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Remplacement de Sudel Fuma: Patrick Karam écrit au gouvernement

Mardi 24 Mai 2016 - 10:54

La polémique ne cesse d’enfler à propos du remplacement de Sudel Fuma à l’Université de La Réunion par une candidate extérieure. Un courrier a été envoyé par le président du CREFOM, Patrick Karam, à François Hollande, Manuel Valls, mais également aux ministres Najat Vallaud-Belkacem (Éducation nationale et enseignement supérieur) et à Ericka Bareigts (Égalité réelle) pour faire part des "irrégularités dans une procédure de recrutement dénoncées par les historiens de l’université de La Réunion". Retrouvez l’intégralité de son courrier :


"Dans son courrier le président du CREFOM Patrick Karam a fait part de l’émoi engendré par la proposition de recrutement sur le poste en histoire laissé vacant par le professeur Sudel Fuma, disparu dans des conditions tragiques en juillet 2014, sur laquelle devra se prononcer très prochainement le Conseil d’administration de l’université de La Réunion.

Il apparaît que la procédure mise en œuvre pour constituer le comité de sélection ainsi que les différentes étapes du déroulement du concours ont été entachées de certaines irrégularités que dénoncent les historiens de l’établissement dans un courrier adressé au Recteur Chancelier de l’université et transmis au CREFOM Réunion dans lequel ils évoquent 'les graves dysfonctionnement du Comité de sélection en charge du recrutement du MCF CNU 22 (Université de La Réunion)'.  

Patrick Karam a fait part à la ministre des arguments avancés par les spécialistes de la discipline pour lui permettre de mesurer le degré de gravité de la situation et de répondre à la demande des historiens et du CREFOM qui consiste à solliciter de sa haute autorité 'l’annulation de la procédure en cours qui serait alors reconduit dans une démarche transparente et plus respectueuse des textes et des choix exprimés par les spécialistes de la discipline de l’université de La Réunion'.

Et le président du CREFOM de rappeler que depuis deux ans aucun recrutement n’a pu être effectué. En effet en 2015, la procédure de recrutement avait échoué en raison de l’absence des membres du comité de sélection; cette fois-ci ce sont les historiens de l’université de La Réunion qui ont refusé de participer dès le moment où ils se sont rendus compte que la mise en place du comité de sélection relevait d’après eux 'd’une manœuvre visant à garantir un recrutement sur commande ». Dans le courrier cité supra, ils affirment qu’’une large majorité des historiens de l’Université de La Réunion (département et centre de recherches) considère que ce comité (entre mars et mai 2016) a été marqué par des faits traduisant des irrégularités notables, voire l’expression d’un signe de partialité dans la procédure de recrutement'.

Dans son courrier le président du CREFOM a rappelé que d’après les informations qui lui sont parvenues relatives aux faits, il apparaît que :

1- Le Comité de sélection (12 membres) qui avait été constitué à partir des votes des historiens du département d’histoire et du centre de recherches en histoire et approuvé par le Conseil de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines a été défait et recomposé par le Président.

Dès lors les historiens de l’établissement tirant les conséquences de cette décision n’ont pas souhaité être associés aux réunions et aux travaux du comité et l’auraient notifié par courriel au président du comité de sélection. Dans la lettre adressée au Recteur, ils justifient leur position en déclarant que 'l’étude des dossiers des candidats a été organisée de la même manière sauf pour un candidat. Ce simple fait illustre déjà une rupture d’égalité dans l’examen des dossiers. C’est pourquoi dans des courriels adressés au Président du Comité de sélection, et dont le Président de l’Université a eu connaissance, nous avons exprimé en conscience nos désaccords avec le fonctionnement de ce Comité de sélection et notre décision de ne pas participer à ses travaux et ses réunions'.

2- Les textes concernant les Comités de sélection insistent sur l’obligation d’un quorum avec au moins quatre membres physiquement présents dans l’université qui recrute. Or ce quorum n’a pas été respecté. Ce fait a été porté à la connaissance du Recteur par les historiens dans le courrier qu’ils lui ont transmis en ces termes : 'Nous voulons aussi souligner le non respect de la règle du quorum (au moins 4 membres physiquement présents à l’Université de La Réunion) lors de réunion du Comité de sélection'. Il n’est donc pas exclu qu’un recours administratif vienne encore une fois entacher l’image d’une université qui se passerait bien d’une nouvelle vague de mauvaise publicité.

Patrick Karam a par ailleurs attiré l’attention de Madame la ministre sur l’aspect symbolique que représente ce poste pour l’histoire de La Réunion et qui ne saurait 'souffrir de polémique et doit au contraire faire l’objet d’un consensus. Une telle décision à quelques jours des élections qui vont renouveler les membres du Conseil d’administration de l’Université ne semble en effet pas opportune, et il serait sage de laisser la nouvelle gouvernance décider du recrutement sur ce poste'.

