Société

Quand Michel Allamèle occupe illégalement du terrain dans l’Est

Mardi 28 Novembre 2017 - 18:29

Occupation illégale d’un terrain, constructions non-autorisées, l’histoire pourrait être celle d’une succession familiale malheureusement commune à La Réunion. Sauf que cette fois, c’est le Président de l’intersyndicale des professionnels de la route, Michel Allamèle qui y est mêlé.


"Avec le nom que j’ai, vous croyez que je m’amuserais à faire n’importe quoi? ". C’est peu dire que les questions posées à Michel Allamèle ont énervé le transporteur de métier, Président de l’intersyndicale des professionnels de la route et dernièrement candidat aux élections de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Un mur de 27 mètres de long, chaîne et panneaux

Tout commence par le coup de fil d'un cousin habitant le quartier, qui alerte la famille L.*. Le terrain vague, situé chemin Lamarque à Saint-Benoît est occupé par des engins de travaux, un container et un mur en briques a été construit sur 27 mètres de long.


En Mai dernier, le terrain vague est côturé, mais les engins de chantier n'y stationnent pas.
En Mai dernier, le terrain vague est côturé, mais les engins de chantier n'y stationnent pas.

"Tout le monde connaissait l’existence de ce ce terrain mais personne ne s’en occupait vraiment. Seulement voilà, ce mur empêche l’accès de la parcelle aux héritiers, qui veulent aujourd’hui récupérer leur bien". Un bien à la valeur non négligeable puisqu’il représente plus de 2.000 m2 et plusieurs centaines de milliers d’euros.

Pour le passant lambda, les panneaux sont clairs. "Défense de stationner, interdit au public, sortie de véhicules" et une chaîne bloque l’entrée de la propriété.

Michel Allamèle nous a même donné son numéro de portable pour "régler les choses à l’amiable…"
 


Très vite, la parcelle est occupée par un container, des poids-lourds et elle est régulièrement visitée.
Très vite, la parcelle est occupée par un container, des poids-lourds et elle est régulièrement visitée.

Les héritiers, alertés ont donc fait le déplacement jusqu’à Saint-Benoît, n’habitant pas dans la commune.

Et là, ils ont constaté par eux-mêmes que l'accès à leur terrain avait été bloqué.

"Nous prenions des photos et monsieur Allamèle et son fils, qui habitent dans le coin nous ont interpellés. Ils nous ont demandé ce que nous faisions là. Ils ont reconnu occuper le terrain et Michel Allamèle nous a même donné son numéro de portable pour régler les choses à l’amiable."


La parcelle concernée en jaune sur plan cadastral. Michel Allamèle occupe en fait la parcelle 544 et la parcelle 1031, dont il serait en fait locataire.
La parcelle concernée en jaune sur plan cadastral. Michel Allamèle occupe en fait la parcelle 544 et la parcelle 1031, dont il serait en fait locataire.

​Le terrain emmuré constitue en fait deux lots, comme le montre le plan cadastral.

La première parcelle, accessible par l’entrée fermée par une chaîne n’appartient pas à la famille L. Par contre, "tout est mis en oeuvre pour nous refuser l’accès à notre parcelle: le container, les camions placés stratégiquement sur toute la longueur intérieure en mitoyenneté et bien sur cette clôture pour laquelle nous n’avons pas donné notre accord", explique un membre de la famille.

Prescription acquisitive: Au bout 30 ans, le terrain est à lui


En jaune, la parcelle des héritiers. Le mur en rouge longe la route et bloque l'accès. Les engins de travaux et le container font désormais partie du paysage. (Google Maps).
En jaune, la parcelle des héritiers. Le mur en rouge longe la route et bloque l'accès. Les engins de travaux et le container font désormais partie du paysage. (Google Maps).

"Pourquoi a-t-il emmuré notre parcelle alors qu’il n’en est pas le propriétaire?" s’interrogent aujourd’hui les héritiers.

​C’est la notaire de la famille qui répond à cette question. "Il y a en droit ce qu’on appelle la prescription acquisitive au bout de 30 ans. Prenons un terrain occupé et dont personne n’a clamé la propriété. Si la personne qui occupe le terrain est de bonne foi et dans son droit, c’est à dire qu’aucun acte de propriété n’a été fourni en face, elle obtient la propriété du terrain au bout de 30 ans.

C’est un cas courant à La Réunion, car le plan cadastral a été dessiné en 1980. À l’époque, c’était un accord oral, ou fait sous seing privé. Sauf que dans le cas présent, monsieur Allamèle sait parfaitement ce qu’il fait. Heureusement pour la famille, l’acte de propriété est bien là".


Suite à la rencontre entre Michel Allamèle et les héritiers, la famille multiplie les tentatives de conciliation pour demander la démolition du mur. "À partir de ce moment, monsieur Allamèle a fait la sourde oreille. Il a cessé de répondre à nos messages, à nos appels et n’est même pas allé récupérer le courrier recommandé que nous avons envoyé", explique un héritier.

Nous avons contacté Michel Allamèle, qui nous a encouragé à "aller vérifier le titre de propriété", après avoir souligné "qu’on ne lui avait jamais posé de telles questions". En effet, il reste persuadé que les héritiers n’en ont pas en leur possession. Manque de chance pour lui, il a été retrouvé et la publication foncière est en cours. L’attestation immobilière, retraçant la lignée des héritiers du terrain a bien été faite par un notaire et vaut acte de propriété. Quant à la possession d’un acte prouvant que Michel Allamèle serait propriétaire, le transporteur nous a affirmé "ne pas avoir a répondre à cette question".

"Qu’ils portent plainte!"

"Si ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à agir en conséquence. Qu’ils portent plainte! Vous savez, quand on a un souci, il y a des tribunaux. Il n’ont qu’à faire appel au tribunal et on verra qui a les bons documents" conclut Michel Allamèle.

Entre notre dernière interview avec Michel Allamèle et la publication de cet article, une clôture supplémentaire en bois a été ajoutée au-dessus du mur en briques.


Suite à nos questions, une hauteur supplémentaire a été rajoutée à la clôture.
Suite à nos questions, une hauteur supplémentaire a été rajoutée à la clôture.

Ayant épuisé toutes les voies de recours amiable, les héritiers n’ont pas eu d’autre choix que de porter l’affaire devant les médias et devant la justice puisqu’une plainte sera déposée cette semaine. "Nous voulons juste qu’il détruise son mur et nous rende l’accès à notre parcelle" conclut une héritière.

 

*Initiale préservant l’anonymat des héritiers

Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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1.Posté par yabos le 28/11/2017 18:41

Encore un intouchable ????

2.Posté par noe le 28/11/2017 18:49

Il a construit ? c'est son problème !
On s'en fiche !
Il y a des problèmes plus urgents ...

3.Posté par Pro No Stick le 28/11/2017 19:26

combien de propriétaires à ce jour, ont bénéficié de cette prescription..au détriment de gens souvent ignorant..avec le temps..on vole..avec la bénédiction de la loi.. un vrai scandale!

4.Posté par JORI le 28/11/2017 19:58

Je croyais qu'il était interdit d'enclaver un terrain!!. La justice se prononcera donc.

5.Posté par JORI le 28/11/2017 21:01

Les héritiers peuvent toujours détruire le mur les empêchant d'accéder à leur terrain et si Allamèle n'est pas content qu'il aille au tribunal, lui aussi.

6.Posté par julien anacoya le 29/11/2017 05:04 (depuis mobile)

Seul les riche on la vis pauvre pas leurs pouvoir d''avoir au detriment de l''autre.
Boeuf devant ici la reunion boire lo propre. Et nou ri creole nou boire quoi? Zot band betisela moukate.

7.Posté par À moin ca le 29/11/2017 05:23

Ahahah suffit juste qu’il se ramène avec un caterpillar, détruisent le mur et hop le probleme est réglé. La loi est clair aussi la dessus: on a pas le droit de construire sur le bien d’autrui. Faut arrêter d’aller au tribunal pour un oui pour un non.

8.Posté par avec le nom que j'ai.... le 29/11/2017 04:38

Y en a, avec leur nom qui font bien pire, hélas ! ils ont même pas honte !

9.Posté par Raymond le 29/11/2017 07:54

Pouvez-vous nous tenir informé des avancés de l'affaire? Cela intéressera pas mal de personne.

10.Posté par Marie le 29/11/2017 08:06

c'est un fait courant sur l'ile et une fois qu'ils sont installés vous allez de procédures en procédures à n'en plus finir, en plus si vous êtes solvable vous devez payer les frais d'avocats....alors que souvent en face ces personnes dans les situations illégales bénéficient de l'aide judiciaire gratuite et peuvent donc se permettre de faire durer les procédures en utilisant tous les rouages possibles, çà aussi c'est pas normal! En final vous devez payer pour garder votre bien et l'occupant illégal lui bénéficie de toutes les aides pour faire durer le procès!

11.Posté par Jean le 29/11/2017 08:34

Et les hectares de terrains en bordure de littoral, de rivières, réquisitionnés et dont l'accès à été bloqué par des chaines, des panneaux, des têtes de dieux "menaçants", l'Etat fait quoi ?

Vous voulez les adresses Mr Le Préfet ?

12.Posté par deneration le 29/11/2017 11:14

La solution est simple, pour construire un mur, il faut un permis de construire, construire un mur sans permis est une infraction, il suffit de déposer' plainte!

13.Posté par Francis le 29/11/2017 12:00

Je connais Michel Alamele, comme etant le meilleur defensseur des sans voix, ou de ceux qui ignore leur droits. S'il prend le temps de s'ingerer sur un problem terrain, je pense bien que c'est pour une bonne cause, et qu'il sait ce qu'il fait. Il n'est pas du genre a perdre son temps, ou encore moins le temps des autres et leur biens. Il est plus grand plus inteligent et plus integre que cela.... .

14.Posté par Tatave le 30/11/2017 09:06 (depuis mobile)

A Francis. Ou lé incroyable. Mé ki se ressemble s''assemble. Hein?

15.Posté par Baptiste le 30/11/2017 12:39 (depuis mobile)

Et toutes les constructions illégales, soit disant temporaires sur les plages de l''Ouest!

16.Posté par Raasimanda le 02/12/2017 09:27

Cette clôture dépasse les 2 m hauteur il devrait y avoir un permis de construire.

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