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Courrier des lecteurs

Quelle croissance pour demain ?


Par Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID - Publié le Jeudi 16 Juillet 2020 à 10:17 | Lu 769 fois

Après la convention citoyenne pour le climat -au demeurant un bel exercice de démocratie participative-, de laquelle a émergé 149 propositions, moins les trois jokers d’Emmanuel Macron, dont celui-ci : nous avons besoin de la croissance pour financer notre modèle social ; après les deux obstacles émis par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lequel a surenchéri sur ce besoin de croissance, cette fois pour payer la dette, il apparaît évident de définir cette croissance et de mettre en évidence ses limites (selon le rapport Meadows de 1972).

Quand on parle de croissance, on parle de croissance du PIB, indice relatant la somme des valeurs et des services échangés par unité de temps dans un système économique. Il relate ainsi la production économique. On peut aussi définir l’économie comme la résultante du capital humain (la force de travail apportée par les personnes), et de la production d’objets ou de services. Mais il y manque un paramètre : la ressource. Par conséquent, les facteurs limitants la croissance d’un système économique sont : le défaut de capital humain (décroissance démographique brutale), le défaut de mise à disposition du travail (cas du confinement lié au Covid-19), ou le défaut de ressources naturelles. Chacun de ces trois défauts de paramètres engendrant une crise plus ou moins profonde.
Ailleurs l’énergie représente la capacité de l’accès aux ressources naturelles ; elle quantifie l’état de changement d’un système, sa capacité à se transformer. Jusqu’à il y a deux siècles, la seule force énergétique de l’Humanité était musculaire (hormis la force du vent ou de l’eau exercée sur les moulins, ou la combustion du bois pour se chauffer) : les hommes eux-mêmes, dont les esclaves, et les animaux. En 1764 apparaît la machine à vapeur. Petit à petit, les machines remplacent la force musculaire et les esclaves. Avec un rendement des centaines de fois supérieur. Mais il faut nourrir ces machines : elles ont besoin d’énergie, que l’Homme va puiser dans les entrailles de la Terre, sous forme d’énergie fossile. Le charbon, puis le pétrole et le gaz. Le pétrole surtout, source primaire de l’énergie des machines : moins d’énergie signifie moins de machines qui fonctionnent, donc moins de production économique, car cela touche toutes les parties du système (agriculture, industrie, transports) : le système se contracte, c’est déjà la décroissance.
Nous avons déjà connu trois chocs pétroliers : les premiers, en 1973 et 1979, ont restreint l’extraction de pétrole de + 8 % par an à + 1 % par an. Cela a abouti au chômage de masse et à l’endettement.

Le premier choc lié à la guerre du Kippour, a été commandité par les USA pour faciliter l’extraction d’un pétrole alors difficilement accessible : celui du Golfe du Mexique et celui de l’Alaska.

Le deuxième choc est lié à la guerre Iran-Irak, deux pays producteurs.

Le troisième choc est plus sournois : il correspond au pic pétrolier conventionnel, en 2006. La crise des subprimes n’en est qu’une conséquence car elle résulte de la planche à billets que fit tourner la Réserve Fédérale à partir de 2000 pour justement payer la facture pétrolière, ce qui favorisa les emprunts.

En 2018, le deuxième pic pétrolier arrive sur les pétroles non conventionnels : gaz de schiste, sables bitumineux. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner l’imminence d’un quatrième choc pétrolier. Comme il surviendra sur des économies moribondes en rapport avec la pandémie, s’en remettra-t-on ? En effet les flux physiques se contractent depuis 2010, et l’augmentation de notre efficacité énergétique n’y suffira pas. En Europe, depuis 2007, on ne fabrique pas plus de biens, on ne transporte pas plus de matières. Comme nous sommes dans une économie minière, cela ne peut que s’accélérer à la baisse. Cette absence de croissance des échanges de biens et de services (du PIB donc) pourrait préfigurer la récession. Ce n’est pas une bonne nouvelle, car ce cadre nous est imposé. Aussi, quand Bruno Le Maire jure par la croissance pour payer la dette, il rêve. Et si de plus, nous devons diminuer notre production de CO2 pour lutter contre le changement climatique, cela ne pourra se faire sans drastiquement diminuer notre consommation en énergie fossile. Ce qui est incompatible avec la croissance espérée par le ministre de l‘économie.

http://www.aid97400.re
D’après une entrevue de Jean-Marc Jancovici aux Rencontres d’Aix, le 3 juillet 2020 : https://www.youtube.com/watch?v=FT-b8dlLm2A




1.Posté par chikun le 16/07/2020 17:51

la planète ne se réchauffe plus depuis 1998 ! Des images de la Nasa indiquen que la taille de la banquise en Antarctique et en Arctique n’a que peu changé ces dernières années. C'est comme l'histoire du trou dans la couche d'ozone !!! On nous a baratiné pendant des années avec ce fameux "trou dans la couche d'ozone au-dessus du pôle !! Ah ! Ah ! on nous a vendu ce baratin jusqu'au jour où les écolos sont arrivés Ministres ! Puis, plus rien puisqu'ils étaient arrivés,....
Le Bruno Bourgeon a la dent longue ?
Hein ?! Hein !?
Faut compter le nombre de posts qu'il nous impose pour rien !!!

Il parle croissance pour des gens qui ne veulent de places que dans le public (comme lui) . Qui va accroitre la croissance dans le public, icône de tous nos compatriotes .

2.Posté par polo974 le 18/07/2020 21:15

Franchement chicken, tu t'es couru minable avec ton post bourré de contre-vérités (fake news en français)...

3.Posté par polo974 le 19/07/2020 10:43

Connerie de correcteur auto: foutu au lieu de couru...

(Et là il voulait mettre sonnerie à la place de connerie...)


4.Posté par Saucrates le 19/07/2020 13:25

Salut Frédo. Salut Bruno. Il semble que ton correcteur soit bien éduqué, s’il n’aime ni «foutu» ni «connerie». Concernant les fake-news, je me demande qui bat l’autre ! Les causes invoquées des différents chocs pétroliers me semblent particulièrement farfelus, du 1er dû à des ambitions américaines, à un troisième qui expliquerait la crise des subprimes de 2007. Le pétrole explique-t-il tous les désordres économiques. Dans quelques années, ils nous expliqueront que la crise 2020 sera aussi due au petrole ... les velléités chinoises de renverser les USA ? Et au fond, peut-être auront-ils raison ...

5.Posté par A mon avis le 19/07/2020 17:10

@ 4.Posté par Saucrates qui écrit :
" Les causes invoquées des différents chocs pétroliers me semblent particulièrement farfelus (sic), du 1er dû à des ambitions américaines, à un troisième qui expliquerait la crise des subprimes de 2007. Le pétrole explique-t-il tous les désordres économiques. "

En quoi les causes invoquées par Bruno Bourgeon sont-elles farfelues ?

Parce que pour vous, le pétrole (et plus globalement les sources d'énergie) n'expliquent pas tout ou partie les désordres économiques ? (et on pourrait même ajouter désordres politiques, écologiques et leurs conséquences humanitaires)

Fake news que ce billet de Bruno Bourgeon, selon vous ?

Et de plus, à lire votre commentaire, vous adhérez aux inepties du commentaire de @1.Posté par chikun ! Bravo !

6.Posté par Saucrates le 19/07/2020 18:58

Ahah. Cher AMA, jamais vous ne m’abandonnerez ! La cause du premier choc pétrolier est le premier conflit israélo arabe, que l’on peut effectivement appelé guerre du Kippour. Mais a-t-il été commandité par les américains pour rendre rentable certains de leurs champs pétrolifères ? C’est aller bien vite en besogne. Cette théorie ne confond-elle pas les causes et les conséquences ? Avoir permis de rentabiliser certains champs pétrolifères? La crise de 2007 ne s’explique pas non plus par le pétrole mais par la recherche effrénée de risques de la part des investisseurs, et par une poussée de la globalisation et de la financiarisation de l’économie mondiale. Le résultat en sera une offre effrénée de crédits immobiliers aux États-Unis, et à la création des crédits subprimes qui vont être diffusés à l’échelle de tout l’Occident. Entraînant l’effondrement financier que nous avons connu en 2007. On peut évidemment chercher à tout expliquer avec le pétrole ou le prix du pétrole, comme on peut aussi vouloir tout expliquer par le prix des yaourts ou de la farine. On peut trouver toutes les corrélations que l’on veut. Mais cela n’en demeurerait pas moins faux. Voilà ce que je critique dans l’article de B. Bourgeon. Mais ce n’est pas lui que je critique. Juste la théorie qu’il nous présente. Saucratès.

7.Posté par A mon avis le 19/07/2020 22:29

@ 6 Saucrates :
1er choc pétrolier : c'est bien la brusque augmentation du prix du pétrole qui a provoqué (qui est la cause) de la crise économique qui s'est ensuivie (= conséquence). La guerre du Kippour n''étant que le détonateur.

Et donc pour vous, le rôle du pétrole dans l'économie mondiale actuelle n'a pas plus d'importance que la production de yaourts ou le prix de la farine. (encore que le prix de la farine pourrait devenir un problème à l'avenir ; mais farine dont la production est grandement tributaire du pétrole actuellement)

8.Posté par Saucratès le 20/07/2020 13:29

Cher/chère AMA, au fond, nous disons plus ou moins la même chose, il me semble
- Détonateur --> Guerre israélo-arabe du 6 au 24/10/1973
- Conséquence --> Hausse des prix du pétrole les 16-17/10/1973
- Conséquence --> Première crise économique de 1974-1975.

Et effectivement, je lis bien qu'Henri Kissinger (j'avais adoré lire ses mémoires) voulait une hausse des prix du pétrole pour rendre rentable l'exploitation des champs de pétrole non conventionnels situés sur le sol américain (golfe du Mexique, plateau continental atlantique, golfe de l'Alaska, et le développement des schistes bitumineux) avec un prix du baril de pétrole à 4 ou 5 dollars (Wikipédia) ... à moins que ce soit Bruno qui est rédigé cet article de Wiki.

Le prix du pétrole explique-t-il tous les soubresauts de l'économie mondiale ? J'en doute néanmoins. Non, le prix du pétrole s'explique plutôt selon moi par l'évolution de l'activité économique mondiale. Non pas cause mais conséquence. --> D'où sa baisse vertigineuse à compter de 2007-2009, puis début 2020 avec l'effondrement de la demande. Le pétrole pour l'instant n'explique pas grand chose, hormis lors des deux premiers chocs pétroliers. Et je crains que ce ne soit guère différent dans le futur si les véhicules électriques se généralisent et si la demande mondiale continue de baisser.

Et effectivement, à chercher des corrélations statistiques pour expliquer les évolutions de l'économie mondiale, on risque de trouver des corrélations hasardeuses. Le choix du prix de la farine ou des yaourts n'étaient que des exemples extrêmes, pour bien démontrer le caractère hasardeux de telles recherches de corrélation. J'aurais pu trouver pire pour démontrer mon propos. La taille moyenne des barbes des hommes serait-elle corrélée à la variation de la croissance annuelle du PIB mondial ?

--> ce qui me conduit à maintenir ma critique de la théorie présentée par B. Bourgeon pour la crise de 2007. Tout ne s'explique par le pétrole.

9.Posté par polo974 le 20/07/2020 15:28

à Saucratès:
le pétrole, ce n'est pas seulement le carburant, c'est aussi (presque) tous les plastiques.
actuellement, le kg de matière plastique de base (PP, PE, PET, ...) coûte à peine plus cher qu'un kg d'hydrocarbure...
la fin du pétrole, ce sera non seulement la fin de l'énergie peu chère, mais aussi de tout un tas d'autres matières.
la voiture électrique, il faudra aussi la recharger, donc avec quoi?

le pétrole, c'est l'énergie quasi gratuite, ne pas se préparer à sa disparition, c'est envoyer l'humanité dans un sacré merdier à venir... et ce n'est pas la fusion nucléaire contrôlée ou la colonisation de mars qui va nous sauver...



10.Posté par A mon avis le 20/07/2020 20:35

@ 8.Posté par Saucratès
Vous persistez dans cette affirmation du peu d'importance du pétrole dans les crises récentes :
"Non, le prix du pétrole s'explique plutôt selon moi par l'évolution de l'activité économique mondiale. Non pas cause mais conséquence."

"Le pétrole pour l'instant n'explique pas grand chose, hormis lors des deux premiers chocs pétroliers. Et je crains que ce ne soit guère différent dans le futur si les véhicules électriques se généralisent et si la demande mondiale continue de baisser."


Comme le remarque @9.Posté par polo974, le pétrole est aussi la matière première de toute l'industrie de la chimie organique, qui va de la plus banale matière plastique jusqu'aux aux engrais et autres pesticides, en passant par l’industrie pharmaceutique.
Et les hydrocarbures deviennent de plus en plus difficiles à extraire.

Et on peut remarquer, que cause ou conséquence, à chaque crise économique ou politique est associé le prix du pétrole.
Force est de constater que le pétrole, principale source d'énergie et matière première indispensable à la chimie moderne, est encore pour longtemps au cœur de l'économie mondiale et au cœur des relations internationales.

11.Posté par Saucratès le 21/07/2020 10:27

Bonjour AMA et Polo974. Je suis bien sûr tout à fait d'accord avec vous ; le pétrole est au centre de toute l'industrie mondiale. Je le voyais bien lorsque je parlais de l'essence. Il existe des statistiques d'utilisation du pétrole, et l'essence des véhicules particuliers n'en est qu'une faible fraction. Il y a les poids lourds, le kérosène des avions, et toutes les utilisations plastiques. Evidemment. Le développement du véhicule électrique ne va réduire que d'une fraction la consommation mondiale de pétrole.

Là où j'interroge la réflexion d'AMA, c'est sur son affirmation que "on peut remarquer, que cause ou conséquence, à chaque crise économique ou politique est associé le prix du pétrole". Cela ne signifie en aucun cas que le prix du pétrole explique la survenue des crises. Or, c'est bien cela la thèse de B. Bourgeon.

Alors oui, comme le dit AMA, "force est de constater que le pétrole, principale source d'énergie et matière première indispensable à la chimie moderne, est encore pour longtemps au cœur de l'économie mondiale et au cœur des relations internationales". Bien sûr. On peut dire la même chose du charbon pour la production d'électricité. Je crois qu'il y a entre 200 et 1.000 ans de réserves de charbon au rythme actuel. Mais il s'agit d'une technologie extrêmement polluante et émettrice de GES.

Et je dirais par ailleurs qu'il est incompréhensible que le prix du pétrole demeure aussi bas. Le prix du pétrole, en tant que ressource rare, se devrait d'être beaucoup plus élevé. Pour que des technologies alternatives deviennent rentables ou que la recherche reçoive une impulsion, pour que le développement de l'usage des véhicules électriques. Bon voilà, nous ne serons jamais d'accord. Ce n'est pas nouveau ! Saucratès.

12.Posté par A mon avis le 24/07/2020 11:11

Quelle croissance pour demain ?

L'avenir c'est le "convivialisme" !

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