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Possession: L'héroïne des élèves de l’école Lapierre parle français et créole

Mardi 28 Mai 2013 - 16:58

Possession: L'héroïne des élèves de l’école Lapierre parle français et créole
L'apport linguistique usant du bilinguisme français/créole n'est pas qu'une affaire de grandes personnes. La marmaille de la classe de CE1 de l’école élémentaire Henri Lapierre de La Possession le prouve.

Les élèves y sont allés de leur coup de crayon pour écrire un livre dont l'originalité tient de son approche avec les deux langues qui parcourent notre île. Le livre, intitulé "Charline la chipie – Z’histoire Charline Ti piment" vient d’être imprimé à 300 exemplaires et les enfants vont le vendre pour s’offrir une sortie à la mi-juin dans un poney-club.

Possession: L'héroïne des élèves de l’école Lapierre parle français et créole
Ecrit par des enfants pour des enfants, "Charline la chipie" est née par petites touches, venant évidemment des enfants mais aussi de leurs parents ou de leur accompagnateur, Patrice Treuthardt, qui a élaboré la partie créole. "Les dessins des enfants, présents dans le livre, ont été fidèlement repris par une maman d’élève de ma classe : Laurence Bramoullé. Ses illustrations sont très belles et sont également présentes dans ce livre", partage avec fierté Sandrine Marvilliers, enseignante.

Dans le cadre d’une démarche initiée par l’association RéuSit, destinée à familiariser les élèves au monde de l’entreprise, la classe s’est emparée du thème et a monté son propre projet d’entreprise avec pour objectif, la réalisation du livre. C’est ainsi que Charline et ses aventures sont nées.

Imaginer l’histoire, la rédiger, dessiner, trouver une illustratrice, un poète écrivain pour la partie créole des textes, faire imprimer le livre, penser son édition et sa distribution... Aujourd’hui, la naissance et la vie d’un ouvrage n’ont plus de secret pour ces auteurs en herbe qui posent un regard tendrement ironique sur les rêves et la réalité d’une petite fille qui pourrait bien leur ressembler.

Charline la chipie sort donc prochainement. Le livre sera présenté par l’ensemble de la classe à la médiathèque de La Possession le 25 mai prochain à 14h lors d’une séance dédicace. Il sera en vente au sein de l’école primaire Henri Lapierre.
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par Caton2 le 28/05/2013 17:13

Il a fallu faire appel à P. Treuthard pour la partie créole? Les enfants ne parlaient pas assez bien le créole pour l'écrire eux-même?
Encore une de ces initiatives politisées et artificielles, qui ne reflètent en aucun cas les désirs des élèves!!!

2.Posté par 'Tit piment le 28/05/2013 18:54

Ecrit en créole ou en pseudo créole ?
Quand je vois écrit "ti piment" en une de couv', j'ai des doutes.
Quant au bilinguisme, il n'y en a pas à La Réunion.
Il n'y a qu'une petite diglossie.
Pour une seconde édition, je veux bien mettre les textes en bon créole.
Armand GUNET

3.Posté par Sandrine Marvilliers le 28/05/2013 19:20

A "Caton 2", personne anonyme qui vient de commenter :
Je suis l'enseignante de cette classe. La première version créole a été faite par les enfants, en classe avec mon aide, mr Treuthard est intervenu pour nous aider à l'améliorer, les enfants ont été enchantés de s 'exprimer en créole en classe, et enchantés de son intervention.
Les enfants sont les seuls auteurs de l'histoire créole, de l'histoire en français, de la création des personnages.
Cette initiative n'est ni politisée, ni artificielle, et reflète totalement le désir des élèves.
.
Je vous invite à rencontrer les élèves et feuilleter leur livre. Vous ne pourrez plus douter de la sincérité et de la passion qui anime ce projet, quand les enfants partagerons avec enthousiasme l'histoire de cette aventure, comme ils l'ont fait samedi à la médiathèque de la Possession.
Venez rencontrer les enfants à la présentation du livre à la librairie Gérard le samedi 22 juin à partir de 15 heures. Nous vous attendons avec le sourire !

4.Posté par Caton2 le 28/05/2013 19:36

3. Dont acte Sandrine. Merci de votre réponse.

5.Posté par Sandrine Marvilliers le 28/05/2013 22:43

A Monsieur Gunet.

L'écriture utilisée dans ce livre n'est pas du "mauvais créole" comme vous semblez l'étiqueter. C'est l'écriture étymologique qui est utilisée, pour faciliter la lecture pour tous les enfants qui liront le livre. C'est l'une des graphies (re)connues pour le créole. Personnellement, lorsque j'écris en créole, j'utilise la graphie kwz.
Il est bien dommage que vous ne considériez pas le créole comme une langue à part entière, c'en est pourtant une : elle possède une grammaire et ce n'est pas parce que la graphie n'est pas normalisée que cela peut lui enlever ce statut. La diglossie dont vous parlez est entretenue de part le fait que la langue créole est dévalorisée, et c'est ce que vous faites ici.
Je vous propose de revoir votre point de vue et de vous dire que les enfants qui vivent à la Réunion ont la chance de côtoyer deux langues (certains, plus) et de devenir rapidement bilingues. De plus, les compétences métalinguistiques qu'ils développent en utilisant ces deux langues et en les comparant sont transférables à l'apprentissage d'autres langues. Si l'on y ajoute le côté culturel, je ne vois que des avantages à cette situation. Encore faut-il que l'on encourage les enfants dans cette voie. C'est ce que je vous invite à faire.

