Océan Indien

Séropositive, une étudiante camerounaise est menacée d'expulsion par les autorités mauriciennes

Mardi 14 Avril 2015 - 10:29

PILS, l'ONG mauricienne de lutte contre le sida, dénonce la décision des autorités mauriciennes d'expulser une étudiante camerounaise au motif que cette dernière est positive au VIH. Voici le communiqué de l'association :


"Une jeune étudiante camerounaise est actuellement menacée d’expulsion du territoire mauricien.

La raison ? Le 5 février 2015, soit quelques jours seulement après avoir atterri à Maurice, elle a été testée positive au VIH. Peu après, le 19 mars, elle reçoit une lettre du Bureau du Passeport et de l’Immigration lui informant que l’application pour son visa d’étudiant lui a été refusée et qu’elle serait déportée dans deux semaines.

PILS considère que cette décision des autorités mauriciennes est discriminatoire, injuste et inacceptable et pense qu’il n’y a ni aucune raison valable, ni aucune justification de santé publique pour refuser le permis de rester à cette étudiante ou à n’importe quel étranger vivant avec le VIH.

PILS plaide pour le changement de la loi sur l’immigration depuis 2009. Le 'Immigration Act' stipule qu’aucun permis de résidence ne sera octroyé à toute personne vivant avec le VIH.

La jeune femme concernée s’est enregistrée auprès d’une institution privée en septembre 2014 pour un diplôme en 'Hospitality Management', dans un pays connu pour son sens de l’accueil et de l’hospitalité envers les personnes issues d’autres pays et cultures. Avec toutes les économies de ses parents et des prêts additionnels, elle a réussi à financer ses études et a atterri à Maurice le 27 janvier.

Après s’être soumise à une série de tests médicaux, une étape obligatoire pour l’obtention d’un permis d’étudiant sur le sol mauricien, elle est testée positive au VIH. L’étudiante apprend sa séropositivité seule et loin de sa famille, et apprend d’emblée qu’elle pourrait possiblement être déportée vers le Cameroun.

Très perturbée par cette situation, cette étudiante est actuellement suivie par PILS et a fait une nouvelle fois appel au gouvernement mauricien afin que lui soit alloué, pour des raisons humanitaires, un permis exceptionnel de rester et de poursuivre ses études. Nous espérons que cet appel, actuellement au bureau du Premier Ministre, sera entendu positivement.

Le nouveau gouvernement a été très prompt à promouvoir la destination mauricienne comme un 'educational hub'. De même, la volonté affichée de l’État mauricien de promouvoir l’investissement étranger et d’être une plateforme importante de et vers le continent africain nous semble incompatible avec de telles lois qui discriminent si fortement les personnes vivant avec le VIH.

Il a été médicalement prouvé qu’une personne testée positive au VIH, traitée et suivie, ne peut transmettre le virus à quelqu’un d’autre.

Toutefois, le manque d’information et ce qui pourrait passer pour un manque d’intérêt de nos décideurs politiques sur cette question, renvoient à la communauté internationale l’image d’un nouveau gouvernement qui fait fi des conventions internationales dont Maurice est signataire, à l’instar de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Déclaration politique sur le VIH/sida adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2006 et 2011.

Plusieurs organisations des Nations Unies comme l’Organisation Mondiale de la Santé, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme se sont fortement opposées à de telles restrictions aux voyages liées au VIH. Michel Sidibé,

Directeur exécutif de l’ONUSIDA, avait aussi fait un vibrant plaidoyer contre cette loi discriminatoire lors de sa visite à Maurice l’an dernier.

Dans cette ère de mondialisation, la loi mauricienne sur l’immigration est non-seulement obsolète et inefficace, mais elle alimente davantage de stigmatisation et de discrimination. De plus, restreindre la liberté de mouvement en se basant sur le statut sérologique de quelqu’un n’a aucun impact sur la santé publique du pays.

Plus de 100 pays dans le monde n’ont pas de politique d’exclusion des étrangers vivant avec le VIH et aucun des gouvernements concernés n’a fait mention d’une contrainte financière pour le passage de ces personnes sur leurs sols, ni d’un quelconque impact négatif sur la santé publique.

Il est temps que le nouveau gouvernement mauricien s’engage à modifier nos lois pour accueillir à Maurice tous les étudiants, travailleurs et investisseurs sans aucune distinction liée à leur statut sérologique".
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1.Posté par 974parterre le 14/04/2015 12:45

bah ici on laisse les étrangers mais on leur crache à la figure ce n'est guère mieux mh...enfin je dis étranger.....reun région puante

2.Posté par Zarbi le 14/04/2015 13:34

"...qu’elle pourrait possiblement être DEPORTEE vers le Cameroun. .." !
C'est quoi ce vocabulaire outrancier qui n'a rien à voir avec les circonstances présentes ? P'tin y a des journalistes qui ont un vocabulaire si pauvre qu'ils doivent utiliser des termes faisant référence à la seconde guerre mondiale , ou aux goulags soviétiques ... au choix , pour espérer impressionner le lecteur .
Un étranger qui arrive dans un pays étranger a obligatoirement son billet de retour , quand il doit rentrer pour fait majeur , celà s'appelle un rapatriement ou au pire une expulsion .
( employer le terme "déportation" est une insulte aux vrais déportés qui savent de quoi il s'agit )

3.Posté par Ladi Lafé le 14/04/2015 21:52

Sage décision des mauriciens

4.Posté par Madou974 le 24/04/2015 23:04

A Maurice lé bien connu par les autorité que si ou lé atteint d'un maladie grave, ou rentre pas, et ou reste pas non plus! ben oui! parce que entre zot la bas nana déjà assez comme çà, sans casse lé cuit!!!!

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