En effet, le conseil d’administration actuel n’est composé que de membres d’une seule liste, car à la suite de l’annulation des élections de 2012, aucune autre liste que celle du président sortant n’a voulu à nouveau participer aux élections, le jeu étant selon eux 'faussé', expliquant de ce fait une absence d’opposition au sein des instances décisionnelles de l’université.

Et c’est ce conseil composé d’une seule liste qui, le 26 mai prochain, entérinera ou non la décision du Conseil Académique de l’Université de ce recrutement symbolique pour La Réunion alors que les élections vont se dérouler 2 jours avant et que la majorité des membres actuels ainsi que le président ne feront plus partie de la nouvelle gouvernance.

Bien que l’université et ses commissions soient souveraines dans leurs décisions, il ne s’agit pas dans le cas présent d’interférer dans cette 'autonomie des universités' mais bien de demander un examen attentif de la procédure mise en place pour ce recrutement qui de l’avis des historiens de l’Université de La Réunion, qui ont saisi par courrier le Recteur de l’académie, comporte des irrégularités. 'C’est dans ce cadre du contrôle de légalité que nous sollicitons votre intervention pour un traitement équitable des candidats', a t-il précisé.

Le président du CREFOM Patrick Karam a donc demandé pour toutes ces raisons et au regard de la mobilisation désormais effective l’intervention de la ministre pour que 'le conseil d’administration de l’université de La Réunion ne valide pas ce projet de recrutement dans l’attente des vérifications qui s’imposent'".

 
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1.Posté par "VIEUX Créole" le 24/05/2016 12:41



TRÈS BONNE INITIATIVE JUSTIFIÉE POUR PLUSIEURS RAISON ! BRAVO !!

2.Posté par Léla le 24/05/2016 12:48

CREFOM: officine bornée et étroite d'esprit qui se fait une spécialité de racisme anti métro; tout çà financé par le contribuable français. Et aucune dénonciation des horreurs faites par les mahorais à leurs frères comoriens?

3.Posté par PATRICK CEVENNES le 24/05/2016 13:43

fukcd473
A M. KARAM, VRP de la connerie humaine, quand il y a litige, il y a les tribunaux pour les résoudre !

Alors au lieu de saisir Flamby, Bécassine, et la scribouillarde en cdd jusqu'en mai 2017, vous devriez plutôt saisir le Tribunal administratif ! Où alors, vous craignez que le TA vous botte en touche !

D'ailleurs comment se fait-il que le TA dans les différents pistons opérés par le Crefom n'a-t-il pas été saisi ?

4.Posté par kafir le 24/05/2016 14:41

Honte aux manipulateurs pervers, narcissiques !!!

kafir

5.Posté par lunette le 24/05/2016 23:56

c'est , espérons -le , la dernière " réalisation" de monsieur le futur- ex-président.
Une "réalisation" , je ne tiens pas à mettre Zinfos en difficulté" car monsieur est très " susceptible " ( susceptible est un euphémisme" , que j' espère qu'on bloquera . Comme auraient du être bloquées " bien d' autres réalisations".

6.Posté par Grangaga le 24/05/2016 23:58

"Sudel Fuma".....mwin té y èmm' a li byin kan mwin lé té p'ti.... mé in fwa k'la gainll'.....galon....
Tou lé vin t'an y largu' in boutt' z'is'twarr' lontan lé z'ar'sivé.......aprè.....k'inport' la rass' lo z'is'toryin......si tèl' lé son métié, li di la vérité.....vrè....li la byin fé son travay'!!!!!!!!!

7.Posté par Piment lovrai le 25/05/2016 00:01

quoi d' étonnant on ne change pas une équipe qui dix ans durant a toujours considéré que les textes et les lois sont faits pour s' adapter à leurs petits calculs surtout quand on se targue d' être un expert en calculs .
Une fréquentation du Larousse serait la bienvenue sur les acceptions de ce terme " calculs"

8.Posté par deuxmandats le 25/05/2016 00:02

Rocedit une fois , rocedit toujours

9.Posté par transparence le 25/05/2016 00:03

On hallucine !Bravo le Crefom

10.Posté par Nono le 25/05/2016 08:07

"une rupture d’égalité dans l’examen des dossiers"
C’est dans ce cadre du contrôle de légalité que nous sollicitons votre intervention pour un traitement équitable des candidats.

Le CREFOM, chantre de la préférence régionale, en appelle à la légalité et au traitement équitable. Quels comiques !

