Société

Sans argent, ni huîtres, ni langoustes… Nos merveilleux Noël d'autrefois

Vendredi 23 Décembre 2016 - 09:20

Des enfants devant une modeste case située à Basse Vallée à Saint-Philippe (C’était hier, D.Vaxelaire, édition Orphie)
Des enfants devant une modeste case située à Basse Vallée à Saint-Philippe (C’était hier, D.Vaxelaire, édition Orphie)
Le réveillon n’existait pas, sinon peut-être dans les familles aisées. Parce qu’on n’en avait simplement pas les moyens. La mort de " ti-Jules ", notre papa (j’avais 7 ans, Michel 6 et Alain 1 et demi), nous avait laissés sans un sou dans la grande maison familiale, qui faisait la différence avec nos copains des cases en paille. Ils venaient chez nous, nous allions chez eux…

Nous n’avons pourtant manqué ni d’amour ni de cadeaux, ces derniers n’ayant rien à voir avec les débauches de pognon d’aujourd’hui. Nous attendions donc la Nativité avec une impatience très peu chrétienne.

Le 24 décembre était un jour presque comme les autres, sauf qu’on dînait de bonne heure, histoire de dormir un peu avant la messe de minuit… qui commençait à 23 heures pour finir vraiment à minuit. On chaussait nos " souliers garonne " passés au blanc-de-casque le matin, on mettait des vêtements repassés de frais et en route, à travers la nuit noire les champ de cannes pour Notre-Dame-du-Rosaire.

L’église sentait bon l’encens et la cire fondue. Madame Manille tenait l’orgue dans son balcon interdit à tout autre qu’elle-même. Elle jouait fort bien et tout l’office résonnait de belles chansons, avec la voix de stentor-ténor de " monsieur Pierrot ", Pierrot Malet, notre instituteur. Son " Minuit chrétiens " reste le plus beau que j’aie jamais entendu.

Après la messe, le père Collette faisait distribuer de petits choux à la crème de chez " Chinois neuve " et là, Madame Manille, aussi fantaisiste que férue de classique, exécutait bellement quelques airs de Johann Strauss, " Danube bleu " en tête.

On rentrait à la case et on s’endormait après un coup d’œil au " cyprès de Nöel " dressé dans la pièce du téléphone, sur le devant. Mais ti papa Nouël té pocor arrivé. C’est le matin  qu’on découvrait les cadeaux que Justy, notre mère, s’était malgré tout évertuée à nous offrir. Ils venaient des rares magasins du Sud proposant quelques merveilles comme une panoplie de cow-boy, de chef Indien, d’agent de police... Et, toujours, les derniers arrivages de chez Ah-Ton, nos BD favorites : Buck John, Kit Carson, Tex Tone, Oliver, Akim, Bob Tempest, Red Canyon, Kiwi, Jimmy Ouragan…

Dans la capeline de nénène Jeanne, pendue au cyprès, il y avait toujours une petite fiole de " l’essence Pompéia ", " Héliotrope blanc ", sinonsa " Eau-de-Cologne Bourgeois ", avec les deux perroquets s’embrassant sur l’étiquette.

Le repas de Noël, c’était le 25 à midi. C’était la fête… sauf pour les deux volailles de notre basse-cour. Période de fauche oblige, la viande était ordinairement plutôt clairsemée sur la table. Je me souviens des soirs où nous nous répartissions une boîte de sardines à quatre, car il y avait encore 4 sardines dans de la vraie huile d’olive alors. Les malheureuses volailles du 25 étaient donc honorées comme il convient.

Au dessert, un gâteau concocté par Léone et Rosanne. Et letchis à profusion. C’étaient des Noël modestes mais nous avions les yeux émerveillés devant tant de munificence. L’après-midi, les copains accouraient pour découvrir nos cow-boys de BD.

Le lendemain, très tôt, nous partions à Sant-Joseph, chez Pépé et Mémé. Nos bons vieux savaient ce que nous aimions et, dès notre arrivée dans les Bas-de-Jean-Petit, nous sautions avec empressement, avec gourmandise, allais-je dire, sur les paquets de Bibliothèque Verte, 10 pour chacun, Michel et moi, tandis qu’Alain faisait vrombir ses petites autos, les Miniatures-Norev ou Dinky-Toys. On honorait aussi comme de juste les grosses gobes caramel marron de madame Ah-Tioune, tout près.

Encore une journée, nous nous retrouvions en route pour Cilaos où nous attendait mamie Francia chez qui nous passions les mois de janvier-février. Grand-Mère " Mère Fine " tenait au chaud ses pâtés créoles, les vrais, avec de la viande, pas ces affreux ersatz de maintenant qui n’en ont que le nom. Tite-Mère nous offrait les plus belles grappes de muscat de la treille devant sa chambre. Ida avait préparé ses plaquettes de pâte de coing et ses bassines de confitures de goyave et de zévis.

Les pétards ? Quelques-uns, oui, qu’on allumait en grappe, d’un seul coup, le pied. Et les ballons-sifflette, et les joyeuses parties de " la guerre ", harnachés de nos panoplies toutes neuves qui ne le restaient pas longtemps.

C’était ça, nos Noël d’antan, sans flonflons ni ostentation. Sans argent mais avec du cœur, de la gaîté, les yeux pleins de pastilles de couleurs devant les efforts que faisaient nos proches pour nous rendre heureux malgré tout.

Alors oui, il y eut une période de notre existence où Michel, Alain et moi avons connu le dénuement, comme nos petits copains d’école. Mais avons-nous seulement été malheureux ? Pas une seconde !

Parce que l’amour n’a jamais manqué. Ni envers nous, ni entre nous.

Joyeux Noël et Bonne Année à tous ; je vous aime.

Affectueusement vôtre,
Jules Bénard
Lu 222974 fois


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65.Posté par Pascal le 27/12/2016 13:39

Et précision pour @49: suffisamment pour t'en servir ras la coupe

64.Posté par Pascal le 27/12/2016 13:36

@ 56, 58, 59... et tous ceux qui veulent
il y en a qui sont vraiment dans le compromis (en...deux mots)

63.Posté par rito le 27/12/2016 10:26

J'ai 64 ans et je me reconnais parfaitement dans cette Réunion d'antan. C'était une autre planète. Avec talent, Jules Bénard a su remuer la corde sensible qui nous ramène aux temps révolus de notre enfance à jamais perdue. Quant à moi, fils de parents analphabètes et vivant dans le dénuement, je crois que j'ai vraiment appris à lire par le biais d'Akim et de Tex Tone, que le fils du commerçant chinois nous prêtait généreusement.

62.Posté par nene le 26/12/2016 08:24

et dans 50 ans les enfants d'aujourd'hui vont se plaindre ( de n'avoir eu que ) ou regretter la derniere tablette qu'ils ont eus pour noel

61.Posté par stan le 26/12/2016 07:45 (depuis mobile)

Poste 9.a notre jr il y a pas ke largen daide social.il y a aussi largent travail cro zozo,,,allor vos sou entendu

60.Posté par Ouaki le 26/12/2016 07:05

Je découvre à l instant ce très beau texte de Jules Benard.
Je voudrais le remercier doublement ,pour la qualité de son texte et pour les personnages dont il nous rappelle le souvenir.
Quant à ceux qui ne comprennent rien et demeurent obsédés que du commentaire qu ils posteront pour compenser le vide de leur existence je les plains.
Au premier rang d entre eux mentionnons le dénommé Balcon dont la devise semble être qu importe le texte l essentiel est le commentaire que j écrirai.
Mais revenons au texte de Jules Benard ,merci encore et puissiez -vous nous régaler longtemps encore .
Bonnes fêtes à tous.

59.Posté par Ma sonnerie le 25/12/2016 18:58

49.

vous semblez oublier les boeufs au rang desquels nous pouvons vous compter...

