Océan Indien

Parti de Gauche: "La répression des mineurs de Marikana est injustifiée"

Dimanche 26 Août 2012 - 18:41

Le 16 août, la police sud-africaine avait ouvert le feu contre des grévistes armés de machettes, barres de fer et pour certains d'armes à feu près de la mine de Marikana, faisant 34 morts et 78 blessés, tandis que 10 autres personnes -dont 2 policiers- avaient été tuées dans les jours précédents les affrontements entre syndicats rivaux. Aujourd'hui, le Parti de Gauche, par l'intermédiaire de ses représentants locaux, évoque ce drame dans un communiqué :


Parti de Gauche: "La répression des mineurs de Marikana est injustifiée"
Le massacre par la police sud-africaine de 34 mineurs grévistes dans la mine de Marikana appartenant à l'entreprise britannique LONMIN suscite une profonde émotion. Le Comité « Grand Ouest » du Parti de Gauche exprime son horreur et son indignation devant un tel déchaînement de violence de la part des autorités du pays et dans ce qui devrait être une simple opération de maintien de l’ordre. Une telle répression contre des salariés vivant encore dans une grande misère, avec moins de 400 euros par mois, et revendiquant légitimement une meilleure rémunération de leur travail et des conditions de travail dignes, est totalement injustifiée et démesurée.

Le Président sud-africain, Jacob Zuma, a lui même souligné l'incompréhension suscitée par une telle répression. "Nous sommes choqués et consternés par cette violence insensée", a t'il dit en annonçant une commission d'enquête. Pour le peuple sud-africain qui a connu la terreur de l'Apartheid, une telle tragédie meurtrière est susceptible d’attiser les tensions intérieures.

Au nom du Parti de Gauche, le Comité « Grand Ouest » réaffirme sa solidarité avec l'ensemble des forces politiques et syndicales d'Afrique du Sud dans leur lutte contre la pauvreté, pour la réduction des inégalités, pour le progrès et la justice sociales au sein d’un véritable Etat de droit. La Réunion, qui vit chaque jour du charbon importé d’Afrique du Sud, a le devoir de soutenir fraternellement ces mineurs qui ont, une fois encore, versé leur sang pour gagner en dignité !
 
Patrick Loiseau
Président du Comité
« Grand Ouest » du PG
Membre du Front de Gauche
Lu 599 fois



1.Posté par JD974 le 26/08/2012 19:13

Ne pensez-vous pas que la bonne analyse de ces 40 morts, de plus d’une centaine de blessés et d'un demi-millier d’arrestations est que les grèves son,t en réalité, insurrectionnelles et que la police est incapable de faire face à des manifestants déterminés que les syndicats n’arrivent plus à encadrer.

Après cette description des faits rééls, quelle analyse peut-on faire qui soit pertinent ?

Voici un avis : le « miracle » sud-africain n’est qu’un mirage. Le Président sud-africain, Jacob Zuma, a lui même souligné l'incompréhension suscitée par une telle répression, car il faut le dire c'est l’échec de l’ANC qui est total et cela dans tous les domaines :

1) Le chômage touche environ 40% des actifs et le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire, soit plus de 40% des Sud-africains, est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994. Qu'ont-ils gagné à leur changement de couleur de la direction du pays ?

2) Le climat social est empoisonné par les criantes inégalités nourries, il faut oser le dire, par les « Black Diamonds ». Qui sont-ils ? Ce sont ces nouveaux riches noirs, profiteurs insatiables qui ont fait main basse sur l’économie du pays et qui affichent, avec insolence, un luxe ostentatoire.

3) Le pays est livré à la loi de la jungle et des crimes sordides y font quotidiennement la « une » des journaux. En moyenne, plus de cinquante meurtres sont commis quotidiennement.

4) L’Affirmative Action ou « Ségrégation Positive », ou « Discrimination à l’envers », a remplacé le mérite et la compétence par la préférence raciale ou communautaire, tant dans les recrutements professionnels que dans l’obtention de contrats publics ou dans les grands choix politiques, administratifs, sociaux, etc.

5) Le pari qui était que la RSA allait décoller en raison de sa main d’œuvre noire à bon marché et de son encadrement blanc de haut niveau a été perdu car, depuis 1994, les Blancs diplômés ont quitté le pays, chassés par l’insécurité, les brimades diverses et la surfiscalité.

Que voulez-vous espérer par cet appel du Parti de Gauche qui réaffirmesimplement sa solidarité avec l'ensemble (Quel ensemble s'il est divisé par des ethnies) des forces politiques et syndicales d'Afrique du Sud dans leur lutte contre la pauvreté, pour la réduction des inégalités, pour le progrès et la justice sociales au sein d’un véritable Etat de droit ?

Ne pas voir la réalité en face, voilà ce qui rend cet appel pathétique.

2.Posté par Me Myself an i le 26/08/2012 19:56

Pas un mot sur le génocide subi par les afrikaners ???

3.Posté par JD974 le 27/08/2012 09:28

Vous avez raison de ne pas oublier les massacres de blancs.

Quand le FDG voudra bien les signaler dans ses interventions ainsi que ceux du Zimbawe, il sera plus crédible dans ses communiqués.

4.Posté par JD974 le 29/08/2012 09:47

@PATRICK LOISEAU

Vous devriez développer plus dans vos communiquées ce qui se passe chez nos voisins.

Historiquement, le secteur minier qui est le pilier de l’économie sud-africaine depuis la découverte de l’or et des diamants au XIXe siècle, a été très développé et il a été au départ la propriété de capitalistes anglo-saxons.

Ces derniers ont été rejoints, plus tard, par des capitalistes afrikaners. Depuis la fin de l’apartheid, c’est une nouvelle élite noire. Cette transformation capitalistique n’a pas eu l’effet escompté sur la transformation sociale, et c’est l’une des déconvenues, hélas prévisible, révélée par la tuerie de Marikana.

Cette crise est symbolique du mal sud-africain deux décennies après la fin de l’apartheid. Une bourgeoisie noire a bien profité de la transition, s’installant dans les quartiers hier réservés aux seuls Blancs, mais n’a pas tenu ses promesses vis-à-vis de la grande majorité de la population noire.

Jacob Zuma, le deuxième Président élu après Mandela, porte lui aussi une lourde responsabilité, après avoir organisé l’éviction de son prédécesseur, Thabo Mbeki, sur des airs populistes, sans pour autant rectifier ce qu’il critiquait hier. Le tout doublé de dérives personnelles très polémiques.

Dans « No time like the present », un roman sorti cette année en anglais de Nadine Gordimer, le prix Nobel de littérature, hier très engagée contre l’apartheid, dresse un bilan sévère de l’action de cette nouvelle élite noire et de la société postapartheid.

A lire cher Monsieur

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 9 Août 2018 - 14:46 La terre a tremblé non loin de Rodrigues