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Société

Référé d'heure à heure dans le conflit Tillier/Chane Pane: Les arguments des deux parties


Voici une compilation des arguments avancés par Jacques Tillier et Alfred Chane Pane dans la presse ces derniers jours, ce qui donne une idée des débats qui auront probablement lieu jeudi matin devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Saint-Denis en vue de l'obtention de la reprise de l'impression du JIR sur les rotatives d'ICP Roto..
Il s'agit d'une oeuvre de l'esprit et n'augure en rien des débats tels qu'ils auront peut-être lieu. D'autres arguments pourront être mis en exergue. Quoi qu'il en soit, le scénario que nous vous proposons est le plus probable.

Par - Publié le Mercredi 5 Octobre 2022 à 22:17

Passons en revue les différents arguments qui seront probablement développés jeudi matin, à 8h30, à l'occasion du référé d'heure à heure déposé par le JIR pour tenter d'obliger l'imprimerie ICP Roto à reprendre l'impression du journal.

En ouverture des débats, pour évoquer le contexte de l'affaire, l'avocat du JIR va très probablement insister sur l'intolérable atteinte à la liberté de la presse que représente ce que Jacques Tillier qualifie de censure, puisque ça fera très exactement 6 jours que le JIR ne parait plus.

En face, les avocats d'Alfred Chane Pane vont très certainement mettre en exergue les propos qu'ils qualifient de diffamatoires prononcés par Jacques Tillier à l'encontre du patron de l'imprimerie. Des articles du JIR ont dans un premier temps accusé Alfred Chane Pane d'être le véritable bénéficiaire du rachat de l'entreprise "Imprimerie Ah Sing" que Jacques Tillier convoitait (à titre personnel, associé à Olivier Lévy, et non pas au nom du JIR comme il l'affirme sur tous les tons) et qu'il s'est fait souffler sous le nez par un consortium d'hommes d'affaires. D'où probablement sa colère.

Alfred Chane Pane a apporté à plusieurs reprises des démentis catégoriques à ces affirmations et il pensait l'affaire close.

Mais dans son édito du samedi matin, Jacques Tillier en remet une couche, certes de façon plus ténue, mais il fait à nouveau clairement l'amalgame entre les deux sociétés, "Chane Pane du nord et du sud".

C'en était trop pour les employés de l'imprimerie qui en ont eu assez de voir leur patron dénigré de la sorte. Ils se mettent en grève et refusent d'imprimer le journal.

Certains n'ont pas manqué d'avancer que c'était une fois de plus Alfred Chane Pane qui aurait donné cet ordre, "en douce".

Pas de chance. Il était à l'hôpital dans la nuit de vendredi à samedi, se remettant difficilement d'une opération aux sinus subie durant l'après-midi de vendredi.

Le lendemain, samedi donc, Alfred Chane Pane sort de l'hôpital, et découvre l'ampleur prise par l'affaire.

Dans un entretien qu'il nous accorde, il déclare qu'il est lui aussi attaché à la liberté de la presse et que le JIR pourra sortir normalement le lendemain dimanche.

Mais voilà qu'au moment de lancer les rotatives, il découvre le nouvel éditorial de Jacques Tillier. Dans un article qui occupe toute la Une du journal intitulé "Censure et mensonges", le patron du JIR accuse à nouveau celui d'ICP Roto de lui avoir soufflé sous le nez la juteuse affaire du rachat de l'imprimerie Ah Sing. Alors qu'il avait affirmé le contraire tout au long de la journée dans des interviews.

Un jour c'est Chane Pane, le lendemain ce n'est plus lui et le surlendemain à nouveau lui. C'était à ne plus rien y comprendre.

Sous le coup de la colère, se sentant trahi surtout par quelqu'un qu'il avait aidé quelques mois plus tôt en lui faisant cadeau d'une somme de 150.000€ pour aider le JIR alors en difficulté, Alfred Chane Pane n'essaie pas, comme il en avait l'intention, de convaincre ses personnels de reprendre le travail. L'impression du journal est à nouveau suspendue.

Le lendemain, il affirme dans un communiqué qu'il refusera dorénavant de travailler avec Jacques Tillier.

Existe-t-il un contrat ou pas ?

Voilà pour le contexte. Venons en aux arguments de droit qui ne vont pas manquer d'être mis en avant.

Jacques Tillier va certainement argumenter sur une rupture abusive du contrat. Ce à quoi Alfred Chane Pane va rétorquer que le JIR a été racheté en décembre 2021, qu'il avait certes un contrat avec l'ancien JIR mais que Jacques Tillier ne lui a pas notifié ce rachat comme le prévoit la loi et qu'il n'y a donc pas de contrat entre lui et le "nouveau JIR".

Il arguera également que l'actionnaire majoritaire de l'"ancien JIR" était Abdul Cadjee, un homme d'affaires bénéficiant d'une réelle surface financière à même de garantir que l'imprimerie serait payée quoi qu'il arrive. Ce qui n'est pas le cas de Jacques Tillier.

Ce à quoi Jacques Tillier rétorquera que même s'il n'a pas notifié le rachat, celui-ci était de notoriété publique puisque évoqué par toute la presse et que, quoi qu'il en soit, il y avait eu renouvellement tacite puisque ICP Roto a accepté de l'imprimer depuis un an et demi.

Médiation ou pas médiation ?

Et c'est là que ça devient intéressant, juridiquement parlant.

Dans l'hypothèse où le juge se rangerait à ces arguments et admettrait qu'il y a bel et bien eu continuation du contrat entre l'ancien et le nouveau JIR, ce contrat contient une clause intéressante.

Il s'agit de l'article 11 qui prévoit qu'en cas de conflit, les deux parties s'engagent à tenter de le résoudre par la voie de la conciliation, avant d'aller devant le tribunal.

Alfred Chane Pane, qui a lu et relu son contrat, s'est empressé dès lundi après-midi d'envoyer une lettre recommandée à Jacques Tillier, en sa qualité de PDG du JIR, pour lui proposer de désigner un médiateur comme lui l'avait fait.

Refus de Jacques Tillier pour qui il n'y aurait pas de négociations tant que l'impression du journal n'aurait pas repris.

Ne se rendant pas compte au passage du ridicule de cette affirmation : A quoi bon désigner un médiateur s'il n'y a plus de conflit, l'impression ayant repris?

C'est à n'en pas douter le principal argument autour duquel les avocats des deux parties vont s'écharper. Dans quel sens va pencher le juge des référés?

Nul ne peut le dire.

Mais quelle que soit sa décision, cela ne signifiera pas que le JIR sera dans vos boites aux lettres dès vendredi matin. Il se passera au minimum quelques heures ou 24h avant que le juge ne rende sa décision. Mais surtout, comme nous le révélions hier, les salariés des rotatives d'ICP Roto ont décidé de se mettre en grève. Ils veulent être associés aux négociations de sortie de crise et souhaitent "être respectés" par Jacques Tillier.

La réunion de conciliation aura bel et bien lieu

Et que se passera-t-il à ce moment là? La seule solution passera par une réunion de négociation avec les mêmes protagonistes.

La réunion de médiation que Jacques Tillier refuse aujourd'hui se tiendra bel et bien, même si elle se sera transformée entre temps en négociation dans le cadre d'une sortie de grève.

Le feuilleton n'est pas près de se terminer.
 


Pierrot Dupuy
Pierrot Dupuy est le fondateur de Zinfos974. C’était le 1er septembre 2008… Aidé d’une petite... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Vérité le 05/10/2022 23:28

Tillier aujourd'hui victime de faits qu'il a déjà produits.
En contrat d'impression avec la la SAFI il est parti en voleur pour un nouveau contrat avec CHANE PANE qui lui Tillier imprimeur et Didier Robert copains comme cochons avec l'argent du contribuable en ce temps, résultats pour la SAFI en contrat d'impression rupture en mode malfaiteur du JIR pertes chiffrés en millions d'investissements en machines et personnels et contrat pour l'organisation d'impression des deux titres.A savoir aujourd'hui il met en avant le licenciement de ses livreurs mais à son départ de la SAFI en voleur 12 personnes ont été licenciés,quand il il parle de contrat de respect ou de sociale le mieux qui peut arriver aux employés du JIR c'est que Tillier par en retraite à son âge ça sera largement mérité.

2.Posté par Posts 8 et 10 le 06/10/2022 00:17

Tillier n' a pas besoin de rétorquer. Le droit parle pour lui.

Dans un arrêt du 7 juillet 2020 (Pourvoi n° 18-25.304) la Cour de cassation a été claire:

"Vu l'article L. 442-6, I, 5° du code de commerce, dans sa rédaction antérieure à l'ordonnance n° 2019-359 du 24 avril 2019 :

7. Aux termes de ce texte, engage la responsabilité de son auteur et l'oblige à réparer le préjudice causé le fait, par tout producteur, commerçant, industriel ou personne immatriculée au répertoire des métiers (...) de rompre brutalement, même partiellement, une relation commerciale établie, sans préavis écrit ...Ce texte a vocation à s'appliquer à toute relation commerciale établie entre les entités économiques qu'il cite, y compris lorsqu'elle a lié plusieurs personnes successivement, dès lors qu'il est établi que, dans l'esprit des partenaires, c'est la relation initialement nouée avec l'une qui s'est poursuivie avec l'autre.

3.Posté par Nic-ta-lope et autres le 06/10/2022 00:18

Post 1
Si c'est vrai la SAFI aurait dû déposer plainte...........

4.Posté par Loozap le 06/10/2022 01:54

Les solutions sont devant nos yeux mais nous refusons de voir

5.Posté par thierry le 06/10/2022 02:04

quand Jacques accuse l'imprimeur de manipulation, Tillier se marre :-) car Tillier sait bien que c'est le fond de commerce de Jacques

quand Jacques parle de censure, Tillier plussoie :-)) car Tillier sait bien que Jacques a censuré tout un tas de droits de réponse ou d'ITV au JIR

quand Jacques bavasse dans son talk de non respect de contrat, Tillier se roule par terre :-))) car Tillier sait bien que Jacques n'a pas respecté son contrat avec son imprimeur précédent

bref un petit loustic que se prend des fois pour un grand chef d'entreprise des fois pour un juge ... sou vent pour Zeus

6.Posté par sauver le Jir le 06/10/2022 00:21

Le Jir ne sera sauvé que lorsque tiller en sera parti. Évidemment que la liberté de la presse doit être sacralisé, évidemment que Chane pane a mal agi. Mais cette situation révèle surtout l’instrumentalisation que fait tillier de son journal. Entre mélange de genre douteux pour le rachat d’une imprimerie, inimitiés personnelles et calomnies, le parvenu pdg a fait du Jir un journal a son service. En cela, Tillier est au journalisme ce que Trump est à la politique . Une caricature. Une supercherie. Et désormais une farce !

7.Posté par André le 06/10/2022 06:41

Je trouve dommage Pierrot que tu ne soutiennes pas le JIR et la liberté de la presse comme l'a fait une majorité des politiques et de la droite républicaine. Tu es pourtant bien placé comme journaliste pour savoir qu'aucune presse n'est a l'abri de la censure.

8.Posté par Candide le 06/10/2022 06:54

Pierrot Dupuy, vous voulez dire que l'imprimeur d'un journal peut décider d'arrêter du jour au lendemain l'impression du journal, sans préavis et qui ne serait pas considéré comme fautif ? Qui peut croire cela quand partout dans la société, une rupture de contrat est soumise à un préavis ?

