Faits-divers

Pour quelques bulles de plus : "Le repaire de la murène" ou "Le Monde du silence" ?

Vendredi 26 Octobre 2018 - 15:58

Correctionnelle Vendredi 26 octobre, Champ-Fleuri


Pour quelques bulles de plus : "Le repaire de la murène" ou "Le Monde du silence" ?
Il n’y a pas eu mort d’homme aussi nous permettons-nous cette petite légèreté… Quand on parle de scaphandre, l’image de Jacques-Yves Cousteau n’est jamais très loin. Et dans les fonds sous-marins, il y a toujours quelque murène qui rôde, comme chez Franquin. Une murène qui, justement, ce jour-là, causa des soucis à un moniteur de plongée au-dessus de tout soupçon.

Pas question d’à-peu-près en plongée

Patrick F. est moniteur de plongée, et un moniteur capé, qui plus est, paré qu’il est de tous les diplômes possibles et imaginables. Depuis plus de 25 ans qu’il exerce son métier (sa passion, son art) chez nous, il n’a connu que de très rares incidents n’ayant jamais tiré à conséquence. Il peut même se targuer de collectionner un nombre flatteur de lettres d’éloges.

Le 13 octobre 2017 à Saint-Paul, pourtant, un tout petit écart de rien du tout a bien failli mal se terminer pour lui. Il n’y eut rien de grave mais rappelons que, voici pas si longtemps, des sorties en plongée se sont mal finies à Grands-Bois et ont fait perdre à un moniteur ses qualifications. Car dans ces sports où l’on frôle la mort de très près (plongée, alpinisme, escalade, canyoning, charrette etc.), l’à peu près n’est pas de mise et les écarts sévèrement sanctionnés par les cours et tribunaux.

Patrick effectue, selon ses dires, quelque 500 plongées par an. Ce jour-là donc, il voit arriver dans son Club deux jeunes femmes désireuses d’effectuer une plongée de presque-débutantes. "Presque", à savoir que ces deux dames, dont une gendarmette, ont déjà plongé six ou sept fois. Autrement dit pas grand-chose. Avec ces quasi-débutantes et un troisième adepte, hors de question de descendre trop profond, les règles du scaphandre autonome étant, à juste titre, d’une sévérité à laquelle il est fortement déconseillé de déroger. Les conséquences peuvent être fatales.

Le repaire de la murène (Spirou et Fantasio)

La plongée se passe sans incident. Même Jojo-le-mérou est ailleurs ; mais… vers les "moins douze mètres", une grosse murène pointe le bout de sa sale gueule. Vous avez déjà vu une grosse murène sortant le museau de son trou ? Moi si. C’est angoissant. C’est visiblement méchant. C’est impressionnant. Ça fout la trouille… mais c’est fascinant.  On sait qu’il ne faut pas s’approcher de trop près : si l’épouvantable bestiole vous chope ne serait-ce qu’un doigt et se retire au fond de son repaire, il ne vous reste que deux solutions : vous vous coupez la main… ou vous déquillez aussi sec (si j’ose dire !)

Là, rien de tout ça : pas folles, les guêpes, elles restent à distance mais dépassent le seuil de descente autorisé par leur inexpérience… de quelques dizaines de centimètres. Mais rien de tragique, là encore.

La remontée se passe sans incident notable, sauf que la gendarmette ressent quelques nausées, de petits soucis auditifs et un brin de vertige "rotatoire". À savoir des déséquilibres  survenant quand on tourne la tête trop vite.

Il n’y a là rien de vraiment inquiétant mais Patrick, très au fait de ses responsabilités, décide de prendre toutes les précautions : oxygénothérapie et caisson hyperbare, sait-on jamais. Cela n’ira jamais plus loin mais voilà que la victime (un bien grand mot), après avoir reconnu qu’elle s’était toujours sentie en parfaite sécurité, porte plainte contre le moniteur et lui réclame pas moins de 3.500 euros.

Ce pourquoi l’affaire arrivait ce matin devant les juges de la Correctionnelle de Champ-Fleuri.

Procureur ? Plongeur ? Escaladeur ?

