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Courrier des lecteurs

Questionnaire tronqué du CCEE sur l’ékritir du kréol


- Publié le Mardi 23 Juin 2015 à 16:37 | Lu 916 fois

Le CCEE vient de lancer en ligne un questionnaire à l’attention du public pour valider une ékritir du kréol.

Et en prenant comme base une histoire, celle de Tikok que j’écrirais plus volontiers ‘Tit Coq.
Cela fait des années qu’Axel Gauvin et ses acolytes veulent mettre en place une écriture officielle de notre patois local, lequel est extrêmement sympathique.

Mais cela fait encore bien plus longtemps que des auteurs créoles tout à fait authentiques et respectés ont écrit en créole réunionnais sans avoir eu la permission d’Axel Gauvin et de son Lofis la lang kréol.

Citons Jean Albany, Georges Fourcade, Jules Arlanda, entre autres.

Ces Créoles purs créoles étaient également purs Français et ne reniaient point l’origine de notre patois qui comporte bien 90 % de mots des parlers de l’Ouest de la France, essentiellement. 5 % étant issus de Madagascar et de l’Inde.

Mais j’ai trouvé dans le patois récemment éteint de la vallée de la Bruche (au sud de Strasbourg) des mots utilisés dans le parler créole réunionnais (bertelles, ciseau –au singulier, commissions pour « courses », dégoutter, excuses pour « prétexte », si des fois, musique pour « fanfare », plus pire, rapia, refroidir pour « prendre froid », tordre le linge, van, zock).
Et pour bien metre en évidence que c’est du kréol, il faudrait écrire : sizo, komisyon, ekskuz, si dé fwa, mizik, pliss pir ?

Ce questionnaire qui se veut aussi sympathique que notre créole est, en fait, pernicieux.
Car il propose deux choix mais jamais le choix de l’étymologique.

En effet, ce questionnaire a blackboulé l’écriture étymologique de notre créole, pourtant la plus simple à lire et à écrire. Et la plus logique.

Pourquoi écrire « kaz » quand on peut écrire « case » ?

Vous devinez, vous, ce qu’est « la kras » ?

Non ? J’ai dû réfléchir un instant pour deviner : c’est la crache (un crachat).

Alors, comment écrire « la crasse » en kréol ?

Le questionnaire propose :
« Alé prépar(e) aou »
Aucunement « Allez prépare à ‘ous ».

« Lé tan pou alé lékol(e) »
Mais pas : « L’est temps pou’ aller l’école ».

« Mi (m’i) san amoin mié (mieu)
Mais absolument pas «  Moin l’est plus gaillard ».

Nous prions M. Ramchetty, responsable du CCEE, d’ajouter l’écriture étymologique au questionnaire (que ne maîtrise pas Axel Gauvin) ou alors de mettre son questionnaire dans la corbeille à papiers.

Je pèse bien mes mots et je confirme qu’il est inconvenant et méprisant d’exclure une graphie étymologique du récit de ‘Tit Coq.

Armand GUNET

P.S. : Je crois utile de préciser que mon ouvrage épuisé Le Grand Lexique créole de La Réunion (de facto l’ouvrage le plus complet sur notre vocabulaire créole) n’a trouvé preneur ni à la Drac, ni à la Région, ni au Département ni dans aucune de nos 24 communes.
Ce qui en dit long sur l’intérêt porté au créole par nos collectivités et l’État.
 





1.Posté par la crise le 23/06/2015 18:21

Moin l'est entièrement d'accord ec ou

2.Posté par Boa Bill le 23/06/2015 19:29

Il y en a qui ne se lassent pas et qui ne comprennent jamais ! Notre Don Quichotte péï nous en remet une couche !

Les post-scriptum est savoureux : "....( l’ouvrage le plus complet sur notre vocabulaire créole) n’a trouvé preneur ni à la Drac, ni à la Région, ni au Département ni dans aucune de nos 24 communes.

Fais pitié ! Encore un martyr !

3.Posté par Boa Bill le 23/06/2015 19:33

La vraie question est :
Un patois, terme utilisé par notre Guide, a-t-il besoin d'un lexique... qui plus est... Grand ?

4.Posté par Pierrot le 23/06/2015 21:05 (depuis mobile)

Oui monsieur notre langue ou notre patois l''est entrain de mourir avec la complicité de nos décideurs administratifs et politiques et d une population passive.

5.Posté par maçonnerie le 23/06/2015 21:29

comme on dit dans highlander..."there can be only one"

vivement le duel débat Gunet vs Gauvin...sur zinfos ? histoire de réhausser un peu le niveau des débats ?

6.Posté par Gérard Jeanneau le 23/06/2015 21:33

RAPPEL

Oui, le créole réunionnais est un patois bien sympathique, comme l’a dit Margie Sudre et comme le pense Armand Gunet, président de l'association "Réagissons". Un joli patois bien sympathique, grand cousin de mon bon patois vendéen, ma langue maternelle si riche en termes médiévaux !

Qu’est-ce qu’un patois ? Avant tout, un langage oral qui se caractérise par la simplification à l’extrême de la syntaxe. Pas de subjonctif dans mon patois vendéen, ni non plus en créole. Conjuguons par exemple ceci : "mi veux ou vien, mi veux li vien, mi veux zot i vien". En plus de l’économie du subjonctif, un gros monstre difficile à dompter, on se passe volontiers de la conjonction "que" et on traîne partout la même forme verbale vien. Ajoutons, pour pimenter ce raisonnement, l’expression "bonbon la fesse". Là, c’est la préposition qui a fondu comme un suppositoire placé "ou sa zot i coné". Même type d’évaporation dans la tournure "lofis la langue" de l’éminent linguiste Axel Gauvin, qui a appris la linguistique en sirotant une tasse de thé !
Et à propos de ce lofis, parlons écriture ! Pourquoi l’écrire ainsi alors que ce mot nous vient du latin "obficium", puis, après assimilation toute logique, "officium". Les deux ff sont justifiés depuis des siècles. Et la finale ce se prononce toujours de la même façon ? Tuer l’origine des mots, c’est tuer les mots eux-mêmes, tuer leur paternité, leur histoire ! Qui dit mieux ? Les soi-disant philologues, sémanticiens et lexicologues, Gauvin, Prudent and C°, sont des révisionnistes péi ! On irait jusqu’à tuer père et mère pour laisser croire qu’on sort de la cuisse d’un ange avec un langage tout nouveau qu'on a pour mission de répandre sur terre, sous les cocotiers ! Pour parodier Boris Vian, ils pourraient dire en choeur : "Cette langue est vraie, puisque je l’ai inventée" !

Et pis, pour pimenter son discours angélique, Axel Gauvin nous chante que le créole est cause d’un gros complexe d’infériorité, et cela dans un gros ouvrage où il s’est appliqué à délayer son idée, comme on le fait quand on veut faire monter sa mayonnaise. Pardon, dame Concision ! En une seule phrase, on peut soutenir le contraire : un langage, quel qu’il soit, ne donne aucune maladie ! Si complexe il y a chez l’enfant, c’est que ce malaise est à trouver dans le milieu familial. Inutile de recourir aux soins d’un Diafoirus linguiste ! Un psychologue fera l’affaire à condition qu’il n’ait pas l’esprit contaminé par ce même malaise !

Ne laissons pas s’échapper trop vite le docteur Diafoirus, spécialiste de la fouére et autres maladies et qui a pour célèbre papa, Molière ! J’étais dans la cour de récréation, dans mon école primaire de Saint-Amand-sur-Sèvre. J’avais six ou sept ans. Le directeur, le Frère Paul, un grand homme, me demande pourquoi mon frère n’est pas venu en classe, et ma réponse a fusé instinctivement en patois vendéen : "La fouére" ! Et il est parti, perplexe, sans rien dire d’autre ! Pourquoi cette perplexité ? L’envie de me corriger et de m’apprendre la langue de Molière ? Le mot diarrhée dont j'ignorais l'existence ? Qu'importe ! En tout cas, il a respecté mon royaume : ma cour de récréation, où l'on parle comme on veut ! Malgré le bruit des bottes allemandes, le patois vendéen et le français de Paris se côtoyaient sans se chamailler, l'un enseigné à la maison et l'autre seulement en classe et chez monsieur le curé ! Et mes vaches étaient bien gardées !


Gérard Jeanneau
La Possession, le 18 octobre 2011


7.Posté par KLD le 24/06/2015 00:01

ce qui est certains c'est qu'il manque un espace créolophone à l'école (collège et lycée), pour réapprendre un créole dont la richesse se perd et ne serait que l'histoire de l'océan indien .

8.Posté par zorbec le 24/06/2015 00:15

Tous ces grands brasseurs d'air, qui se piquent par ailleurs d'être des "progressistes", ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre que le Kréol est, à l'origine, un idiome inventé par les colonisateurs pour mieux asservir les esclaves. Ceux-ci sont arrivés sur l'île avec leurs langues maternelles (issues de l'Inde, de l'Afrique ou de Madagascar) et on leur a fait violence pour s'exprimer dans la nouvelle "langue" des dominateurs. Comme signe de "progressisme", on fait mieux. Il y a des coups de chabouk qui se perdent...

9.Posté par Baal le 24/06/2015 03:47

Monsieur Gunet, il me semble que votre ouvrage est bien présent dans certaines bibliothèques de l'île, notamment à Saint-Joseph.

10.Posté par pas toi ! le 24/06/2015 09:37

6.
une langue est,
selon larousse :

Système de signes vocaux, éventuellement graphiques, propre à une communauté d'individus, qui l'utilisent pour s'exprimer et communiquer entre eux : La langue française, anglaise.

un patois est :
Système linguistique essentiellement oral, utilisé sur une aire réduite et dans une communauté déterminée (généralement rurale), et perçu par ses utilisateurs comme inférieur à la langue officielle

le patois est donc une langue. n'en déplaise aux olibrius qui veulent éventuellement, diminuer la portée culturelle ET identitaire de celle ci (gérard et armand, qui se reconn-étron).


11.Posté par maçonnerie le 24/06/2015 09:41

8.
absolument pas. le kréol n'est pas une invention des colonisateurs ! elle est née du brassage des cultures qui ont fait la Réunion. C'est donc une langue dérivée du français qui s'est construite par le mélange des langues régionales présentes en France, et enrichie par les apports nombreux de la langue malgache, le portugais, le hollandais, les langues indiennes, chinoises..


12.Posté par Boa Bill le 24/06/2015 11:10

Merci à post 10 !
Ma réponse au guide peï et à son poisson pilote arrive

13.Posté par zorbec le 24/06/2015 11:36

@maçonnerie
Vous ressortez l'argument éculé et bisounours du "brassage des cultures". A votre avis, quelles étaient les langues parlées sur les "habitations" par les esclaves arrachés à leur terre africaine ou malgache lorsqu'ils arrivaient sur l'île, et quelle était la langue parlée par les colonisateurs dans les maisons de maître ? Le créole ? Pourquoi les langues maternelles des esclaves n'ont pas prospéré en terre "bourbonnaise" ? N'y a-t-il pas eu de rapport dominants/dominés dans les plantations y compris au niveau du langage ? Halte à la falsification de l'Histoire !

14.Posté par Au post "pas toi" le 24/06/2015 11:50

Langue est d'abord un terme générique comme "deux-roues".
Cyclomoteur, vélomoteur et motocyclette sont bien des 2-roues.
Si c'est la même chose, pourquoi leur donner des noms différents ?
C'est la même chose pour patois, dialecte, langue régionale et langue (du plus petit au plus grand).
Au sens strict, langue = langue nationale.
Dire que patois et langue c'est du pareil au même reviendrait à affirmer que cyclomoteur et motocyclette, c'est la même chose !!!
Armand GUNET

15.Posté par instit le 24/06/2015 12:25

Le lexique de Gunet était dans mon école; livre offert pas la municipalité de sainte Suzanne.

16.Posté par Gérard Jeanneau le 24/06/2015 12:37

@10

Apprends à comprendre, brave inconnu. Ma définition rejoint celle du Larousse, à l'exception près que je crois ferme que le patois est une langue sympathique, nullement inférieure : les utilisateurs que je connais ne souscrivent pas à cette toute dernière appréciation; ce sont plutôt les non utilisateurs qui la regardent comme un parler de bas étage !

Je pense avoir assez d'années d'études pour parler de la question ! Je suis bien loin de l'avoir cernée en sirotant une tasse de thé !

17.Posté par Gérard Jeanneau le 24/06/2015 13:11

Alain Armand a publié lui aussi son dictionnaire kréol rénionné-français (399 pages); mais il a su y inclure beaucoup de mots français qu'il a habillés en kréol. Il y a comme une petite tromperie sur la marchandise. Armand Gunet s'est refusé à utiliser ce procédé.

Qu'en pense le grand baveux Boa Bill ?



18.Posté par maçonnerie le 24/06/2015 13:34

zorbec,
tu énonces dans ton post 8 que le "Kréol est, à l'origine, un idiome inventé par les colonisateurs pour mieux asservir les esclaves".

Il n'y a pas eu "d'invention" d'un idiome.

Pour se faire obéir et comprendre, on a dû utilise les gestes et un vocabulaire "appauvri" . il n'y a eu comme seule invention, que le code noir.

Les langues maternelles des esclaves ont permis l'apport de mots venant enrichir la langue française donnant la langue créole.

19.Posté par maçonnerie le 24/06/2015 13:49

16.
vous affirmez de manière professorale pour ne pas dire péremptoire, une certaine structuration de la langue créole, née de la simplification de la langue originelle.

je me permets de vous dire que :
1/ le créole réunionnais n'a fait l'objet d'aucune structuration grammaticale et orthographique. C'est bien là l'objet du débat et le reproche que Gunet formule à l'encontre de Gauvin et lofis la lang'.
2/ vous ne pouvez en conséquence pas énoncer au delà de votre propre expérience, et de la qualité de votre ouïe, que le créole n'emploie ni subjonctif, ni que, ni tout autre concept grammatical qui serait "hors de portée" pour les pauvres et simples créoles que nous sommes.

C'est cette attitude méprisante et colonialiste dans le fait de qualifier de sympathique notre langue, et de la bienpensance version "zorey i coné toute" qui s'en dégage, qui m'oblige régulièrement à venir vous remettre à votre place.

Si l'on se réfère à la définition du larousse que rappelle le post 6 (pas toi..patois..excellent!), le créole n'est pas un patois, car la Réunion ne saurait être comparée à une communauté réduite, bien que Gunet et d'autres la considèrent comme inférieur.. si l'un des critères de définition n'est pas satisfait, alors on ne peut utiliser de ce terme.

Mais je tourne maintenant vers Armand, à partir de quelle effectif de population , un patois devient il une langue ...? 1 million d'habitants ? 10 millions ? la notion d'Etat ou de nation n'est pas en lien avec la définition du larousse, inutile de venir sur ce terrain.

Le créole est une langue, en aucune manière un patois. c'est le larousse qui le dit !

20.Posté par zorbec le 24/06/2015 14:41

@ Maçonnerie
"Il n'y a pas eu "d'invention" d'un idiome.Pour se faire obéir et comprendre, on a dû utiliser les gestes et un vocabulaire "appauvri" : comme cela est mignon ! Si, vraiment, un "brassage de cultures" avait existé, alors le kréol serait aujourd'hui majoritairement une langue aux racines africaines et indiennes. Faut-il rappeler le ratio esclaves/colons dans les premiers pas du peuplement de notre île et qui perduré au-delà du 20 décembre historique ?

21.Posté par Gérard Jeanneau le 24/06/2015 15:05

@19

Que mon maçon donne un exemple de subjonctif dans le créole réunionnais ! Mi attends !

Mon patois sympathique - chez moi, on ne me voit pas colonialiste - est parlé par une communauté réduite, la Vendée et une partie des Deux-Sèvres, soit un territoire couvrant deux fois la superficie de La Réunion !

Mi attends a ou !

22.Posté par maçonnerie le 24/06/2015 16:08

20.
je réfute ta version de l'invention d'un idiome c'est tout.
il n'existe aucun ouvrage décrivant la manière avec laquelle le blanc doit s'adresser à l'esclave ou le libre de couleur, sur la période couvrant la découverte de l'île jusqu'à la départementalisation !!

les enfants nés de l'esclavage ont été soumis à la culture dominante. pourquoi vouloir nier cela ?? le créole réunionnais est de toute manière, né de la fusion des mots français, malgache, africain, indien, chinois, portugais,.... ne t'en déplaise.

La proportion de mots venant de l'une ou l'autre de ses sources, est complètement secondaire, et n'emporte en rien sur le constat de la multiplicité des sources des mots utilisés localement..de nos jours, faudrait même rajouter l'anglais...

Si maintenant, ton propos vise à énoncer que les blancs ont voulu effacer les traces de la culture des esclaves, notamment leur langage...sans doute est ce vrai et peut être même naturel..mais en aucune manière, il n'y eut d'ouvrage sur l'art de comment s'exprimer quand on est blanc, face à un interlocuteur esclave...

23.Posté par Gérard Jeanneau le 24/06/2015 17:19

@20

le créole réunionnais est de toute manière, né de la fusion des mots français, malgache, africain, indien, chinois, portugais,.... ne t'en déplaise.

La proportion de mots venant de l'une ou l'autre de ses sources, est complètement secondaire, et n'emporte en rien sur le constat de la multiplicité des sources des mots utilisés localement..de nos jours, faudrait même rajouter l'anglais...


Mon maçon continue avec sa petite truelle. Plus de 90% du vocabulaire créole vient du français. Pas facile de noyer le poisson !

24.Posté par Goyavier le 24/06/2015 17:22

"...mon ouvrage épuisé Le Grand Lexique créole de La Réunion (de facto l’ouvrage le plus complet sur notre vocabulaire créole) n’a trouvé preneur ni à la Drac, ni à la Région, ni au Département ni dans aucune de nos 24 communes".

Si ça c'est pas de la mythomanie…

En plus il réfute ce qu'affirme les éminents linguistes : le créole est bien une langue.

Risible ou affligeant ?

25.Posté par Aux posts 9 et 15 le 24/06/2015 17:30

Peut-être des bibliothèques municipales en ont-elles fait l'acquisition à la seconde édition.
A la parution j'ai envoyé un fax à toutes nos mairies.
Une seule a répondu (Bras-Panon) en s'excusant de ne pouvoir l'acheter !
A. Gunet

26.Posté par zorbec le 24/06/2015 17:33

@Maçonnerie
De plus en plus comique ! "Je réfute...", mais "pour se faire obéir et comprendre, on a dû utiliser les gestes et un vocabulaire "appauvri". Donc, il a bien fallu créer (ou "inventer") de toutes pièces une forme de langage - qui n'existait pas - "pour se faire obéir et comprendre". Je n'ai jamais écrit qu'il y aurait eu un ouvrage "décrivant la manière avec laquelle le blanc doit s'adresser à l'esclave". J'ai seulement dit que, pour exercer sa domination, le colon s'est servi de sa langue maternelle dans une version plus ou moins paternaliste et que c'est cela que l'on encense aujourd'hui sous le vocable de "kréol". Dès lors, la proportion de mots venant de l'une ou l'autre des sources, n'est absolument pas "secondaire"...

27.Posté par zorbec le 24/06/2015 17:37

@ Gérard
Un exemple, parmi d'autres de subjonctif à la mode kréol : "sepeu k'mi vien, sepeu k'mi vien pas!"... L'essence du subjonctif est là...

28.Posté par vieux prof le 24/06/2015 18:40

Et hop , les éternelles querelles qui comme toujours se réveillent.
Quand je suis arrivé à La Réunion il y a 40 ans , j'ai dit à mes élèves qui, le premier jour de la rentrée me répondaient en créole ( ce qui ne me choquait aucunement) " laissez moi le temps d'apprendre le créole comme ça je vous comprendrai mieux" .
Les sourires des gamins étaient la meilleure des réponses : je leur avais montré que je considérais leur langue ( ou leur patois , personnellement je m'en contrefous , ceux qui , de nos jours utilise ce terme , le font aussi avec des idées derrière la tête) comme aussi importante à mes yeux , puisque j'allais l'apprendre, que le français.

A l'époque , les querelles politico linguistiques étaient quasi inexistantes du moins dans "la rue" et les radios et télés n'en parlaient pas.
Tous les gamins faisaient bien la différence entre langue officielle de l'école et langue maternelle et ma foi, tout le monde s'en portait plutôt bien.

Puis les politiques ont fait bosser les "linguistes "( tous ne l'étaient pas d'ailleurs , ils étaient militants souvent autonomistes et ceux là déniaient à de vrais linguistes reconnus le droit d'étudier le créole et de le décortiquer car ils étaient ô crime absolu , zoreils! Un peu comme si les Allemands ou les Anglais refusaient qu'il y ait des linguistes français qui étudient leurs langues! )

Bref, petit à petit , et avec la multiplication des interventions politico linguistiques virulentes de certains ( qui, les pôvres avaient eu le "malheur" de faire des études , parlaient un français excellent et pour l'un d'eux , parlait créole comme une vache espagnole comme disait ma grand mère) les gamins les plus faibles en français se sont mis à rejeter la langue française au motif qu'elle était imposée , bref...il s'est passé alors ce que l'Algérie a connu dans les années 70 en voulant arabiser à marche forcée (alors que, ainsi que le disait le ministre francophone de l'éducation nationale algérienne, le français était plutôt une conquête de l'indépendance car du temps de la colonisation , 10% à peine des petits algériens allaient à l'école de la république) bref , comme en Algérie aujourd'hui , de moins en moins de gens parlent le français , mais pire de moins en moins de gens parlent bien l'arabe .

Et dans les classes , on le voit aujourd'hui à la Réunion, des tas de gosses sont en difficulté à cause du français qu'ils maîtrisent mal , mais leur créole s'est appauvri par rapport à celui que parlaient les jeunes d'il y a 40 ans ( créole qui n'était pas du tout enseigné , faut-il le rappeler , voire banni de l'école).
Ils s'exprime dans un sabir mal maitrisé qu'eux seuls , entre eux , comprennent...

En pendant ce temps, nos savants linguistes (dont tous les enfants parlent eux aussi un français châtié , comme leurs parents et font souvent leurs études en métropole) continuent leurs querelles stériles , se fichant bien de ce que notre jeunesse devient , car ils vivent à mille lieues de ces marmailles ( génération perdue?)

29.Posté par KLD le 24/06/2015 21:41

merci maçonnerie de vous éloigner des "assimilationistes" à la goyave de France , toujours aussi mure pour deux trois certains . un constat : le créole s'appauvrit , meme les plus belles images et c'est triste ..........je disais donc , créole en option , pour ne pas perdre la richesse de cette langue imagée .le reste n'est que querelle politique avec des arrières pensées qui n'ont pas lieu d'etre ds d'autre "ex domtom" mais uniquement sur not "belle ile" ............§on se demande pourquoi , hein ????

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