Economie

Rachat de Vindemia: Le MEDEF Réunion appelle l’ensemble des parties "à l’apaisement et à la construction"

Lundi 16 Septembre 2019 - 14:33

Rachat de Vindemia: Le MEDEF Réunion appelle l’ensemble des parties "à l’apaisement et à la construction"
Dans une tribune libre publiée ce lundi, le MEDEF Réunion revient sur l'achat du groupe Vindémia par le Groupe Bernard Hayot (GBH). Le syndicat patronal, qui reconnaît que le problème soulevé par certains acteurs économiques concernant ce rachat "est réel" et qu'il doit être "pris au sérieux" mais quel la manière de l'aborder "n'est pas la bonne". "Cristalliser des oppositions et utiliser en économie des arguments identitaires et démagogues, nous paraissent des méthodes dangereuses et susceptibles de laisser des stigmates", prévient le Medef, qui appelle l'ensemble des parties "à l'apaisement et à la construction".
 
Notre territoire a besoin de grandir, de s’ouvrir et de se faire connaitre au monde. A l’heure où nous devons nous réinventer économiquement, les débats en cours sur le rachat de VINDEMIA nous poussent à nous poser les bonnes questions sur l’équilibre et l’attractivité économique de notre territoire.
Dans le cadre de ces réflexions ô combien nécessaires, nous devons absolument faire l’effort de ne pas tomber dans les excès, le combat et la division. Nous devons porter nos propositions économiques d’une seule voix, jouer-grouper pour aller à la conquête des marchés environnants et asseoir notre légitimité auprès du gouvernement et de l’Europe.

Évidemment le contexte électoral et l’annonce de la venue du Président de la République peuvent représenter de fausses bonnes opportunités court-termistes, pour porter des sujets prégnants pour note futur. Mais ne nous trompons pas de combat, sous peine d’embraser notre île au lieu de la faire grandir.
Le MEDEF Réunion veut prendre sa part dans la responsabilité collective que doit assumer l’ensemble des acteurs pour une croissance responsable de notre ile.  

Notre combat, c’est de permettre à nos entreprises de toute taille et de tout secteur de se développer, d’employer et de participer à l’augmentation de la richesse locale.

Notre combat, c’est de permettre à chacune et chacun de trouver sa place et s’épanouir, en travaillant et vivant décemment.

Notre combat, c’est de permettre à nos très petites entreprises de se développer dans le sillage des plus grandes et que les courants d’affaires s’additionnent plutôt que se soustraient.

Notre combat, c’est de permettre que nos entreprises puissent évoluer dans un contexte de saine concurrence, qui permette à la fois d’offrir des prix compétitifs et des produits et services de qualité.
Notre combat enfin, c’est de prendre toute notre place dans un contexte mondial de mutations géopolitiques, économiques, environnementales, technologiques et sociétales.

Nous nous devons de relever tous ces défis comme nous l’avons toujours fait depuis des générations sur notre territoire exigu, éloigné des grands centres de décision. C’est ainsi que nous avons réussi à développer notre Réunion que bien des pays avoisinants nous envient. Désunis et divisés, nous risquons de perdre les prochaines batailles alors que les défis sont à l’extérieur.

Nous devons aujourd’hui inventer de nouveaux modèles économiques dans un marché confronté à un contexte de concurrence internationale accrue. Continuer à innover et à créer, dans un contexte où le poids des prélèvements obligatoires n’a jamais été aussi lourd. Il est urgent d’intégrer très rapidement les révolutions technologiques qui transforment la vie quotidienne de nos clients, de nos fournisseurs et partenaires, de nos salariés et nous adapter à une nouvelle donne sociale et sociétale où la question du partage de la richesse est posée.

Il est vrai que nos entreprises ont besoin d’être fortes et solides financièrement pour conduire ces mutations indispensables à leur survie. Il est aussi vrai que nous devons poser nos réflexions économiques dans notre contexte spécifique d’insularité, d’éloignement de l’Europe et de proximité de pays à très faibles coûts de main d’œuvre. Mais nous devons nous féliciter que des grands groupes de tous horizons investissent dans notre île, génèrent de l’activité et créent de l’emploi.

Toute tentative de repli économique sur soi serait in fine dramatique pour notre économie.

Au MEDEF Réunion, nous sommes prêts à rentrer dans un grand et vrai débat local, réunissant représentants de l’économie du monde politique et de la société civile, afin de partager des objectifs communs de développement économiques et sociales de notre ile. Pour le MEDEF Réunion, cette grande table ronde doit travailler autour des finalités suivantes :

    •    Faire travailler un maximum de prestataires locaux pour développer leur courant d’affaires et générer de nouveaux emplois
    •    Favoriser la production locale et la développer par le biais de la recherche et de l’innovation
    •    Offrir au consommateur de larges gammes et variétés de produits et services à des prix accessibles.
    •    Accompagner le développement des très petites entreprises, au sein desquelles se trouvent les gisements d’emploi
    •    Rénover le dialogue social en impliquant davantage des représentants des salariés du secteur privé afin de permettre une meilleure prise en compte du devenir de nos salariés dans les nécessaires mutations de nos entreprises
    •    Créer des opportunités autour de l’emploi qui permettraient au plus grand nombre de s’épanouir et de développer ses compétences pour accroitre la compétitivité de notre territoire
    •    Proposer des solutions innovantes pour la partage de la richesse tant dans nos entreprises que sur l’ensemble de notre territoire.

Le problème soulevé par certains acteurs économiques est réel et doit être pris au sérieux mais la manière de l’aborder n’est pas la bonne.

Cristalliser des oppositions et utiliser en économie des arguments identitaires et démagogues, nous paraissent des méthodes dangereuses et susceptibles de laisser des stigmates.

Le MEDEF Réunion appelle donc l’ensemble des parties à l’apaisement et à la construction.

Il est également temps de conduire, dans la sérénité et le dialogue une réflexion sur la régulation concurrentielle. En effet, nous sommes sur un micro-marché et nous considérons que le droit national en matière de concurrence n’est pas adapté aux économies insulaires.

Les équilibres économiques sont en effet ultra-sensibles et fragiles. Le fait est que des acteurs puissants dans de nombreux secteurs d’activité, sans qu’ils soient dominants dans l’un de ces secteurs, pourraient profiter de leur position pour imposer des règles faussant la libre et saine concurrence. Pour autant, s’il est vrai qu’il conviendrait d’adapter le droit de la concurrence aux économies et territoires insulaires, en se dotant d’instruments de mesure spécifiques, il n’est pas acceptable, ni digne d’organisations professionnelles de dénoncer par avance des fautes qui n’ont pas encore été commises.

Seul un juge qualifié, se fondant sur des règles de concurrence adaptées, pourrait l’établir et les sanctionner le cas échéant.

C’est pourquoi, rejoignant les suggestions faites en ce sens par le Président de Région,  le Medef Réunion propose d’accompagner la Région, les parlementaires et les autorités, avec le soutien d’économistes et de spécialistes du droit de la concurrence, pour travailler à la détermination de nouvelles règles de concurrence et d’une autorité locale adaptées à notre territoire insulaire, visant à le préserver des comportements dominants voire anticoncurrentiels.

Le MEDEF Réunion appelle donc l’ensemble des acteurs à se réunir pour poser les bases d’une nécessaire mais équilibrée régulation de notre économie, et formuler des propositions d’adaptation de nos règles de fonctionnement au gouvernement.

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin !
NP
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1.Posté par Question bete le 16/09/2019 19:51 (depuis mobile)

Qui lui a passé le violon ??

2.Posté par polo974 le 17/09/2019 10:12

""" Notre territoire a besoin de grandir """
Ahhh, le mythe de la croissance...

""" Nous devons aujourd’hui inventer de nouveaux modèles économiques dans un marché confronté à un contexte de concurrence internationale accrue. """
Il est temps d'y penser... (mais ce n'est pas la question ici)


""" Continuer à innover et à créer, dans un contexte où le poids des prélèvements obligatoires n’a jamais été aussi lourd. """
Ah, ben voilà, il fallait bien pleurer un peu malgré tous les cadeaux fiscaux et sociaux qui ont été fait à ces sociétés...

3.Posté par La vérité vraie... le 17/09/2019 10:42 (depuis mobile)

Le syndicat des pleureuses et des assistés se ramène dans l'affaire. Qu'il profite de ses milliards de CICE et laisse les Réunionnais en paix. Si le MEDEF Réunion avait fait quelque chose de bénéfiques pour l'île depuis 50 ans ça se saurait...

4.Posté par je rêve le 18/09/2019 11:02

le président du MEDEF qui lui même est en situation de quasi monopole et ne supporte pas la concurrence...bel exemple, on est rassurés!

5.Posté par Hélium le 25/09/2019 11:58

https://www.youtube.com/watch?v=4N0OS2f4xVg

Documentaire très instructif sur la mentalité des békés en martinique

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