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Océan Indien

Rachat de Vindémia par GBH : Des risques sérieux d’atteinte à la concurrence à Mayotte


Si cette opération de grande envergure ne cesse de faire du bruit à La Réunion, elle semble être passée sous silence à Mayotte, où les habitants pourraient pourtant en faire les frais selon le rapport du cabinet Bolonyocte Consulting. Atteinte à la concurrence, hausse des prix, et disparition de certains commerces de proximité... les conséquences du rachat de Vindemia par le groupe GBH pourraient radicalement altérer le marché de la distribution de détail alimentaire sur l’Île aux Parfums, où l’autorité de la concurrence ne s’est même pas rendue.

Par - Publié le Lundi 22 Juin 2020 à 15:30 | Lu 1662 fois

L’opération a été validée à La Réunion par l’autorité de la concurrence le mois dernier, à condition que GBH se sépare d’une partie de ses actifs et de ceux de Vindemia. Elle avait été saisie pour se prononcer sur cette opération de grande envergure en raison des craintes de dominance et de monopole qui pourraient en résulter.
 
Mais alors que le rachat de Vindemia par le groupe Bernard Hayot aura également des conséquences sur le marché mahorais, l’opération fait peu de bruit sur l’Île au Parfum. L’autorité de la concurrence ne s’y est d’ailleurs jamais rendue.
 
Pour autant, à la demande de l’Observatoire des prix et des marges de Mayotte, le cabinet Bolonyocte Consulting a réalisé une étude d’impact de l’opération de rachat qui fait froid dans le dos.

Position dominante et hausse des prix

Celle-ci prévoit la création d’une position dominante de l’ensemble GBH/ BDM(enseigne carrefour) sur Mayotte, avec une part de marché qui atteindrait 45,5%. "L’opération de concentration à elle seule, par les effets des changements d’enseignes et des projets de développement prévus par la cible BDM, permettrait donc au groupe GBH de devenir le premier acteur du marché de la distribution de détail à dominante alimentaire", précise le rapport.

L’étude anticipe également le risque sérieux de disparition de 1000 Doukas, ces petits commerces de proximité:
 
"Cette opération, si elle était autorisée en l’état, aurait des impacts majeurs très structurants et probablement irréversibles sur le paysage de la distribution généraliste à Mayotte, avec notamment des risques sérieux de disparition de certains acteurs, mais, au-delà, d’atteinte aux équilibres économiques et même sociaux de l’île."
 

Mais plus effrayant encore, Bolonyocte Consulting prévoit une probable hausse des prix à terme par les effets du duopole créé par l’opération:
 
"La situation la plus probable après l’opération de concentration et au terme d’une première phase d’affirmation de l’enseigne Carrefour à Mayotte avec une confrontation sur les prix des deux acteurs dominants qui relèvera de l’effet d’aubaine de courte durée pour les consommateurs, serait une élévation durable des prix, sous les effets d’une insuffisance d’intensité concurrentielle et d’une «entente» de fait (et pas nécessairement concertée) des deux acteurs du duopole, qui n’auraient aucun intérêt à engager des efforts sur les prix."
 
La situation décrite dans l’étude est celle retrouvée en Martinique ou en Guadeloupe, où le groupe GBH détient une part de marché comparable à celle qu’il pourrait acquérir à Mayotte, et où le rachat de plusieurs hypermarchés par GBH a été autorisé assorti d’engagements comportementaux qui n’ont jamais été respectés par le groupe, comme l’explique Bolonyocte Consulting.

"L’opération de concentration projetée ne peut être autorisée en l’état"

D’après l’étude d’impact, le rachat de Vindemia par GBH pourrait placer la quasi-totalité des fournisseurs locaux présents à Mayotte en dépendance économique de GBH à un niveau compris entre 40 et 60%, "soit un niveau largement supérieur au 22-25% communément retenus comme seuil d’alerte par les différentes autorités régulatrices."
 
C’est pourquoi l’étude conclut que cette opération ne peut être autorisée en l’état. Le cabinet de consulting craint également que rien ne puisse réduire les risques identifiés que porte cette opération:
 
"Il peut même être considéré qu’aucun remède (mêmes ceux préconisés ci-dessous) ne serait de nature à neutraliser efficacement les risques identifiés d’atteinte à la concurrence sur le territoire de Mayotte qu’impliquerait cette dernière. "
 
Il préconise de profiter de cette opportunité pour revoir entièrement le modèle de développement de Mayotte mais également de La Réunion.
 
L’étude rappelle également que quelle que soit la décision finale de l’Autorité de la concurrence, le ministre de l’Économie peut faire usage de son droit d’évocation pour mettre fin "aux vives inquiétudes que soulève cette opération, mais surtout ouvrirait une nouvelle perspective en créant les conditions de mise en place d’une nouvelle voie."


Charlotte Molina
Poseuse de questions qui fâchent, j’aimerais pouvoir arrêter la musique qui joue constamment dans... En savoir plus sur cet auteur

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