58.Posté par kersauson de (p.) le 25/12/2016 14:41

selon jules benard.. c tout dire. xptdr

57.Posté par Thierry le 25/12/2016 16:17

Jules, ... nous dirons aussi que le dénuement n'est pas un facteur ne permettant de bien apprendre à l'école, de travailler et de réussir dans la vie. Par réussite, je veux juste dire être un tant soit peu heureux.

Ce qui apportait aussi ces temps de bonheur simples, c'est le rêve. Il était très difficile d'accéder à ce que l'autre possédait. Le seul moyen était le rêve et la créativité.

Quand un copain avait une panoplie de cow-boy ou un pistolet "en jeu", le premier réflexe était de couper une branche en Y et on se fabriquait "in révolver" ou un arc po jouer Z'indiens. Té trop gaYard.

Et après, venait l'âge de jouer à "cinq cow-boy contre in Z'indien" ... Mais ça, c'était une autre affaire.

56.Posté par Question bete le 25/12/2016 13:40 (depuis mobile)

49.
Vous êtes complexé par rapport à l'âne?

55.Posté par TICOQ le 25/12/2016 12:44

Noël est ce qu'on en fait. Certains le préfèrent aseptisé, sans aucune magie ni référence à la naissance du Christ (sans forcément tomber dans le religieux pur et dur), rythmé par la frénésie des "promos de Noël" et la joie de la chasse aux bonnes affaires. Triste pour eux.......
D'autres au contraire essaient de faire perdurer le Noël de leur enfance, sans trop de cadeaux mais surtout une table et la famille réunie autour.

54.Posté par Junot le 25/12/2016 05:27 (depuis mobile)

Émue frère lire ces lignes empreintes de nostalgie..... Maman me racontait tout cela..... La dame a l orgue..... C était ma grande tante.....

53.Posté par Choupette le 25/12/2016 01:47

10.Posté par bertrand

Ecrivez au Père Noël ... .

15.Posté par CUT

Surtout qu'on peut y trouver des petites chenilles de mer dedans. C'est pour ça qu'il faut les gober ... !

La seule fois où j'en ai mangé une. J'en ai mangé pour toute ma vie.

52.Posté par Choupette le 25/12/2016 01:32

http://www.medias-presse.info/lair-du-temps-pere-noel-je-te-deteste/66849/#comments

51.Posté par klod le 24/12/2016 21:21

et le présent ////////////////////////////////////////// l'angélisme du passé , c'est bien ................. .....................

MAIS aster nou nana , et oui excuse mon pardon , mais AUJOURD'HUI : et oui c'est la réalité : le choix entre une droite mentér ek "son passé à la culture partagée " MENTER , et oui !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! et .....ET QUI ?

je veux bien de l'angélisme à la JULES dit Bénard , mais aster , que faisons nous pour un monde meilleur ??????????????? JOYEUSES FETES !!!!!!!!!!!!!! mais bon , le passé , c'est bien jolie .mais maintenant voulons nous du mensonge de "la culture partagée" ?ce n'est pas une question de droiiiiiiite ou de gooooooche ...juste une question de REALITE .FILLON , se fout de not gueule ek son "partagée" .. oui à un futur partagé , mais le PASSE ne l'a pas été , ........................................

ben .EN MARCHE !

joyeux noel !

50.Posté par Jules Bénard le 24/12/2016 20:17

à posté 49 "Pascal" :

entre nous, Jésus a-t-il mérité ces ânes ?

49.Posté par Pascal le 24/12/2016 18:37 (depuis mobile)

À Noël, on a toujours trouvé des ânes. Ici, il y en a quelques uns qui n''apprécient pas la poésie, celle portée par le cœur, le Grand cœur et la mémoire.
Ceux-là savent braire, en crèche...
Joyeux Noël Julot!

48.Posté par Pamphlétaire le 24/12/2016 18:05

Un bel article qui remue les tripes, qui émeut les seniors qui étaient des gamins à l'époque. Concernant les BD, n'y avait-il pas aussi Zembla, Capitaine Miki (avec Double Rhum et docteur Saignée) ,Tarzan et les romans indémodables de Jules Verne et d'autres dont j'ai oublié les noms d'auteur comme Lancelot du Lac, Zorro pour faire rêver?

47.Posté par Pierre Balcon le 24/12/2016 17:32

à Jules, post 42

Vous chipotez !

J'ai repris la formulation de Libération qui reprenait lui même la première version de l'amendement Bareigts ( formulation inclusive ) .
Les deux lundis dont vous parlez sont des jours fériés adossés à des fêtes religieuses et cités en tant que tel dans ledit amendement .

La seconde version de l'amendement Bareigts a adopté une formulation plus large qui avait pour effet d'inclure Noël dans les fêtes " substituables" .

La troisième version fut celle de Hollande qui effaça le tableau

46.Posté par Sinobol le 24/12/2016 16:56

Mi séi sa ki la noël........Noëllo Noëllo sa ou mandé moin an ké bar

45.Posté par Jean terrasse (voisin de balcon) le 24/12/2016 16:36 (depuis mobile)

43.
Encensez les souvenirs de l''insouciance inhérente à la jeunesse..quel intérêt ? Replacez dans le contexte local les dits souvenirs en retablissant une égalité "historique" sentimentale entre le bon et le moins bon..Voilà ce qui fait défaut..?

44.Posté par Ma sonnerie le 24/12/2016 16:33 (depuis mobile)

30.
Rapportée au nombre de trajets ou au nombre de conducteurs, la mortalité routière est quantité négligeable..Certes horrible.
43.
Merci d''avoir disgressé jusqu''à Staline et Mao. Le point Godwin a été évité...Ouf!!

43.Posté par Jules Bénard le 24/12/2016 15:04

à tous, ceux qui ont aimé...
et les quelques autres qui ont détesté :

Je vous remercie tous (ou presque) d'avoir retrouvé vos racines dans mon texte qui n'avait pour prétention que rappeler les choses d'antan. But atteint apparemment.

Aux quelques-uns qui n'ont pas aimé, je voudrais dire ceci :

Je voulais parler des Noël de mon enfance, enfance de Yab pauvre dans mes champs de cannes de La Rivière.

Vous avez tout confondu.

Dites-moi à quelle ligne j'ai dit que la vie d'antan était meilleure que celle d'aujourd'hui !

Je sais que nos campagnes vivaient dans une misère noire alors, dans les années 50.

Mon propos était de dire que nous pouvions parfois être heureux sans grand-chose. Je crois y être parvenu.

Bien sûr que la mortalité infantile était terrible. A la même époque, Staline écrabouillait le peuple russe ; Mao terrorisait la Chine ; des dictateurs africains ou sud-américains tuaient, mutilaient... Tout cela était vrai à cette époque. J'aurais dû le mentionner selon vous ?

MAIS... je ne voulais parler que de nos joies simples de mômes des années 50. Lorsqu'on fait une dissertation (merci Jacques Lougnon et autres !), on reste dans le sujet. Sinon, on est coupable de digressions et plus personne n'y comprend goutte.

Je respecte vos élans ; respectez mon texte si simple, sans violence, avec de l'amour, SVP !

Je vous souhaite de joyeuses fêtes.

42.Posté par Jules Bénard le 24/12/2016 14:48

à posté 38 "Pierre Balcon" :

Mon âme est meurtrie de devoir vous contredire, ami : les lundis de Pâques et de la Pentecôte ne sont pas des fêtes religieuses.
Ce sont des fêtes civiles, des jours chômés et payés.

Pour avoir la paix avec les syndicats, Napoléon III leur accorda ces deux journées, ce qui est au demeurant très honorable de sa part car les ouvriers n'ont JAMAIS trop de repos à mon avis.
Tiens, prenez langue avec les avis autorisés du corps clérical : il m'étonnerait qu'ils vous disent le contraire.
Bien cordialement.

41.Posté par Joseph le 24/12/2016 13:48

Je fais partie de ceux qui ont vécu cette époque où il fallait aller chercher l'eau à la fontaine publique, marcher des kilomètres pour arriver à l'école, souvent sous le soleil parfois sous la pluie, faire ses devoirs scolaires le soir à la bougie ou la lampe pétrole, pas de télévision, ni de radio, et encore moins de téléphone, dans un quartier où il n'y avait ni cinéma, ni bibliothèque , où le seul plaisir se résumaient aux ballades dans les champs de cannes et pendant les vacances aider les voisins à couper la canne. De cette époque, je retiens un grand bonheur rempli de choses simples, partagé avec des amis qui étaient comme des frères. Le bonheur réside aussi dans cette difficulté qui nous pousse à aller au delà de nous même, la difficulté c'est le moteur de notre évolution en nous apprenant le dépassement de soi.

40.Posté par Pascal le 24/12/2016 13:38

@ post 37 y. féry
Merci de cet appui. Les transitions valent souvent tout autant, sinon bien davantage, que les épisodes qui se sont succédé. Sek i préfèr le temps de maintenant avec les artifices ("nou lé en l'air jordu") i doit aussi réfléchir à une autre citation tout aussi universelle du même penseur qui devrait - peut-être - définitivement convaincre ces inconditionnels du pragmatisme matérialiste du véritable sens de la relativité, essence oh combien utile à l'Homme et à sa souhaitable humilité face au Temps et à l'Espace: " Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente".

39.Posté par y.féry le 24/12/2016 12:37

Pour les deux ou trois qui n'ont pas compris ce que Jules voulait faire passer, je les renvoie au post 1 qui cite la pensée de Gabriel Garcia Marquez: "Ce qui importe, ce n'est pas la vie qu'on a vécue, mais celle dont on se souvient, et de comment on s'en souvient pour la raconter".

38.Posté par Pierre Balcon le 24/12/2016 12:16

Aujourd’hui, il y a douze jours fériés en France :

On compte cinq fêtes civiles : le jour de l’an, la fête du travail (1er mai), la capitulation de l’Allemagne nazie (le 8 mai), la fête nationale (le 14 juillet) et l’armistice de la Première Guerre mondiale (le 11 novembre).

On dénombre aussi six fêtes religieuses : le lundi de Pâques (le 6 avril en 2015), le jeudi de l’Ascension (14 mai 2015), le lundi de Pentecôte (le 25 mai 2015 qui est désormais un jour non payé), l’Assomption (le 15 août), la Toussaint (le 1er novembre) et Noël (le 25 décembre).

Mais voilà, un amendement à la loi Macron , porté par Mme Bareigts , qui n’était pas encore ministre , envisageait de remettre en cause ses sacro-saintes fêtes.

Il était donc prévu que dans les départements d’outre-mer, «afin de tenir compte des spécificités culturelles, religieuses et historiques, un arrêté préfectoral peut remplacer des jours fériés – le lundi de Pâques, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, l’Assomption, la Toussaint – par un même nombre de jours fériés locaux.»

Heureusement , le Président de La République a sifflé la fin de la création afin que tout cela ne dégénère en bagarre générale .

Souvenons nous en quand même , à Noël , à Pâques et à la Toussaint .
Pour la Pentecôte on pourra faire une exception parce qu'il y longtemps que l'Esprit Saint a déserté nos rivages !

37.Posté par Bla bla bla la corde sensible du noel longtemps. le 24/12/2016 10:26

Rien n'empêche les personnes nostalgique de cette époque de refaire le même type de noel.

