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Courrier des lecteurs

Réforme de l’ENA ou échec du système scolaire français ?


Par Saucratès - Publié le Jeudi 2 Juillet 2020 à 09:28 | Lu 1132 fois

Je regardais une émission télévisée intéressante sur la haute fonction publique. La question posée était de savoir : Faut-il réformer l’ENA ? Faut-il supprimer l’ENA ? Émission et reportage extrêmement interessants. L’ENA serait-elle essentiellement composée d’étudiants tirés du même moule, un monde de reproduction de schémas anciens  demandés permettant de répondre aux codes et aux attentes des examinateurs et des notateurs ? Tous les étudiants et les énarques se ressemblent-ils ? La proportion d’étudiants à l’ENA issus des milieux populaires serait extrêmement faible, de l’ordre de 5%. Mais en fait, qu’est-ce que le milieu social, et en quoi le milieu social peut-il influencer le comportement du haut fonctionnaire dans sa vie future. 
 
Il y avait également autre chose qui a été dit sur ce sujet. La député européenne Nathalie Loiseau disait ainsi que la France serait une société de défiance, les français se méfiant de tous et de toutes, des politiques, des hauts fonctionnaires, des journalistes ... Idée assez véridique, recouvrant assez bien ce que je pense. Je ne crois pas en un quelconque sens du devoir et d’un idéal du bien public des préfets de la République. Ces gens sont juste affamés de pouvoir et d’ambition personnelle, et ne ré cherchent que les honneurs et leur enrichissement. Je pense que n’importe qui, dans la rue, dans la société civile, pourrait tout aussi bien qu’eux, se trouver charger de leurs missions et de leurs responsabilités, et de leurs pouvoirs.
 
Y a-t-il besoin de l’ENA ? A-t-on besoin de jeunes hauts-fonctionnaires énarques qui accèdent directement aux plus hautes fonctions de la République francaise ? Y a-t-il simplement besoin des hauts-fonctionnaires ? De la même manière que l’on peut se demander si on a réellement besoin de managers dans nos entreprises ? Non. La réponse est non. Il n’y a besoin de managers que pour transmettre les ordres et accaparer les honneurs. Il n’y a besoin de hauts fonctionnaires que pour accaparer les plus hautes responsabilités, pour empêcher que les fonctionnaires issus de la base n’accèdent au sommet de la hiérarchie. Non, on n’a nul besoin de hauts fonctionnaires, d’énarques ou de managers dans nos entreprises.
 
L’une des personnalités interviewées indiquait que l’on a sûrement eu besoin de l’ENA par le passé (au sortir de la deuxième guerre mondiale) mais cette école avait peut-être atteint son but et que l’on pouvait peut-être la faire disparaître et la remplacer par autre chose. Très certainement ! Il était également indiqué que l’absence de diversité dans le recrutement de l’ENA représentait moins un échec des modalités de recrutement par le biais des concours d’accès que l’échec du système éducatif français dans son ensemble. Le système éducatif français ne permet plus le fonctionnement de l’ascenseur social, ne permet plus aux enfants issus des classes populaires de croître dans l’échelle sociale. Il était aussi indiqué par un des intervenants que ce défaut de diversité sociale ne concernait pas uniquement l’ENA mais également les troisièmes cycles universitaires. 
 
Mais c’est justement là le problème ! Qu’il faille atteindre un troisième cycle universitaire, au delà de bac+5, pour pouvoir progresser dans l’échelle sociale ! Autrefois le bac suffisait, puis le fait d’accéder à l’université. Puis on a inventé les concepts du baccalauréat pour tous, puis de l’université pour tous, phis du droit au Master pour tous. Aujourd’hui, tout le monde dans une génération a son bac. Et une licence voire un master. Mais la sélection doit toujours s’opérer. Elle s’opere donc encore plus loin, et il faut que les parents continuent de financer leurs enfants au-delà de Bac+5 pour qu’ils aient une chance dans la vie. C’est la rançon de l’échec du concept de massification de l’enseignement supérieur. Les concepteurs socialistes de ce slogan de la massification de l’enseignement promouvaient l’idée d’une jeunesse éduquée, mais en fait on a généralisé l’analphabétisme des étudiants. Apres le mariage pour tous (ou avant d’ailleurs), on a eu le bac pour tous et l’université pour tous. Et toujours autant d’analphabètes. 

Et surtout un grand désespoir. Pour les malheureux qui malgré tout, n’ont pas eu le bac, qui ont décroché scolairement. Mais aussi pour l’immense majorité de ceux qui n’ont toujours rien malgré cinq ans d’études supérieures, qui pointe au chômage malgré leurs licences ou leurs masters, ou qui doivent se contenter du même travail que leurs parents qui n’avaient pas le bac.
 
En conclusion, que peut-on en conclure ? Y a-t-il besoin de l’ENA, vraisemblablement non. Mais est-il nécessaire de supprimer toutes les écoles élitistes françaises sous prétexte que leurs étudiants sont privilégiés ? Non, évidemment non. Car après l’ENA, on parlera ensuite de supprimer l’X, puis les écoles normales supérieures comme Ulm ou Cachan. Puis ce sera au tour des lycées et des écoles privés catholiques, jusqu’à ce que l’ensemble du système éducatif français soit ce magma uniformisateur où la médiocrité sera la norme. Mais il y sera malgré tout toujours nécessaire de sélectionner une fraction, à Bac+10 ou BAC+15 dans quelques années ?

La suppression de l’ENA n’est donc pas la solution. Par contre, ce que ce reportage m’a fait prendre conscience, c’est qu’il est inconcevable que seuls les élèves énarques puissent découvrir la richesse de l’administration française, les missions de service public, qu’ils puissent assister lors de leurs stages d’énarque à des opérations de gendarmerie ou de police, ou au travail et aux actions des fonctionnaires. C’est l’ensemble de la jeunesse française qui doit pouvoir y assister, tout ceux que cela intéressera. L’importance des moyens de formation déployés au seul bénéfice d’une poignée de privilégiés n’est pas normal. Si on veut faire disparaitre le fossé existant entre les forces de l’ordre, entre l’administration et les jeunes des milieux défavorisés, ou de tous les jeunes, il faut généraliser ces immersions lors des opérations de police, de gendarmerie, de contrôle. C’est auprès de tous les jeunes intéressés qu’il faut déployer ce temps, ces moyens, ce respect et ces explications ! Et pas seulement pour de futures élites. Et on cessera peut-être alors de voir des dérapages du côté des forces de l’ordre mais aussi du côté des jeunes.

Il est une dernière idée que j’ai retenue de cette émission. Nathalie Loiseau qui parlait de «La pensée magique qui veut qu’on puisse faire mieux avec moins». Ces dernières années, on a retrouvé cette idée magique à l’œuvre dans tous les compartiments de la pensée de l’Etat. Elle explique le fiasco de la lutte contre la pandémie du coronavirus en France, en matière de masques ou en matière de lits d’hospitalisation. On l’a vu à l’œuvre dans toutes les administrations. Faire plus avec moins. Et c’est amusant que ce soit une représentante de LREM qui sorte cette idée, popularisée et généralisée par les tenants de cette branche idéologique dont l’ultime représentant est le macronisme.

https://saucrates.blog4ever.com/




1.Posté par Gérard Jeanneau le 02/07/2020 11:58

L'Ecole Nationale d'Administration est devenue, au fil du temps, l'Ecole Nationale de l'Arnaque. Jetez un oeil : ils sont partout dans les ministères, ils préparent, lois, décrets, etc. ils s'attribuent de beaux avantages. Certains sont même députés ou sénateurs. Bref, c'est une belle famille qui s'entend comme les larrons en foire. En définitive, ils ont mis en place la France d'en Haut et la France d'en Bas. Et ce sont eux qui mis en branle le mouvement des Gilets Jaunes.
Gérard Jeanneau, vrai Gilet Jaune qui ne saccage rien et qui ne tourne pas bêtement en rond aux ronds-points.

2.Posté par eh oui! le 02/07/2020 17:59

Tout à fait d'accord poste 1 , de serviteurs de l'état qu'ils devaient être , les énarques sont devenus serviteurs d'eux même , influençant les députés dont beaucoup sont vénaux pour des lois favorisant les entreprises dans lesquelles ils vont pantoufler en se vendant cher aux plus offrants des grands groupes financiers.
Macron veut supprimer l'ENA car il a été recalé plusieurs fois , ce que sa prétention naturelle n'a pas supporter... c'est sont seul moteur sur ce coup là: la vengeance d'un petit monsieur!

3.Posté par République le 02/07/2020 18:08

Il s’agit ici d’un chevauchement important du pouvoir administratif et du pouvoir politique, des deux zones d’exercice. Quand l’administratif veut faire du politique, il s’éloigne trop du peuple ; et quand le politique se coule trop dans l’administratif, il ne sert plus suffisamment le projet sur lequel il est assis. – Il faut revoir définitions et pratiques de ces deux pouvoirs, et il n’y a qu’un seul moyen : une évaluation citoyenne régulière et à tous les niveaux de ce qui est fait. C’est un projet qui dépasse largement cette idée qui a été effleurée pendant la crise des Gilets-Jaunes, et qui doit être portée par les futurs candidats à toutes les élections et à tous les niveaux ; du moins par ceux qui veulent vraiment sortir de cette fuite en avant généralisée. Un chemin qui permet d’affaiblir la crise de populisme que la France connaît actuellement.

4.Posté par Saucrates le 02/07/2020 18:59

Et je rajouterais, cher.e République, que ce projet devrait être porté par tous les candidats qui ne sont pas eux-mêmes des marionnettes du pouvoir, des énarques embusqués ... car tant de candidats, même parfois à la Réunion, malgré leur parfait usage du parlé creole, sont souvent issus de ce corps ou des instituts qui fabriquent des énarques, comme Sciences Po Paris. Merci aux posts 1-2-3.

5.Posté par A mon avis le 02/07/2020 22:51

"...des préfets de la République. Ces gens sont juste affamés de pouvoir et d’ambition personnelle, et ne ré cherchent que les honneurs et leur enrichissement. Je pense que n’importe qui, dans la rue, dans la société civile, pourrait tout aussi bien qu’eux, se trouver charger de leurs missions et de leurs responsabilités, et de leurs pouvoirs. "

N'importe qui dans rue pourrait remplacer un préfet !

Vous ignorez les fonctions et les responsabilités d'un préfet. Renseignez vous avant d'écrire une telle énormité !

6.Posté par A mon avis le 02/07/2020 23:01

Vous écrivez :
" Il n’y a besoin de managers que pour transmettre les ordres et accaparer les honneurs. Il n’y a besoin de hauts fonctionnaires que pour accaparer les plus hautes responsabilités, pour empêcher que les fonctionnaires issus de la base n’accèdent au sommet de la hiérarchie."


Donc pour vous un "manager" n'est qu'un maillon inutile seulement dans l'entreprise pour la gloriole.
Et le haut fonctionnaire, seulement là pour barrer la route aux fonctionnaire de base.

Décidément, vous collectionnez les stupidités !
Vous semblez ignorer le monde de l'entreprise et votre idée de l’administration est pour le moins caricaturale

7.Posté par A mon avis le 03/07/2020 11:14

Votre billet est bien confus.
On y trouve de tout et son contraire. Vous êtes contre les établissements qui forment des élites.
Vous êtes contre les hauts fonctionnaires dans l'administration, contre les managers dans les entreprises.
Mais plus loin vous ne voulez pas que disparaissent les écoles prestigieuses qui forment les élites, et vous vilipendez ce que vous appelez "la massification" de l'enseignement universitaire.

Et si tout va mal, c'est bien sûr la faute de "la gauche" : "C’est la rançon de l’échec du concept de massification de l’enseignement supérieur. " affirmez vous !
Cette "massification" qui n'a formé que des "analphabètes" dites vous encore.
Je vous cite :
" Les concepteurs socialistes de ce slogan de la massification de l’enseignement promouvaient l’idée d’une jeunesse éduquée, mais en fait on a généralisé l’analphabétisme des étudiants."

Remarques :
1 Vous semblez ignorer le sens de "analphabète" ( faut-il y voir la conséquence de cette "massification" de l'enseignement universitaire que vous avez subie ?)
2 les "concepteurs socialistes n'ont jamais utilisé de slogan de "massification de l'enseignement supérieur". En revanche le but était d'amener 80% d'une classe d'âge au niveau du bac.
Et c'est bien ce que la gauche a réussi. C'est tout le contraire que de former des analphabètes.
La gauche a donné un peu de lustre à l'enseignement technique et professionnel, en créant le bac pro, le BTS.
Plus tard, la loi d'orientation de 1989 de Jospin plaçait "l'enfant au centre du système éducatif".

De l'eau a coulé sous les ponts depuis, et s'il y a bien un gouvernement qui a participé au sabotage du système éducatif français, c'est bien le gouvernement Fillon sous le règne de Sarkozy avec notamment la suppression des IUFM.

Question BAC et enseignement supérieur. Je suppose que vous êtes conscient que la somme des connaissances a largement évolué depuis 50 ou 100 ans, (sans remonter à la création du BAC au Moyen-Age)
Comparez les programmes de 1968 pour reprendre cette année charnière, avec ceux d'aujourd'hui : les bacheliers (élites en 1968) seraient bien incapables de repasser le bac aujourd'hui !

8.Posté par A mon avis le 03/07/2020 11:33

Vous affirmez :
"Mais aussi pour l’immense majorité de ceux qui n’ont toujours rien malgré cinq ans d’études supérieures, qui pointe au chômage malgré leurs licences ou leurs masters, ou qui doivent se contenter du même travail que leurs parents qui n’avaient pas le bac. "


Le travail des parents qui n'avaient pas le bac, serait-il dégradant ?
Sans bac pas de salut pour vous ! en parfaite contradiction avec votre dénigrement des élites managers et hauts fonctionnaires !

A propos du chômage, renseignez vous : le % de chômeurs diplômés est inférieur au taux de chômeurs non diplômés.

Par ailleurs, beaucoup d'offres d'emploi ne sont pas satisfaites parce que la formation n'est pas adaptée à la demande.

En enseignement supérieur, il y a pléthore de diplômés en filières "littéraires" 'psycho, socio, histoire etc. alors que les filières scientifiques et techniques sont beaucoup moins demandées.

Autre constat (que confirme votre affirmation ci-dessus) : en France, on donne davantage d'importance au diplôme qu'à l'expérience professionnelle. Et cet état d'esprit se retrouve chez les recruteurs.

Quant à l'immersion dans le milieu professionnel, vous semblez aussi ignorer l'existence des stages en entreprises.

9.Posté par A mon avis le 03/07/2020 11:37

"Apres le mariage pour tous (ou avant d’ailleurs), on a eu le bac pour tous et l’université pour tous. Et toujours autant d’analphabètes. "

Summum de votre délire verbal !

10.Posté par A mon avis le 03/07/2020 11:48

" Car après l’ENA, on parlera ensuite de supprimer l’X, puis les écoles normales supérieures comme Ulm ou Cachan.Puis ce sera au tour des lycées et des écoles privés catholiques, jusqu’à ce que l’ensemble du système éducatif français soit ce magma uniformisateur où la médiocrité sera la norme."


Vous considérez l'enseignement catholique français comme l'école des élites ?
Elites c'est un peu exagéré non ?
Mais vous avez raison, ces écoles privées participent à la sélection par l'argent.
De plus, l'enseignement catholique n'a plus le monopole de l'enseignement confessionnel en France actuellement.

Et si il y a bien un chose que la gauche a raté, c'est d'avoir abandonné l'idée de la suppression de l'enseignement privé (jusqu'à 16 ans) devant la levée de boucliers de la droite catholique, en 1982.

11.Posté par Gérard Jeanneau le 03/07/2020 13:48

Il ne faut pas supprimer l'ENA. Il faut tout simplement changer l'état d'esprit qui règne chez les énarques. Il faut servir l'Etat, rien que l'Etat, et non, comme c'est le cas maintenant, se servir soi-même ou se faire servir par les amis de la France d'en Haut. Il faut revoir la grille des salaires. Un élu doit avoir une indemnité et une seule.

