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Courrier des lecteurs

Relations entre pesticides et syndrome métabolique : pas de hasard


Par Bruno Bourgeon - Publié le Vendredi 1 Juillet 2022 à 11:31

Relations entre pesticides et syndrome métabolique : pas de hasard
Le syndrome métabolique désigné par les acronymes SMet (pour syndrome métabolique) ou MetS (pour Metabolic syndrome chez les anglophones) désigne l'association d'une série de problèmes de santé ayant en commun un mauvais métabolisme corporel.
Il fait partie des syndrome émergents. On ne peut pas affirmer qu'il s'agit d'une maladie : plutôt un regroupement de facteurs de risque plus ou moins liés par une origine, des cibles métaboliques ou des mécanismes communs. Cependant il y a consensus sur le fait que le syndrome métabolique détecté chez une personne n'ayant déclaré aucun symptôme correspond à un risque d'accident cardio-vasculaire multiplié par trois par rapport à un individu réellement en bonne santé.

Le syndrome métabolique décrit un état préfigurant plusieurs maladies graves :
  • Diabète de type 2, avec par exemple un risque sept fois plus élevé chez les Finlandais porteurs de SMET que pour le reste de la population ;
  • Pathologies cardio-vasculaires ;
  • Accident Vasculaire Cérébral ; risque 1,26 à 2,2 fois plus élevé selon l'OMS, avec des bases méthodologiques moins strictes.
Selon cette méta-analyse, l'exposition aux pesticides est un facteur de risque indépendant de développer un syndrome métabolique. Le niveau de preuve est satisfaisant concernant les organochlorés, principalement l’hexachlorocyclohexane, mais il est insuffisant pour les autres types de pesticides. Il semble que le risque soit supérieur dans les études les plus récentes, suggérant une augmentation probable de l'utilisation des pesticides avec le temps. Le niveau de preuve est élevé concernant l'augmentation du risque de diabète et d'obésité lié à l'exposition aux pesticides, mais la relation entre l'exposition aux pesticides et le syndrome métabolique n’est pas clairement décrite. Cette revue systématique et méta-analyse permet d’améliorer les connaissances à ce sujet.

La revue a porté sur toutes les études parues avant octobre 2021 et rapportant le risque de syndrome métabolique associé à une exposition aux pesticides. Au total, 12 études (n=6.789) ont été incluses dans la méta-analyse, avec 29,1% de sujets avec un MetS. Toutes présentaient un faible risque de biais. La moitié était des études transversales, auxquelles s’ajoutent 3 études cas-témoins emboîtées, 2 études de cohorte et 1 étude cas-témoins. Chacune incluait de 100 à 1.162 sujets.

L'exposition globale aux pesticides et à leurs contaminants a augmenté le risque de MetS de 30%. Les organochlorés augmentaient le risque de syndrome métabolique de 23%. Parmi eux, l'hexachlorocyclohexane était celui qui augmentait le plus spécifiquement le risque (53%), suivi de l’oxychlordane (50%), le transnonchlor (56%) et l'hexachlorobenzène (40%). Les contaminants des pesticides augmentaient quant à eux le risque de 31%, principalement les PCB (32%). Les analyses de sensibilité ont confirmé que l'exposition globale aux pesticides et à leurs contaminants augmentait le risque de 46% en utilisant les données brutes ou de 19% en utilisant le modèle entièrement ajusté. Les méta-régressions ont montré que l'hexachlorocyclohexane augmentait significativement plus le risque de MetS que les autres pesticides.

Le risque de syndrome métabolique lié aux pesticides a augmenté dans les études les plus récentes (coefficient de 0,28 par année). Par ailleurs, un IMC ou un tour de taille plus élevés réduisait le risque de syndrome métabolique après une exposition aux pesticides, qui s’explique peut-être par le stockage des pesticides dans le tissu adipeux. Enfin, le risque était plus faible chez les hommes.

Toutes ces conclusions ne sont pas anodines pour La Réunion, où l’exposition aux pesticides est l’une des plus importantes de France : on peut y voir là l’une des explications à la forte incidence des maladies métaboliques sur notre île. Il est temps de se réveiller pour lutter contre les mauvaises pratiques agricoles réunionnaises.


Voici le résumé de l’article :

La relation entre l'exposition aux pesticides et le syndrome métabolique (MetS) n'a pas été clairement identifiée. Lors d'une revue systématique et d'une méta-analyse, PubMed, Cochrane Library, Embase et ScienceDirect ont été recherchés pour des études faisant état du risque de MetS suite à une exposition aux pesticides et à leurs contaminants. Nous avons inclus 12 études pour un total de 6 789 participants, dont 1 981 (29,1 %) avaient un MetS. L'exposition globale aux pesticides et à leurs contaminants a augmenté le risque de MetS de 30 % (95CI 22 %-37 %). Dans l'ensemble, les organochlorés ont augmenté le risque de MetS de 23 % (14-32 %), ainsi que pour la plupart des types d'organochlorés : l'hexachlorocyclohexane a augmenté le risque de 53 % (28-78 %), l'hexachlorobenzène de 40 % (0,01-80 %), dichlorodiphényldichloroéthylène à 22% (9-34%), dichlorodiphényltrichloroéthane à 28% (5-50%), oxychlordane à 24% (1-47%), et le transnonchlor de 35 % (19-52 %). Les analyses de sensibilité ont confirmé que l'exposition globale aux pesticides et à leurs contaminants augmentait le risque de 46 % (35-56 %) en utilisant des données brutes ou de 19 % (10-29 %) en utilisant un modèle entièrement ajusté. Le risque pour l'ensemble des pesticides et des types de pesticides était également significatif avec des données brutes, mais uniquement pour l'hexachlorocyclohexane (augmentation du risque de 36 %, 17-55 %) et le transnonchlor (augmentation du risque de 25 %, 3-48 %) avec des modèles entièrement ajustés. Les méta-régressions ont démontré que l'hexachlorocyclohexane augmentait le risque de MetS par rapport à la plupart des autres pesticides. Le risque a augmenté pour les périodes plus récentes (Coefficient = 0,28, IC95 0,20 à 0,37, par année). Nous avons démontré une relation inverse avec l'indice de masse corporelle et le sexe masculin. En conclusion, l'exposition aux pesticides est un facteur de risque majeur pour le MetS. Outre l'exposition aux organochlorés, les données manquent pour les autres types de pesticides. Le risque a augmenté avec le temps, reflétant une augmentation probable de l'utilisation des pesticides dans le monde. La relation inverse avec l'indice de masse corporelle peut signifier un stockage de pesticides et de contaminants dans les tissus adipeux.

Référence : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35439599/





1.Posté par A mon avis le 02/07/2022 16:49

Pour compléter votre billet apocalyptique !

" Une petite histoire des pesticides quand le ddt sauvait des vies "
Par Fabrice Nicolino

https://charliehebdo.fr/2018/09/ecologie/une-petite-histoire-des-pesticides-quand-le-ddt-sauvait-des-vies/

2.Posté par JD974 le 03/07/2022 14:54

Une chose m'étonne: l'absence de cancer de la prostate chez les animaux pourtant bien plus exposés que nous aux pesticides?

3.Posté par Bruno Bourgeon le 04/07/2022 17:24

JD974 : les métabolismes ne sont pas les mêmes. Et qui se préoccupe de la prostate du campagnole (je ne suis même pas sûr qu'il en ait une) ou du chien errant (là je suis sûr que le chien a une prostate) dont la durée de vie est bien inférieure (entre écrasements par voitures, bagarres avec ses congénères, et infections) au développement d'un cancer de la prostate? Vous dites vraiment n'importe quoi sans savoir par pure provocation.

4.Posté par Bruno Bourgeon le 04/07/2022 17:28

AMA, Fabrice Nicolino pourrait venir enquêter à La Réunion d'ici la fin de l'année sur la genèse de certains cancers liés aux pesticides du côté de Manapany. je lui parlerai des actions qu'AID a menées à La Réunion contre les lobbys canniers et de la Chambre d'Agriculture.

