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Courrier des lecteurs

Situation de crise, le constat est là mais comment en sortir désormais ?


Par Willy, un créol enseignant inquiet - Publié le Mercredi 21 Novembre 2018 à 12:04 | Lu 628 fois

Les violences urbaines des ces dernières nuits vont crescendo. Se demande t-on réellement de quoi cela est-il le symptôme ? Quand on aura dépasser les propos les plus simples consistant à mettre en cause les parents, le système devenu trop laxiste, etc, qu’allons nous faire ? Se demande t-on pourquoi ces violences ? Mon avis, et il n’engage que moi, est que pour beaucoup ils se font le miroir de la violence sociale qu’ils subissent. A tout ceux qui leur souhaite, le pire, n’oubliez pas, ça pourrait être vos enfants. Ils réagissent exactement comme on attend d’eux qu’ils réagissent. Il est facile de les critiquer, mais que leur propose t-on comme perspective d’avenir ? Pas grand-chose.

Concernant les revendications à court terme des gilets jaunes elles sont là, plus ou moins légitimes et il en ressortira ce qu’il en ressortira. Mais à long terme ? On va attendre à nouveau que cela explose dans 3 ans ? 5 ans ? 7 ans ? La réponse à la précarité ne peut être plus de précarité. La seule solution politique avancée depuis des années à la Réunion est toujours la même : les contrats aidés. Mais ces contrats sont indignes. Pourquoi ? Parce qu’on paie des gens en dessous du SMIC, pour une tâche qui bien souvent est utile à la collectivité. Avec quelle perspective ? Combien de personne ont pu trouver un emploi en sortant d’un contrat aidé, à l’aide de ce contrat aidé ?

La solution à moyen et long terme c’est l’EDUCATION !!! La FORMATION !!!

Il faut un réel plan marshall pour l’éducation à la Réunion, et un plan qui englobe tout:

Pas plus de 20 élèves par classe.

Des éducateurs, des travailleurs sociaux, des étudiants, formés, et avec de vrais contrats de travail, qui seraient là, le soir, le mercredi après-midi, le samedi, pour accompagner les jeunes, les aidés à faire leur devoirs, les aider à atteindre des objectifs ambitieux.
Un réel plan de lutte contre illettrisme.

Un plan qui engloberait un vrai projet de formation professionnel par l’alternance, avec une aide substantielle pour les patrons qui embauchent des apprentis en CDI à l’issue de leur formation.

Des « écoles des parents » pour les aider à accompagner au mieux leur enfants dans leur cursus scolaire.

Un vrai financement de l’éducation populaire. Des cours du soir pour les salariés qui veulent se former.

Arrêtons de voir dans la jeunesse réunionnaise qu’un vivier de sportif, et d’artistes. Oui nous sommes bon dans ses domaines, et oui il faut une réelle ouverture à la culture, mais il faut aussi investir massivement dans la formation.

Et enfin, arrêter avec l’hypocrisie autour de notre langue régionale, et de notre histoire. Apprenons leur notre histoire pour qu’ils en soient fier. Une double, triple culture est toujours une richesse, jamais un handicap.

Et pour ce soir ? La solution ne viendra pas des forces de l’ordre. Non, la solution viendra des parents, des grands frères, grandes sœurs, et surtout des mamans. Qu’elles soient en bas des immeubles, dans les quartiers à partir de 20h et qu’elles parlent avec ces jeunes. Je sais que j’en demande beaucoup, mais il faut l’admettre, le pilier de la société réunionnaise a toujours et sera toujours la mère. Et aussi, arrêtons de parler d’eux comme si c’étaient des animaux. Ces jeunes sont notre avenir. Croyons en eux. Investissons en eux. Ils sont la solution, pas le problème. Donnons leur une autre optique que la violence.

Et pour ceux qui se disent que je suis bien naïf, je vais leur dire quelque chose. J’ai grandi dans un quartier dont je suis fier. Le village Desprez. Dans un immeuble social, un des premiers, si ce n’est le premier. Alors oui, mes parents y sont pour beaucoup dans ce que je suis devenu, mais il n’y a pas qu’eux. Il y a aussi des gens qui quand j’étais jeune étaient là pour moi, pour nous. Ces gens se sont Florelle, Tatie Sandrine, Papy Antoine. Et j’en oublie. C’était des éducateurs, des vrais. Ils nous considéraient comme leurs enfants. Ils nous corrigeaient quand il fallait. Ils nous occupaient dans notre temps libre, et nous emmenaient en tour de l’île, en compétitions sportives. Et force est de constater que dans notre génération beaucoup s’en sont sortis. Si je suis professeur aujourd’hui c’est aussi grâce à eux. Et même si je ne les vois plus aussi souvent, que je ne donne pas de nouvelles, je ne les oubli pas. 

La solution à long terme, c’est des gens comme eux.

Je ne sais pas qui me lira jusqu’au bout, mais ce que je sais faire c’est écrire, alors j’écris. Partagez si ça vous semble utile, ou pas. Mais au moins je me serai exprimé. 




1.Posté par JORI le 21/11/2018 12:47

Bien des choses existent déjà pour la formation mais combien de ces jeunes qui cassent tout se sont dirigés vers ces organismes??. Combien?. Mais peut être doit on aussi les prendre par la main, les assister?. jamais l'assistanat n'a payé. La preuve aujourd'hui quand on voit l'état de la Réunion. Combien sont conscients qu'il n'y aura jamais le plein emploi ici et qu'il faudra partir à un moment ou à un autre??. Combien veulent faire cet effort?. Quant à l'éducation, à partir du moment où l'on se contente de "pondre" des enfants pour des raisons bien connues ici, il en résultera en majorité des jeunes mal dans leur peau et que l'on voit à l'oeuvre ces 4 derniers jours.Ne dit on pas ici: femme seule le jour, mais pas la nuit??.

2.Posté par Modeste le 21/11/2018 13:07

vous oubliez un détail au passage....maintenant ce sont les parents qui corrigent les enseignements qui veulent sévir contre leurs gamins....et faut laisser faire....alors on fait quoi???

3.Posté par klod le 21/11/2018 13:16

intéressant . et j'ai lu "jusqu'au bout" ..............toute contribution en ces temps difficiles , et sans haine , est un apport . bravo !

4.Posté par Dominique RIVAL le 21/11/2018 14:46

Merci de votre belle analyse tout à fait juste . Mais comment obtenir ces travailleurs sociaux , ces classes à 20 élèves maxi ?
Une zoreille pas gros-blanc qui espérait qu' à La Réunion il n'y ait pas de racisme comme celui qui monte en métropole , mais qui ignorait les conditions de précarité sociale aussi importante comme celle des " quartiers " de métropole .

5.Posté par vital le 22/11/2018 08:40

l 'école est le deuxième espace de socialisation , d'éducation après la famille ,à ce titre elle constitue un laboratoire d'observation de ce qui se passe dans cette société réunionnaise. Qu'ont fait les enseignants ces dernières années , leurs préoccupations ont été corporatistes ,plus d'heures supplémentaires ,demande d' éligibilité aux zones d'éducation prioritaire pour obtenir des compensations salariales .il y en a qui font même de l'accompagnement scolaire oubliant au passage à l'origine ils sont payés pour cela .le corps enseignant militant des années 60 a laissé place à des personnes plus motivées par l'appât du gain que que la réussite scolaire aujourd'hui vous et vos pairs vous portez en partie la responsabilité de ce qui se passe

6.Posté par Claudine le 22/11/2018 15:34




"Tout d'abord un grand merci d'avoir partagé vos réflexions avec les internautes

Depuis de très (trop) nombreuses années, j'en suis arrivée aux mêmes conclusions que vous. Je ne cesse de dire haut et fort que nous sommes responsables de toute cette jeunesse en tant que parents, que citoyens. J'ai essentiellement travaillé dans l’Éducation Nationale (toujours en CDD) et, à mon modeste niveau, j'ai essayé d'accompagner les élèves, de leur faire découvrir des choses, de leur dire qu'ils avaient tous des capacités dans différents domaines. Je reste convaincue, comme vous, que l’Éducation, l'éveil à la Culture font partie des solutions à envisager mais, pour cela, il faut s'inscrire dans le long terme, réfléchir ensemble aux actions à mener.
Des personnes prêtes à s'investir, il y en a plus qu'on le pense. Mais, il faudrait que la politique éducative de notre beau pays soit autre (il y a un livre très intéressant sur le système de l’Éducation Nationale " Le Pacte Immoral" de Sophie Coignard), il faudrait des moyens humains plus conséquents... et qu'il n'y ait pas tous ces contrats précaires, tout ce manque de reconnaissance et de considération pour les personnes recrutées en CDD par les rectorats et qui aimeraient pourvoir mener des projets à long terme.
Je suis profondément triste d'avoir vu des enfants en souffrance à l'école et qui "décrocheront" à un moment où un autre.
Je précise que je suis chômeuse de longue durée et pas fainéante, plus tout à fait jeune, et que le chômage est une violence, que retrouver un emploi est un parcours épuisant et démoralisant, que je retravaillerais volontiers avec des élèves pour tenter de les aider, de les accompagner, que je rêve de retrouver la BCD que j'avais "montée" dans une école primaire mais qu'il n'y a plus aucune possibilité pour moi de recommencer à le faire. Je proposais aux enfants des ateliers théâtre, philo, lecture etc... Et ça marche même si c'est loin d'être suffisant !

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, on lit et entend des commentaires désastreux comme s'il fallait toujours un bouc émissaire.
Je condamne les violences mais je condamne tout autant les propos haineux, discriminatoires.
Que voulons-nous pour nos jeunes qui sont aussi nos enfants, voire même nos petits-enfants ? Dans quelle société voulons-nous qu'ils vivent ?"

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