11.Posté par REUNIONNAIS le 25/05/2016 09:43

@PATRICK CEVENNES : pour suivre un peu les actions du crefom à la reunion depuis un moment, il est rare que cette association affirme sans preuves....la preuve il suffit de voir les contradictions du président de l'université. il faut tout lire quand on commente : les historiens de l'université ont envoyé un courrier au recteur pour dénoncer les irrégularités de la commission. Vous vivez dans un monde parfait, malheureusement c'est en utilisant le droit qu'on exclut de plus en plus les réunionnais de leurs territoires. le temps des tribunaux est un temps extrême qui viendra certainement en son temps, là le crefom a raison de peser pour que les autorités de contrôle agissent, c'est cela aussi la démocratie.
@Léla : je ne vois pas de racisme dans les demandes du crefom, puisque la demande porte sur une priorité à compétences égales, c'est ce qui se passe en corse, en bretagne en Alace, sont-ils pour autant traité de raciste ? et apparemment c'est une association localement qui ne fonctionne que sur les ressources de ses membres
@kafir : vous semblez avoir une animosité envers le crefom c'est votre droit mais arrêtez à chaque fois de déverser votre bile, cela ne sert à rien, soyez plus constructif et argumenté

12.Posté par PATRICK CEVENNES le 25/05/2016 11:35

fukcd473
11.Posté par REUNIONNAIS le 25/05/2016 09:43
Je vous rassure j'ai bien lu l'article.
Donc, ce collège d'historiens de l'Université (tous réunionnais je suppose) en constatant des irrégularités ont saisi le Recteur Chancelier de l'Université, ce qui me parait logique d'un point de vue hiérarchique et le Crefom, ce qui ma parait illogique là !
En clair, ce collège d'historiens n'a pas confiance en l'autorité du Recteur ?
Pourtant ce Recteur, le Crefom et la scribouillarde en cdd jusqu'en mai 2017 sont allés lui demander s'il était intéressé pour ce poste, au nom de la sacro-sainte égalité des chances et parce qu'il était réunionnais !
Le Crefom ne laisse même pas de temps aux autorités de contrôle de contrôler la régularité des procédures !
Il me semble que l'Université est un établissement public. Donc, si les autorités de contrôle ne font pas leur travail, il y a les tribunaux administratifs pour résoudre les litiges.
Je ne vois pas pourquoi Karam et ses potes balayeraient du revers de la main le droit. Parce que sauf erreur de ma part nous sommes dans un état de droit.
Peut-être faudrait-il qu'un citoyen avisé s'amuse à ester le Crefom devant un TA, histoire de s'assurer que le Crefom n'a pas outrepasser le droit.
Parce qu'à force de taper sur l'enclume avec la préférence régionale, la résonance va s'amplifier et un jour il ne faudra pas s'étonner d'une certaine réaction.

13.Posté par piton de la fournaise le 25/05/2016 23:01

Un mot, un seul MERCI KARAM
Grâce à lui et à Sacri la Réunion a bénéficié de nombreuses nominations de haut niveau
il fallait que ca bouge car nous les réunionnais nous étions les laissés pour compte de tout
les oubliés de la république
MERCI M KARAM

14.Posté par Soubramaniam le 31/05/2016 18:57

Quelques rappels :

Je suis effaré de l’ignorance des gens qui s’expriment sur ces forums.

Premièrement, le poste en question est un poste de maitre de conférences et non de Professeur.

Deuxièmement, le CAPES et l’agrégation sont des concours du secondaire.
Le concours de l’agrégation externe (est-ce le cas de notre candidat réunionnais agrégé en fin de carrière, j’en doute…) est un gage d’excellence mais n’est pas obligatoire pour enseigner à l’Université…D’ailleurs, M. Sudel Fuma n’était pas agrégé…ni M. Prosper Eve. Bon nombre d’excellents enseignants dans les universités de l’hexagone n’ont jamais passé l’agrégation.

Quand Patrick Karam affirme que le candidat agrégé serait automatiquement élu en métropole cela trahit son ignorance du milieu universitaire. Jamais un candidat n’a été nommé maitre de conférences à 59 ans en métropole. Les maitres de conférences sont de jeunes chercheurs qui doivent construire des projets sur la longue
durée en vue de passer une HDR et de devenir Professeur des Universités. De plus, une expérience dans un collège, si longue soit-elle, n’est absolument pas la voie royale pour une nomination à l’université.

Personne ne mentionne un détail qui n’en n’est pas un dans le cv de la candidate nantaise. Elle a effectué un post-doctorat. C’est une formation après la thèse et c’est un vrai gage d’excellence. Les postes de ce type sont rares et les meilleurs candidats sont recrutés. Cela implique également que la candidate nantaise travaille déjà dans des laboratoires prestigieux et possède une expérience de « chercheur » après la thèse.

Arrêtons de laisser la parole à des ignorants…

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