Océan Indien

Saïd Larifou : "Certains ont été tabassés pour avoir dit la vérité"

Mercredi 1 Juillet 2009 - 20:22

Saïd Larifou est actuellement sur le territoire des Comores pour soutenir les familles des victimes du crash de l'A310 de la compagnie Yemenia Airlines. Il dénonce une situation extrêmement tendue dans le pays et l'irresponsabilité des autorités comoriennes qui délivrent de fausses informations.


Saïd Larifou : "Certains ont été tabassés pour avoir dit la vérité"
"Ceux qui ont osé dire certaines vérités concernant des irrégularités dans la compagnie Yemenia Airlines se sont fait tabasser par des proches du gouvernement des Comores" dénonce Saïd Larifou, actuellement dans l'archipel. "Des accusations graves ont été formulées par ceux qui ont l'habitude de voler sur Yemenia Airlines. Cela fait plusieurs années que la diaspora comorienne dénonce aux autorités le manque de fiabilité de cette compagnie. Ces accusations ont été circonstanciées", assure l'homme de loi.

Selon l'avocat, le pays est dans une une situation chaotique. "Les informations qui circulent ne sont que des rumeurs et de la désinformation", dénonce t-il. "Les autorités comoriennes font preuve d'irresponsabilité en faisant circuler de fausses informations, même sur la radio nationale. En plus de la douleur de la disparition d'un proche, il y a la douleur des fausses informations tels que des corps qui auraient été retrouvés, ce qui est souvent faux !" s'insurge l'avocat franco-comorien, qui sort tout juste d'une réunion sur le sujet : "Aucun corps n'a été retrouvé, ni les boîtes noires, rien!" répète encore une fois l'homme, en colère. "Les familles n'en ont rien à faire du deuil national qui a été décrété", rajoute t-il.
"Les familles veulent tout simplement que les autorités comoriennes assument leurs responsabilités et qu'elles les informent plutôt sur l'avancée des recherches qui sont en cours. Nous voulons qu'elles déploient les moyens, s'ils en ont, pour récupérer les dépouilles des victimes. Dans le cas contraire, qu'elles sollicitent la communauté internationale et les pays amis pour qu'ils déploient les moyens appropriés".

Aucune hypothèse sur les circonstances du crash

Ce qui est surprenant, c'est l'interdiction faite par les autorités comoriennes aux familles endeuillées de pénétrer dans la zone du crash. "Depuis hier matin, les familles veulent aller sur la zone du crash avec des pirogues et des vedettes pour repêcher les corps, mais les autorités leur ont interdit d'aller sur les lieux du sinistre, ce qui accentue leur colère car très peu de moyens sont déployés par le pays".    

Pour le moment, aucune hypothèse n'est privilégiée, sinon les conditions climatiques difficiles. "C'est vrai qu'il y a du vent qui souffle sérieusement ici. Mais cela n'aurait pas posé de problème si l'avion répondait aux normes de sécurité exigées et requises par l'aviation civile", affirme clairement l'avocat.

L'enquête qui vient tout juste d'être ouverte devrait fournir des éléments de réponse sur les circonstances de l'accident et apporter un éclairage sur l'état réel de l'appareil avant le crash. Des cellules de crise ont été mises en place aux quatre coins de l'île ainsi qu'un collectif de soutien aux familles des victimes avec  l'Association comorienne des droits de l'Homme (ACDH), dont le président n'est autre que Saïd Larifou.
interview_de_said_larifou.mp3 Interview de Saïd Larifou.mp3  (563.51 Ko)

Karine Maillot
Lu 1273 fois



1.Posté par DADI le 02/07/2009 08:40

Quand on connait un peu le fonctionnement de cet Etat on comprend bien qu'il y a des intérêts personnels, des pots de vins pour être clair, dans l'accord entre ce pays et la compagnie Yemenia. ..

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter