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Gilets Jaunes

Retour sur images : Le 23 février 1991, le Chaudron prenait feu


Beaucoup d'observateurs comparent -à tort ou à raison- les événements actuels avec ceux du 23 février 1991, appelés communément "Evénements du Chaudron", survenus après la saisie des émetteurs de Télé Freedom.
Pour ceux qui auraient oublié les détails de ce qui s'était passé à l'époque, nous vous proposons ci-dessous un article de Ludovic Grondin, rédigé le 23 février 2011, reprenant les principaux faits de ces journées qui auront marqué l'histoire de la Réunion.

Par - Publié le Vendredi 23 Novembre 2018 à 01:41

Photo d'une nuit d'émeutes urbaines à Sainte-Clotilde en novembre 2018 (Pierre Marchal - Anakaopress)
Photo d'une nuit d'émeutes urbaines à Sainte-Clotilde en novembre 2018 (Pierre Marchal - Anakaopress)
Le 23 février 2011 marque une date anniversaire que les Réunionnais ne sont pas prêts d'oublier. Il suffit encore aujourd'hui d'évoquer "les événements du Chaudron" pour que les consciences se remémorent les semaines folles qu'a connu ce quartier de Saint-Denis du 23 février jusqu'au 21 mars et l'intervention de Danielle Mitterrand pour calmer les esprits. Retour sur l'épisode social le plus retentissant des années 90 à la Réunion. Nous sommes le 23 février 1991, plus d'un millier de manifestants bravent l'interdiction de manifester dans les rues du chef-lieu en soutien au maintien de la fréquence de Télé Freedom. Pendant cinq ans en effet, la télé de Camille Sudre émet dans l'île sans autorisation de diffuser.

Le CSA s'apprête donc à couper le signal. Télévision appréciée d'une partie de la population de part sa programmation sulfureuse (films pornographiques, films de combat…) mais également grâce à une marque de fabrique offrant des plages de libre antenne, la télé de Camille Sudre est en sursis. Un arrêt de mort venu des plus hautes sphères de l'Etat puisque l'ordre de fermeture sera signifié par Michel Rocard alors Premier ministre. Une fermeture qui mettra le feu aux poudres.

Les émetteurs saisis

Le préfet de l'époque, Daniel Constantin, fait disposer des rangées de CRS dans les rues de Saint-Denis, sans s'imaginer un seul instant l'ampleur que va prendre la manifestation. Alors que des appels au calme sont diffusés sur les ondes de radio Freedom par son fondateur, dans les rues, la colère poursuit son œuvre. Dans l'après-midi de ce 23 février, les manifestants ne tardent pas à lancer des galets sur les forces de l'ordre disposés sur le Barachois. La réponse apportée par ces derniers avec le gaz lacrymogène repoussera une bonne partie des manifestants jusque dans le Nord de la ville, là où les événements prendront réellement corps. C'est donc dans cette nuit du 23 février que les émeutes à proprement parler commencent dans la plus grande confusion dans les rues du Chaudron et plus globalement de Sainte-Clotilde.

Déjà, cette nuit, un magasin Score est vandalisé et finira brûlé. Le lendemain, en catimini, les émetteurs de Télé Freedom qui trônent dans les hauteurs de La Montagne sont saisis. Malgré une nuit déjà fort agitée, le mécontentement ne faiblit pas. Au contraire, le pire est à venir.

Les jours suivants, d'autres magasins dans la zone industrielle du Chaudron mais aussi de Sainte-Clotilde sont pillés avant de finir calcinés à leur tour. Des morts suivront dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 février. Alors que le magasin "le Géant du meuble" est à son tour la proie des pilleurs, un incendie piègera huit d'entre eux venus se servir, dont cinq femmes.

Le calme revient après une médiation au plus haut sommet de l'État

Le ministre de l'Outre-mer de l'époque, Louis Le Pensec, parlera, dans les jours qui suivent, de “complot” avant d'engager la responsabilité du leader de Freedom Camille Sudre ainsi que du PCR ayant attisé les émeutes. Une prise de position qu'il évoquera en séance dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 6 mars.

En catastrophe, Michel Rocard se rend à la Réunion le 17 mars et ne tardera pas à dévoiler son impuissance : "Je ne suis pas le père Noël", dit-il à son arrivée. Alors que les pillages et les destructions se poursuivent, il faudra attendre la venue de la première dame de France, Danielle Mitterrand, alors présidente de la Fondation France Libertés, pour voir la situation s'apaiser à partir du 21 mars, presque un mois après le début de la révolte.

Un tremplin politique pour Camille Sudre

La suite s'écrit dans le calme. Camille Sudre profitera de ce nouveau statut pour monter une formation politique qui jouera un rôle de premier plan dans les mois et années qui suivront jusqu'à arriver à la tête du Conseil régional en 1992. Un soutien populaire que récupérera également à son avantage Paul Vergès pour constituer une majorité confortable au sein de la pyramide inversée dès 1998.

Après ce coup d'esbroufe retentissant qui a tenu la Réunion et les plus hautes instances parisiennes en haleine pendant près d'un mois, la revendication d'espace d'opinion mais aussi de divertissement sera quelque peu atténuée par l'ouverture, sur un canal dédié, de la première chaîne privée "légale" à émettre dans l'île : "Antenne Réunion" qui, ironie de l'histoire, récupérera la fréquence de Télé Freedom.


Pierrot Dupuy
Pierrot Dupuy est le fondateur de Zinfos974. C’était le 1er septembre 2008… Aidé d’une petite... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par mouvin le 22/11/2018 23:26

Tres bien résumé, bravo !

2.Posté par skeeter_333 le 23/11/2018 04:24

Si aujourd’hui freedom est la meilleure radio de l’ile et la mieux remuneree avec les contrats pub, mediatrie d’audience etc...c’est grace “uniquement” aux creoles. Aujourd’hui, elle se permet de censurer ban creoles quand la verite i sorte dans zot bouche alors que “certains” ont le droit de s’exprimer sans probleme, denigrer et rabaisser creoles sans etre coupes. C’est une radio controlee et tres politisee. Colabo !!!

3.Posté par gogote le 23/11/2018 09:20 (depuis mobile)

Sur les réseaux sociaux un de boycotte de freedom circule...quel paradoxe....

4.Posté par Marie le 23/11/2018 09:30 (depuis mobile)

Et , ils ont attendu 3 décennies avant de comprendre
ILS qui ? les politiques

5.Posté par Titi le 23/11/2018 10:31 (depuis mobile)

@2.d''accord avec ou.si frédom lé en ler c bien parce-que bande réunioné la bataille.aujourd''hui y censure qd y dit la vérité. Pas le droit d''expression.sinon zote y gagne pu subvention.croit a nous singe.nous lé là juste pou être admiré ds nout parc

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