Où nous apprenons, par la grâce du Président Bernard Molié que dans notre douce France hyper légiférée, il y a aussi un Code des Sports. Si ! Elle est nouvelle, celle-là, ça vient de sortir. Si l’on n’y prend garde, vous verrez bientôt éclore un Code du rougail saucisses. Et pourquoi pas un Code de la connerie législative ?

Nous apprenons que les "barotraumatismes" (non, ce n’est pas une insulte : inconvénients de pressurisation) se produisent le plus souvent dans la zone de remontée proche de la surface, là où il ne peut y avoir en principe aucun risque. Donc la faute à personne.
Le Procureur Pierre Bernard cache bien son jeu ! Dans ses réquisitions, très claires mêmes si très techniques, nous saisissons que ce digne représentant de la loi est un technicien très affûté des choses de la plongée et de l’escalade. Il est dans son bain, si l’on ose dire.
Le Procureur Bernard explique les difficultés de ce métier dans un milieu dangereux par définition car nous n’y sommes pas chez nous. Expliquant que les règles laissent toujours une part d’interprétation aux professeurs les plus chevronnés. Et disant son opinion d’expert selon laquelle il n’est pas certain que le barotraumatisme soit lié à la profondeur de la plongée. En fonction de quoi, M. Pierre Bernard sollicite juste une peine de 300 euros d’amende avec sursis.

Du mouron pour le bâtonnier Georges-André Hoarau qui a dit son émerveillement devant le monde sous-marin… au cinéma. Ajoutant juste que la palanquée (le groupe de plongeurs-plongeuses) n’avait fait que céder au chant des murènes. Pardon, des sirènes ; même s’il n’y a pas plus de Charybde ni de Scylla que de beurre en broche dans nos parages îliens.

Le tribunal a accédé aux sollicitations du Procureur : 300 euros avec sursis, et un petit 1.500 euros de dommages-intérêts à celle qu’on préfère appeler "partie civile" que "victime".

POST-SCRIPTUM :

Faut quand même pas rigoler !

Le ton volontairement léger de cette chronique ne signifie pas que la plongée sous-marine doive se traiter avec légèreté : ce sport est éminemment dangereux si l’on néglige des règles pourtant simples à respecter.

Je veux ici saluer la mémoire d’un ami d’adolescence et de jeunesse, Jean-Luc Fressard, avec qui nous avons parcouru à peu près tout ce que l’île compte de sentiers de haute montagne. Ce sportif accompli avait atteint tous les niveaux de qualification en plongée autonome et je ne peux citer aucun nom de personne plus prudente que lui. Pourtant un jour, Jean-Luc n’est pas remonté.

Il en fut de même de Léonard, le plongeur le plus expérimenté de l’océan Indien, ancien VAT arrivé chez nous vers la fin des sixties… et qui n’en est jamais reparti.

Même la plongée en apnée peut être redoutable. Je connais un parfait abruti qui, à Mayotte voulut récupérer la flèche de son arbalète et le mérou qui s’était barré avec. Il est descendu jusqu’à une grotte à 20 mètres de profondeur où la mutine bébête s’était réfugiée.

Question de fierté mal placée, je présume ?

Ses copains sont allés à sa rescousse car il manquait d’air. Il jura, pas trop tard heureusement, qu’on ne l’y prendrait plus. Lé longue, oui, in’ remontée de plus de 20 mètres, quand ou perde l’air ! Histoire on-ne-peut-plus vraie : cet abruti, c’était moi.

Dommage, diront peut-être certains.
Jules Bénard
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1.Posté par ali le kafhir le 26/10/2018 19:51

le temps lontan lé pu com le temps coméla
zordi mi peut batt dan un pied tamarins saoul et zamalé et la mairie va coupe le pied

2.Posté par SBUBA le 27/10/2018 07:39

on dit souvent:j'ai confiance dans la justice de mon pays.
moi je ne lui fais pas confiance.
n'importe quel pratiquant un peu expérimenté en plongée, sait pertinemment qu'un barotraumatisme ou un accident de décompression peuvent survenir,même Si on on a respecté tous les protocoles très stricts qui encadrent cette activité.
alors pourquoi et au nom de quoi le gars est condamné?
le simple fait de vivre entraine des risques, mais en France faut toujours avoir un responsable,quelqu'un qui porte le chapeau:un maire,un directeur d'école, un médecin ou un moniteur de plongée.
Comme si la fatalité n'existait pas.Nan le bon peuple et surtout la justice a besoin d'une tête de turc.

3.Posté par Antiflic le 27/10/2018 09:52

Il faut vraiment être un gendarme pour déposer une plainte dans ces circonstances
L'argent n'a pas d'odeur !

4.Posté par Jules Bénard le 27/10/2018 10:18

à posté 1 "ali le kafhir" :

Très bien écrit, monsieur.

Le drame... c'est qu'on ne comprend pas un traître mot de ce que vous écrivez !

On ne voit pas le rapport entre le sujet de cette chronique et vos assertions. Pourriez-vous nous en proposer une traduction en bon français ou en bon créole ? C'est comme vous le sentez.

Vous nous obligeriez grandement, merci.

Bien cordialement.


5.Posté par Roberto Payet le 27/10/2018 10:26

Mon cher Monsieur BENARD,
Si il n'est pas d'à-peu-près en plongée, il devrait en être tout autant en journalisme, cela nous éviterait des articles remplis d'inepties, de fausses vérités, de dénigrements, et j'en passe... Mais c'est vrai, je parle de journalisme, accessoirement de code déontologique... Oui tiens, je reviendrai plus tard sur cette notion de code qui semble totalement vous échapper... Au demeurant votre ton aurait été intéressant et agréable, si il ne s'associait pas à autant d'imprécisions qui je l’espérais n'étaient pas liés à un manque de travail certain de vote part. Il se peut que même faire de l'humour, ne soit pas à la portée du premier quidam venu et qu'il ne suffise pas de s'affubler de titre de journaliste pour en être un. Heureusement dans ce pays ou tout est extrêmement codifié, la liberté d'expression reste un droit absolu même pour le plus sombre des trublions.
Vous relatez des faits sans jamais nous donner la moindre précision, le vague vous va si bien! Il aurait été intéressant d'étayer votre article et vos propos de notions telles que le niveau des plongeuses cela vous aurait alerté sur le fait que ces personnes effectuaient un énième baptême de plongée, oui cela peut paraître surprenant au bout de 7 immersions, mais sans jamais avoir passé de niveau en structure, vous restez dans la catégorie baptême de plongée, ce qui implique que vous ne pouvez pas excédez la profondeur de 6 mètres tout en étant encadré par un moniteur. La notion d'obligation de moyen et de résultat vous parlera! Alors de la à glisser de quelques centimètres pour se retrouver à -12 mètres, vous avez une notion du centimètre tout à fait intéressante et très personnelle, cela vous arrange peut-être... L'autre notion importante dans un baptême de plongée c'est qu'il faut 1 moniteur pour 1 plongeur, dans cette palanquée (groupe de plongeurs effectuant une plongée ensemble) vous retrouvez 2 baptêmes et une plongeuse en formation!!! Mais cela ne semble pas plus vous émouvoir... Trop occupé que vous êtes à découvrir que la plongée est réglementée par le code du sport, j'ose espérer que ce moment d’ignorance vite comblé par le procureur vous servira lors de prochains articles (auriez vous des comptes à régler avec le procureur?)... Ignorance que l'on retrouve dans vos lignes sur la faune sous-marine et cette description romanesque voire julesvernesque d'une murène... Je n'ose imaginer ce que vous pouvez écrire sur le sensible sujet de la crise requin... En travaillant un peu, vous auriez aussi découvert qu'un barotraumatisme peut avoir des conséquences graves, telles que la surpression pulmonaire et que barotraumatisme implique des lésions liées à la variation de pression. Un barotraumatisme de l'oreille peut donc avoir des répercussions importantes sur l'intégrité physique d'une personne... Votre dénigrement quant à son statut de victime me laisse perplexe, auriez vous des notions de médecine qui m'auraient échappées? Vous devriez commencer par en avoir en physique et vous auriez découvert, "euréka" que la variation de pression entre 0 et 10 mètres est la plus importante. Vous auriez aussi pu vous interroger sur la notion de mise en danger d'autrui...
La seule légèreté qui apparaît ici ne vous en déplaise, c'est celle de votre travail...
Bien à vous[

6.Posté par PEC-PEC le 27/10/2018 11:20 (depuis mobile)

Merci Jules pour cette promenade au tribunal. Décidément ces gendarmes sont prêts à tout "pou gagn un ti monaie". Bien aussi cette preuve d''humilité pour mettre en garde sur le danger de la plongée.

