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Sainte-Suzanne: Le chien en cage qui servait d'alarme

La mort de ce chien est difficile à admettre pour Stéphanie (prénom d'emprunt), une bénévole du Collectif Réunionnais d’Assistance et de Protection des Animaux (CRAPA). Quatre jours seulement après un signalement pour un cas de maltraitance, le chien sera déclaré mort par ses propriétaires, ne laissant pas le temps à la police municipale d'agir.



L'espace de vie du chien pendant x mois, années ?
L'espace de vie du chien pendant x mois, années ?
Bagatelle Sainte-Suzanne le 23 décembre 2015, des agents de la CINOR et de la mairie sillonnent le quartier de Bagatelle pour une campagne de sensibilisation sur la stérilisation des animaux de compagnie. Une bénévole du CRAPA les accompagne. La tournée s’achève mais Stéphanie se rend compte qu’une zone du quartier n’a pas été visitée.

Arrivée dans une impasse du quartier, la bénévole du CRAPA achève seule la sensibilisation lorsque son attention est retenue par une cage dans laquelle est enfermé un chien. Une cage parfaitement visible de la rue.

Sans autorisation pour intervenir le jour-même, le signalement est donc donné aux autorités compétentes en matière de maltraitance, le premier échelon étant les agents de proximité que sont ceux de la police municipale. Dès la fin de journée, ce 23 décembre, les agents assermentés de la police de la ville passent effectivement devant la maison, "sans prévenir", nous confirme le chef de la police municipale. Là encore, le chien est dans sa cage à leur arrivée. Plus de doute, le chien est réellement enfermé dans cette prison grillagée jour et nuit.

Le chien photographié le 24 décembre, "il n'avait plus de muscles"
Le chien photographié le 24 décembre, "il n'avait plus de muscles"
Le chef de la police municipale de Sainte-Suzanne nous confirme avoir entamé la discussion avec les propriétaires pour comprendre la situation. A ce moment-là, des solutions commencent à être envisagées en concertation avec l'association de protection animale pour permettre à ce chien d'être placé dans une famille d'accueil afin de le délivrer de ses bourreaux.

"Le lendemain, le 24, j'ai eu le numéro des propriétaires avec la police, avec leur accord pour que je vienne voir le chien et le prendre en photos.Ils ne savaient pas à quel moment j'allais passer. Ils l'avaient sorti cette fois-ci, suite au passage de la police la veille car les policiers leur avaient dit que le chien ne devait pas rester là, enfermé. J’ai proposé à ces propriétaires de trouver une solution pour le placer et ils m'avaient dit de faire vite car la police était passée. Ils étaient surtout inquiets de devoir payer quelque chose. Le pauvre chien, lui, n'avait plus de muscles à cause de ses conditions de captivité", raconte-t-elle. "Lors de mon deuxième et troisième passage, j'étais accompagnée d'une personne pour avoir un témoin."

Le chef de la police municipale nous informe qu’il avait cependant constaté que le chien était "nourri, son eau étant renouvelée, fraîche". Restait donc ses conditions d'enfermement déplorables. "Cette cage c'est une sorte de chenil qui fait 2,50 mètres sur 80 centimètres", a pu constater le chef de la police municipale de Sainte-Suzanne. "La cage du chien était placée en face d'un parc avec des animaux (cabris, canards...) et il servait d'alarme pour les voleurs, ils m'ont dit que c'était un bon gardien, sans vraiment donner l'impression de se rendre compte de la teneur de leur déclaration", affirme la bénévole.

Le chien meurt 4 jours après le signalement

L'histoire est d'autant plus révoltante pour Stéphanie que le voisinage, les facteurs et tous les gens susceptibles de passer dans cette rue du quartier de Bagatelle ont vu ce chien enfermé pendant des mois, des années ? Dans la discussion avec la bénévole du CRAPA, l'habitante avancera le fait que leur chien devait bien avoir quinze ans. Impossible de le certifier sans identification préalable.

4 jours après le signalement à la police, les propriétaires avertissent l'association de la mort du chien
4 jours après le signalement à la police, les propriétaires avertissent l'association de la mort du chien
Comble de cette campagne de sensibilisation menée par les collectivités, un proche de ce couple est même élu à la mairie de Sainte-Suzanne et vice-président à la CINOR. "Il aurait dû donner l'exemple", déplore-t-elle. "Nous voulons faire comprendre aux gens qu'il faut dénoncer ce genre de cas. Chien enfermé dans des cages, attaché en permanence…, il faut que les gens comprennent qu'un chien est un animal de compagnie et pas une alarme vivante."

Le dimanche qui suit, le 27 décembre, en appelant les propriétaires pour leur donner les dernières nouvelles en provenance d'une famille d'accueil, Stéphanie apprend du couple de quinquagénaires que leur chien est mort. Passée la stupéfaction, les questions arrivent sur cette drôle de coïncidence.

"Une autopsie aurait pu être réalisée pour savoir de quoi ce chien est mort". Mais la SPA, déjà bien débordée, ne pourra pas apporter son concours pour tenter d’aller au bout de cette affaire, explique la bénévole du CRAPA. Le chef de la police municipale concède que les événements qui se sont enchaînés rapidement n'ont pas permis à ses services de poursuivre la procédure avec la DAAF, service de la préfecture habilitée à traiter ce genre de cas de maltraitance flagrante. Une histoire décourageante de plus pour les bénévoles des associations qui ont l'impression d’œuvrer sans être suivies par la force publique.

Jeudi 7 Janvier 2016













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