Actuellement un élu qui se fait ajouter la présidence d'une SPL a gagné le gros lot. C'est le cas de dame Fabienne Couapel-Sauret qui collectionne plus de 8000 euros par mois. Bien plus que ne gagne un chercheur du CNRS en fin de carrière, qui touche chaque mois 6000 euros !

Actuellement on parle beaucoup de solidarité. Il faut se serrer les coudes. Et la France d'en Haut va se sentir solidaire ... quand mes colombes auront des dents.

12.Posté par Saucrates le 03/07/2020 13:56

Ahah. Bonjour mon/ma cher.e À Mon Avis. Quelle prose, quelle logorrhée écrite je produis chez vous ! Quel plaisir d’avoir un.e tel.le contradicteur.rice. J’adore vos interventions. Mais il y a tellement d’informations à traiter que je pense être dans l’absolue impossibilité de vous répondre. Dommage. Que puis-je en déduire ? Que vous êtes un défenseur des socialistes ... que vous êtes un défenseur des manages dans les entreprises ... un défenseur des énarques et des hauts fonctionnaires ...

En somme, vous êtes juste un.e représentant.e de la France d’en haut. Mais en même temps, vous ne m’auriez pas répondu que vous m’auriez manqué. Merci en tout cas d’être vous, tout représentant.e de la France d’en haut que vous êtes. Amitiés. Saucratès.

13.Posté par A mon avis le 03/07/2020 15:56

@ 12.Posté par Saucrates :
En fait de logorrhée, je ne fais que recopier vos propres écrits pour en mettre en évidence les contradictions, les incohérences et/ou certaines inepties.
Car c''est votre billet qui est confus et qui part dans tous les sens : vous faites le constat vous-même qu'il y a, selon votre commentaire, i[ "tellement d’informations à traiter que [vous êtes] dans l’absolue impossibilité de [me] répondre"]i.

Vous posez la question de supprimer l'ENA et vous divergez sur toutes sortes de sujets qui vous passent par la tête.

Vous ignorez (entre autres) le sens de "manager".
Dans l'entreprise, ce n'est pas l'existence ou non du "manager" qui importe, mais c'est le style de "management". Aussi bien une scoop qu'une entreprise "France d'en haut" (pour reprendre votre terme), a besoin d'un manager, d'un directeur. C'est la façon de diriger et de gérer l'entreprise qui n'est pas la même. Et pour ma part, je préfère le style de la scoop.

14.Posté par A mon avis le 03/07/2020 16:14

@ 11.Posté par Gérard Jeanneau :
La question de supprimer ou non l'ENA est à mon sens un faux problème.
Outre les remarques très justes de votre commentaire, la question essentielle c'est l'accès à l'ENA, et à toutes les grandes Ecoles, accès qui n'est possible que presque seulement aux classes sociales fortunées.
Sujet évoqué dans un autre billet à propos de l'insuffisance des bourses :
https://www.zinfos974.com/%E2%80%8BPour-que-les-reves-restent-accessibles_a156889.html.

Malgré la "massification de l'enseignement" (que dénigre Saucrates), on doit constater que l’ascenseur social est bloqué en France.

15.Posté par Saucrates le 03/07/2020 20:42

A mon avis, est-ce malgré la massification de l’enseignement, ou à cause de la massification de l’enseignement, que l’ascenseur social est en panne ??? Lorsqu’un diplôme Bac+4 ou Bac+5 ne signifie plus grand chose, parce que tout le monde a le même, quel sens peuvent encore avoir les diplômes et quel utilité peuvent-ils encore avoir ? En fait, on peut comme AMA idéaliser l’idéologie de la massification de l’enseignement supérieur. De l’obtention du bac sous Mitterand puis de l’accession à l’université sous Hollande et compagnie. Ou bien on peut interroger cette idéologie. Mais encore ne faut-il pas idéaliser cette idéologie, comme notre cher.e AMA.

16.Posté par Pierre Balcon le 04/07/2020 09:08

Saucrates

Salut et considération .

Tu as ouvert la boîte de Pandore .

Cette question peut être plus utilement abordée par l'humour et F Lepage n'en manque pas .
Vois cette video et quelques autres de l'humoriste :

https://www.youtube.com/watch?v=Pr4NlZxztqs

Sur le fond , la question de la « constante d'intelligence » d'une société ou d'un groupe d'individus est indécidable , d'autant qu'on est dans un processus interactif et cumulatif .
Ce que l'on peut dire c'est qu'il y a de fortes chances que 10 milliards de cerveaux entraînés pour autre chose que la guerre et la recherche de nourriture ( éduqués donc par l'école et la vie ) , produisent plus de savoirs que 3 milliards d'affamés , n'en déplaise à à mon avis qui n'y voit , comme Bill Gates , que 7 milliards de bouches supplémentaires à nourrir .

Sur l'ENA et la pertinence de son maintien , je pense que tu prends le problème par le mauvais bout .

Bourdieu est le sociologue qui a sans doute le plus et le mieux analysé la question :
Lire à ce sujet, du plus récent au plus ancien : La Noblesse d'Etat 1989 , la Distinction 1979 , La Reproduction 1970,.

Il a proposé un modèle qui tend à substituer à la lecture dite «  substantialiste » , qui se veut naïvement réaliste, une analyse relationnelle ou différentielle.

Le diplôme n'est plus un gage de savoir mais un critère de simple distinction .

D'une manière plus générale , pour l'accès au travail idem : le diplôme n'est pas vu par l'employeur comme une attestation de compétences intrinsèques requises pour le poste , mais comme un élément de valorisation de l'entreprise.

Il y a d'ailleurs un paradoxe :
Quand on considère les métiers en tension, tels que les recense Pôle Emploi, on se rend compte que les métiers où on a le plus de mal à recruter sont les emplois sans qualifications : agents d'entretien , auxiliaires de vie , gardiennage , agents de sécurité .. etc..

Les chiffres du chômage sont des « trompe l’œil » : s'il y a moins de chômeurs chez les diplômés ce n'est pas la résultante d'une meilleure adéquation entre les postes et les compétences , c'est beaucoup plus l'effet d'une sélection par le « titre » .
Et la dynamique du système c'est que pour faire face à la pénurie généralisée d'emplois , le désastre s'étend petit à petit aux titulaires desdits titres , avec une contamination par le bas des titres.

Pour illustrer cette évolution , la COVID a mis en évidence que la technique de l'e-learning permet de se passer de plus de 90% des enseignants . Un bon prof pouvant toucher plus de 100 000 élèves en synchrone . Et on peut trouver des bons profs francophones , avec des exigences salariales modérées , dans les pays du Maghreb .

Les autorités publiques et privées ne veulent pas assumer ce drame et tendent à culpabiliser les demandeurs en les renvoyant à leurs fautes : si vous êtes dans cette situation c'est parce que vous n'avez pas bien travaillé à l'école. RET . Et on nous ressasse l'inadéquation entre les attentes des patrons et les compétences des demandeurs d'emploi.



Dans cette stratégie de la distinction ce ne sont pas les savoirs qui sont recherchés mais les signes distinctifs . L'ENA n'est qu'une machine à produire de la distinction . Supprimons la et une autre instance se mettra en place.
La révolution a abrogé les privilèges de la noblesse , mais la république les a reconstitués.
Le 19 ème a été le siècle le plus discriminant , celui des inégalités ( lire sur le sujet le livre de Piketty ( Capital et idéologie ) ,

En réalité la société peut se passer du savoir de masse. Quelques savants font l'affaire. Mais elle cherchera toujours à faire émerger une élite et s'organisera sous la forme d'une hiérarchie.

17.Posté par A mon avis le 04/07/2020 11:18

@ 15 Saucrates :
"est-ce malgré la massification de l’enseignement, ou à cause de la massification de l’enseignement, que l’ascenseur social est en panne ???"

Question sans queue ni tête. Aucun rapport de cause à effet.
La "panne d’ascenseur" a pour causes : le clientélisme et la sélection par l'argent.

"Lorsqu’un diplôme Bac+4 ou Bac+5 ne signifie plus grand chose, parce que tout le monde a le même, quel sens peuvent encore avoir les diplômes et quel utilité peuvent-ils encore avoir ?"

1°) Pour vous, un diplôme n'a donc de valeur que s'il est acquis par une élite ?
2°) pensez-vous sincèrement que tout le monde a Bac+4 ou Bac+5 ? Vous êtes optimiste.
3°) Pensez vous sincèrement que tous les diplômes se valent ? Ignorez vous qu'il existe une multiplicité de filières et de diplômes ? Le problème, c'est qu'il y a un déséquilibre entre les filières dites "littéraires" davantage choisies que les filières technologiques et scientifiques.

l’idéologie de la massification de l’enseignement supérieur

D'où sortez vous que la " massification de l’enseignement supérieur" est une idéologie ?
Il serait beaucoup plus juste de parler de démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur !

18.Posté par A mon avis le 04/07/2020 11:45

@ 16 Pierre Balcon
commentaire intéressant et documenté.

A propos du recrutement dans les entreprises, en France on a fortement tendance à privilégier les diplômes, plutôt que l'expérience.
Autre caractéristique française, les "col blancs" sont bien mieux considérés, socialement et du point de vue de la rémunération que les "cols bleus". Cela se retrouve au niveau des l'enseignement techniques et professionnels qui sont trop souvent déconsidérés.

Vous avez parfaitement souligné la fonction sociale importante des "métiers peu qualifiés" mise en évidence pendant le confinement.

Votre conclusion ...
En réalité la société peut se passer du savoir de masse. Quelques savants font l'affaire. Mais elle cherchera toujours à faire émerger une élite et s'organisera sous la forme d'une hiérarchie.


...est tout à fait pertinente. Ce type de société correspond à un régime dictatorial.

P.S. : constater le problème de la surpopulation mondiale et de son alimentation ne signifie pas que ces populations défavorisées n'ont pas droit, elles aussi, à l'accès au savoir !
Mais un ventre affamé n'est pas dans les meilleures dispositions pour apprendre et créer !

19.Posté par Parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mouvement ( LREM ) le 05/07/2020 09:41

L' E N A

Cette fameuse école qui fabrique son inverse : E N A - Â N E

La France continue à s'enfoncer avec ces complets idiots .

En exemple , le petit télégraphe en préfecture , hier Edouard Philippe , en ce moment Jean Castex .

Des élites qui sont responsables mais pas coupable .

La pandémie COVID-19 a laissé nombre de personnes sur K' ro dont certains sont morts
dans l'indifférence .

Ces salauds doivent payés en l'honneur de ces disparus.es .

L' inertie d'une véritable bureaucratie qui fait que l'on a le sentiment que rien n'avance

Plus personne ne veut prendre de décisions dans notre pays ni "les assumer", et "depuis 4 mois la ligne de conduite du gouvernement consiste à tenter d'échapper à ses responsabilités, ce n'est pas digne .

C'est à désespérer :
Jean Castex : le mouton à cinq pattes ? Mais il ne sera que le collaborateur d’Emmanuel Macron »
Sibeth Ndiaye , vice 2nd ministre

20.Posté par Jambalac le 05/07/2020 17:08

C'est une école de formatage....
Où on y découvre les avantages du clanisme......
On y ressort le torse bombé de l'orgueil de faire partie de l'élite (de cette élite déconnectée), pour exécuter les ordres d'un seul portant le clinquant des oripeaux royaux.

21.Posté par douady le 06/07/2020 09:22

en fait tout est essentiellement dù à l'augmentation exponentielle de la population en France ! à l'époque de la création de ces grandes écoles nous étions moins nombreux et donc capable de gérer au mieux les activités économiques du pays.....

22.Posté par polo974 le 06/07/2020 13:14

quand j'ai lu la phrase sur le mariage pour tous, je me suis dit "argh, Saucratès s'est fait piraté son psuedo...

et bien non...

merci à "A mon avis" d'avoir corrigé et recadré.

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