Courrier des lecteurs

Quand le vin rend vain Evin

Samedi 25 Novembre 2017 - 15:27

Je ne veux pas diaboliser le sucre parce qu'il y a le diabète.
Je ne veux pas diaboliser le gras parce qu'il y a le cholestérol.
Je ne veux pas diaboliser l'alcool parce qu'il y a l'alcoolisme.
Je ne veux pas non plus diaboliser les alcooliers parce qu'ils en vivent.
Mais…

Parce que le vin c'est aussi de l'alcool et pas seulement un des fleurons de la culture française,
Parce que le rhum c’est aussi de l’alcool et n’est pas seulement un des fleurons de la culture créole,
Parce que laisser libre champ à la publicité et inciter à la consommation peuvent entraîner des comportements à risques...
 
Quelques pensées pour les 102 députés qui ont voté pour l'assouplissement de la loi Evin : 
Pensez à une personne que vous aimez. 
Imaginez qu'elle soit blessée voire tuée par un conducteur ivre. 
Imaginez qu'elle soit blessée voire tuée après croisé un surexcité saoul. 
 
Aujourd'hui, 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, rappelons-nous combien ont été terrassées par leurs compagnons enivrés? 

Imaginez que pour supporter ces coups, cette femme se mette à boire un coup, voire deux, jusqu'à 5... litres de vin par… jour. 

Imaginez qu'elle soit enceinte, l’alcool et la grossesse ne font pas bon ménage, et que sa consommation vienne entraver le développement de son fœtus, voire le tuer... Saf suffit...

Je ne vous souhaite pas de vivre ces situations dramatiques, souvent évitables, qui pourraient vous arriver à vous aussi parce que votre fonction de député ne vous met pas à l’abri des risques d’une consommation du produit alcool certes lié (alcooliers, alcool-liés) à la convivialité, comme le foie gras et le chocolat, les fêtes arrivent.

Je vais pouvoir manger et boire, comme la majorité d’entre nous, parce que j’ai la chance de ne pas être malade. Je vous promets que je ne prendrai pas le volant et mon âge avancé ne me permet plus de grossesse !
Je voudrais juste avoir une petite pensée pour tous ceux qui y ont laissé leur santé et leur vie, pour tous ceux qui se battent encore avec leurs addictions, ceux qui vont vers et ne le savent pas encore…
Je pense aussi à ceux qui inventent des vraies stratégies, des dispositifs pour aller vers les personnes fragilisées par les conséquences de consommations inappropriées.

Je ne veux pas vous convaincre, juste vous donner à réfléchir...

La vie a un coût mais pas de prix !

Pour que la santé et l’économie puissent se conjuguer autrement, réfléchissons tous ensemble à une vraie campagne de prévention !

J’espère juste que vous n’aurez aucun regret à avoir dit oui quand d’autres ne peuvent plus dire non…
Annick Maillot
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1.Posté par Nivet Alain le 25/11/2017 15:55

Chère Annick, comme je vous comprends et compatis.Mais, à vous lire, me vient en souvenir, cette épouse qui a attaqué en Justice les cigarettes Malboro qui "auraient " causé la mort de son époux Et cette maman. qui a attaqué en justice Nutella, parce que son enfant en aurait abusé avec les conséquences sur la Santé engendrées. Personne n'est obligé de fumer, de boire,de tartiner. Certes , tout comme l'alcool, la charcuterie bien grasse, le canabis dans certains pays, sont en vente libre. Il y a un lobby commercial certes, Mais quid de LA RAISON, et pour les plus jeunes de l'EDUCATION ? Et pour les plus fragiles l'ACCOMPAGNEMENT? OUI pour les campagnes de Prévention, mais NON à la déresponsabilisation. .

Cordialement,
A.N.

2.Posté par margouillat974 le 25/11/2017 22:27

Pour que le citoyen devienne responsable de ses choix de vie, le minimum auquel devrait être soumis les "industriels" serait un avis bien dégueu, comme sur les paquets de clopes., mais c'est pas demain la veille! ( A quand le même genre d'avertissement pour nos zélus, vu qu'ils se vendent comme des paquets de lessive : lave plus blanc que blanc:)

3.Posté par Axel Payet le 26/11/2017 05:17

L'alcoolisme est une maladie qui ne vous tombe pas dessus par hasard, par accident ou malchance . Depuis la nuit des temps , on en connaît les causes et les ravages qu'il entraine sans pouvoir y faire grand chose Malgré les campagnes de prévention , le mal semble gagner du terrain , surtout chez les jeunes .
Il n'y a pas de secret , si la prévention ne fonctionne plus , " yaka" passer à une autre étape. Aux USA, ce fut la Prohibition initiée, entre autres , par le mouvement féministe qui avait lié le fléau aux violences conjugales. Solution finalement perverse. Quid alors de la répression? Comme pour l'alcool au volant , on devrait légiférer sur l'alcool au quotidien et instituer que l'abus est non seulement dangereux mais PUNI par la loi en fonction de seuils clairs : 0,50g au volant , 1g sur la voie publique et 1,50g dans le cadre privé . Au delà de ces chiffres , on ne trinque plus sinon au niveau de son porte monnaie !

4.Posté par margouillat974 le 26/11/2017 16:42

D'accord pour la répression au volant et sur la voie public mais absolument pas dans le cadre privé!! Quelqu'un pour renifler les culottes? On a déjà la police de la pensée, je crois que ça suffit, non?

5.Posté par Annick Maillot le 26/11/2017 22:46

Merci Monsieur Nivet pour votre compassion et de m’ouvrir la porte de la RESPONSABILITE.
Je suis entièrement d’accord avec vous, nous sommes tous co-RESPONSABLES :
- L’alcoolier qui fabrique un produit
- Les vendeurs et les marges engrangées
- Les clients qui perpétuent des traditions culturelles par des consommations festives, familiales…
- Les circuits de distributions ciblées chez les jeunes
- La famille qui ne sait pas toujours faire face à des consommations de plus en plus fréquentes
- Les camarades camarons qui au lieu d’aider à relever la tête, poussent à la consommation d’un « relève-tête »
- Les professionnels de tout bord, insuffisamment formés, qui ne savent pas toujours comment entamer le dialogue pour parler alcool
- Les institutions et les politiques qui ont qu’une vision morcelée de la réalité de terrain
- Les donneurs de leçons et moralisateurs qui s’auto-proclament experts, « y a qu’à », « faut qu’on »
- La personne avec son sentiment d’isolement, qui n’a pas su voir les mains tendues autour d’elle…
Et moi qui ne sais pas toujours trouver ni la posture, ni les mots justes pour éloigner toute la panoplie des représentations sociétales avec lesquelles vous et moi avons grandi :
- Sourire voire rire des comportements iirrationnels d’une personne qui boit trop occasionnellement, quand c’est un homme…
- S’il s’agit d’une femme, les réactions diffèrent : comment regardons-nous une femme, une mère, qui s’alcoolise trop ?
- Comment regardons-nous un enfant porteur des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale
- Comment regardons-nous ceux que nous traitons de soulard(e)s, picoleur(se)s, ivrognes, cuitard(e)s, alcooliques ?
- Avec qui et comment aurions-nous pu éviter qu’ils ne franchissent la barre de la dépendance et deviennent MALADES alcooliques ?
Quelques questions autour de ce que beaucoup d’entre nous perçoivent comme une fatalité, et qui nous pousse à nous retrancher derrière des positionnements défaitistes, « ça un vice ça », « nous avons tout essayé », « lu la parti rode le diab po son corps » « na pu rien po faire po lu »…
Comment faire retrouver le sens de la RAISON, comme vous dites, moi je dirai la PRISE DE CONSCIENCE ?
Quelles sont les supports à envisager pour une véritable EDUCATION chez nos plus jeunes ?
Comment inventer des outils pour des campagnes de PREVENTION efficientes pour le grand public ?
Quels sont les démarches et dispositifs à mailler voire imaginer pour aller vers et ACCOMPAGNER, pour de vrai, pas pour faire semblant, les plus fragiles, qui contrairement à ce que nous croyons, n’ont souvent qu’un désir, celui de CHANGER et d’aller mieux ?
Je crois que je dois CHANGER mon propre regard, pour les accueillir en évitant de les juger, juste comme des êtres humains qui ont parfois oublié ce que pouvait être la bientraitance.
Alors OUI peut-être je me sentirai déjà moins co-RESPONSABLE. Et si, ensemble, nous nous sentions co-RESPONSABLES de tout ce que nous n’avons pas, pas encore, inventé pour que les plus fragiles aillent au-delà de leur statut de victimes pour trouver leurs propres ressources et trouver la force de dire NON à des comportements à risques.
June Oscar, en Australie, disait, pour protéger les enfants à naître contre les méfaits de l’alcool :
« La prochaine fois que vous lisez un article sur la souffrance de communautés comme la nôtre, ne nous voyez pas comme des victimes. Aidez-nous plutôt à prendre notre place en tant qu’artisans de notre propre avenir, un avenir où chaque enfant a le droit de naître en bonne santé et de réaliser son potentiel. »
C’est presque l’heure de rêver…

6.Posté par Nivet Alain le 27/11/2017 11:23

Annick, pour avoir été "écoutant bénévole" dans une grande administration, j'en conclue que" l'écoute" est essentielle. Mais c'est une démarche pas facile d'un côté comme de l'autre. Un vaste sujet.

Cordialement,
A.N.

7.Posté par polo974 le 28/11/2017 18:06

bof, j'avais bien demandé à quelques préfets d'interdire la pub pour l'alcool à moins d'un km d'une école, collège ou lycée...

les dépliants pub dégueulent de premières pages sur les alcools forts en prix d'appel, ça aussi, ça devrait être interdit.

mais ça soit-disant menace les emplois... (sans parler des drôlatiques emplois induits et indirects)

8.Posté par Annick Maillot le 29/11/2017 01:18

Je ne dis pas que c'est seulement l'alcool qui est responsable de ce crime sordide.
Des vies brisées par nous tous, qui regardons sans rien faire.
Certains dispositifs mériteraient vraiment d'être réajustés pour éviter des dérives aussi immondes.
Faisons confiance aux professionnels de terrain qui peuvent s'appuyer sur l'histoire de leurs expériences et non à ceux qui veulent inscrire leurs nombrils surdimensionnés dans l'histoire!
Pardon Madame...
http://m.zinfos974.com/10-ans-de-prison-pour-avoir-viole-sa-mere_a121607.html

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