Culture

Pour mieux connaître notre histoire : Deux thèses indispensables qui se lisent aisément

Vendredi 2 Juin 2017 - 15:09

Il est des livres incontournables quand on veut se plonger dans l’histoire locale un peu au-delà des idées toutes faites et des imageries d’Epinal qui n’expliquent pas grand-chose.

C’est le cas avec ces deux ouvrages que nous vous proposons ici :

-" La main-d’œuvre du sucre – De l’engagisme au colonat – 1848/1914 ", de Xavier Leterrier ;

-" Faire du sucre à La Réunion, une technologie créole d’excellence, 1783/1914 ", du même Xavier Leterrier et de Jean-François Géraud.

Levons tout-de-suite une prévention courante : si les thèses d’histoire ne sont pas souvent accessibles au grand public (c’est tout un style, faut aimer, faut du temps), là, ce n’est absolument pas le cas : le style a été longuement travaillé, cela se sent dès le début, justement pour que le lecteur moyen, vous, moi, eux,… s’y sente à l’aise dès les premières lignes.

Les titres parlent d’eux-mêmes. Le premier cité nous emmène dans l’intimité des travailleurs des champs, jusque dans leurs modestes cases, pour les faire vivre sous nos yeux, au jour le jour. Ouvrage d’anthropologie sucrière ET humaine, c’est une grande première. C’est un hommage aux travailleurs les plus humbles. Une très heureuse surprise car l’auteur sait de quoi il parle et sait faire comprendre ce qu’il aime. On adhère aisément au propos.

Le second livre nommé a été écrit à deux mains sans que les deux ne se gênent une seconde. Cette fois, on nous rend un peu plus fiers d’être dans une île à sucre qui a toujours su innover et servir d’exemple aux autres régions sucrières de la planète. Et il y en eut, de l’innovation, de la recherche, de l’invention !

Xavier a co-écrit (et co-cherché on suppose) avec Jean-François Géraud, maître de conférences. Tous deux passionnés par l’histoire sucrière de Bourbon, ils nous restituent ici le meilleur, la quintessence de cette histoire.

Jean-François Géraud est par ailleurs l’auteur de deux passionnants ouvrages : " Les maîtres du sucre " et " Les esclaves du sucre ". Ou l’histoire agro-industrielle rend à l’être humain sa juste place : le premier plan.

Ce qu’il y a de formidable, même au bout de quelques pages, est qu’on en ressort avec la nette impression d’être un peu moins ignorant qu’en entrant. Performance et chapeau bas, les auteurs.

Si je vous dis que Jean-François Géraud est le père d’un journaliste de pointe, Geoffroy, vous n’en serez guère surpris akoz ti poule i fé pas ti canard. Quant à Xavier Leterrier, il est le fils de Jeannine Bénard, issue d’une famille ayant baigné toute sa vie dans le sucre, au Gol, et de " Fox " Leterrier, que j’ai la faiblesse d’aimer.

Joyeuse et saine lecture.
 
- " La main-d’œuvre du sucre – De l’engagisme au colonat 1848/1914 "… Disponible au Centre de recherches Emile-Hugot de Stella Matutina. 15 euros

- " Faire du sucre à La Réunion, une technologie créole d’excellence, 1783-1914 " avec Jean-François Géraud, maître de conférences. Disponible sur réservation auprès de Xavier Leterrier à Stella.
Jules Bénard
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1.Posté par Richeman Singamy le 02/06/2017 18:10

Je ne connaissais pas, je vas m'empresser de les acheter. merci pour le partage.

2.Posté par KLOD le 02/06/2017 18:38

merci à ces travailleurs de notre histoire.

3.Posté par patrick le 03/06/2017 11:42

Nan il y a beaucoup mieux, une thèse sur la Réunion faite par une zoreille de métropole (réf. à venir).
Rechercher vos sources neutres et objectives plutôt que ces descendants et pseudo-universitaire et médiocre journaleux convertis à la cause des notables du 97-4. Question de gamelle -universitaire ou autre- et de la longueur de la laisse de ceux qui ont installé "l'alcool-onisation" à dessein pour accroître uniquement leurs gains individuels.

4.Posté par Jules Bénard le 04/06/2017 10:55

à posté 3 patrick :
Je savais que la connerie pouvait être infinie.
Pour ce qui vous concerne, faudra trouver autre chose :
L'infini ne suffit plus !

5.Posté par raphael le 04/06/2017 12:58 (depuis mobile)

Patrick, par expérience vue et revue, les pseudos defenseurs des minorites de couleur, des pauvres, voire des animaux, sont souvent issus de la meme branche qui les asservit, les fait souffrir et s''en servent pour se gorger d''emotion ou d''ideal.

6.Posté par raphael le 04/06/2017 13:01 (depuis mobile)

Je voulais dire les 2 faces d'une meme piece. Certes pas toujours, on les reconnait alors s'ils y ont a perdre (les plus honnetes), et partagent leur sort au besoin. Pas dans les academies de theoriciens. Je prefere ecouter un descendant plutot.

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