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Quand CBo Territoria "hérite" d'une annexion historique: La zone des "Communes" (3)


Par Aimé LEBON - Publié le Lundi 28 Juin 2010 à 16:24 | Lu 1692 fois

Quand CBo Territoria "hérite" d'une annexion historique: La zone des "Communes" (3)
Partie 1 : Aménagement de Saint-Paul, l'offensive de CBo Territoria
Partie 2 : L'arrogance de CBo Territoria
Partie 3 : Quand CBo "hérite" d’une annexion historique : La zone des "communes".
Photo : Au premier plan, les bœufs dans la zone des savanes, au-dessous du village de Villèle, avec à droite, en blanc, les bâtiments de l’accueil du Golf du Bassin Bleu.
Resteront à développer, de cette conférence de presse de "Somin Féklèr du mardi 22 juin 2010, les parties 4 : S’appuyer sur l’histoire du village de "Villèle" pour proposer, et 5 : Trois impératifs pour une autre vision de l’aménagement de cette zone.

Une autre vision de l’aménagement de Saint-Paul, y compris touristique, car toutes les facettes de la question forment un tout, doit être lancée ; un autre rapport de force doit être créé par le pouvoir municipal de façon à faire face aux prétentions de CBO, car si rien n’est fait, il sera difficile de revenir en arrière.
CBo doit faire preuve d’humilité, puisqu’il a été question dans le rendu du séminaire de reconnaissance de l’Histoire de Saint-Paul, si l’on veut être sérieux et responsable et ne pas rester au seul niveau des discours.
En effet, la commune de Saint-Paul est en droit moral de demander à cette société une contribution certaine, des compensations, et sans pour autant qu’elle joue au mendiant ou cherche à exiger des comptes.
Cette posture est intelligible si l’on donne la peine de jeter un coup d’œil sur l’histoire de l’évolution des propriétés entre la ravine Saint-Gilles et la ravine de l’Ermitage, en s’appuyant sur les recherches de l’historien Alexis Miranville dans son livre : "Villèle, un village réunionnais", publié en 2001, où l’auteur explique comment s’est constitué au 19e siècle le domaine de Saint-Gilles, aujourd’hui propriété de CBo.
À considérer cette zone de savane qui dès le 18e siècle s’appelait la zone des "communes" :
Dans le parcours de la constitution de cette propriété, de la Veuve Duhal aux de Villèle, en passant par Hombeline Gonneau (Mme Desbassayns), toute une lignée familiale, il y a eu bien sûr des acquisitions, des remembrements de parts de divers héritiers tout au long du 19e siècle, mais, au tout début, les différents propriétaires n’ont pas respecté une décision du Conseil supérieur de l’Ile Bourbon qui, le 20 décembre 1731 (Alexis Miranville), par un arrêté, "annulait et interdisait toute annexion ou concession ou acquisition de terres dans ces zones impropres à la culture (la sécheresse des Bas de la région) qui devaient rester « communes » à tous les propriétaires des Hauts pour y parquer leurs bestiaux". Il y a encore aujourd’hui des éleveurs qui emmènent leurs troupeaux au-dessous du Golf du Bassin Bleu. Cet arrêté n’a pas été respecté. Les héritiers Henri-Frédéric et Louis de Villèle ont aussi rattaché les terres des "communes" à leur propriété, sensiblement entre 1863 et 1878, écrit encore Alexis Miranville. Cette zone appelée les "communes" est constituée par les vastes étendues de savanes sèches en dessous de ce que l’on appelle la ligne Duhal inférieure, autrement dit, pour revenir à notre époque, ce sont les terres qui sont en dessous du village "Villèle", du Golf du Bassin Bleu sur la rive gauche de la ravine Saint-Gilles à la ravine de l’Ermitage, en passant par les terres irriguées de l’antenne IV. On trouve des gens à Villèle qui se souviennent bien que leurs parents disaient qu’au-dessous de cette ligne ils n’avaient pas le droit de défricher pour planter.

Que les choses soient bien claires, et "Somin Féklèr" le dit avec fermeté :
1) Nous n’entrons pas dans une logique de réparation, les Sucreries de Bourbon ont bien acheté légalement l’ancien domaine des de Villèle qui était gagée auprès du Crédit colonial, la prise de possession de la propriété s’est faite en 1 872. Cette banque prit ensuite diverses appellations pour devenir la CFS, la Compagnie Française de Sucrerie, pour évoluer ensuite en Sucreries de Bourbon, puis pour ce qui est du foncier en CBo filiale du groupe Bourbon. "Nous voulons faire comprendre à cette société qu’elle doit tenir compte de cette annexion historique – la collectivité a perdu des terrains – et agir en conséquence en toute responsabilité. Ce qui est en cause, c’est l’origine de la propriété des savanes." La propriété est bien légale, mais il faut reconnaître que les de Villèle fortement endettés ont été contraints de céder leur domaine et la CFS l’a revendu ensuite aux Sucreries de Bourbon parce qu’elle voulait s’en débarrasser, et donc probablement pour pas cher non plus.
Autrement dit, il y a eu une succession de bonnes affaires réalisées par les Sucreries de Bourbon dont CBo profite aujourd’hui.

2) Nous ne voulons faire porter aux contemporains de la famille de Villèle, citoyens de la République française, aucune responsabilité dans cette affaire, de quelque ordre que ce soit.
C’est en partant de cette base que "Somin Féklèr" fait des propositions, et tout est ouvert pour aller dans ce sens.
Mais quel est le cadre ? Tout projet doit s’inscrire dans l’Histoire, la Géographie, l’Ecologie, la Sociologie, et c’est la solidité de cet ensemble qui est porteuse d’avenir. Et, partant de là, cette construction est presque une carte touristique que l’on offre aux touristes (intérieurs et extérieurs) de façon à « leur faire découvrir l’histoire de la Réunion et de ses habitants à travers celle d’un grand domaine colonial dont cette zone de savane était à l’époque un élément important », dit encore Alexis Miranville.
Pour résumer : Compte tenu de l’annexion historique de la zone des "communes", des bonnes affaires réalisées par l’acquisition de la propriété des de Villèle, des conditions extrêmement avantageuses déjà tirées des opérations immobilières dans cette même zone s’appuyant sur de gros investissements des collectivités locales, de l’État et de l’Europe (CBO, tout en continuant à développer la Zac Roquefeuil, est toujours propriétaire des terres de l’antenne IV, bénéficie de la transformation de la voie cannière en RD100), il est temps pour cette société de faire plus qu’un geste en direction de la population de la commune de Saint-Paul.

Suite, partie 4 : S’appuyer sur l’histoire du village de "Villèle" pour proposer.
Aimé LEBON, Secrétaire de "Somin Féklèr" (http://www.somin-fekler.com).




1.Posté par nicolas de launay de la perriere le 29/06/2010 23:55

La Corse a eu le courage de mettre en place un travail de fonds sur le foncier, afin de pouvoir commencer à solutionner les problèmes liés à l'Histoire de son territoire..

il serait peut être temps qu'à la Réunion, on en fasse de même .. quitte à ce que certains notaires n'en dorment plus le soir..

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