5.Posté par Luc-Laurent Salvador le 04/07/2022 20:35

@ 4 Bruno Bourgeon

Super que Nicolo vienne ici ! Il y a du boulot.

Mais les canniers ne se protègent-ils pas un peu facilement en avançant le fait qu'ils n'utilisent pas de pesticides, seulement des désherbants comme le fameux glyphosate ?

6.Posté par Bruno Bourgeon le 04/07/2022 21:32

LLS, un herbicide est un pesticide. Par définition.De toutes façons, ils sont indéfendables.

7.Posté par L AVENIR EN COULEURS 974 le 05/07/2022 16:31

Sans doute qu'un jour, les pesticides entre autres "poisons mortels", "arrosés ou fanés" depuis des siècles sur la terre, dans la terre et dans l'air, auront raison de l'Humanité, des animaux, des plantes, des abeilles, des papillons, des oiseaux, des poissons et autres espèces de la création.

Sans doute qu'un jour, seuls les espèces que l'homme n'aura eu de cesse d'éradiquer de la surface de la terre règneront toujours et peut être avec d'autres formes de vies dont des "monstres" fabriqués par l'Homme lui même avec ses "poisons chimiques"...qui sait?

8.Posté par A mon avis le 05/07/2022 22:22

@ 7.Posté par L AVENIR EN COULEURS 974
Pour relativiser :
si on ramène la durée d'existence de la terre (4.5 milliads d'années) .....à une journée de 24h
les dinosaures disparaissent (il ya 65 millions d'années) .......................... 20 mn avant minuit
nos ancêtres humains apparaissent (il y a 2 millions d'année) .....................18 secondes avant minuit

9.Posté par L AVENIR EN COULEURS 974 le 06/07/2022 09:47

8.Posté par A mon avis


L'HOMME N'EST PAS UNIQUE (Une espèce à part)
Une superbe vidéo remplie de vérité.

10.Posté par Luc-Laurent Salvador le 06/07/2022 11:26

@ 6 BB

Ah ben oui, tu as raison. Je ne sais pourquoi, j'ai toujours associé les pestes au règne animal.
Et oui, bien sûr, le glyphosate n'est pas défendable au vu de sa dangerosité sanitaire.

Au fait, juste en passant, j'ai vu hier que les magasins Leclerc s'appliquaient, chose rare, à bien remplir les étiquettes fruits et légumes et indiquaient les traitements subis comme la loi les y oblige.

Sauf que pour les produits locaux, il y a indiqué : "sans traitement" parce qu'en effet, beaucoup ne subissent pas de traitement après récolte dès lors qu'ils n'ont pas à voyager.

Le problème est que le consommateur peut ainsi croire consommer des produits sains alors les traitements avant récolte peuvent être monstrueux.

Quand j'habitais Petite Île, afin de savoir au milieu de quoi je courais en respirant à pleins poumons j'ai posé la question à un producteur de clémentines qui m'a indiqué faire 23 traitements dans l'année. Je n'ai pas été surpris par la suite quand j'ai entendu un producteur d'ail de la même ville expliquer que l'ail local est cher en raison des nombreux traitements qu'il subit.

Bref, ceux qui disent encore qu'il faut d'abord chercher à manger local puis ensuite bio sont juste des idiots utiles du système ou des vendus.

Manger bio est une priorité pour la santé !

11.Posté par A mon avis le 06/07/2022 16:31

@ 10.Posté par Luc-Laurent Salvador

" Manger bio est une priorité pour la santé ! " dites vous ! Et vous avez raison.
Mais est-ce bien aussi l'avis de nos gouvernants ?

Ci dessous copie d'un article du Canard enchaîné du 06/07/2022

" Le bio est dans les choux

Normalement, l’agriculture chimique dominante devrait reculer peu à peu, bien timidement, certes, mais quand même, devant l’agriculture biologique. L’objectif gouvernemental affiché pour le 1er janvier de cette année était double au moins 15 % de la surface agricole utile cultivée en bio ; au moins 20 % de roduits bio dans les cantines publiques.

La Cour des comptes a fait le point sur la question. Et pondu un rapport pas piqué des vers (« Libération », 1/7). Résultat : on est loin, très loin, de l'objectif affiché. La surface bio ne dépasse pas les 10,3 %. Et, dans les cantines, ça ne dépasse pas les 6 %. La Cour des comptes note que les avantages du bio sont indéniables sur la santé, l'environnement, le bien-être animal, le climat, l'emploi, mais que le gouvernement traîne affreusement les pieds. Les aides financières relèvent de l'obole (dès 2017, notamment, l'aide au maintien a été supprimée). L'aide à la recherche, qui permettrait d’augmenter la productivité du bio (elle est inférieure de 18 % à celle de l'agrochimie), est faiblarde.

Il suffit de comparer le montant de l'aide annuelle au bio, 35 millions, aux sommes englouties pour réparer les dégâts de l'agriculture chimique (notamment pour rendre potables les eaux contaminées par les nitrates et les pesticides : jusqu'à 970 millions) pour mesurer l'absurdité de la situation, relève la Cour des comptes. Laquelle est certainement peuplée d’ayatollahs verts... "

12.Posté par A mon avis le 06/07/2022 17:14

@ 10.Posté par Luc-Laurent Salvador

Pour aller dans le sens de la tromperie de l'étiquetage que vous évoquez, on peut rappeler l'historique du fameux label HVE (haute qualité environnemental), véritable arnaque en faveur de "l'agriculture chimique".

Les agriculteurs français touchent 16 % du budget de la politique agricole commune, la fameuse PAC soit environ 10 milliards d'euros par an.
Mais voilà, dans le cadre de la préservation de l'environnement Bruxelles a créé un système qui conditionne l'attribution d'une partie des aides accordées aux agriculteurs qui font des efforts dans ce sens, donc qui s'adressent aux agriculteurs bio.

Pour continuer de profiter pleinement des aides bruxelloises, le gouvernement a eu une idée de créer le label HVE (Haute Valeur Environnementale). Ce label repeint en vert (aux normes environnementales très allégées par rapport aux normes de l'agriculture bio) a été inventé par Bruno Le Maire (alors ministre de l'agriculture) en 2011, avec l'appui bien entendu de la FNSEA syndicat productiviste.

Ce nouveau label a permis de demander à l'Europe de faire bénéficier des subventions les agriculteurs labellisés HVE.

Et voilà comment la FNSEA a fait un pied de nez à l'agriculture bio !

13.Posté par JD974 le 11/07/2022 17:22

Bruno Bourgeon

Les premiers travaux démontrant l'absence de cancer de la prostate chez le chien datent de 1938 (200 chiens autopsiés et examinés au microscope) par CHARLES BRENTON HUGGINS à Chicago. STP : Ne pas critiquer sur un ton plaisantin sans avoir lu les cinq publications consacrées à ces travaux qui ont valu à cet auteur le prix NOBEL de médecine en 1966.

14.Posté par Bruno Bourgeon le 11/07/2022 18:02

Vous vous éloignez du sujet. L’absence de cancers de la prostate chez le chien, tant mieux pour lui et tant mieux pour le prix Nobel. Les faits sont têtus et le cancer de la prostate est bien réel chez l’homme en rapport avec entre autres le Chlordecone. Que le chien n’en ait pas, la belle affaire! Et les chiens ne mangent pas de bananes que je sache!

15.Posté par Luc-Laurent Salvador le 12/07/2022 08:24

@ 11 & 12 A mon avis

Merci pour ces éclairages très pertinents qui démontrent à l'envi, si besoin était, l'hypocrisie du système actuel et son irresponsabilité d'autant plus alarmante qu'on peut la supposer générale (sans même verser dans un quelconque complotisme ;-) ).

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