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Pétrolier bloqué en Inde : Risque de pénurie à Maurice


Pétrolier bloqué en Inde : Risque de pénurie à Maurice
L'ile Maurice risque de connaître une possible pénurie de carburant dans les prochains jours suite au bras de fer Betamax contre l'Etat mauricien. Les capacités de stockage de produits pétroliers clean à Maurice étant d'environ 15 jours et le temps de trajet de Mangalore à Maurice de sept jours, il est clair que tout retard dans la livraison pourrait avoir des effets sur la consommation locale. A moins de creuser et de trouver du pétrole d'ici là, panique et réunion d'urgence des légistes sur ce dossier pour éviter une situation de crise. Conséquence d'une vendetta alléguée, l'incompétence avérée du gouvernement Lepep revient très cher aux contribuables mauriciens.
 
Le gouvernement mauricien, mettant du temps à dédommager Betamax pour avoir mis fin à un contrat de 15 ans pour le transport de produits pétroliers depuis l’Inde de manière unilatérale, la société a saisi la justice indienne la semaine dernière.

La STC, condamné par le tribunal d'arbitrage de Singapour dans un ordre exécutoire final, à verser 115 millions de dollars à Betamax - se défendant comme un beau diable -sans succès- pour ne pas payer cette somme.

C'est sur cet ordre exécutoire finale que Betamax a porté à travers ses avocats à la Haute Cour de Karnataka en Inde, cour de justice ayant juridiction sur le port d'où sont embarqués les produits pétroliers de la Mangalore Refinery & Petrochemicald Ltd vers l'île Maurice. 

L'ordre émis à Karnataka a interdit le navire Pacific Diamond, qui a à son bord 40 000 tonnes métriques de pétrole à destination de Maurice d'une valeur de 30 millions de dollars, de quitter le port de Mangalore en Inde. Cette stratégie de Betamax risque de se reproduire à l'avenir avec d’autres Cargo de la STC. 

Cet ordre de la cour de Karnataka a pris de court le gouvernement et la STC.

Le ministre du Commerce et de l’industrie, Ashit Gungah sollicité pour une réaction qualifie la démarche du directeur de Betamax "d'acte de sabotage, dégoûtante, irresponsable et antipatriotique". V'lan ! 

Étienne Sinatambou, porte parole du gouvernement s'est lui aussi complètement lâché. Il est colère. "Ignoble, indigne, odieux et infect." Il estime que, "le gouvernement avait raison de contester le contrat !" Et affirme que Betamax disposait d’ "un contrat de mercenaire sous un gouvernement mercenaire". "Un acte de trahison envers Maurice ,une compagnie mercenaire ayant recours à des procédés antipatriotiques pour mettre l’île Maurice à genoux." 

Si la cargaison de produits pétroliers ne peut quitter la grande péninsule, le gouvernement mauricien se veut prévenant et rassurant. Un appel d’offre d’urgence pour acheter des produits pétroliers avec les pays du Golfe, la réunion, Madagascar ou d’autres Pays Africains qui détiennent des réserves en carburant est envisagé.

L'ancien vice-Premier ministre devenu simple députée, Showkutally Soodhun s’est rendu en Arabie Saoudite  pour négocier avec le Prince Salman en vue d’ouvrir un consul saoudien à Maurice. Ni une ni de deux, la discussion s’est portée sur la question de l’approvisionnement de Maurice en pétrole suite à la position adoptée par Betamax. Le Prince héritier a accepté d’approvisionner l'île en produits pétroliers à un prix inférieur et assuré de son soutien au cas où le besoin se fait sentir.

Il faut dire que la menace est à peine voilée. Veekram Bhunjun affirme "le contribuable paiera cher l’entêtement de la State Trading Corporation. Nous évoluons dans ce secteur depuis de nombreuses années et, si la STC s’obstine à ne pas fournir la garantie que nous demandons, elle devra, pour assurer l’approvisionnement du pays en carburants, se tourner vers d’autres marchés. La note sera alors très salée".

L’Etat a été condamné à payer plus de Rs 4,5 milliards, incluant les intérêts pour les deux ans depuis la résiliation du contrat, à Betamax pour rupture ABUSIVE de contrat dans le cadre de l’approvisionnement de produits pétroliers de l’Inde vers Maurice. La plus grosse pénalité infligée à ce jour à l’État.  

Rappel des faits

Décembre 2014 - le contrat de Betamax avait été un important thème de la campagne de l’Alliance Lepep pour les élections générales.
30 janvier 2015 - le contrat d’une valeur estimée à Rs 10 milliards est résilié entre Betamax et la State Trading Corporation (STC). Contrat qui permettait à Betamax d’assurer l’approvisionnement en carburant sur 15 ans grâce à son pétrolier,  le MT Red Eagle. 

Roshi Bhadain, alors ministre de la Bonne gouvernance et des services financiers devait déclarer que : "Après un travail approfondi et après avoir obtenu un avis légal, nous avons découvert qu’il y avait maldonne." Selon lui, le gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam aurait favorisé Betamax Ltd, en émettant un appel d’offres taillé sur mesure. "Des conditions inhabituelles, exorbitantes, arbitraires, jamais entendues sur le marché du commerce et contraires aux pratiques du marché."

Suite à l’avis légal de différents spécialistes, le gouvernement avait décidé de ne pas continuer avec "un contrat malhonnête."

Cinq personnes, à savoir Navin Ramgoolam, ancien Premier ministre, Anil Baichoo, ancien ministre des Infrastructures publiques et du Transport, Veekram Bhunjun CEO de Betamax, Reshad Hosany, ancien secrétaire permanent du ministère du Business, Ranjit Singh Soomarooah, ancien directeur général de la STC et Kalindee Bhanji, ex-secrétaire permanent du ministère du Business, seront arrêtés et provisoirement accusés de divers délits. 

Veekram Bhunjun a obtenu un non-lieu. D'ailleurs chacun sera blanchi et les charges sur les accusations provisoires, rayées une par une.

En avril 2016, le directeur de Betamax porte l’affaire devant la SIAC, le Singapore International Arbitration Center (SIAC) sur la résiliation de son contrat par le gouvernement Lepep. Il gagne et devait empocher 130 millions de dollars. 

Face à cette énième déculottée, tous les ex du gouvernement se dédouanent. Xavier Duval nous a réservé des trémolos dans la voix avec un cri du coeur  : "Je les avais suppliés de ne pas résilier ce contrat". "Je suis horrifié par cet ordre de la cour qui veut que le gouvernement devra payer plus de Rs 4,3 milliards de dommages à Betamax. J’avais supplié mes anciens collègues de ne pas aller dans cette direction, surtout après l’avis contraire donné par le State Law Office.  L’Attorney-General Ravi Yerrigadoo, le ministre du Commerce Ashit Gungah, l’ancien Premier ministre sir Anerood Jugnauth ainsi que l’actuel chef du gouvernement Pravind Jugnauth, doivent tous porter la responsabilité de cette décision. Mais on doutait de ma bonne foi à ce sujet quand j’étais dans ce gouvernement." 



 
Mercredi 13 Décembre 2017 - 07:40
La Mauricienne
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