Faits-divers

Se faire piéger par un entrepreneur véreux ? Facile : soyez naïf !

Vendredi 17 Novembre 2017 - 09:21

Combien de petits ou gros entrepreneurs, confondant bénéfice et chiffre d’affaires, s’achètent une BMW à peine  après un mois de boulot, rien que pour épater la galerie ! En oubliant que savoir cuisiner et faire de la restauration sont des activités radicalement différentes.

L’ignorance des clients

Cette histoire est symptomatique de l’entreprise réunionnaise (entre autres). N’importe qui, avec quelques sous en poche, se croit investi de la capacité de monter une entreprise. Sait-il mitonner un rougail saucisse ? Le voici restaurateur. Peut-il gâcher du plâtre ? Personne n’est meilleur constructeur. Et ainsi de suite. Le chiffre d’affaires et le bénéfice personnel sont vite confondus. Mario F., de Saint-Pierre, est dans cette logique. Il s’institue entrepreneur en bâtiment, n’a guère que quelques centimes en poche et encore moins de scrupules. Mais prend néanmoins des contrats.

Pour inspirer confiance à ses clients, il leur fournit ses contrats d’assurance : assurance décennale destinée à protéger les propriétaires contre les accidents, assurance que la construction sera menée à terme. Sauf que ces contrats sont plus faux que des ânes qui reculent : il n’a pas payé les échéances.

Mais certifie néanmoins ses clients qu’il est assuré. Bref, ce tord-boyaux joue sur l’ignorance des amateurs qui ne pensent jamais à vérifier. Ils lui font confiance. Mais comment faire autrement ? Il fait si bonne figure, le mec.

C’est ainsi qu’il accepte de construire une maison à madame T.M. La construction doit durer 8 mois. Mais elle est stoppée net au bout de huit. " Sans préavis ", précise la dame escroquée. Explications (confuses) de l’entrepreneur : on était en pleine crise du bâtiment ; les matériaux ont augmenté de prix ; les livreurs n’ont plus livré ; les bons ouvriers se faisaient rares ; Elvis n’est pas mort… etc.

Mais, lui fait remarquer le procureur Saunier : " Lorsque vous avez accepté le contrat de construction de la maison de cette dame, vous étiez déjà en cessation de paiement puisque vous ne payiez déjà plus vos fournisseurs ".

Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ? Aucun noble désespoir alors ne l’a secouru.

" Pourquoi avoir accepté cette construction alors que vous étiez déjà en cessation de paiement ? " a insisté le procureur.

" Parce que je croyais pouvoir m’en sortir avec les rentrées d’argent à venir ". Lesquelles ? Il n’en dira pas plus.

4.000 euros de salaire mais rien remboursé !

Est-il sincère ? Va savoir ! Pour lui soutirer du fric de rab’, il a dit à sa cliente que le prix des matières premières était en augmentation. Dans le même temps, ses fournisseurs de " matières premières " se plaignaient de n’être pas payés. Qui croire ?

On tombe des nues en apprenant que cet homme est professeur de collège technique, gérant de fait de la société dirigée par son épouse, que celle-ci bénéficie d’un salaire confortable. A eux deux, ils ont plus de 4.000 euros par mois.

Aimerais bien en avoir autant, moi. Le tribunal a été généreux envers ce truqueur professionnel qui s’en tire plutôt bien : lui et sa tendre, qui vivent plutôt confortablement, n’ont encore rien remboursé.

" Vous auriez dû commencer par ça ! " leur a signifié la présidente. Qu’a-t-il rétorqué ? Qu’il attendait des jours meilleurs. Cela nous rappelle une chanson de Bécaud.

Pas cher payé !

Ce qu’il lui en a coûté ? Rien : 4 mois avec sursis ; amende de 1.000 euros ; 1.300 euros à la compagnie d’assurances ; et quelque 3.800 euros à la plaignante. Cette dernière réclamait quelque 247.000 euros pour les dépenses effectuées pour mettre sa maison en état d’être habitée : seul le gros-œuvre avait été fait. Il lui restera ses yeux pour pleurer, face au rêve anéanti de toute une vie, le tribunal l’ayant déboutée de cette demande qui n’est pas estimée être de la faute de l’entrepreneur. Allez comprendre.
Jules Bénard
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1.Posté par pfffff le 17/11/2017 11:25

pas normal qu"il s"en tire à si bon compte....en plus cette dame si un jour elle a un problème sur sa maison elle fait quoi????? aucune assurance vers qui se retourner

2.Posté par néné le 17/11/2017 14:04

lui est professeur de college technique,son épouse bénéficie d'un salaire confortable ,a eux deux ils touchent 4000euros
il est professeur au cameroun ? car a la reunion lui seul doit toucher + de 4000 euros

3.Posté par Isis le 17/11/2017 14:25

Je trouve que la justice est bien laxiste. J'aurai ordonné que ce constructeur véreux, termine la construction de la maison à ses dépens...

4.Posté par loyada le 17/11/2017 18:12

n y a ti point l un de ces entrepreneurs à St leu , condamné il y a quelques mois mais, qui continue tranquillement son bonhomme de chemin

5.Posté par vu de ma fenêtre le 17/11/2017 19:18

"Allez comprendre."

Il n'y a pas lieu de chercher à comprendre. Il y a belle lurette que les victimes ont toujours tort.

6.Posté par Jeannot le 17/11/2017 20:25 (depuis mobile)

Zistice Makro....

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