36.Posté par Paul le 24/12/2016 10:16

Oté mon frère Jules tu connaissais aussi Tante Many et le Père Colet alors ? A cette époque il y avait encore de la magie dans l'air. La moindre chose avait un valeur à nos yeux, comme si la pauvreté à cette époque avait pour contre partie l'émerveillement permanent. Un parfum d'encens, une odeur de cire fondue, quelques notes de musique de tante Many virtuose dans son art, l'imaginaire des indiens et des cowboys..... Tu as oublié Zembla et Blek le Rock nos héros inoxydables. Et le 25 décembre 2 letchis par ici un mangue par là et notre bonheur était à son comble. Joyeuses fêtes à toute la communauté Zinfos974. Longue vie à mon frère Jules.

35.Posté par Kaya le 24/12/2016 10:03

Koméla na pi d'charme... C zenfan ki choizi zot kado ; kado ke certain paren y don'n tout o lon de lané.

Koméla c le profi dé komersan é la magi de Noël lé refoulé. Vien dan mon lib-servis, kour vite, bat' domoune à tèr si y fo pou trap produi lé en promotion...

Koméla dét'ti pétar pou fin dané y fatig é y ren'n malade la société : c tout' moune ki fé pète pétar ek fé dartifis y done a zot cancer, fé gainlle à zot l'AVC, don'n a zot maladi la po...

Avan lo kèr té konten, koméla lo kèr y fé mal
Avan té rir, koméla y plèr

Oui, avan té Noël... Paté kréol, letchi, repa lété lo goû oté !
Oui, avan té Noël... Avec tipé nou lavé bonpé !

Koméla lo mo famy la perd la valèr é c sa le pli trist dan lafèr.

34.Posté par Oula le 24/12/2016 09:59

Désolé de casser un peu l'ambiance mais je suis d'accord avec le post 12. Si on proposait aux enfants sur cette photo de choisir entre la vie de l'époque et celle d'aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'il partagerait le même point de vue que Jules.

Le "avant c'était mieux" ne retient que le bon et oublie le mauvais.

On oublie les corvées d'eau et de paille pour les animaux, les trajets interminables pour aller à l'école en se réveillant à 5 h du mat. Les instits qui tabassaient les gamins à la moindre erreur. L'hygiène, les vers, la malnutrition…etc, etc...

33.Posté par zenesrebel le 24/12/2016 09:57 (depuis mobile)

Un grand merci pour ce retour vers le passé. Très bien narré et tellement captivant que ça m''en a foutu les larmes aux yeux...Merci Mr Bénard, gardien de noute mémoir kréol réyoné 🙏

32.Posté par folever le 24/12/2016 09:02 (depuis mobile)

Imagine sans BM et 5 du mois lhorreur pire sans requin bibine et rivotril terrible

31.Posté par alex 97427 le 24/12/2016 07:36

Félicitations à Monsieur Benard. Une plongée dans la Réunion longtemps,avant le temps de la consommation outrancière, à l'époque ou les relations comptaient un peu plus que la console de jeu ou le téléphone dernière génération. Effectivement, il y a eu les avancées technologiques, mais certaines de celles-ci nous ont éloignées les uns des autres. Nous sommes tous nostalgiques de ces Noels.

30.Posté par Crikotte le 24/12/2016 06:46

à Ma sonnerie.....pouvez vous nous rappeler le taux de mortalité sur nos routes actuellement et pour la plupart dû à l'alcool et la vitesse????? juste pour vous rappeler aussi que la société n'évolue pas dans le bon sens à en juger par l'actualité, plus d'argent, d'alloc, de moyens mais hélas regardez le résultat !

29.Posté par y.féry le 23/12/2016 22:59

J'ai à peu près le même âge que Jules. Son récit me fait du bien; j'ai vécu plus ou moins la même chose, je m'y retrouve et je me retrouve aussi dans ce que raconte jr post 23(du moins dans la première partie). Les cadeaux étaient très simples; souvent un paquet de pétards accompagnait le petit jouet qu'on déposait au pied de notre lit. Mais qu'est-ce qu'on était heureux!
Mon village avait une particularité: le 25, les gens se retrouvaient sous la varangue des boutiques pour participer aux loteries organisées soit par le commerçant soit par un ami du commerçant; c'était une attraction prisée par les villageois; rebelote pour le 1er Janvier. Les lots étaient la plus part du temps de la vaisselle, des couverts, des " trucs" pour le ménage. Quand un jeune chanceux repartait avec une pile d'assiettes sous le bras on lui disait:" oté ou n'a un commencement ménage!".
Merci Jules pour tous ces souvenirs que tu partages avec nous... . C'est toujours un plaisir de te lire.
( signé un mec fréquentable).

28.Posté par cafrine974 le 23/12/2016 22:29

Félicitations. Un bien bel article. Je n'ai pas vraiment connu cette misère-là mais j'ai quand même connu un ptit peu dans les années 80, les soirs à la bougie, les toilettes dans la ptite baraque au fond de la cour.... On partait voir "Dynastie" et "Dallas", chez la voisine le samedi soir car nous n'avions pas la télé. Les kilomètres à faire à pied ec les camarades pour aller à l'école car le chemin était en terre, (nou té cachette nout vieu souliers dans bois pour mettre un autre un peu plus joli et neuve). Je ne peux pas dire que j'ai connu la misère, on était très solidaires, très soudés, très aimants, très respectueux. Le dimanche matin, c'était la messe et on appréciait de se retrouver ensembles et mettre nos plus jolis vêtements. On avait pas de smartphone mais on adorait se retrouver entre camarades pour aller la rivière, jouer ptit case, jouer en l'air pied letchis, jouer foot ball en savatte ou pieds nus. Té gagne le coup si nou té ravage mais qu'est-ce qu'on étaient respectueux. Oui noël c'était en famille, on chantait, on dansait, on recevait un ptit rien mais ça avait beaucoup de valeur. Tellement de nostalgie de cette période là.

27.Posté par Anne le 23/12/2016 21:36 (depuis mobile)

Tres belle histoire de Noel lontan. Merci!

26.Posté par TICOQ le 23/12/2016 20:37

En mettant cet article en parallèle avec la vidéo du troupeau de moutons qui se jette sur les langoustes en promo, on ne peut que regretter cette époque où l'on appréciait et on partageait le peu qu'on avait....

25.Posté par Sofia le 23/12/2016 20:06

Les souvenirs couleur sépia revêtent toujours de belles couleurs.
Lontan c oci pas d'eau courante, pas de douche, pas de wc, pas de lumiére.
Merci pour cette, néanmoins, belle tranche de vie M. Benard.

24.Posté par A. Benard le 23/12/2016 20:02 (depuis mobile)

Merci ! Ce cher père Colette, "tonton" Pierrot et "tante" Francia, toujours quelques petites bricoles à partager , des souvenirs impérissables merci encore pleins d'émotions