7.Posté par Kom i antan le 27/10/2018 12:04

Ali, kit mi tash mwayin fé sak Jules Bénard i di, si ou ve byin.

Lo tan lontan la pi kom lo tan koméla. Zordi, si mi bat dann in pié tamarin, sou, zamalé, la méri va koup le pié tamarin...

Le tan lontan lé pu kom le tan koméla. Jordu, si mi bat dan in pié d tamarin, la méri va koup le pié d tamarin...

Le temps d'avant n'est plus le temps présent. Aujourd'hui, si je heurte un tamarin, la municipalité décidera d'abattre l'arbre...

8.Posté par Kom i antan le 27/10/2018 12:07

Ali, ékout pa li, Jules Bénard i konpran tré byin kosa ou la ékri...
Li di sa jus pou kas a ou lé kui !

9.Posté par Kiki le 28/10/2018 12:27 (depuis mobile)

Ali, "kit mi tash" kezako ? Ecrit creole lo pli simpplément pou com sa domoune i gaigne lire ! Si sakaine i ecrit com li ve comment y ve y comprende a zot ? Bengali ! Avec zot capes creole ns le pli bze...

10.Posté par Kiki le 28/10/2018 12:49 (depuis mobile)

Le tamarinier c sûr va reste là.personne n''ira l''abattre.s''il n''est pas clamse au volant,la justice se fera un plaisir de s''occuper de son cas.on abat pas des arbres plus que bicentenaire com sa,il y a des défenseurs pr sa. 1 allusion pe etre?

11.Posté par Kom i antan le 28/10/2018 20:08

Ô Kiki, koman i lé ?
" Kit mi tash mwayin " = " Kit mi fé d fason " = " Lès a mwin ésèy "...
An fransé : " Laisse moi tenter de "
Kosa capes kréol i vyin fé ladan ?

12.Posté par Kom i antan le 28/10/2018 20:53

Té Kiki, si ou ve ékri kréol sinpleman, akoz ou ékri " simpplément " ? Mi trouv sa konpliké, mwin !
Kréol i di pa " gaigne ", Kréol i di pa " comprende ", Kréol i di pa " clamse ". Kosa i ve dir " bze ?
Alor Kiki, a ou minm i ékri kréol kom ou ve, non ?
Parkont, out post 9, sé in vré fransé-koshon, ou di pa, ou ?

13.Posté par Kiki le 29/10/2018 09:44 (depuis mobile)

Bof!C pas un langage soutenu mon français et j''vais pas écrire en employant le passé du subjonctif.ouais,ke sa ne vs plaise,creol i dit bien gaigne,comprende,baise.mi ecrit le creol com mi prononce.pas avec des "z""k""w" a tout va!...

14.Posté par Kiki le 29/10/2018 09:59 (depuis mobile)

Dsl ! L''allusion ct en rapport avec un certain maire qui voulait abattre des tamariniers ds l''Ouest de l''île pr la réfection de la chaussée.Après suis pas kiki l''embrouille moi,hein ! Écrit out creol com ou ve,mi lira pa,vu ke mi gaigne pas.sans plus

15.Posté par polo974 le 29/10/2018 13:55

j'allais poser la question "mais à quoi sert la rubrique justice ?", à croire qu'ici, les délibérés ne sont pas justes...

16.Posté par Kom i antan le 29/10/2018 14:18

Mersi Kiki pou kit à mwin ékri kréol kom mi ve, mé si ou kritik à mwin, mi pran le tan ésplik a ou.
Eskuz a mwin si mon bann z, k, w i grafin' a ou...

En revanche, le Français, vous ne pouvez pas l'écrire comme vous l'entendez. Il a ses règles que vous devez respecter, ne serait-ce que par respect pour vos interlocuteurs ! Alors, s'il vous plaît Kiki, mettez un s aux noms au pluriel et n'écrivez pas " com sa ", mais " comme ça ".

Ni artrouv ?

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