Faits-divers

Procès pour meurtre de Zyaad Poomun: "Il a brûlé mon enfant"

Le procès concernant le meurtre de Zyaad Poomun, tué par Johan Maruejouls-Benoît le 29 juin 2017, s'est ouvert hier en début d'après-midi à la cour d'Assises de Saint-Denis. La maman, ainsi que les soeurs de Zyaad, étaient présentes à l'audience.

Mardi 1 Octobre 2019 - 14:26

Procès pour meurtre de Zyaad Poomun: "Il a brûlé mon enfant"
Après la traditionnelle lecture de l'ordre de mise en accusation (OMA) par le président Michel Carrue, l'accusé reconnaît avoir eu l'intention de donner la mort "sur le coup, oui" répond-il au président. La première audition, en visioconférence, est celle de l'officier de police judiciaire. Il explique qu'à son arrivée sur la scène de crime, il y avait d'énormes traces de sang sur le palier. Trois personnes avaient été placées en grade à vue, toutes fortement alcoolisées. Elles seront placées directement en dégrisement, l'un d'entre eux était à 3,46 g/l d'alcool dans le sang. 

Le corps était allongé sur le dos dans la salle de bains à l'arrivée de l'inspecteur de police. Il présentait plusieurs plaies au thorax, la bouche était défoncée et 4 dents manquaient. L'accusé, lors de la première audition, avait affirmé que ce n'était pas lui, qu'il avait retrouvé le corps à son retour. C'est lors de la deuxième audition qu'il reconnaîtra avoir eu une dispute avec la victime. L'altercation avait débuté par de violents coups, puis s'était terminée par des coups de couteau dans le thorax. 

L'accusé l'avait étranglé pour lui faire peur

Au fil des auditions, il apparaît que la victime faisait des avances à l'accusé, qui lui, n'était pas intéressé par les hommes. Il devenait de plus en plus jaloux, ne supportant pas les relations de l'accusé avec des femmes. Quelques jours avant le meurtre, il y avait eu une dispute entre eux pour les mêmes raisons. L'accusé l'avait étranglé pour lui faire peur. 

La médecin légiste explique à son tour qu'elle ne peut donner qu'une estimation prudente de l'heure du décès. Elle a constaté 8 plaies sur la partie antérieure du corps ainsi qu'un trauma cérébral violent ayant occasionné une grande perte de sang. Le coeur, le foie ainsi que les poumons ont été également touchés. En revanche, aucune lésion sexuelle n'est relevée. 

C'est un meurtre d'une violence inouïe

"Pouvez-vous nous dire dans quel ordre les coups ont été donnés" demande Maître Jean-Jacques Morel, avocat des parties civiles au médecin légiste "On ne peut pas savoir l'ordre, sauf pour le coeur qui a été touché dans les derniers instants" affirme-t-elle. "Il y a eu plusieurs mécanismes de décès, c'est très rare. C'est un meurtre d'une violence inouïe" conclut-elle. 

Johan Maruejouls-Benoît semble avoir pris la mesure de ce qui se joue dans la salle d'audience. S'il est calme, il reste la tête basse, répond respectueusement aux questions qui lui sont posées. Interrogé par le président, il s'explique quelque peu : "J'étais déjà en colère quand je suis rentré. Il disait qu'il allait se faire mal et dire que c'était moi. J'ai perdu le contrôle, je me suis dit, c'est lui ou moi".

J'avais besoin de parler, d'exprimer ce que j'ai fait

"Vous vous souvenez des coups de couteau ?" demande le président. "Oui, je me souviens, j'essaye de comprendre ce qu'il s'est passé. C'est moi qui ai fait ce qu'il ne fallait pas". Le président vient ensuite sur les 24h qui se sont écoulées entre le meurtre et la découverte du corps. Il passe la nuit avec le corps et envoie un SMS à sa copine pour lui dire ce qu'il vient de faire. "J'avais besoin de parler, d'exprimer ce que j'ai fait", explique-t-il. 

Il apparaît que Johan Maruejouls-Benoît a passé la journée de vendredi avec le corps chez lui. Dans un premier temps, il se demande comment faire pour s'en débarrasser. Il invite des potes pour boire des coups et demande même à l'un d'entre eux de ramener une scie. "Je ne savais pas quoi faire, je sortais de prison pour des violences avec armes", ajoute-t-il. En effet, l'accusé est sorti de prison en février 2017, purgeant une longue peine pour des violences. Il y retourne en mars 2017 pour 2 mois supplémentaires, encore pour des violences, ressort en mai 2017 et tue Zyaad Poomun le 29 juin 2017. 

Je sais que j'ai commis un truc atroce, l'irréparable

"Je sais que j'ai commis un truc atroce, l'irréparable. Je me fais suivre à la prison pour comprendre pourquoi je me suis acharné", termine l'accusé. "La prison ne vous a pas fait prendre conscience que vous êtes un type dangereux, ça n'a servi à rien", conclut le président Michel Carrue. La maman de Zyaad Poomun, est ensuite invitée à s'exprimer. 

"Il a brûlé mon enfant" dit-elle en pleurs à la barre, dans un cri de détresse. Elle explique que le vendredi matin, elle est allée prier pour son fils, pour qu'il soit heureux, ne se doutant pas qu'il venait d'être tué sauvagement. C'était son fils préféré répète-t-elle, ne pouvant s'arrêter de pleurer. "Pourquoi cette alcoolisation massive", demande sa défense, Maître Fabienne Lefevre. "J'ai le droit d'oublier mes problèmes aussi, mon enfance, répond l'accusé, je ne me souvenais pas qu'il y avait autant d'alcool sur la table" avait-il dit lors de la reconstitution en 2018. 

Deux jours et demi d'audience sont prévus avant que le jury ne décide du sort de l'accusé. Si Johan Maruejouls-Benoît a reconnu les faits, il n'explique absolument pas pourquoi il s'est acharné sur Zyaad Poomun, ni pourquoi il est resté 24h avec le corps. Il va devoir surtout expliquer pourquoi il n'a jamais appelé les secours. Zyaad Poomun, qui était son ami, était encore en vie avant recevoir des coups de couteau.
Regis Labrousse
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