MENU ZINFOS
Courrier des lecteurs

Pergélisol : L’hypothèse Zimov


Par Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID - Publié le Vendredi 24 Juillet 2020 à 09:37 | Lu 667 fois

La ville de Verkhoïansk, près du cercle polaire arctique, dans le nord-est sibérien, en Iakoutie, dispute le titre de la ville la plus froide du monde avec Oïmiakon, à 625 km de là, avec -67,8°C enregistré en 1892. Le 22 juin 2020, Verkhoïansk a enregistré aussi un record de température de +38°C, soit une amplitude thermique de plus de 105°C : autre record. À ces températures extrêmes, le pergélisol, ou permafrost, sorte de terre gelée en profondeur, comme un glacier souterrain, risque de fondre beaucoup plus rapidement que prévu. Les géologues lui donnent 20 ans, tandis que le GIEC ne s’est jamais prononcé sur les conséquences éventuelles de sa fonte.
Le permafrost représente 25 % des terres émergées de l’hémisphère nord, soit environ 25 millions de km². Il s’étend partout : en Alaska, en Sibérie bien sûr (65 % du territoire russe), au Canada, au Groenland (90%de la surface), en Scandinavie.

Le pergélisol est une bombe climatique. Sa fonte engendre le réveil de micro-organismes, qui se mettent à consommer toute la matière organique alentour, dégageant ainsi du gaz carbonique (CO2) en zone sèche, et du méthane (CH4) en milieu humide. Des études récentes estiment la quantité de carbone contenue dans le pergélisol, et qui pourrait être ainsi libérée, à environ 1600 milliards de t de carbone. Soit la quantité de CO2 que libérerait la combustion de l’ensemble des forêts terrestres… deux fois ! Ou encore la quantité de CO2 relarguée par les activités humaines au XXème siècle : incommensurable ! D’autant qu’il n’existe pas de modèle mathématique pouvant mesurer la production des deux gaz, comment et à quelle vitesse, avec le changement climatique. Aussi le GIEC, par prudence et crainte de proférer des bêtises, n’intègre pas la fonte du pergélisol dans ses modélisations. Il sous-estime délibérément le dérèglement climatique dans ses rapports quinquennaux. Mais ce sera corrigé dans le prochain rapport.
A 1154 km au Nord-Est de Verkhoïansk, se trouve le village de Tcherski. Là, un géophysicien russe au nom de Sergey Zimov, a créé un parc qu’il a appelé le Parc du Pléistocène. Ce scientifique de 65 ans est le savant russe le plus cité dans les articles récents de géophysique. Il a émis l’idée farfelue, iconoclaste, loufoque, de déforester la taïga et de la remplacer par de la steppe arctique, ou toundra, pour lutter contre le dégel du permafrost. Pas si farfelue que cela, son idée, publiée dans Science en 2005 : la taïga, ou forêt boréale de conifères, est une forêt marécageuse assez pauvre en animaux (élans, ours herbivores) et en biodiversité. Son albédo est bas du fait de la teinte sombre des arbres, des mousses et des lichens. L’albédo est le pouvoir réfléchissant d’une surface aux rayons lumineux : plus son chiffre est élevé, plus l’énergie renvoyée est proche de l’énergie incidente ; ainsi, une forêt de conifères a un albédo de 0,05 à 0,15, la neige tassée d’environ 0,70, 0,80 pour la neige fraîche, et 1 pour un miroir parfait. De plus, la neige épaisse de 7 à 8 m tient le rôle d’isolateur thermique : différence de 15°C entre la surface de la neige et la terre en-dessous, plus « chaude ». L’idée de Zimov est donc de repeupler la toundra d’herbivores pour tasser la neige et « réfrigérer » la terre. C’est ce qu’il développe dans son parc de 20km2, repeuplé de yacks, de bisons d’Europe, de bœufs musqués, de cerfs d’Irkoutsk et d’orignaux. Il a montré qu’il est possible de faire vivre 10 t d’animaux par km² dans cette toundra (1 mammouth, 5 bisons, 6 chevaux iakoutes, 10 rennes). Là encore, l’idée du mammouth n’est pas celle d’un fêlé : il « suffit » d’un utérus artificiel (on dispose en effet du génome du mammouth) après avoir fécondé une éléphante d’Asie, espèce actuelle la plus proche du mammouth. Or l’éléphant d’Asie est protégé : on ne peut faire accoucher une éléphante d’un petit mammouth.

Ce parc, n’est plus financé des deniers publics depuis la chute de l’URSS, ni par l’état de Iakoutie, et est alimenté par des fonds internationaux : il est la propriété de la famille Zimov, et des savants viennent du monde entier travailler dans la station scientifique.
L’hypothèse Zimov est donc de rafraîchir la terre pour ralentir la fonte du permafrost, avec la déforestation de la taïga, l’extension de la toundra, et son repeuplement par une foultitude d’herbivores adaptés au climat. Le bilan thermique serait négatif, avec la neige tassée, l’albédo plus élevé, qui ne serait pas compensé par les émanations des herbivores (méthane) ou la disparition de la forêt (piège à CO2). Une solution totalement écologique.

Le problème : la surface. Il faudrait créer un «parc du pléistocène » de 20 millions de km². Michel Audiard : « Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière».

http://www.aid97400.re
D’après https://www.youtube.com/watch?v=6GW0QP-chFk




1.Posté par Yab bon des hauts le 24/07/2020 15:14

Le CO2 est à la base de toute forme de vie.

Les khmers verts nous intoxiquent avec le théorie du complot réchauffiste.

La terre a depuis des millénaires subi des réchauffements et refroidissements, et la terre est toujours vivante malgré cela.

2.Posté par Saucratès le 24/07/2020 15:23

Salut Bruno. Je me suis toujours perdu entre la toundra et la taïga. Je suis toujours surpris que face à toutes les catastrophes que nous prédisent les prophètes de malheur de notre planète ... tu parles des risques des émissions de gaz à effet de serre liés à la fonte du permafrost terrestre ... mais il existe aussi selon certains un risque de fonte de permafrost sous-marin sous l'Arctique voire l’Antarctique dont l'impact serait selon certains encore plus important ... malgré tout, notre planète se porte toujours aussi bien et le réchauffement climatique et la hausse des océans demeure aussi limitée.

En fait, j'accepterais de croire les prophètes de malheur le jour où on sera capable de m'expliquer pour quelle raison la hausse de 1 ou 2 mètres des océans et une hausse des températures de 1 ou 2 degrés aura des conséquences bien pires que les hausses passées de 100 à 130 mètres des océans survenues il y a 6.000 à 20.000 ans et la hausse des températures de 6 à 8 degrés. Le jour où on sera capable de m'expliquer pour quelles raisons la Terre ne s'est pas effondrée il y a 6.000 ou 20.000 ans, et pourquoi aujourd'hui, avec une dégradation bien plus faible, elle va s'effondrer, alors ce jour-là, j'accepterais de m'inquiéter drastiquement.

En attendant ce jour (très belle chanson de Brel), je continuerais à croire que l'économie sera capable de se réguler par elle-même, car s'il y a bien une chose que l'économie déteste, c'est bien l'incertitude. Ne voit dans ce commentaire aucune attaque ou remise en cause de ton article ou de tes positions. Il ne s'agit que d'ouvrir un débat. Rien n'est plus triste qu'un article sur Zinfos sans aucune réaction. Je me dévoue pour ouvrir le débat, et me faire trucider par AMA. Saucratès.

3.Posté par A mon avis le 25/07/2020 12:07

@ Saucratès : Quand vous écrivez : "En fait, j'accepterais de croire les prophètes de malheur le jour où on sera capable de m'expliquer pour quelle raison la hausse de 1 ou 2 mètres des océans et une hausse des températures de 1 ou 2 degrés aura des conséquences bien pires que les hausses passées de 100 à 130 mètres des océans ..." etc.

... soit vous jouez à l'idiot, soit vous l'êtes réellement ! dans les deux cas, inutile de commenter vos propos !
P.S. : Vous vouliez être "trucidé" ? C'est fait. Êtes vous satisfait ? 😊😊😊

Cela dit, dans la première partie de votre commentaire, vous évoquez le méthane sous-marin (souvent sous forme de hydrate de méthane). C'est en effet un vrai problème qui s'ajoute à celui de la fonte du pergélisol évoqué par ce billet.
Et l'hypothèse Zimov, semble très pertinente et réaliste pour ce qui concerne le pergélisol.

Remarque : ce n'est pas la planète qui est en danger. C'est l'humanité !

4.Posté par Bruno Bourgeon le 27/07/2020 07:38

Saucratès, pourquoi faites-vous semblant de ne pas comprendre? Le changement climatique actuel est 100 fois plus rapide que la déglaciation du quaternaire. Comme si vous rencontriez un mur en voiture à 100 km/h sans freiner, ou si vous arriviez contre le mur à 1 km/h : les dégâts ne seront évidemment pas les mêmes! Les espèces n'ont pas le temps de s'adapter, l'adaptation darwinienne est génétique ou épigénétique, et se transmet d'une génération à l'autre : pour qu'une population s'adapte, il faut des siècles ou des millénaires. D'où la chute de la biodiversité. Les espèces sont menacées, tout comme l'Homme. Et l'économie, incluse comme comportement humain dans la biosphère, n'y pourra rien. Je vous l'ai dit, la base de la vie, ce n'est pas l'économie, c'est la cellule végétale.
Et la Terre ne s'effondre pas, elle n'en a cure, de nos comportements, elle sera encore là lorsque nous aurons disparu. A moins que vous ne croyez en l'hypothèse Gaïa : dans ce cas, elle est en train de se débarrasser de la pire espèce qu'elle ait jamais porté, ce virus saccageur qu'on appelle l'Humanité.

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes