Faits-divers

Pour le vieillard qui a poignardé sa compagne, "qui aime bien, châtie bien"

Lundi 5 Novembre 2018 - 16:44

Christian Amelot, 72 ans, n’a pas le profil du criminel. Avec sa longue barbe blanche et son crâne dégarni, il peine à se déplacer malgré la canne sur laquelle il repose son poids. Ce détenu n’est plus tout jeune après tout. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il tue de 10 coups de couteau sa compagne, le 7 avril 2017, chez elle, Cité Fatak à Bois-de-Nèfles, Saint-Paul. Il est jugé ce lundi et mardi devant la cour d’Assises.
 
Jessie Sophie, 55 ans était une femme alcoolique qui se montrait parfois violente et insultait son concubin et son voisinage lorsqu’elle avait bu – c’est à dire, quotidiennement. Son fils le confirme. Mais lorsqu’elle était sobre, "c’était une maman formidable", affirme ce fils, confié à son père à l’âge de 5 ans, loin des "problèmes d’alcool".
 
Le couple, dont la boisson était un mode de vie, connaissait des disputes violentes et fréquentes. Des violences souvent sur fond de jalousie pour Christian Amelot, persuadé qu’il était "cocu". "Va te faire foutre", lui aurait-elle répondu à plusieurs reprises. Malgré deux plaintes pour violences déposées par Jessie Sophie à l’encontre de son compagnon (dont une condamnation) et la présence de cette homme qu’elle voulait voir partir de chez elle, leur voisine de palier la décrit comme "une femme qui savait se défendre". "Quand j’ai appris qu’il l’avait tuée, je m’étais dit qu’il avait dû faire ça alors qu’elle dormait", raconte-t-elle devant les jurés.
 
"J’étais en colère, je voulais la tuer"
 
Et c’est bien ce qu’il a fait. Au réveil d’une sieste, Christian Amelot était de très mauvaise humeur et encore saoul. Sa compagne somnolait sur le canapé, avec 2,85 g/litre de sang. Il avait alors pris le couteau sur la table de séjour et l’avait poignardée. Quelques minutes plus tard, il appelait les secours. Après avoir donné l’adresse, il déclarait au standard du Samu : "Je viens de tuer ma copine, répondez". Pas saoul mais plutôt "dans le coaltar" selon le gendarme en charge de l’enquête. Et à l’arrivée des forces de l’ordre : "Ça va, j’ai déconné, on va pas refaire l’histoire".
 
Son attitude devant la cour est la même que ce soir-là. Ce vieillard qui entend mal semble faire au mieux pour répondre simplement et honnêtement aux questions de la présidente d’audience. "C’est elle qui a commencé avec les coups de canne donc je rendais, raconte-t-il, j’étais en colère, je voulais la tuer". Sans honte ni regret, Christian Amelot explique que c’était le "destin", et que "l’amour ça peut détruire". Rien d’anormal donc, à se montrer violent "quand on aime". "Qui aime bien châtie bien", ajoute-t-il avant qu’une poignée de personnes ne quitte la salle, outrée. Il poursuit : "Elle voulait que je parte mais elle était contente de mes 800 euros par mois". Son avocat lui demande : "Vous aviez dit que même si elle vous demandait de partir, vous faisiez toujours l’amour ? – Oui, répond-il, il y a des femmes comme ça".
 
Des propos difficiles à entendre pour les parties civiles qui attendent que Christian Amelot soit "puni". Le verdict est attendu ce mardi.
Soe Hitchon - soe.hitchon@zinfos974.com
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