Culture

Ouvrage: "Souffle du temps", une invitation au voyage surfant sur l'ondulation des rimes

Mercredi 27 Février 2019 - 10:17

Souffle du temps. Le titre est aussi poétique que son contenu. Ancien journaliste, Georges Lazarre vient de publier un recueil d'une cinquantaine de poèmes. Dans ce sixième ouvrage, l'auteur invite au voyage avec des textes légers, écrits avec des mots simples, sans abus de métaphores. Entre mélancolie, humour et espoir, sa poésie aborde de grands thèmes de société comme l'amour, la guerre, la famille, la nature. De quoi "souffler aux oreilles de chacun pour rappeler l’évidente fragilité des choses" et l'importance de "savourer chaque instant". Des lignes que l'on dévore sans voir passer le temps. Interview. 

Zinfos974 : Quel rapport entretenez-vous avec la poésie ?
Georges Lazarre : "Hier encore", en écoutant les chansons de Charles Aznavour et Francis Cabrel sur mon walkman, ce vieux baladeur ancêtre des Ipad, je punissais mon introversion qui me bâillonnait et m’empêchais de vivre, en griffonnant des bas de pages et des cahiers entiers. J’alignais ainsi des phrases que je croyais ressembler à des vers qui ne rimaient à rien peut-être. Mais j’étais heureux comme tout de confier au cahier mes petits secrets que personne, cependant, ne devait connaître. Comme dans un journal intime, je glissais entre deux pages une fleur qui finissait par sécher et se faner. Et les cahiers finissaient à la poubelle. Personne ne devait donc savoir puisque je craignais des déballages trop intimes et mes mots devaient rester entre moi et la poésie avec laquelle j’entretiens ce rapport fidèle qui remonte aux années collèges, au début des années 1980.
 
Pourquoi avoir choisi d’écrire un recueil de poèmes ?
Entre le roman épistolaire (comme Lettres de mon île, le précédent ouvrage) et le recueil de poésies, la césure n’est pas si profonde finalement. Elle n’est pas infranchissable. Comme dans l’épistolaire, en poésie on s’adresse souvent à des personnes, à des choses ou même à Dieu. Mais, dans une poésie (plus que dans l’épistolaire sans doute) l’on à tendance à jouer sur l’expressivité de la forme, à faire germer des métaphores et des sons qui disent plus qu’eux-mêmes, pour entendre fleurir une autre musicalité. Je crois qu’un recueil de poèmes peut être le prolongement d’un roman épistolaire et vice-versa. Dans un cas comme dans l’autre on écrit pour étancher une passion et pour le plaisir de partager la beauté des mots.
 
Pourquoi ce titre, Souffle du temps ?
Ce titre m’est venu comme ça. D’habitude je ne me fie pas à la première impression. Mais là, je trouvais que ça pouvait bien rimer avec un recueil de poésies. J’espère ne pas m’être trompé.

De grands thèmes de société sont abordés (l’amour, la guerre, la famille, la nature). Quelle est l’intention derrière ce recueil ?
Il n’y a pas d’intention particulière. Souffle du temps est un recueil écrit avec des mots très simples, sans trop de métaphores bien que celles-ci soient souvent l’âme d’une bonne poésie, ses couleurs et sa musique. Si intention il y a vraiment, c’est de souffler aux oreilles de chacun pour rappeler l’évidente fragilité des choses. La vie humaine parsemée de toutes les émotions (la haine, l’amour, la peur...) est éphémère. Il faut donc savourer chaque instant. Et surtout prendre le temps de dire "je t’aime" à ceux qu’on aime. C’est souvent tabou au sein des familles réunionnaises : passé un certain âge, on n’ose plus dire "je t’aime" à sa maman ou à son papa. À l’instant dernier de nos ainés, on tance alors cette forme d’ingratitude qui balafre et meurtrit notre conscience. Trop tard !
 
Si vous deviez choisir un adjectif pour décrire cet ouvrage, quel serait-il ?
Je dirais "audacieux". D’abord parce que les maisons d’éditions se risquent de moins en moins à publier des poésies privilégiant les romans. Je remercie d’ailleurs Spinelle Éditions qui m’accompagne dans cette formidable aventure. "Audacieux", parce que les Réunionnais qui ne lisent déjà pas beaucoup, s’attachent encore moins à la poésie.
À ce titre, et d’un point de vue strictement personnel, je regrette que rien ne soit fait, ici pour encourager et soutenir la création littéraire, ni  pour redonner le goût de la lecture. Quand tu cherches sur internet, partout en France métropolitaine fleurissent des concours de nouvelles, de poésies... sur toute l’année, soutenus par des collectivités. Ici c’est le vide, le désert, le néant... et chacun sait qu’il y a, à La Réunion de nombreux passionnés d’écriture, et sans doute de nombreux talents cachés. Soutenir et encourager la création littéraire pourrait peut-être aussi redonner l'envie de lire.
 
Qu’avez-vous ressenti lors de l’écriture de ces poèmes ?
Une grande fierté à chaque fois. Et une immense reconnaissance envers mes parents. Malgré les conditions de vie très modestes (on ne roulait pas sur l’or à la maison), ils ont su nous donner l’essentiel et les moyens matériels d’aller à l’école. J’ai pu retenir les bases de la composition d’un sonnet ; j’ai découvert et aimé l’ode de Ronsard "Mignonne allons voir si la rose". J’ai pu apprendre et aimer la langue française. Sur l’écriture des poèmes, s’est néanmoins posée une brume de tristesse de ne pas pouvoir aligner correctement des vers en créole. J’en suis vraiment affecté, bouleversé à l’idée de faire insulte à mes racines créoles. Si j’avais pu, j’aurais perfectionné les quelques poèmes en créole qui sont très moyens. Je m’en excuse d’ailleurs auprès de ceux qui vont les lire.
 
Qui sont vos poètes de référence ?
Depuis le collège et le lycée, Les fleurs du mal ne se sont jamais fanées. Charles Baudelaire figure assurément dans le peloton de tête de mes poètes préférés autant que le sont Victor Hugo, Leconte de Lisle, et bien sûr Pierre de Ronsard. Je regrette de ne pas m’être inspiré davantage de Jean Albany, le chantre de la créolie dont les textes sont magnifiques.
 
Travaillez-vous déjà sur un prochain ouvrage ?

Oui ! Les poésies sont déjà écloses d’ailleurs. Si la maison d’éditions me suit toujours, bien-sûr, ou si chez un autre éditeur pousse l’audace de m’accompagner, ce sera un recueil avec peu de textes en créole (parce que je n’y arrive pas. J’en ai presque honte). Mais ce sera un recueil davantage parfumé de métaphores...


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L’ouvrage est disponible sur les grands sites en ligne (dont la FNAC), mais surtout auprès de l’éditeur Spinelle Editions, où la livraison est gratuite. 
 

M.A
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1.Posté par Grangaga le 27/02/2019 14:04

"Audacieux", parce que les Réunionnais qui ne lisent déjà pas beaucoup, s’attachent encore moins à la poésie."

Di pa sa.......ou fé ontt' a nou là !!!!!!!!!!!!
Di plito......
"Ankorr' fo t'il' trouvé, le suzé é la lèk'turr' ki intérèss' le Réunyioné"..........
Lé Baudelaire, Verlaine, Camus, Hugo......nymphe, Shéhérazade, sonnet, balafre, tou sa là..
Sa l'été a bann' na..........
A nou fé lé nott', a noutt' l'épok', dann' noutt' kontèx', po noutt'.....lèk'tèrr'...
Y fo rann' a ...César, satt' y apartyin a César..........
Y fé rapèl' a mwin ossi, bougu' té y sa va antèrr' son vié.....Monmon là...
Kan l'ott' la di ali........
" Lèss' lé ....morr' s'okipé dé morr' ", okipp' a nou dé ...vivan .......
Mi ....mal'parl' pa ou, o kontrèrr', mi èmm' a ou byin.....
Satt' ou fé ossi...lé agantan po La Rényion.....
Mé oté....Gramounn', ou la vi mon ....nom ossi..........
Y fo mi fé a li in pé ...onèrr' dé tan z'an tan......
A ou mèm' !!!!!!!
Aprè va fé a ou in pé d'lèk'tirr'..."péï".......
Parss' d'apré mwin , a ou là......
Ou té ...anbrigadé dann', ou satt' y di nana ..."solèy' glassé ", ou......
Mwin nana in z'afèrr' pou ou là.........

.......................................La ban ô...............................................

Mwin la ékoutt' la nwitt'
Lété klèrr' konm' solèy' y lèvv'
Déssi ènn' ti flèrr' mar'gueritt'
Z'amouré zé t'èmm' y grènn' la prèvv'

Mwin la antandi la mèrr'
Digu'-digu' galé èk' son bat'man d'kèrr'
Po portt' la ké li té y rès'pirr'
Z'alizé la fé lo fy d'onèrr'

La zwa la ranpli mon pansé
Ma fwa la forss' a mwin o rès'pé
O twa mi sériss' an brèz' do fé
La swa tann' ton karo z'èrbb' divé

Mwin la santi la brum'
Sapp' dann' l'éranss' lo niaz' dan son somèy'
Poz' ti dous'man konm' in tull'
Si l'kèrr' brann' po pa kass' son rèvv'

Mwin la goutt' la vi
Plènn' linn' y kadanss' èk' sabo kabri
De valé an valé y déval' la pantt'
Santyié sovaz' tou l'tan mi panss'.......

2.Posté par Marie Lucie MAYOT CRESCENCE le 28/02/2019 09:43

Je suis poétesse de l'île de la Réunion et je publie mes recueils en auto édition (vente en ligne sur les
plateformes internationales ) je suis aussi correspondante de Poésie en liberté depuis 2015 pour le concours de poésies pour les jeunes du monde entier . Je m'accroche à mon site blog depuis 2015 . Je vous souhaite de grands succès poète ! Poétiquement vôtre ! LUCYE RAYE ( Lucie Mayot Crescence )

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