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SODIAC : Comment, en quelques minutes, le trou passe de 7 à 16 millions...

Vendredi 9 Août 2019 - 17:33

Ce matin se tenait le conseil d'administration de la SODIAC. Un moment d'anthologie, symbole en concentré de l'amateurisme qui prévaut à la tête de cette SEM de la mairie de Saint-Denis.

Pour mémoire, rappelons que, comme nous l'avons révélé dès le 25 juillet dernier, le dernier directeur général délégué, Jean-Claude Pitou, avait été contraint de démissionner après la découverte d'un important passif financier.

Ce matin, le conseil d'administration a commencé en l'absence de plusieurs administrateurs (Dominique Fournel qui représente la Région, M. Loiseau de la Caisse des Dépôts et l'expert comptable), qui sont arrivés en retard après avoir été retenus dans les embouteillages consécutifs à un accident, dans les rampes de la Montagne. L'expert-comptable n'est même jamais arrivé...

En leur absence donc, Philippe Naillet, le PDG de la société, a fait une brève présentation de la situation de la SODIAC. Pas très brillante, au demeurant.

Même s'il a affirmé que tout ce que l'on relatait dans la presse était faux, même s'il a félicité Jean-Claude Pitou qui a été "un grand serviteur", il a bien dû admettre l'incapacité de la SODIAC d'honorer en septembre prochain une échéance de 7 millions d'euros d'un prêt consenti par la Caisse des Dépôts. Somme qu'il a tout de suite tenu à relativiser, au regard selon lui du patrimoine de la société estimé à 400 millions...

Il a toutefois reconnu que ce "trou" de 7 millions allait entraîner un "adossement" à une autre société au début de l'année prochaine, mais que les administrateurs auront l'occasion de donner leur avis là-dessus préalablement. À mots couverts, il a donc confirmé nos informations selon lesquelles la SODIAC allait être vendue à CDC Habitat, une filiale de la Caisse des Dépôts. À part ça, tout ce que Zinfos raconte est faux. A mourir de rire...

En attendant, Philippe Naillet a annoncé la vente prochaine de 8 millions d'actifs : les opérations Canne Mapou, des lots de l'Espace Leclerc, Technor et Charmoy, ainsi que la cession de terrains à bâtir et la vente des actions que la SODIAC détenait dans la SCI de la Mare pour 680.000€ à CBO.

D'un trou de 7 millions selon Naillet, on passe à 14 millions selon le directeur financier...

Là où on atteint des sommets, c'est quand quelques instants plus tard, le directeur financier prend la parole pour annoncer que le trou n'est pas de 7 millions comme précédemment annoncé, qui était un point à la date d'aujourd'hui, mais de 14 millions, une somme qu'il faut impérativement trouver avant septembre !

Puis à 16 millions selon le représentant de la Caisse des Dépôts...

Mais on n'avait pas encore tout vu. C'est alors qu'intervient M. Loiseau, qui représente la Caisse des Dépôts et qui prend la parole sans savoir ce qui a été dit précédemment, puisqu'il était absent.

Et là, nouvelle surprise des administrateurs ! Lui, évoque un trou de 16 millions d'ici à septembre !

Et après avoir demandé que la SODIAC travaille dorénavant de manière plus rigoureuse, en transmettant notamment les dossiers financiers que demandent les administrateurs, ce qui laisse supposer que ce n'était pas le cas jusqu'à maintenant, il annonce que la Caisse des Dépôts ne pourra pas surseoir au paiement de l'échéance de 7 millions à venir car cela constituerait un "soutien abusif" et qu'il s'agirait d'un délit pénal...

La SODIAC ne paye plus ses fournisseurs : 18 ont déjà fermé leurs portes !

La situation est donc très tendue. Il y a des échéances de plusieurs millions d'euros qui se présentent à très court terme que la SODIAC est dans l'incapacité d'honorer et les ventes d'actifs envisagées ne pourront intervenir au mieux avant plusieurs mois...

En attendant, comme l'a reconnu un cadre de la SODIAC, les entreprises qui travaillent pour la SEM ne sont plus payées. Dix huit ont déjà mis la clé sous la porte au cours des dernières années et de nombreuses autres risquent de devoir en faire de même dans les mois à venir.

Une prime de 50.000 pour le responsable de la débâcle financière

C'est dans ce contexte que Philippe Naillet a confirmé le versement à Jean-Claude Pitou, le responsable de cette débâcle financière, d'une prime de départ de 49.800€, conformément à ce qui était convenu dans son contrat.

Le conseil d'administration a voté en faveur de cette prime, après que Philippe Naillet et le représentant de la Caisse des Dépôts ont affirmé que c'était "une obligation légale".

Selon les propres propos de Philippe Naillet rapportés par Le Quotidien dans un article du 27 juillet dernier, le versement de cette somme avait pour but de "compenser le fait que les mandataires sociaux ne bénéficient pas des ASSEDIC à leur départ". Sauf qu'il n'y avait aucun risque que Jean-Claude Pitou connaisse un jour les affres du chômage. Il est en effet fonctionnaire territorial au Département, détaché à la SODIAC.

À la fin de son contrat à la SODIAC, il a rejoint tout naturellement les rangs du conseil départemental et n'a donc pas connu un seul jour de chômage.

Tous ces arguments sont donc totalement ridicules, et n'ont pour unique objectif que de dissimuler un cadeau fait à l'ancien directeur. Lequel est quand même le responsable, rappelons-le, d'un trou de 16 millions d'euros !!! Sans parler des échéances de 15 millions qui doivent survenir au mois de décembre, et que personne n'a évoquées...

Des représentantes du personnel qui avaient tiré la sonnette d'alarme... en vain !

Ces explications de Philippe Naillet n'ont d'ailleurs pas du tout convaincu les deux représentantes du personnel qui ont protesté contre le versement de cette prime alors que ça fait des mois et des mois qu'elles alertent, selon elles, Philippe Naillet sur la mauvaise gestion de Jean-Claude Pitou. Qui se traduit notamment par un taux d'absentéisme très élevé et par le départ de nombreux salariés.

Philippe Naillet a balayé ces remarques d'un revers de main et la prime a été votée...

Philippe Naillet joue à l'autruche

Dans l'urgence, le conseil d'administration a décidé la mise en place d'un audit sur la situation financière de la société. Un audit confié à la société SCET, une filiale de la Caisse des Dépôts...

Autre étrangeté. Malgré les questions d'une administratrice, Philippe Naillet a soigneusement évité de faire un point sur la situation de l'opération Espace Océan. Dans un de nos articles, nous avions affirmé que rien n'avait été fait, contrairement à ce qu'ont toujours annoncé Gilbert Annette et l'équipe Naillet/Pitou. Selon nos informations, les travaux dépasseraient de plusieurs millions l'enveloppe escomptée, la grande surface ne serait pas attribuée, pas plus que l'hôtel, les commerces n'auraient pas trouvé preneur et les logements ne seraient pas financés.

Philippe Naillet joue à l'autruche pour l'instant.

Peut-être apportera-t-il des précisions lors d'un des prochains conseils d'administration qui se dérouleront fin août et fin septembre...
Pierrot Dupuy
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2.Posté par JORI le 09/08/2019 17:54 (depuis mobile)

Preuve s'il en fallait encore une que ces sem sont bien créées pour y mettre à leurs têtes des copains qui plus est, incompétents. On n'entend pas annette alors qu'il s'agit d'un satellite de St Denis.

1.Posté par june le 09/08/2019 15:37

LAMENTABLE ! !!!!!!

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