Communiqué

PAPI l'Hermitage-La Saline : Quelques questions aux élus du TCO

Vendredi 9 Novembre 2018 - 17:33

Les banians de l’Hermitage sont donc provisoirement sauvés. La mobilisation a permis de faire reculer les élus du TCO. Néanmoins, les travaux de déforestation pour le PAPI (Programme d’Action pour la Prévention des Inondations) continuent, nombre d’arbres sont abattus pour laisser place aux futures digues en béton qui vont défigurer cette zone.

Certains pensent que c’est le prix à payer pour prévenir les inondations et mettre en sécurité les personnes et les biens. Mais ce vaste système de digues et de bassins de rétention, chiffré à vingt-six millions d’euros et financé entre autres par la nouvelle taxe GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et prévention des Inondations), va-t-il vraiment sécuriser la zone ?

Plusieurs questions se posent et il serait bon que les élus du TCO se les posent aussi lors du prochain Conseil Communautaire.

Le PAPI se propose de « résoudre le problème des débordements pour des crues centennales » mais ne prend pas en compte les autres types d’inondations.

Ainsi, il ne prend pas en compte les inondations dues aux remontées des nappes phréatiques. Pourquoi ?

Il ne prend pas non plus en compte les inondations par submersion marine. Pourquoi ?

C’est d’autant plus surprenant que la prévention des inondations par submersion marine est explicitement une mission constitutive de la GEMAPI (article R. 562-18 du Code de l’environnement) On sait que le récif protège la zone littorale mais le PAPI en augmentant les déversements dans le lagon va altérer cette protection récifale et accroître ainsi le risque d’inondation par submersion marine. Le PAPI ne prend pas non plus en compte les houles exceptionnelles.

Plusieurs instances scientifiques ont alerté le TCO sur l’ensemble de ces risques qui peuvent se cumuler. En vain.

Enfin, le PAPI va favoriser l’expansion démographique et l’urbanisation, or, dans l’espace contraint du littoral du TCO, les embouteillages sont de plus en plus fréquents, notamment aux heures de pointe. Le PAPI ne comporte pas de volet déplacement et mobilité. Pourquoi ?

À l’heure du changement climatique et de la montée du niveau des océans, on doit s’interroger sur l’efficience d’un dispositif coûteux mais qui apparaît aujourd’hui comme une véritable bombe à retardement pour les années à venir.
Jean-Pierre Marchau Secrétaire Régional Europe Écologie Les Verts Réunion
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1.Posté par DOGOUNET le 11/11/2018 17:32

Vous avez parfaitement raison mais que faire face à l'incurie du pouvoir politique et à la voracité des bureaux d'étude et des entreprises ?

2.Posté par colimaconvert le 11/11/2018 18:10

j'applaudis des deux mains ce courrier de JP MARCHAU qui rejoint mes courriers antérieurs sur cette question des endiguements des ravines, inappropriée pour régler le problème de l'inondation de cette vaste zone de l'Hermitage-La Saline. En effet, et pour l'avoir vécu lors des cyclones antérieurs, notamment Hyacinthe, la submersion de ces zones, en période cyclonique, avec la forte pression de la remontée de l'océan provoque une remontée générale de la nappe phréatique. En ces périodes ce ne sont pas les ravines qui submergent l'Hermitage-La Saline, mais bien le phénomène couplé mer/nappe phréatique.
Je pense qu'il faudrait que les "ingénieurs et autres scientifiques" du GEMAPI revoient sérieusement leurs études pour éviter ces constructions de digues bétonnées qui vont encore une fois défigurer le site et couter grès chers aux contribuables...mais je crois sincèrement que ces courriers ne sont que gratifiant pour ceux qui les écrivent et que ces travaux d'endiguements vont quand même être réalisés car avalisés par des élus incompétents...
Pour mémoire, rappelez-vous l'endiguement à St Denis de la ravine Patate à Durand dont il a fallut ouvrir en catastrophe (en présence de Debré) une brèche conséquente sur la paroi de droite vers Ste Clotilde, pour que la masse des eaux puisse s'écouler, les eaux à l'exutoire aval étant refoulées par la remontée de l'océan...
2 grands principes hydrauliques devraient être toujours présents dans les prises de décisions de cette nature:
1 - L'eau de ruissellement prend toujours la ligne de plus grande pente, idem pour les ravines (vouloir détourner leurs cours est une erreur fondamentale.)
2 - Le principe de vases communicants entre les nappes phréatiques littorales et l'océan

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