23.Posté par jr le 23/12/2016 18:50

Noël longtemps.
Chez nous le père Noël ne passant pas, c’était papa qui partageait au réveil le gros paquet de pétards et les centaines de letchis (oui, ils se vendaient par centaines) qu’il avait achetés à notre insu. Puis nous nous préparions pour la messe. L’était facile, y fallait mettre ène culotte kaki et ène chemise po les garçons et ène tite robe po les filles et tout ça l’était maman qui faisait. En plus les files y mettaient un soulier mais mi connais plus comment l’était. Les garçons y connaissaient le soulier garonne parce que nu voyait ça sur les pieds des autres mais nous n’avait point. Après la messe, le moment magique c’était lorsqu’on nous emmenait voir la crèche.
Rentrés à la maison nous faisions pêter les quelques pétards qui avaient échappé à notre impatience du réveil et mangions les quelques letchis que nous avions réservés pour faire durer le plaisir le plus longtemps possible. Plus tard, à l’école, lorsque j’ai lu que pour GIONO Noël était le jour où on lui donnait une orange et qu’à ce moment là il avait l’impression de tenir le bonheur du monde, j’ai partagé sa joie.
Mais cette innocence a brutalement cessé dans ma dixième année quelques jours avant Noël 55. Le père, colon chez un gros propriétaire, produisait de l’essence de géranium et de vétiver et les comptes se faisaient en fin d’année. Chez le chinois Joseph c’était la même démarche. Pour des raisons que mon jeune âge ne permettait pas de comprendre en dehors du fait qu'il y a eu escroquerie du gros, il n’y a pas eu de règlement. Po lu faire des économies lu mangeait brèdes lastron pendant que lu travaillait. Comme il fallait s’y attendre, la dépression, puis la folie s’installèrent. Po payer le chinois et le prêt qu’un usurier du coin lui avait consenti po acheter un petit terrain, lu la revendre le terrain dans l’urgence. Po lu résoudre son problème, sans argent, il a donné la liberté au plus jeune de ses trois bœufs po lu gagne la corde. La misère aurait dû, à compter de ce jour, être notre pain quotidien.
C’était compter sans Mère Courage. Dans de pareils cas on a besoin de l’aide des grands pour s’exprimer. Acceptez que j'emprunte à l'auteur des Misérables ces vers « Je vous dirai peut-être quelque jour, quel lait pur, que de soin, que d’amour, m’ont fait deux fois l’enfant de ma mère adorée ». Répétez les encore sept fois pour que le compte soit juste. Elle a su faire face à la situation dans la dignité, sans l’aide de personne sauf celle de ses enfants. A quatre heures du matin elle se réveillait po aller batte bois de figue po élève ses cochons puis préparer le sosso maïs po ses enfants quand zot va réveiller. L’aîné, lui, fort de ses quatorze ans, allait travailler 100F CFA la journée chez des pauvres diables d’agriculteurs qui appréciaient beaucoup l’ami disparu.
Noël qui était pour moi un bonheur inconscient, est devenu une cruelle réalité cette année là. Plus de pétards, mais des letchis nous étaient donnés par d' aussi pauvres que nous.
Lorsque j’ai lu le texte de jules j’ai eu le cœur gros. Mais quand j’ai vu que cette nostalgie était partagée, bien que je sois de cette même génération, je me suis enrhumé.

22.Posté par gargoulette le 23/12/2016 18:42

joyeuse fête à vous et au tient i fé remémore a nous que la vie d'hier ,aujourd'hui ou demain le matériel reste accessoires que c'est l'amour i manque à nous zordi que le temps passe et nos souvenir lointain demeure intact gardons tjrs les pied sur terre en restant humble.

21.Posté par li le 23/12/2016 18:35

Et pas de jeux boutique ni de bouquins
Ke du fait maison. Rapiécé rafistolé ou imaginaire

Envoyé.

20.Posté par li le 23/12/2016 18:27

Nous on ne fêtait pas Noël.
La rivière, rien que la rivière.
Zoli vacance sans peine.

19.Posté par klod le 23/12/2016 18:22

"Joyeux Noël et Bonne Année à tous ; je vous aime.

Affectueusement vôtre, "


je ne retiendrais qu'une chose , ces derniers mots de la belle diatribe de M. Jules .

pour le reste , la nostalgie du tan lontan .............. oui , surtout si on pense que le fn était minoritaire et que maintenant la haine est presque majoritaire .dure réalité , HIN ? !


joyeuses fetes de la naissance, à une date symbolique, du CHRIST ............... selon les canons de l'église actuelle ............... dure la Réalité HIN ?

fé pété la fete "des enfants" , kan meme la dit !

la" nostalgie kamarade" selon une belle chanson de Gainsbar ! ben .

18.Posté par Jean terrasse le 23/12/2016 18:15 (depuis mobile)

15.
Si tu n'aimes pas..N'en dégouté pas les autres..

17.Posté par JG le 23/12/2016 17:56 (depuis mobile)

Tante Manille! Oui ç bien elle. Je découvre son talent dans votre article, ça me fait grand plaisir, mes parents ne m'en ont pas parlé. Ah tioune aussi.... Que de souvenirs! Merci M. Bénard

16.Posté par biloute le 23/12/2016 17:11

@13 totalement raison. :)

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