Faits-divers

Papy corrupteur deux fois condamné pour viol, il nie tout et récolte pour 5 ans de rab

Vendredi 18 Mai 2018 - 12:23

Correctionnelle Sud - Jeudi 17 mai 2018


Il a l’air d’un bon vieux tonton, comme ça. Costaud, barbe blanche, crâne façon Barthez, vêtu de propre entre ses accompagnateurs de la police, Louis B., 55 ans, sort tout juste de Cayenne où il attendait de passer devant le tribunal pour tentative de corruption de mineur, plus quelques broutilles style menaces de mort sous condition, appels téléphoniques malveillants, menaces de crimes divers, violences sur mineur et autres abus de confiance.

Rien que la tentative de corruption, déjà, est passible d’une " petite " peine de 10 ans.

L’esprit de Sitarane, ça peut toujours servir.

Mais apparemment, bonhomme s’en fiche comme de l’An 40. Il faut dire que les geôles de sa Majesté la République, il connaît. Connaît bien, même : il y est allé par deux fois, suite à deux procès en Assises pour viols. Dix-neuf et quinze ans, rien que ça.
Transféré à la villégiature de Cayenne-les-Bains (Saint-Pierre) en attendant la Correctionnelle, le bon Louis, après remise en liberté, n’avait rien trouvé de mieux que de s’en prendre à une famille à laquelle il avait fait miroiter la lune (la sienne !) et au sein de laquelle il a jeté son dévolu sur une jeune mineure de 13 ans. Qui a eu le courage, hier, de venir à l’audience et de regarder son tortionnaire dans les yeux.

Placé en libération conditionnelle en mai 2017, il n’avait rien trouvé de mieux que de venir chez cette famille dont il avait l’interdiction formelle de s’approcher. Ce qui lui a valu de se retrouver enchristé en attendant mieux.

Entreprenant une liaison avec la maman de la gamine, il avait montré ses intentions dès le départ : il avait " besoin de sperme de jeune vierge pour guérir sa jeune fille, mourante, à l’île Maurice ". Il se prétend guérisseur, invoque dieux et diables et même l’esprit de Sitarane. Il est vrai qu’on ne prête qu’aux riches. À noter que la " mourante " n’existe pas. Il prétendra même n’avoir jamais dit ça. D’ailleurs, il nie tout ; les autres, en surnombre, qui l’accusent, c’est rien que des méchants.

Une grand-mère courage

La jeune fille ne devra son salut, un soir, que grâce à la force de caractère de sa grand-mère : le monstre invite la gamine à la plage d’Étang-Salé par nuit noire. Ce que voyant, la brave Mémé exige de les accompagner. Et interviendra énergiquement lorsque le prédateur voudra aller trop loin, après une séance de massage " thérapeutique ".

Il prétend que la gamine va enfanter sous peu si elle ne lui fait pas confiance. Pire : elle va bientôt être paralysée et probablement aussi décéder pour faire bon poids.

Comble de la saloperie, Louis-le-Piteux dit à la gamine que son vrai père n’est pas celui qu’elle croit. On n’est pas plus dégueulasse.
Il se fait offrir des téléphones portables… avec lesquels il téléphone à ses maîtresses. Et s’en servira plus tard pour menacer cette honorable famille, quand elle l’aura flanqué à la porte.

À la barre, plus impassible que la statue du Commandeur, l’homme nie tout mais c’est compter sans la démarche méthodique et subtile du président François Strawinski. Après avoir rappelé le passé judiciaire très lourd de l’accusé, le président va subtilement pousser ce dernier à s’enferrer dans ses contradictions successives.

Par le fait, le malfaisant va adopter une attitude peu conforme à ses propres intérêts et un système de défense incroyable : par bribes de mots ou haussements d’épaules, il nie tout. Il est victime d’un complot, na ! La grand-mère, la mère, la victime, ses propres soeurs, ses ex-avocats, le juge d’application des peines, le personnel chargé du suivi judiciaire, les policiers, les gendarmes, tous mentent. Ils lui en veulent, il ne sait pourquoi, c’est comme ça et pas autrement !

Des propos insoutenables…

Les menaces commencent à fuser dès qu’il est mis à la rue par la famille : " Si elle porte plainte, je la tue ! "

C’est loin d’être le tout, il s’en faut de beaucoup. 

Inconscient des traces qu’il va laisser, il balance textos sur textos en des termes qui font frémir. Moments choisis (excusez la dureté des paroles du monstre, elles ont été rapportées à l’audience) :

" Si elle refuse, je vais lui décoller la tête… Je vais la faire jouir à distance (sic !)… Je ne l’ai jamais vue (NDR : sa victime)… Sa maman est jalouse de mes maîtresses. Or, une femme trahie est une femme dangereuse… Combien de temps je suis resté en prison ? Je ne m’en rappelle plus. Seize/dix-sept ans peut-être ?… Je n’ai pas un gros appétit sexuel contrairement à ce qu’on dit. Ils mentent tous… Une de mes soeurs prétend que je l’ai violée à plusieurs reprises quand elle était jeune ? Elle ment… Cette gamine prétend que je l’ai menacée de lui trancher la gorge à plusieurs reprises ? Elle ment… Mes trois soeurs prétendent que je suis menteur, manipulateur, pervers ? Elles mentent… Moi, semé la terreur dans ma famille ? Mensonges… Ma fille me décrit comme déviant sexuel, comme pervers ? Mensonges… (À la maman, par texto :) Mi sa bourr’ out’ fille et toutes ses amies !… Amène out’ fille mi bourr’ à elle !… Mi aime les chouchouttes tendres… Tu me donnes tes chouchoutes ? Je te donne 10 euros par cul… "  J’en passe et des plus sordides.

" Égocentrique, mégalo, parano, dangereux… "

Avec une patience digne d’éloges, le président lui rappelle que dans les deux affaires de viols qui l’ont conduit en méditation forcée à Domenjod, son processus de prédation était le même ; les victimes sont des jeunes filles et la menace de recours aux forces occultes omniprésente.

Rien n’y fait : s’il a été condamné, c’est la faute de ses avocats. Lui est innocent comme l’agneau qui vient de naître. Les textos accompagnés de sa photo ? C’est pas lui qui les a envoyés. Sans doute sa vieille maman (85 ans).

Cet agneau sacrificiel est connu comme le loup blanc qui ne l’a pas encore dévoré, selon tous les rapports d’enquête, unanimes. Pour les experts psychiatres, l’homme est égocentrique, mégalo, parano, méfiant, excusez du peu, et offre délibérément cette façade lisse qui ne permet pas de le comprendre en totalité. Sa personnalité, toutefois, ne laisse aucun doute : pépère est dangereux.

Pour les parties civiles, Me Samaïda Mardaye, toute jeune au barreau sudiste, a dégainé le 22 Long Rifle. Après quoi Me Khlifi Éthève y est allée du 38 spécial, avant que le procureur Zuchowicz ne décidât de sortir le 44 magnum cher à Harry et de réclamer pas moins de 5 années de gnouf. Pour une fois, il n’a pas utilisé le 75-sans-recul auquel nous nous attendions.

Nous devons saluer l’immense courage de Me Frédéric Hoareau, grand défenseur des causes perdues, qui a empoigné ce lourd dossier à bras-le-corps, soulignant les incertitudes nombreuses de l’accusation, les " accusations sorties d’un chapeau comme par miracle au même moment ; les deux thèses qui s’affrontent ; l’hypothèse de la jalousie qui n’est pas invraisemblable " et, surtout,  Code Pénal en main, l’accusation de corruption de mineur dont les éléments constitutifs n’apparaissent jamais à la lecture de l’acte d’accusation.

Les doutes  semés par le ténor sudiste n’y ont rien fait, en raison peut-être de l’image judiciaire et personnelle de l’accusé, et du côté révoltant des faits : le procureur a été suivi dans son réquisitoire, le tribunal condamnant Louis B. à : 
5 ans ferme, maintien en détention, suivi socio-judiciaire de 10 ans (sinon 3 ans de prison de rab), obligations de soins, interdiction d’entrer en contact avec les membres de la partie adverse, 3.500 euros de dommages-intérêts à la victime, 1.000 euros à sa maman, 1.000 euros à la merveilleuse grand-mère.
Jules Bénard
Lu 5242 fois



1.Posté par Pomponette le 18/05/2018 13:50

Mais, quels demeurés peuvent se faire embobiner par de pareils débiles ????
C'est grave là !!!

2.Posté par yabos le 18/05/2018 18:14

Toute sa vie en prison serait un minimum, pas 5 ans . On marche sur la tête dans notre société.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter