MENU ZINFOS
Blog de Pierrot

Paul Vergès, un homme qui aura marqué l'Histoire de la Réunion


Par - Publié le Samedi 12 Novembre 2016 à 18:49 | Lu 18073 fois


Paul Vergès était de cette race de dirigeants politiques qui pensent que rien, absolument rien, ne peut et ne doit leur résister.
 
En attendant que l'Histoire fasse son œuvre et au moment où Paul Vergès vient de nous quitter, il nous  faut revenir sur sa vie, d'une longévité publique sans pareille.   
 
Au faîte de cette toute puissance, sans verser dans une psychologie de comptoir, il y a sans doute ce qui s'est noué à sa naissance, une sorte de pêché originel qui le marquera toute sa vie. Laquelle vie, si elle a connu des moments de gloire, a aussi été marquée par de nombreuses déconvenues et quelques tragédies.
 
Passons en revue quelques-uns de ces événements qui méritent d'être rappelés.  
 

Raymond Vergès au centre, entouré de Jacques à gauche et Paul à droite (document Cultur Club)
Raymond Vergès au centre, entouré de Jacques à gauche et Paul à droite (document Cultur Club)
Au commencement...
 
Tout a démarré loin d'ici, il y a 91 ans, à Oubône, en Thaïlande, où Paul Vergès vient au monde.
 
En effet, contrairement à ce que croient de très nombreux Réunionnais, Paul Emile Marie Just Vergès n’est pas né à la Réunion mais officiellement dans le royaume du Siam, la Thaïlande actuelle, le 5 mars 1925, à 6 heures du matin, à l'Hôtel Consulaire où réside son père Raymond Vergès, consul de France.
 
Enfin, ça c’est la version officielle. L'acte d'état civil mentionne "second jumeau". La naissance de Paul aurait été, précise le document officiel,  précédée de celle de Jacques. Or ce 5 mars, il n’y a eu qu’une seule naissance à l'Hôtel Consulaire. Paul et Jacques ne sont pas jumeaux. Paul serait en fait né le 20 avril 1924, soit un an plus tôt, non au Siam comme son frère mais au Laos. Raymond Vergès a profité de sa position de consul pour réaliser un "vrai-faux" état civil, afin de cacher une relation adultère avec Pham Thi Khang, alors que sa première épouse Jeanne-Marie Daniel, avec qui il avait déjà deux enfants, était encore vivante. Mais du fait de ce "vrai-faux" document, l'histoire des Vergès, père et fils, bascule. 
 
Pour Raymond d'abord, car ce document qui est un faux en écriture publique, provoque la fin de sa carrière consulaire et son retour à la Réunion où il s'installe définitivement.
 
Pour Jacques et Paul, car ils sont, avec leur mère, également du voyage, et découvrent la Réunion, l'île natale de leur époux et père. Une ile que Paul, comme son père Raymond, ne quittera plus, et qu’il fera sienne jusqu'à son dernier souffle.
 
Dans cette île coloniale, où leur père s'installe et intègre le cercle des notables, puis celui plus étroit encore des dirigeants de la colonie jusqu' à occuper l'important poste de Directeur de la Santé, Paul et son frère Jacques mènent une vie d'enfants aisés et privilégiés.
 
Et c'est alors qu’ils sont lycéens au lycée Leconte de Lisle, établissement qu'ils fréquentent comme les autres jeunes gens de leur milieu, que Paul et son frère Jacques, comme une petite minorité de Réunionnais, décident de s'engager en 1942 dans les Forces Françaises libres pour combattre l'Allemagne nazie. A 18 ans, Paul est fait lieutenant. La guerre terminée, il démissionne de l'armée, choisissant de rentrer à la Réunion.
 

Le buste d'Alexis de Villeneuve trône maintenant à l'angle de la rue de la Compagnie et de l'avenue de la Victoire, non loin de là où l'homme politique était tombé, le 11 mai 1946, sous les balles de Paul Vergès
Le buste d'Alexis de Villeneuve trône maintenant à l'angle de la rue de la Compagnie et de l'avenue de la Victoire, non loin de là où l'homme politique était tombé, le 11 mai 1946, sous les balles de Paul Vergès
L'assassinat d'Alexis de Villeneuve
 
Le deuxième événement se joue au cœur du Saint-Denis politique, il y a soixante dix ans. Le jeune Paul a 21 ans.   
 
Nous sommes en 1946, Paul retrouve La Réunion et son père qui a entamé désormais une carrière politique.    
 
La colonie, que Paul a quittée en 1942, est devenue depuis quelques mois département français. Quant à son père, Raymond, il occupe depuis la Libération une place prépondérante sur la scène politique. Président du CRADS, inscrit au Parti Communiste Français, franc-maçon notoire, Raymond Vergès est candidat à sa propre succession comme député de la première circonscription. Mais sa réélection est menacée par un autre ténor de la vie politique, le leader du MRP, Alexis de Villeneuve. De Villeneuve, dont tous les observateurs sont convaincus qu'il va remporter les législatives.
 
C'est dans ce contexte électoral électrique que les destins des Vergès, père et fils, et l'Histoire de la Réunion, basculent  à nouveau.   
 
Nous  sommes le 11 mai 1946. Le jeune Paul Vergès demande à rencontrer le numéro deux de l'administration coloniale, le secrétaire général Rivière, faute de pouvoir rencontrer le gouverneur Capagorry absent. Notons que bien que la Réunion soit devenue département français, en attendant l'arrivée du premier préfet, les administrateurs en place continuent d'occuper leurs fonctions respectives.
 
Paul Vergès vient demander au secrétaire général Rivière, "d'user de toute son influence pour "torpiller" par tous les moyens les adversaires du docteur [car] l'opposition à [sa] candidature devient très vive et que la réélection de ce dernier risque de ne pas être assurée". Le "docteur", chacun l'aura compris, c'est bien évidemment son père Raymond. Quant à cette citation, où le mot "torpiller" est entre guillemets, elle est du gouverneur Capagorry dans la lettre qu'il a jugé utile d'adresser aux autorités gouvernementales, une fois mis au courant de la démarche du jeune Paul Vergès par son secrétaire général .
 
Cette lettre, c'est un chercheur de l'université de la Réunion, Frédéric Payet, qui l'a exhumée dans son ouvrage "Le Général de Gaulle et La Réunion" paru en 2006 chez Azalées Editions. Phrase que j’avais déjà mise en exergue dans un article du 16 janvier 2009, intitulé "Il y a 63 ans, en mai 1946, Paul Vergès... "  
 
Quatorze jours après cette demande de Paul Vergès au numéro deux de l'administration, de "torpiller par tous les moyens les adversaires de son père", Alexis de Villeneuve était assassiné sur la place de la Cathédrale à Saint-Denis. Il avait 40 ans.
 
La suite est maintenant connue après avoir longtemps été totalement taboue : l'arrestation de Paul Vergès, sa condamnation par la Cour d'assises de Lyon, et surtout son amnistie dont la conséquence sera qu’il sera interdit ne serait-ce que d’évoquer cet assassinat et cette condamnation. Il faudra attendre un arrêt récent de la Cour de Cassation pour venir fixer les conditions dans lesquelles l'assassinat d'Alexis de Villeneuve peut être évoqué, à savoir "que dans un cadre historique". Toute allusion polémique, au travers de tracts par exemple, dans le cadre d’une campagne électorale, a continué à faire l’objet de poursuites de la part de Paul Vergès… et de condamnations.
 
Maintenant que Paul Vergès est disparu, vous allez voir de soi-disant historiens de tous bords sortir des livres relatant les conditions de cet assassinat et la condamnation de Paul Vergès. Aucun n’a osé le faire de son vivant. C’est dire leur courage. Nous n’avons été que trois à avoir osé l’écrire : Jean-Claude Vallée à la fin des années 70 dans son journal qui s’appelait "974", ce qui lui valut d’ailleurs un procès. Moi même dans le Quotidien, peu de temps après, au travers de deux pages où j’avais relaté tous les faits sans que je sois poursuivi. Et Jacques Tillier enfin, à de très nombreuses reprises dans ses éditos, en étant poursuivi à chaque fois. Lequel jacques Tillier a également lancé une souscription pour la réalisation d’un buste en bronze d’Alexis de Villeneuve, lequel trône sur la place de la Cathédrale, non loin de là où l’homme politique était tombé sous les balles de Paul Vergès, devant une foule médusée.
 

Paul Vergès, un homme qui aura marqué l'Histoire de la Réunion
La disparition de Laurent, le dauphin programmé
 
Le troisième événement se joue sur la Route du Littoral, il y a 28 ans. Paul Vergès perd Laurent, son dauphin.
 
Le 7 octobre 1988, au lendemain d'une nuit  blanche au cours de laquelle il avait participé aux côtés de son père et de deux autres dirigeants du PCR aux ultimes et décisives négociations qui allaient sceller l'union entre les communistes et Eric Boyer pour l'élection de ce dernier à la présidence du Conseil général, Laurent Vergès est grièvement blessé sur la route du Littoral. Il décèdera 5 jours plus tard, le 12 octobre, à l'hôpital de Saint-Pierre. Il avait 33 ans.
 
Laurent est le troisième enfant d'une famille qui en compte quatre. Ses sœurs ainées, Claude et Françoise, et son cadet Pierre. Après une inscription au Centre universitaire de La Réunion, très vite abandonnée, Laurent Vergès quitte La Réunion pour être recruté au quotidien du Parti communiste français, L'Humanité. Il devient donc journaliste, comme avant lui son père et sa mère.
 
A son retour à La Réunion en 1980, il rejoint Laurence, sa mère, à la rédaction de Témoignages. Il devient de fait le dirigeant de Témoignages et intègre dans le même temps les plus hautes instances du PCR. Autant d'étapes d'un itinéraire où rien n’est dû au hasard, depuis son militantisme dans la cellule communiste de Saint-Denis, son embauche au journal l'Humanité, ses activités à l'international, son retour pour prendre la direction de  Témoignages... Il s'agit au contraire du déroulement d'un processus construit et balisé par son père, dans le cadre d’une formation en vue d’en faire le futur chef du PCR.
 

Laurent, Laurence et Pierre (photo tirée du blog de Pierre Vergès)
Laurent, Laurence et Pierre (photo tirée du blog de Pierre Vergès)
Paul Vergès, le leader du Parti, et l'appareil du PCR, ont décidé de faire de Laurent leur futur dirigeant. Dès lors, tout s'enchaine étape après étape. C'est en 1983 la désignation de Laurent Vergès pour croiser le fer avec le leader de la Droite locale, Jean-Paul Virapoullé, aux élections municipales. Un scrutin remporté par seulement 47 petites voix par Virapoullé, mais qui  est  annulé l'année suivante, pour être  perdu, une seconde fois par Laurent Vergès à nouveau candidat. Mais ce qui importe ce n'est pas le résultat, c'est le mythe du jeune chef qui prend corps. En 1983 toujours, Laurent Vergès est élu à la vice-présidence du Conseil régional aux côtés de Pierre Lagourgue. En 1987, suppléant de Paul Vergès, il devient député quand ce dernier se retire à son profit. Enfin, le 5 juin 1988, il est réélu député, avec le Docteur Alexis Pota comme suppléant. 
 
Le dauphin est en place. Mais cette construction planifiée se brise sur la route en Corniche. Elle laisse Paul et Laurence Vergès anéantis sur le plan familial. Et sur le plan public, le Secrétaire général du PCR et l'appareil communiste totalement désorientés. 

 

Dans les années 70, Paul Vergès au premier plan, en compagnie de Paul Badré, l'ancien maire du Tampon, de Wilfrid Bertile et d'Elie Hoarau
Dans les années 70, Paul Vergès au premier plan, en compagnie de Paul Badré, l'ancien maire du Tampon, de Wilfrid Bertile et d'Elie Hoarau
De contestations en dissidences, jusqu'à l'implosion du PCR
 
Fondateur et leader du Parti Communiste Réunionnais, servi par une culture politique incontestable, une intelligence remarquable et un stalinisme à toute épreuve, s'il y a bien un espace où Paul Vergès n'entendait pas être discuté, et encore moins critiqué, c'est au sein du Parti fondé par son père, qu'il a dirigé et incarné.
 
Appelée autre fois "centralisme démocratique", la seule ligne admise était la sienne. Quant à ceux qui osaient, ne serait-ce que la questionner, la sanction était immédiate. Marginalisés ou poussés vers la sortie. Nombreux sont les communistes, connus et moins connus, qui, au fil du temps, ont été laissés sur le bord du chemin. Culpabilisés le plus souvent, ils se sont faits discrets.
 
Plus rares, beaucoup plus rares, sont ceux qui publiquement se sont opposés à Paul Vergès. Et encore plus rares sont ceux qui ont osé l’affronter, et avec lui leur ancien parti, contestant les analyses, les stratégies comme les pratiques et les alliances mises en œuvre. Avant la disparition de Laurent Vergès, Jean-Baptiste Ponama, numéro deux du PCR, a été un de ceux là, allant jusqu'à le défier et le faire battre aux élections législatives de mars 1978.
 
Mais ces oppositions sont restées marginales et il faut chercher ailleurs les raisons de l’implosion du PCR. La disparition de Laurent Vergès, le dauphin programmé, a été nettement plus déterminante, tout comme des événements internationaux comme la chute du Mur de Berlin. On peut aussi rajouter dans les explications de cet effondrement la mise en avant de Pierre Vergès comme futur leader pour se substituer à son frère disparu. La mise sur orbite d'un dauphin non programmé, non préparé, avec un caractère très différent de celui de son frère et un poste sans doute non voulu par l'intéressé… Tout au moins au début. On prend vite goût aux ors de la République...
 
Qui se souvient qu'au lendemain de la disparition de Laurent Vergès s’est jouée une autre dissidence avec le refus du Docteur Alexis Pota de démissionner de son mandat de député comme l'exigeaient les dirigeants du PCR ?
 
De dissidences en contestations, d'autres cassures vont suivre. Le coup de grâce est sans doute porté par Huguette Bello et plusieurs autres de ses camarades, qui vont créer leur propre parti, le PLR. Mais la plus symbolique, et sans doute la plus chargée d'affects est celle de Claude Hoareau et de son fils Fabrice.
 
Claude Hoareau, le fils d'André, l'intime de Raymond Vergès, le frère de Roger, longtemps trésorier du PCR, chassé d'un parti dont, lycéen en 1959, il a sans doute été le plus jeune membre fondateur alors présent au Congrès constitutif.
 

Ironie de l'Histoire : Camille Bourhis, qui fut adjoint d'Auguste Legros à la mairie de Saint-Denis et l'un des rares Réunionnais à s'engager dans les Forces Françaises Libres comme Paul Vergès, fut aussi un des témoins de l'assassinat d'Alexis de Villeneuve sur la place de la Cathédrale à Saint-Denis...
Ironie de l'Histoire : Camille Bourhis, qui fut adjoint d'Auguste Legros à la mairie de Saint-Denis et l'un des rares Réunionnais à s'engager dans les Forces Françaises Libres comme Paul Vergès, fut aussi un des témoins de l'assassinat d'Alexis de Villeneuve sur la place de la Cathédrale à Saint-Denis...
Epilogue

D'autres événements auraient pu être retenus dans cette présentation : Paul Vergès opposant de Michel Debré, Paul Vergès responsable à l'Ecole des Cadres coloniaux du PCF, Paul Vergès et son marronnage, Paul Vergès et sa déification, Paul Vergès et son combat pour l'Autonomie... Nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir, mais ils nous sont apparus comme de moindre importance par rapport aux quatre événements que nous avons retenus.
 
Mais en attendant que l'Histoire se penche sur Paul Vergès, sa vie, ses légendes, ses mythes, ses engagements, ses héritages, lui qui a détenu, au cours de sa longue carrière, tous les mandats électoraux prévus par la Constitution, deux choses méritent d'être soulignées. 
 
La première, qu’on le veuille ou non, c'est que l'Histoire de La Réunion est complètement imbriquée avec celle de Paul Vergès.
 
La seconde, ce qui n'est pas un mince exploit, c'est qu'il a construit lui-même, de son vivant, sa propre légende.

Paul Vergès en compagnie de Camille Sudre, Guy Hoareau, Mme Lagourgue, l'épouse de Pierre, et Yves Barau. Paul Vergès, Camille Sudre, Pierre Lagourgue et Yves Barau furent tous quatre présidents de la Région
Paul Vergès en compagnie de Camille Sudre, Guy Hoareau, Mme Lagourgue, l'épouse de Pierre, et Yves Barau. Paul Vergès, Camille Sudre, Pierre Lagourgue et Yves Barau furent tous quatre présidents de la Région


Pierrot Dupuy
Pierrot Dupuy est le fondateur de Zinfos974. C’était le 1er septembre 2008… Aidé d’une petite... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par GIRONDIN le 12/11/2016 21:16

......................."....La première, qu’on le veuille ou non, c'est que l'Histoire de La Réunion est complètement imbriquée avec celle de Paul Vergès.
La seconde, ce qui n'est pas un mince exploit, c'est qu'il a construit lui-même, de son vivant, sa propre légende.............."....

d'accord avec vous!

2.Posté par tijean le 13/11/2016 01:46 (depuis mobile)

en espérant qu'il emporté avec lui cette idéologie du passé qu'est le communisme. la réunion doit avancer. le communisme c'est le passé.

3.Posté par kld le 13/11/2016 03:53

en effet , et il fallait le faire , respect !

4.Posté par Jose le 13/11/2016 07:26

C'est pire que Dallas, ou comment évoluer et profiter des situations sur de dos des simples d'esprit.

5.Posté par 1portois le 13/11/2016 07:33

C'est l'histoire de 60 DERNIERES ANNEES qui est complétement imbriqué avec celle de la Réunion.
"Construire lui-même, de son vivant, sa propre légende" oui mais il n'a fait que reproduire des modèles: CASTRO, MAO, STALINE....

Ceci dit oui Paul Vergès restera à jamais dans l'histoire de la Réunion.
Et oui on ne pourra résumer sa vie en un seul article. Il en faudra des livres et des polémiques....

6.Posté par Lf le 13/11/2016 08:30

Ah enfin un article si ne tourne pas autour du pot: Paul Verges a assassiné de Villeneuve. On m'a encore sorti le contraire aujourd'hui... pathétique.

7.Posté par Alexis de villeneuve le 13/11/2016 08:49 (depuis mobile)

Qu''Il ne fut qu''un vulgaire assasin pour garder le pouvoir aussi il ne faut pas l''oublier...
Par tous les moyens, Il fallait garder le pouvoir pour pouvoir contrôler la réunion pour y placer famille et proches au pouvoir.Notre docteur duvalier péï !

8.Posté par bonnemémoire le 13/11/2016 08:58

Bonne mise en perspective de ce personnage complexe et de ses faces sombres mais attendons la suite car de nombreux pans , comme vous le signalez fort justement , restent à éclairer.
Vous semblez bien septique sur les historiens d' ici sans doute avez - vous raison mais moins que le courage , que vous dites leur faire défaut , il y a aussi sans doute , leurs façons de travailler.
Mais il est vrai que plaire aux puissants du moment est un métier qui peut apporter gros, l' Histoire étant plus que secondaire alors.
En attendant merci de mentionner le rôle des journalistes , celui de Vallée, le vôtre, celui de Tiller sur la connaissance de l' assassinat d' Alexis de Villeneuve ( préférant ne plus revenir sur les Historiens ).
Pour terminer , et rester sur cette question, je dois dire combien , hier soir à la télévision, entendre un de vos confrères recourir au terme " d' épisode de Villeneuve" m' a profondément choqué .

9.Posté par Derrière la légende le 13/11/2016 11:23

1 - "Paul et Jacques ne sont pas jumeaux. Paul serait en fait né le 20 avril 1924, soit un an plus tôt, non au Siam comme son frère mais au Laos. Raymond Vergès a profité de sa position de consul pour réaliser un "vrai-faux" état civil, afin de cacher une relation adultère avec Pham Thi Khang, alors que sa première épouse Jeanne-Marie Daniel, avec qui il avait déjà deux enfants, était encore vivante. Mais du fait de ce "vrai-faux" document, l'histoire des Vergès, père et fils, bascule. "

Suite de Wikipedia sur Raymond Vergès (https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Verg%C3%A8s:

"Il profite d'un congé administratif de six mois entre mars et novembre 1928, pour se rendre à La Réunion avec ses deux fils de trois ans et son épouse Pham Thi Khang. C'est dans l'île que cette dernière décède, le laissant seul avec ses enfants. À l'issue de son congé, il repart en Indochine2 et confie ses fils à sa famille7,8.

À son retour en Indochine, il se heurte à l’hostilité de son remplaçant, Jules Rougni, et obtient sa mutation en 1929 au royaume d’Annam comme médecin-chef de la province de Quảng Trị. Atteint par le paludisme, il retourne en métropole en novembre 1930, et séjourne à Paris durant quelques mois2.

En 1931, il revient à La Réunion, où il est muté comme médecin de la station thermale d’Hell-Bourg, puis il est nommé en 1934 directeur du service de santé de la colonie.

À cette époque, il se met à admirer Abd el-Krim, anticolonialiste marocain exilé dans l'île. Il fréquente par ailleurs la famille impériale d'Annam, également exilée sur place.
"

=> question: Raymond Vergès est-il devenu communiste parce qu'il n'avait pas pu obtenir ce qu'il voulait de l'Administration coloniale dont il était membre?

2 - Sur la condamnation de PV, où peut-on retrouver l'arrêt le condamnant ?

Déjà, aller voir le secrétaire général Rivière pour lui dire de s'opposer à ADV et ses partisans, cest pas un peu de l'ingérence? Si ce n'est plus?

Si PVest vraiment àl'origine du décès de ADV (il a toujours nié), voilà un élu dont la légende démarre vraiment par un homicilde volontaire ou involontaire... Ouaaah!

3 - Par ailleurs, on voit que Laurent Vergès était programmé pour succéder à PV: autocratie et clan. La base du PCR le voulait-elle dans sa majorité ? Au nom du "centralisme démoctratique" (mdr): Quelle inventivité dans le langage pour cacher le fait qu'il s'agissait d'une dictature des dirigeants du PC URSS, PCF, PCR...

4 - "La seconde, ce qui n'est pas un mince exploit, c'est qu'il a construit lui-même, de son vivant, sa propre légende. "

Dans la plus pure tradition stalinienne, version cocoters...?

10.Posté par Jean le 13/11/2016 11:26

A quand, une réforme, une loi, un décret, ou autre chose, interdisant à tout homme politique condamné à se présenter à quelconque mandat ou poste que ce soit.
Un fonctionnaire condamné est bien radié, alors un représentant du peuple se doit d'être exemplaire, sinon c'est la décadence, de celle du genre dans laquelle notre société se retrouve aujourd’hui.

