Education

Patrick Gonthier, UNSA Education national : "Le gouvernement reste dans le déni"

Vendredi 30 Septembre 2011 - 15:53

En pleine campagne des élections professionnelles prévues du 13 au 20 octobre, le secrétaire général de l'UNSA Éducation au niveau national, Patrick Gonthier, s'est rendu dans notre île. L'occasion de le rencontrer et d'évoquer quelques points d'actualité.


 
Du 13 au 20 octobre, des élections professionnelles vont se dérouler dans la plupart des secteurs de la Fonction publique d'Etat. Pouvez-vous nous en présenter les enjeux?

Il faut tout d'abord souligner que ce fait est inédit. Tous les secteurs de la Fonction publique d'Etat vont, au même moment, voter. En découlera la véritable représentativité du paysage syndical.

Ces élections vont installer de nouvelles instances appelées les comités techniques académiques et ministériels. Les budgets, la nouvelle politique académique, la mise en place de CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) seront au coeur des préoccupations des élus.

Vous êtes venu à la Réunion pour faire campagne?

On fait le tour des départements à la veille de ces élections pour expliquer les enjeux et pour s'assurer de la bonne organisation de celles-ci. A ce propos, ces élections sont doublement inédites car, pour la première fois, elles se dérouleront entièrement par voie électronique. Je suis aussi là pour rassurer ceux qui ne se sentent pas à l'aise avec ce mode d'élection ! Ce choix a été fait pour de multiples raisons : sécuritaire, de rapiditié et environnementale.

Petite analyse de la manifestation organisée ce 27 septembre...

Le suivi de cette grève a été pour nous, syndicats, une satisfaction. Le gouvernement reste dans le déni. Ces suppressions de poste dans l'Education nationale commencent à atteindre le coeur même du système éducatif. 65.000 postes ont été supprimés en 4 ans. C'est de l'ordre d'un plan social d'une entreprise.

Analyse d'Erick Chavriacouty, le secrétaire Général de l'UNSA de la Réunion, présent à ses côtés:

Nous sommes d'autant plus contents à la Réunion qu'en élargissant le mouvement social à tout le public et au privé, nous avons prouvé que les problématiques d'emploi et précarité, qui touchent indifféremment les deux secteurs, sont le fait de tous aujourd'hui. La manifestation a été suivie, cela prouve l'inquiétude de la population.

Entendez-vous l'argument du gouvernement qui est de dire qu'il faut réduire le déficit?

Bien sûr mais tout cela a été fait dans la brutalité, sans débat. Avec le gouvernement de Sarkozy, cela est encore plus vrai. Le manque de dialogue est flagrant, ajouté à cela un manque d'information.

Par ailleurs, la règle du 1/2 (non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux) décidé depuis 2007 par Sarkozy, ne réduit en fait pas le déficit public. Le gouvernement a annoncé avoir ainsi fait une économie de près de 400 millions d'euros. Mais d'après un rapport de la Cour des comptes, les fonctionnaires ont capté une part très importante de ces économies ces deux dernières années. Le gain réel serait de 78 millions, indique la cour, du fait de l’explosion des heures supplémentaires dans l’Education nationale afin de pallier les suppressions de postes.

L'éducation, selon vous, sera-t-elle au coeur des débats pour les présidentielles de 2012?

Ce sera le moment de parler "éducation" sans aucun doute. Nous n'avons pas l'impression qu'il y ait une réelle vision d'ensemble. On sent que le système n'est plus piloté par le gouvernement. Les dégradations budgétaires s'amplifient d'années en années sans réel objectif. Je le ressens sur le terrain... C'est la première fois qu'une rentrée s'est faite avec un personnel enseignant et administratif aussi inquiet.
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1.Posté par nrj le 30/09/2011 18:12

Il faut sauver l'Education Nationale ...
Mieux vaut la qualité que la quantité !

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