Présentation de la feuille de route de la filière PAPAM Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales


Le Département et les acteurs, en marche pour le développement d’une filière d’excellence

  Ce mercredi 4 septembre, le Conseil départemental a donné rendez-vous aux différents acteurs de la filière des Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales (PAPAM) et aux médias, à la Plaine des Palmistes puis à Saint-Pierre, pour présenter la stratégie départementale mise en place en faveur de cette filière, qui possède tous les atouts pour s’organiser, se développer et prospérer. 

Cette production a été identifiée parmi les secteurs innovants à forts potentiels pour le développement de l’île. C’est pourquoi, le Département a pris l’initiative de rassembler et de fédérer l’ensemble des acteurs concernés autour d’un projet commun de structuration et de développement, à court et moyen termes, en élaborant un plan PAPAM visant à poser une stratégie claire et ambitieuse d’accompagnement et de développement.
 

Une filière en manque de moyens, de structuration, de projets d’avenir et pourtant, aux atouts indéniables

  La filière PAPAM est peu organisée et relativement discrète. La majorité de ses acteurs n’est pas regroupée au sein d’associations ou de structures, une situation qui ne permet donc pas d’avoir une autorité stratège de la filière. Du fait de la méconnaissance des acteurs du secteur et des initiatives prises, une véritable politique d’appui pour le développement des PAPAM n'a pu être élaborée. 

Comme l’a souligné le Vice-président du Département, délégué aux affaires agricoles, les zerbaz péi ont toujours constitué un des terreaux de la tradition, de la culture, et du patrimoine réunionnais « Mis à part le géranium, jusqu’à récemment, aucune filière véritable n’existait. Aujourd’hui, est donc une étape fondamentale et fondatrice pour les PAPAM car nous avons intégré leur développement parmi les grandes ambitions du projet AgriPei 2030. La production peut en effet devenir une filière d’excellence, porteuse de développement économique, de richesse et d’emplois tout en préservant tout un pan traditionnel de notre savoir-faire péi ».

Une étude pour structurer la filière, lui donner les moyens de son développement et une visibilité sur les années à venir

  L’étude, commandée par le Département fin 2018 et restituée ce jour, a permis de mieux cerner l’enjeu autour de cette filière, l’organisation des acteurs et d’établir un plan de développement concerté pertinent. 85 acteurs ont été audités pour dresser un état des lieux de la production. « Cette filière est l’occasion de réconcilier la biodiversité locale exceptionnelle avec des enjeux économiques et scientifiques majeurs.

Ce projet d’intérêt général et d’intérêt patrimonial, que nous portons dans une démarche partenariale, rassemble et fédère l’ensemble des acteurs du secteur.  Nous tenons à ce titre, à saluer et à féliciter les partenaires de la filière ici présents pour leur engagement à travailler sur ce vaste projet. Les PAPAM sont une niche pour le monde agricole. Nous avons la matière première. Nous pouvons donc alimenter plusieurs industries installées sur notre territoire, et non dans de grands laboratoires implantés à l’extérieur de l’île. Il est donc nécessaire de s’organiser, et ce point est essentiel, pour que cela soit La Réunion qui gagne. Plus que jamais, nous devons entrer en résistance » a déclaré Le Vice-président.

Une feuille de route co-construite, un plan élaboré et bâti autour de 5 axes

  Le Plan PAPAM n’est pas seulement un projet de développement d’une filière. C’est un véritable projet de territoire, qui s’inscrit dans la durée et dans une dynamique d’innovation, pour conjuguer La Réunion, terre d’excellence agricole, avec une terre de soin, une terre de bien-être, une terre d’innovation en matière de pharmacopée naturelle. La feuille de route, co-construite au sein du comité de pilotage, a permis d’élaborer le plan présenté ce jour et bâti autour de 5 axes clés. Pour chaque action, un pilote a été identifié ainsi qu’un objectif de réalisation.
 
  • consolider la structuration de la filière, un chef de file/organisateur a été identifié pour agir sur la réglementation ;
 
  • optimiser sa valeur ajoutée économique en mettant l’accent sur les démarches qualité, en développant les unités de transformation, en sécurisant l’écoulement de la production, etc ;
 
  • renforcer les phases de recherche et de développement en étant sur un marché spécifique et multi-canaux car la filière a encore besoin de produire de la référence et d’acquérir des connaissances afin de développer sa compétitivité ;
 
  • développer les territoires en incluant les PAPAM comme facteur de développement économique des territoires, notamment pour les Hauts ;
 
  • et protéger la biodiversité en faisant des espaces naturels une zone durable de production, de valorisation économique et de gestion des PAPAM.

Des productions exclusivement bio, ce que recherchent les consommateurs

  509 espèces sont susceptibles d’alimenter les usagers de la filière et les différents marchés, et avec 22 plantes inscrites à la pharmacopée française, La Réunion possède les bases d’une industrie à haut potentiel, en termes de tisanerie, d’extraction de principes actifs, d’alimentation ou encore de cosmétiques. C’est également une filière à haute valeur ajoutée puisque les productions sont exclusivement bio ou sans pesticide, ce que recherchent de plus en plus de consommateurs.

« Toutes les conditions sont réunies pour donner un caractère d’excellence à la filière, et la faire rayonner, tant au niveau local, que national et international. Nous avons un savoir-faire incontestable en la matière et nous possédons déjà les outils de transformation répondant aux exigences techniques et adaptés aux modes et circuits de commercialisation modernes. Il ne manque plus qu’à structurer la filière, lui donner les moyens de son développement et une visibilité sur les années à venir » ajoute le Vice-président.
 

Une projection très précise de la filière à l’horizon 2022

  A l’horizon 2022, les ambitions du plan PAPAM sont formulées. Des PAPAM, plantées en couronne de Parc National, occupent des terrains initialement en friches et des milieux à l’origine dégradés et protègent des zones à fort enjeux écologiques. Le marché local traditionnel s’est développé avec une nette diminution des prélèvements en forêt et une production essentiellement agricole, à 80 % certifiée BIO.

Plusieurs unités de transformation artisanales et une unité industrielle d’extraction de molécules d’intérêt sont opérationnelles et commercent à l’international, notamment avec le secteur cosmétique et le secteur des compléments alimentaires. Les plantes médicinales traditionnelles ont intégré la liste des plantes libérées et la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires, 20 nouvelles plantes médicinales réunionnaises sont inscrites à la pharmacopée française.

Plusieurs micro-régions de l’île ont réussi à associer leur image à des PAPAM identitaires et culturelles en faveur de l’agro-tourisme. « La démarche défendue est ambitieuse et porte une véritable vision de développement avec une image très précise de ce que devra représenter la filière à l’horizon 2022. Le Département sera particulièrement actif et attentif à la pleine mobilisation des aides départementales et européennes pour atteindre les objectifs fixés » a conclu le Vice-président.
Jeudi 5 Septembre 2019 - 15:00
Département de La Réunion
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