11.Posté par L'Ardéchoise le 13/11/2016 12:08

Septique, c'est pour la fosse.
Sceptique, on l'est devant une idée qui semble fausse ...

12.Posté par Dazibao le 13/11/2016 12:39

On dira ce qu'on voudra mais VERGES a été un prodige (individu hors pair) politique. Il a eu des travers mais après, sans chercher à excuser quoique ce soit, il étudier le personnage à travers les obstacles ou les résistances de l'époque. On avance qu'il n'avait pas les "mains propres" mais quels qualificatifs méritent son adversaire DEBRE et ceux de la France-Afrique ? Que dire de Mitterrand, De Gaulle ? Que dire de SARKOZY après son pèlerinage en Lybie ? Chacun de ceux-là sous prétexte de défendre les intérêts de la France, ont d'abord combattu les adversaires de leurs seuls intérêts, pour ensuite brandir le drapeau français.

Combien parmi nous, placés dans la même position, seraient restés irréprochables, n'auraient pas commis des vilénies juste pour acquérir et garder le pouvoir?

En fait, ces gens là, ne sont le reflet de ce que nous sommes. La différence est que ceux là, ont eu l'occasion de le démontrer. Pour les autres, ils crachent leur venin en attendant que l'opportunité de passer à l'action se présente. Nous en avons tous l'exemple: dès que vous donnez à quelqu'un un quelconque pouvoir, il usera de tous les moyens pour le garder et le renforcer.

13.Posté par Kecesoitdit le 13/11/2016 15:36 (depuis mobile)

Tillier n'a aucun mérite.

14.Posté par @9 le 13/11/2016 23:10

L'arrêt est trouvable camarade. Si si. A moins que la source ait disparu recemment.

Et le cynisme assumé de pv à ce sujet n'est pas une dénégation... sans doute quelque chose de plus equivoque.

Hasta la veridad camarade !

15.Posté par Adieu ! le 14/11/2016 08:13

Maintenant qu'il n'est plus là, ceux qui sont habitués de déblatérer sur lui vont faire quoi de leur journée ? ? ?

Moi n'a une suggestion : Allez rode un travail pou zot faire !

16.Posté par Alexis de villeneuve le 14/11/2016 08:15 (depuis mobile)

Consolation, après avoir bâti le pcr dans les conditions que l''on sait, c''est lui aussi qui a contribué très largement à sa destruction, Le pcr n''est plus que l''ombre de lui même.
BIEN MAL ACQUIT, NE PROFITE JAMAIS...

17.Posté par noe le 14/11/2016 10:11

HOMME !
Il dépend de l'homme de choisir la liberté ou la servitude, la grandeur ou la lâcheté, la vulgarité ou la noblesse de cœur, la générosité ou la violence, la haine ou la magnanimité, la droiture ou le mensonge. Il dépend de l'homme d'être ou non un relais pour l'amour, la beauté, la joie, suivant la devise éternelle . Il dépend de lui de faire de son existence une navrante banalité ou un cantique.
Paul a choisi sa véritable voie : la lutte pour un idéal !

18.Posté par L'Ardéchoise le 14/11/2016 11:46

Et noe qui persiste à piquer des choses intelligentes à droite à gauche et à se les attribuer...
Citation de Jacqueline Kelen, page 11 de "L'éternel masculin"...

19.Posté par electron libre le 14/11/2016 18:39

Supputations journalistiques.....


L'avenir seul nous dira si PV a vraiment marqué l'histoire, inutile donc de faire la boue avant la pluie !

20.Posté par zombi le 15/11/2016 11:35

Personne n'a pensé interroger les Pota, Ponama et Bellon sur la disparition de Vergès y'aurait à dire. Voilà une commaunauté qu'a bien aidé le pc et la famille Vergès. Affirmer le contraire serait un contre sens politique. Faudrait pas oublier Virapin,y'en a des tonnes. tous les petits planteurs de l'Est et d'ailleurs qui ont fait le soubassement de pcr ?

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes