Courrier des lecteurs

Réflexions sur le mouvement "gilets jaunes"

Lundi 17 Décembre 2018 - 16:30

Suis-je un gilet jaune ? La réponse est oui sans aucune hésitation

D’abord parce que je m’y retrouve dans la plus grande partie des revendications De plus en raison de la diversité des points soumis à la réflexion du Président de La République, toutes les catégories socio-professionnelles se sentent concernées, les artisans, les responsables des PME et TPME, les agriculteurs,  les salariés, l’ensemble des retraités, les commerçants… la liste pourrait être sans fin.

Retenons quelques revendications : le CICE, le SMIC, les impôts locaux et nationaux, les retraites, le pouvoir d’achat de chacun et un meilleur partage des richesses, les taxes sur les carburants, le diesel…le gel des rémunérations et des retraites.

Tous ces points cités plus haut ont fait l’objet de débat au sein des organisations syndicales,  des instances institutionnelles, des instituts de recherches, CESE… et les gouvernements ont ignoré avec un superbe mépris les alertes et les revendications avancées, et  ceci depuis les années Jospin, affaiblissant ainsi les organisations syndicales et institutions représentatives.

C’est ainsi qu’aujourd’hui le citoyen exprime son rejet des politiques et des syndicats en criant autour des ronds-points : "Comme  ceux qui ont pour rôle de porter ma voix ne sont pas entendus, je prends en main mon propre destin et je suis gilet jaune".

Le premier constat c’est l’échec de la démocratie et à quel moment cet échec commence à prendre forme ?  Nous pourrions dire l’an 2000 ou 1999 mais il  y a un évènement qui fait  date : Le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe (aussi appelé traité de Rome II ou traité de Rome de 2004) du 29 mai 2005. À la question "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe ?", le "non" recueille 54,68 % des suffrages exprimés.

Nos dirigeants ont-ils au moins essayé d’entendre ce "non " ?  Ont-ils entendu  la montée des extrêmes en Europe ? Ont-ils entendu la voix des Britanniques  avant même le vote sur le Brexit ?

Ce sont là des occasions manquées pour infléchir les politiques européennes vers une Europe aussi sociale, une Europe qui fait rêver chaque citoyen, une Europe de la Recherche et des Grands travaux, une Europe qui prend soin des citoyens en veillant à le rassurer et en lui offrant des perspectives d’avenir.

L’Europe est une grande œuvre mais les technocrates et la grande finance sont en train de la tuer…

On entend que La France n’a plus les moyens de payer ses retraités et ses fonctionnaires et d’assurer un niveau de vie décent à chaque citoyen. Entendons donc cette vision mais pourquoi donc jouons nous  aux cow-boys et aux gendarmes loin de nos frontières, jusqu’en Syrie. 

L’armée semble-t-il est  un sujet tabou. Il est vrai que dans l’ADN de chaque français nous retrouvons cette pensée : " plus jamais 14-18 et 39-45". Mais de là à porter nos actions si loin de nos frontières…Voilà la nécessité d’une Europe de la défense.

Nous pouvons retrouver ainsi des milliards pour commencer à réduire la dette nationale. Combien coûte l’envoi de nos avions, bateaux et soldats au Moyen Orient ? Combien a coûté l’intervention de la France en Lybie ?

Autre politique phare  pour le gouvernement est le CICE : Il faut donner de l’argent aux entreprises pour les rendre compétitives. Entendons donc cette vision mais faut-il apporter cette aide aux entreprises sans conditions de création d’emploi ? Les grandes entreprises comme TOTAL par exemple doivent-ils bénéficier de cette manne financière ? 

Ne faut-il pas réserver le CICE aux seules entreprises ou secteurs en difficultés comme les aciéries par exemple ?

Ne faudrait-il pas que le CICE  soutienne avant tout les TPME et PME ? Ainsi il y a là aussi quelques milliards pour assurer plus de pouvoir d’achat.

Ce pouvoir d’achat en hausse n’est-il pas aussi un outil de relance de la croissance trop souvent oublié en raison des directives européennes ? 
Que constate-t-on aujourd’hui : 40 milliards d’aide sont apportées aux entreprises pour la relance de l’emploi  mais il ne peut y avoir croissance de l’emploi si la consommation des ménages est en berne en raison de la baisse du pouvoir d’achat du plus grand nombre.

Ayons un regard pour les retraités : depuis la dernière réforme des retraites, il est inscrit dans le Code de la Sécurité Sociale que le montant des pensions de retraite est indexé sur le coût de la vie. 

Nous avons là dans ce seul domaine des gouvernements qui ne respectent pas la parole de l’Etat en gelant les pensions de retraite. Quelle confiance  le gilet jaune  peut avoir dans la parole du politique ?

Les syndicats sont en instance de concertation avec le gouvernement pour la prochaine réforme des retraites alors même que les règles de l’ancienne réforme ne sont pas respectées. Quelle confiance  le gilet jaune peut avoir dans la capacité des syndicats à défendre les intérêts de leurs adhérents ?

La confiance dans la parole du politique prend un "sacré coup" dans l’affaire du diesel : En 2017, on encourageait les français à acheter une voiture diesel et en 2018 la voiture diesel est à mettre au rebut et le gouvernement décide de taxer fortement ce même diesel.

Si nous avions un Etat sérieux, ne devrait-il pas commencer par interdire la construction des moteurs diesels ? Et dire aux français qu’il les encourage à changer de véhicule dans les 8 années à venir et qu’à compter de ces huit années la taxe sur le diesel sera plus importante ? Mais la manne était trop tentante.

En tant que gilet jaune je me permets un jugement à la fois sur l’action du président de La République et sur les organisations  syndicales durant ce mois de novembre – décembre 2018.

Un zéro pointé à la fois pour le Président et pour les syndicats : encore une occasion ratée.

Pour les syndicats je leur reproche leur inaction : c’était l’occasion pour rappeler leurs revendications qui pour la plupart sont en adéquations avec les attentes du mouvement gilet jaune. C’était l’occasion de dire à leurs adhérents qui le souhaitaient de rejoindre le mouvement en tant que citoyen  et de prendre soin par le discours de souligner une non récupération du mouvement.

Pour le Président, je dirai quel gâchis. Il avait là l’occasion  dès la première semaine après le 17 novembre  de faire preuve de courage et de répondre en partie aux revendications notamment sur le gel des retraites, le gel des salaires de la fonction publique et sur le CICE. 

Plus grave et qui explique le zéro pointé  c’est la reconnaissance  qu’il donne aux casseurs : Il n’a aucune écoute pour les revendications syndicales mais attend qu’il y ait de la casse pour prendre la parole. Que retient le citoyen gilet jaune et que retiennent surtout les lycéens : "Si on veut être entendu il faut casser."

Et pourtant Monsieur MACRON et le plus grand nombre de nos politiques prennent l’Allemagne en exemple : Dans ce pays les syndicats sont entendus et participent aux décisions.

En tant que gilet jaune j’émets une forte suspicion sur ces débats qui seront organisés dans les territoires. Bien que nécessaires ils participent au dénigrement du parlement et  des syndicats : Pourquoi ne pas organiser des commissions au Parlement pour débattre des revendications des gilets jaunes   et de manière concomitante que le gouvernement  réunisse les organisations syndicales pour décider des avancées possibles sur la base des revendications qui sont aussi celles des syndicats. Encore une occasion ratée !

Pour conclure je ne peux qu’émettre des vœux : Que vive la démocratie, que le Président soit mieux éclairé dans  sa vision de notre avenir, que  le mouvement des gilets jaunes puisse servir de leçon à ceux qui bafouent la démocratie ! Que  ce Président n’oublie pas  qu’il a été élu majoritairement par défaut et non sur son programme. 

Au cas contraire je crains fort qu’aux prochaines élections il n’y ait plus de vote par défaut.
 
Armand Hoareau, retraité-ancien responsable syndical
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1.Posté par Luc-Laurent Salvador le 19/12/2018 06:29

Discours classique de celui qui n'a pas compris que nous n'avons jamais été en démocratie mais dans ce qu'il serait plus juste d'appeler une aristocratie élective (ce n'est pas le peuple qui décide mais des "élus" qui sont nos maîtres pendant cinq ans puisque la constitution (article 27) interdit qu'il soit soumis à la volonté populaire). Les syndicats participent complètement de ce système basé sur la représentation et, même s'ils ont eu leur heure de gloire, ils apparaissent dorénavant pour ce qu'ils sont : des suppôts d'un système spoliateur de la souveraineté populaire.
Bref, il est temps de terminer une révolution française volontairement égarée dans le système de la représentation et d'en venir à une démocratie réelle où, grâce à la technologie, le RIC aura toute sa place et pourrait même se décliner en démocratie directe en continu. Adieu les représentants... le peuple se réveille !

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