6.Posté par ARRETE COSER le 29/05/2013 06:32

Arrêtez de taper sur cette enseignante . ele fait un projet avec ses élèves. le projet aboutit .
Bien sûr , pour en arriver là , il y a eu du boulot. Au lieu de l'encourager; on se met uniquement à la critiquer . Moi , je dis : BRAVO ! BRAVO !
Voilà un exemple à exploiter pour le (periscolaire).
Encore une fois; BRAVO!

7.Posté par Ray_au_Port le 29/05/2013 09:21

J'ai connu quelqu'un de Saint-Pierre qui portait ce même patronyme.
Encarté PCR jusqu'à la racine des cheveux !
Dans le KK jusqu'au cou !
Ceci explique peut-être cela ! ! !

8.Posté par noe le 29/05/2013 09:22

Tant que ce n'est pas de la poudre , j'adhère

9.Posté par yabos le 29/05/2013 09:26

Bravo, bravo. Avec cette grande oeuvre, nous allons entrer dans la légende de conteurs. Au fait, sans être un grand voyageur, je voyage deux fois chaque année pour voir au delà de mon grain de sable, la Réunion. Je dois vous dire que partout où je pose mes pieds pour quelques jours, au delà de la langue du pays, on ne parle que l'Anglais, en aucun cas le Français et le créole. Alors, voyez ce qui vous reste à faire.

10.Posté par la crise le 29/05/2013 10:49

Si c'est la graphie étymologique, j'adhère totalement. Mais lorsque l'on dit que c'est une graphie (re)connue pour le créole........ Vous avez bien fait de mettre (re) entre parenthèses. Dans les faits, elle est totalement proscrite par les "mandarins" auto-proclamés gardiens du créole.

Je vous dis bravo pour le travail d'écriture, de création, entrepris avec vos élèves. Comme le dit post 6, c'est du boulot. Je sais ce que c'est. Je ferai tout mon possible pour être là, le 22 juin.

11.Posté par Gérard Jeanneau le 29/05/2013 13:27

Erreur au commentaire 5 : il n'y a pas véritablement bilinguisme quand on parle le créole et le français, mais plutôt diglossie, les deux langues étant soeurs jumelles. Je suis sûr que, dans ce cas de figure, aucun créole n'ose écrire bilingue dans son CV, sinon on ferait rire le patron qui cherche à recruter... et même les oiseaux. La diglossie n'appauvrit pas la langue; et, dans le cas du créole, c'est bien sa graphie proposée qui l'appauvrit : l'offis la lang nous sort de ses fourneaux un créole bâtard, simplifié à l'extrême, calciné, bref, un créole SMS. On fait les plus grands efforts pour faire disparaître toute trace du français, comme pour faire oublier les vilains colonialistes. Ainsi le sin de Saint-Denis met tous les sin d'accord, le sin d'une dame, le sin du notaire. Que de sin à fêter le jour de la Toussin ! Et les Sinwa sont aux anges en étant si près des sin et du bon dié.

Le français a l'art d'adopter la langue d'Albion : on ne se prive pas de voler chez l'aimable voisin, on garde les mots tels quels, sauf pour beefsteak qui présente deux autres graphies : bifteck et biftèque. On ne change rien pour les autres : football, footing, et je cite le dernier de chez Robert, le low cost. Adoption plénière ! On ne considère pas les français comme de pauvres abrutis en proposant la graphie lo cost. Le mot office que l'offis la lang a martyrisé de son mieux est employé en anglais sans modification de sa graphie. Eh oui ! nos anglais aussi nous volent des mots français, comme debris qui perd seulement son accent aigu. Nos voleurs de mots français savent tout de même nous respecter.

Qu'en pense l'institutrice qui s'exprime dans un français approximatif ?

P. S. Je vous propose de... et de vous dire
de part le fait que
quand les enfants partagerons

12.Posté par Sandrine Marvilliers le 29/05/2013 18:30

Je remercie les personnes qui encouragent ce projet, je vous promets que je transmettrai vos messages aux enfants. Ils seront ravis.

Pour répondre à certains, loin de moi l'idée de rentrer dans le vieux débat diglossie/bilinguisme, L'option que j'ai choisie pour l'écriture de la partie en créole est la graphie étymologique, j'ai déjà expliqué la raison de ce choix auparavant (post 5).

