Courrier des lecteurs

Peut-on faire confiance aux médias ?

Mardi 26 Septembre 2017 - 10:31

L’émission de #FlashTalk (1) traite de la confiance du public envers les médias. Deux sondages parus en octobre 2016 et février 2017 sur la confiance accordée par le public aux médias « mainstream » donnent ces résultats surprenants :
  • Le premier (commandité par News Republic) : 7% des interrogés pensent que les médias traditionnels sont objectifs, 89% qu’ils donnent une vision faussée de la réalité, et 4% s’informent via les réseaux sociaux.
  • Le second (Sofres commandité par La Croix) (2) : 25% des interrogés pensent que les journalistes ne peuvent être indépendants du pouvoir et/ou de l’argent, 64% qu’ils n’échappent pas aux pressions des partis politiques, 58% qu’ils subissent une influence des lobbies industriels (plusieurs réponses possibles).
Les grands groupes offrent la quasi-totalité de l’information médiatisée, et sont détenus par une poignée de milliardaires (3). La machine à infos s’emballe sous l’effet de l’instantanéité et de la concurrence. Dans le sondage Sofres, les Médias rythment nos vies, 70% d’entre nous sont férus d’infos, et la Télévision représente notre première source, pour plus de la moitié d’entre nous. Les Médias en ligne arrivent deuxièmes, devant les Radios réputées plus fiables. Enfin vient la Presse Ecrite. Journaliste serait le pire métier du monde en 2016, et la France n’arrive qu’en 45ème position au classement mondial de la liberté de la Presse.
D’où vient cette méfiance vis-à-vis de nos sources informatives ?
  • La première raison est qu’il n’y a pas de vérité objective absolue, tout le monde en convient, mais les médias ont tendance à ne pas se remettre en question, ni à mettre en questions les demandes du public, comme un décalage entre l’attente du lecteur et la ligne éditoriale. Selon le film documentaire « Les Nouveaux Chiens de Garde », on voit toujours les mêmes experts, tenant toujours les mêmes discours, notamment dans le domaine économique, politique, ou des affaires étrangères.
  • La deuxième raison vient de la pauvreté de la vie politique française. Deux phénomènes :
    • Une reprise ad integrum des dépêches de l’AFP par les chaînes d’infos continues. L’interview politique fait écho de ces dépêches, mais le discours politique est pauvre, sans recul, formaté.
    • La plupart de ceux que l’on entend tiennent toujours le même discours de propagande. Et d’accuser les extrêmes d’organiser cette propagande, or les grands groupes gèrent l’info : le discours propagandiste ne serait-il pas plus de ce côté ?
Pourquoi Internet offre-t-il un recours ? D’abord, le public d’Internet est jeune, peu enclin à la lecture ou à visionner un journal télévisé. Ils sont les plus sceptiques et les plus souvent sur les réseaux sociaux. Ensuite parce que sur Internet on  trouve de tout. Le surfer d’Internet peut être acteur  à la recherche d’une réponse à son interrogation : c’est le propre des blogs en ligne qui cultivent l’horizontalité (Osons Causer, Le Fil d’Actu, J’suis pas content). Enfin parce que le rapport à Internet a désacralisé l’information « mainstream » : la parole des experts ne vaut pas plus que celle du grand public. On ajoutera que les blogs d’info donnent du sens à celle-ci, en puisant ailleurs les ressources sur tel ou tel sujet, en approfondissant plus que les chaînes d’infos en continu. Un exemple : en août 2016, 15 articles sur la rupture entre Brad et Angelina, quand les migrants de Calais étaient expulsés dans le plus grand silence médiatique officiel. Et que dire de la dernière élection présidentielle, où le vainqueur était le candidat de 90% des médias ? « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de tremper la plume dans la plaie », écrivit Albert Londres.
On peut faire confiance aux médias, puisque ils l’ont dit à la télé. Vraiment ?

www.aid97400.lautre.net

(1)  https://www.youtube.com/watch?v=0-TdhDn8qtI
(2)  http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/02/02/la-confiance-dans-les-medias-poursuit-sa-chute_5073654_3236.html
(3) https://www.youtube.com/watch?v=41lAe0mgjjU
Dr Bruno Bourgeon, Président d’AID
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1.Posté par JORI le 26/09/2017 10:44

"On peut faire confiance aux médias, puisque ils l’ont dit à la télé. Vraiment ? ", pas plus qu'à vous Dr Bruno Bourgeon, Président d’AID, qui faites vos conférences avec votre propre subjectivité!!!.

2.Posté par MICHOU le 26/09/2017 11:31

Effectivement, même si on regarde les débats ou émissions multiples, aujourd'hui le traitement des infos est standard, à de rares exceptions, orienté, tout le monde traite des mêmes choses et souvent ça s'apparente plus à du gala ou closer qu'à du journalisme et c'est dommage.
Quand on se rappelle ARMAND JAMMOT on se dit qu'il est loin le temps où on traitait vraiment de l'info. Pourquoi Elice LUCET a t elle autant de succès? Ou Médiapart ou le Canard car l'investigation a plus de crédibilité que le reste

3.Posté par GIRONDIN le 26/09/2017 12:53

" Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. "
Patrick Le Lay, TF1.

Sur zinfo c'est pour les réunionmous dommage il manque l'affichage sur le site




4.Posté par A mon avis le 26/09/2017 20:14

Bonne analyse des sources d'information actuelles.
Vous citez A Londres :
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de tremper la plume dans la plaie », écrivit Albert Londres.


Beaucoup de journalistes semblent l'avoir oublié !

Entre les médias, il y a d'un côté les "émetteurs" qui sont divers (journaux, télé, vidéos, etc.) et de l'autre côtés les "receveurs" c'est à dire les citoyens.
Si les "émetteurs" disposent de nombreux outils, les "receveurs" ne disposent que de leur ESPRIT CRITIQUE pour analyser le flot d'informations dont nous sommes inondés.

Malheureusement peu "receveurs" font usage de leur esprit critique et se contentent d'ingurgiter sans réfléchir toutes les infos reçues !

5.Posté par MICHOU le 27/09/2017 11:07

A mon avis, il ne faut pas être aussi dur avec les receveurs, pour beaucoup de choses aujourd'hui il faut avoir le décodeur. Avoir l'esprit critique ça s'apprend et malheureusement on n'apprend plus à avoir un libre arbitre, un esprit critique, du recul. Comme les forces de l'ordre, les médecins, les enseignants, les adultes étaient considérés comme possédant la science infuse, aujourd'hui les personnes peuvent penser que si c'est public c'est que c'est vrai. On fait encore confiance à tous ces soi-disant spécialistes qui promettent de s'occuper de notre bien être et de notre quotidien, et malheureusement on oublie qu'aujourd'hui, c'est le pouvoir, l'argent qui mènent le monde pas l'humanité, la solidarité, l'empathie.

6.Posté par A mon avis le 27/09/2017 19:24

@ 5 MICHOU :
je ne suis pas dur avec les receveurs : je constate simplement !

Le décodeur c'est l'esprit critique !

Malheureusement, comme vous dites, beaucoup se contentent d'ingurgiter tout ce qui paraît !
On en arrive même comme le dit le courrier du dr Bruno Bourgeon, à ce que les "receveurs" fassent moins confiance aux informations des vrais journalistes qu'à celles des sources variées et souvent inconnues.

Les premières questions que chacun devrait se poser à la lecture d'une info : Qui l'a écrite (ou prononcée) ? Quelle est la source ? Est-ce une source fiable ? Quelle est la tendance de ses opinions ? D'autres médias reprennent-ils cette info ?

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