9.Posté par Ernie Arnaud le 06/10/2022 06:59

Post 1. Exactement c'est ce que j'allais dire. Je suis très déçu de voir que tous les articles qui parlent de rupture de contrat etc ne mentionnent pas ce fait : le JIR s'est barré sans payer de son ancien imprimeur qui avait fait de lourds investissements pour lui. Et il n'y a pas eu d'édito pour se lamenter du sort des salariés licenciés. Pas d'élus pour les soutenir. Juste retour de baton. Et le passage au Tribunal de Commerce vaut le détour. Mais bon ça non plus on en parle pas.

10.Posté par Elsa le 06/10/2022 05:37

Merci @ Vérité pour votre commentaire, qui ne serait certainement pas paru sur Clicanoo… bref le mot censure a souvent bon dos. Tillier et son ego surdimensionné, déverse davantage la haine que la recherche de la vérité et cela est bien déplorable.

11.Posté par Ouais... le 06/10/2022 07:41

"Pas de chance. Il était à l'hôpital dans la nuit de vendredi à samedi, se remettant difficilement d'une opération aux sinus subie durant l'après-midi de vendredi."
Je n affirme rien, mais après 3 passages au bloc, mon patron m'a appelé quelques heures après mon réveil, pour me demander en mettant la pression, des comptes sur un coup de radar, pour savoir si c était moi ou mon collègue. Ç était comme il y a quelques années...

12.Posté par GIRONDIN le 06/10/2022 07:46

Le jir a été racheté ? Par qui ?

13.Posté par G le 06/10/2022 09:39

De tout cœur avec mon ami Alfred. Respect pour ton travail ta droiture.

14.Posté par Julie le 06/10/2022 09:46

Le JIR doit vivre et être à nouveau imprimé mais Jacques Tillier a fait trop de mal à la Réunion à force d'avancer ses propos haineux sans vérifier ses sources. Cela amuse certaines personnes mais dans l'ensemble et sur le temps cela est dommageable pour tous les réunionnais, pour notre vivre ensemble, pour la confiance que l'on peut avoir dans la politique ou dans le monde économique réunionnais. Il est temps de partir et de laisser le JIR vivre à nouveau en proposant du vrai journalisme. Si ce monsieur s'entête, le JIR disparaitra, ses employés seront au chômage.

15.Posté par ça suffit le 06/10/2022 08:16

M.Chane Pane vous avez raison de défendre aussi vos salariés. Liberté de la presse ne veut pas dire liberté d’insulter. Jacques Tillier a trouvé à qui parler ! Ça fait plaisir de voir que tel est pris qui croyait prendre

16.Posté par Oui au JIR non à Tillier le 06/10/2022 13:30

Qu’en est il de la liberté de la presse quand le journal est instrumentalisé à des fins personnelles ?
Le Jir oui mais Tillier Non! Il a su prôner le la di la fé réunionnais en déblatérant chaque week-end sur des femmes, des hommes, des familles… sans se soucier des dommages collatéraux, quelle honte !
Bravo Monsieur Chane Pane d’avoir tenu tête à celui que tout le gratin réunionnais craint de peur de voir un jour son nom affiché dans son torchon.
#chanepane#icproto#censure#solidaire

17.Posté par BG le 06/10/2022 14:02

Mr CHANE PANE,
Bravo et Félicitations pour votre prise de décision et celle de vos collaborateurs !

Mr TILLIER,
Vous devriez plus vous soucier de l’avenir de vos salariés que de vos intérêts perso…
Ça fait trop longtemps que ça dure !!!
Il est grand temps de descendre de votre piédestal !!

18.Posté par DGero le 06/10/2022 19:01

MR Chane Pane, a ses raisons et beaucoup de choses ne sont pas mises en lumières sur le comportement de Mr Tillier.

Icp roto, la donne à li 150 000€ et li ose crache dans la soupe.

En tout cas, ce n'est pas la 1er fois qu'on entends parler des agissement de Mr Tillier.

Courage Mr Chane Pane!

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