'né là....èk' ti Madanm' là té y zoué pa volèrr'.........
Nou lavé in doubb' Méssyié, san sa....bin té pwin komission......
A l'antrak', ziss' po ènn' ti....." kèk'soz' " de 5 a 10 Frs, té y mark' d'si ènn' ti boutt' zour'nal'.......
" Et ou oubli pa di, outt' monmon ....mark' dann' kar'né ".....
Mèm' si noutt' koko té dirr', té y oubli pa,sa.......
Sinon domin ou la bézwin in....."boudou" là, y gain'll' pi........

Mwin la pa tro konpri ossi outt' twal' kaki là....Zil'......
Pars'ké nou lavé in kalité là, sa té la ....rass' mounwarr' !!!!!!!!
Y paré....."pou d'zwa" li, lo piss' li, ni lo pinèz' té y pass' pa a travèrr' sa........
La ban ô, koté nou té y di sa....." la twal' do pin ".....

39.Posté par Bénard le 04/05/2020 07:49

A Emile :
Content de te lire, l'ami.
Que souvenirs nous avons en commun, à La Rivir', l'école Hégésippe H., nos chers vieux instituteurs...
Content de t'avoir lu.

40.Posté par "VIEUX CREOLE " le 06/05/2020 18:45

AYANT PU AVOIR ACCÈS A VOTRE ARTICLE CI-DESSUS ( "souvenirs ...souvenirs" ! oté compère chinois !) ,je m'empresse de vous encore une fois : Bravo et félicitations !! JE SUIS TOTALEMENT DE L'AVIS DE " LaURET RAYMOND "( Post 13 ) ! !
---- Je vous ai devancé à l'internat due l'Ancien "Lycée Leconte de Lisle lycée" : vous y êtes entré , ,je pense , quand j'ai obtenu mon Bac . . . Mais ce qui est curieux c'est d'y avoir connu les mêmes Profs et vécu ou assisté à des expériences aussi drôles mais. . . beaucoup moins osées : en peu d'années mentalités et mœurs avaient drôlement évoluées . . .

---Revenons à " nos compères Chinois" . je n'oublierai jamais , " !e rôle éminemment social et solidaire" que nos compatriotes venus d'Asie s'installe dans notre Île ont joué pendant toute la durée de la dernière guerre mondiale- et même bien au-delà-- en FAVEUR des couches les plus défavorisées de la colonie de La Réunion, coupée du le reste du monde pendant longtemps ! ! ! J'en parle en connaissance de cause - bien qu'étant trés jeune à cette époque ! ! !
Le système de l'utilisation du" double carnet " ( un pour l'Acheteur ,l'autre conservé par le commerçant ) a sauvé des milliers de Familles réunionnaises ( confrontées régulièrement à des situations pécuniaires trés difficiles pour donner à manger à leurs nombreuses marmailles ). . Ces Clients reconnaissants - et aussi leurs enfants- sont , bien entendu , devenus " leurs plus Fidèles Clients " .! ! ! UN exemple de solidarité INCROYABLE A SOULIGNER ! ! ! J'ai assisté avec énormément de plaisir à des gestes de solidarité aussi exemplaires dés le début de la pandémie du" COVIS 19 " AU SEI DE DE NOTRE SOCIETE LOCALE ENTRE GENS DE CONDITIONS MODESTES OU EMANANT DE GENS LUS AIS2S ENVERS DES PLUS DÉMUNIS QU' EUX : comme quoi il ne faut jamais désespérer de l' homme dans des Situations difficiles ! ! !
------ Une question toute différente que" j' ose poser" à Jules : qu'arrive -t-il à votre "Cousin " depuis ces temps derniers ? ? Le "Site dont il est Propriétaire" est devenue "le pendant ' de tous les " Journaux qualifiés de People "( comme" Voici" (le journal préféré des Paparazzis !) , "Point de vue" et " Gala " (les revues des têtes couronnées) etc. . . . dont on lit , en gros caractères , LES TITRES RACOLEURS ,lorsqu'on passe devant des Kiosques à journaux ou certaines librairies ! ! ! Cela ne plaira pas " aux Amateurs" de ces journaux , MAIS je dis le fond de ma pensée : tant pis !! Et puis, la lecture de ce Site que je consulte trés régulièrement me fait un effet bizarre depuis peu ! oui le l'ai dit " Bizarre" : ,comme c' est BIZARRE ! ! !

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