L'important est de reconnaître le travail des élèves et de savoir qu'ils ont été très contents de s'exprimer en français comme en créole.
J'invite de nouveau tous ceux qui le veulent à rencontrer les enfants lors de leur séance de dédicace le 22 juin à la librairie Gérard de Saint-Denis, vous ferez des heureux ! Ils ont un enthousiasme débordant et peuvent vous parler de Charline pendant longtemps.

Qui sait, monsieur Jeanneau, peut-être partirez-vous avec votre exemplaire du livre dédicacé sous le bras ?...

13.Posté par A madame Marvilliers, post 5 le 29/05/2013 19:56

Shèr madam,
Justeman si. Sé bien parske lékritur de notr patwa a été élwanié volontèrman de notr propr lang kil i a problèm. Vou mèm vou rekonésé ékrir abituèlman an kwyz. Pourkwa nékrivé-vou pa an ékritur étimolojik ? Pourkwa utilizé une ékritur barbar ? Ès kil vou viendré a lespri dékrir an fransé kom je le fé aktuèlman ? Kar sé bel é bien du fransé ke je rédij mintenan la. Sé tou sinpleman du fransé fonolojik. Je vou propoz un test : doné a lir sé lign a vo zélèv pui demandé-leur de lé rédijé an fransé kouran.
Ne pansé-vou pa kon va bien rir ? Lwin de mwa lidé de moukaté le travay de vo zélèv. Je veu just vou montré le ridikul d’une grafi don le bu é bien de sélwagné o maximom de lorijin istorik de sé mo.
Vou zèt dan léreur é vou le resté avek lapui du rektora kan vo kolèg é vou pratiké le kwyz.
Sésé de dir a vo zanfan ke nou pratikon le bilinguism. Une lang plus un patwa, sa fé une diglosi, madam, pa un bilinguism.
Le fransé é notr lang, madam é sé la plu bèl lang du mond, nou devrion an ètr fièr.
Résaman, jé u une réunion avek le komité de pilotaj pour une nouvèl grafi du patwa dici. Swa dizan konsansuel.
Tou sé Kréol avé onte de seksprimé an fransé. Eu osi, il panse ke le kréol é une lang.
Mwa, je di stop avek sa !
Arman Guné
Post scriptum : Vous assurez utiliser l'écriture étymologique, alors, en couverture, pourquoi " ti piment " au lieu de " 'tit piment " ?

14.Posté par Sandrine Marvilliers le 29/05/2013 21:59

Monsieur Gunet,

Je vois que le sujet vous tient à cœur et que vous cherchez le débat.
Je reconnais que j’ai peut être été trop virulente dans ma première réponse alors que vous me proposiez de remettre le texte en « bon créole » pour une réédition (je vous remercie de votre optimisme pour la réédition !).

J’avais ressenti que vous remettiez en question la qualité de notre travail, et comme ce projet et le livre qui en est la résultante me tient particulièrement à cœur, j’ai répondu « à chaud ». Ici vous m’affirmez que vous ne cherchez pas à « moukaté » le travail des élèves, et je me sens rassurée, ils ne méritent que vos félicitations !
En ce qui concerne le débat de fond, je vous le laisse à vous et autres spécialistes, ce n’est pas mon propos. Mais peut-être que je peux quand même me réjouir du fait que le livre de mes élèves le déclenche une fois encore ?
Cordialement

15.Posté par Au post 14 le 30/05/2013 09:34

Je vous félicite de votre travail si vous avez, effectivement, contrairement aux usages locaux, incité vos jeunes élèves à écrire en créole étymologique.
Mais il y a tant de mandarins autoproclamés en écriture du créole qui ne maîtrisent pas l'écriture étymologique.
Pour deux raisons : la première et la plus importante c'est qu'ils refusent d'admettre que notre patois c'est 90 % de mots venus des patois de l'Ouest de la France.
La seconde, c'est qu'à l'IUFM ou en fac, personne ne leur enseigne cette écriture.
Alors, ils baragouinent en kwyz.
Svp, rendez service aux enfants, ne leur dites plus qu'ils sont bilingues. Car ce n'est pas vrai.
Rendez-vous compte du ridicule dont ils se couvriraient s'ils mettaient dans leur CV : Bilingue français-kréol.
Leur courrier prendrait immédiatement la direction de la corbeille à papiers !!!
J'aime beaucoup le titre de ce papier de Zinfos. Je n'aurais pas apprécié : Charline, l'héroïne bilingue.
Si Dieu me prête vie et santé, je me ferai un plaisir de venir rencontrer vos jeunes auteurs le 22 juin.

16.Posté par bravo le 01/06/2013 15:03

je suis une maman d'un élève de cette classe. Je ne peux que dire mille fois bravo à l'enseignante ! je tiens à dire aussi que chaque enfant a au moins un dessin dans le livre, qu'ils connaissent tous par cœur aujourd'hui. merci de votre soutien et j'espère que l'expérience se renouvèlera.

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