Courrier des lecteurs

Oui au dialogue ! Non à la casse du service public !

Mardi 10 Avril 2018 - 11:37

Les Français ont de bonnes raisons d’être inquiets et leur inquiétude transparaît dans la  question suivante : le service public est-il condamné à passer des « sommets aérés » aux « vallons brumeux » ? En guise de réponse, voici d’emblée une mise en garde solennelle adressée au Président Emmanuel Macron et à son Gouvernement : sous prétexte de faire passer à n’importe quel prix le déficit public sous le seuil des 3 % du produit intérieur brut (PIB) exigé par les traités européens, ceux qui cherchent à casser le service public – un service qui est pourtant « la marque de fabrique » ou « l’apanage institutionnel » de la France contemporaine depuis la Libération – pourraient fort bien le regretter.
 
Car c’est un procès-verbal que tout le monde peut désormais établir. Le « pouvoir macronien » est désireux d’imposer, au nom de la rentabilité et de l’efficacité et avec des mots souvent difficiles à comprendre, pour ne pas dire abscons (bottom up, coconstruction disruption ou encore libération des énergies)[1], un hyper libéralisme économique – lui-même avatar de la mondialisation – doublé d’un autoritarisme social ou « paritarisme étatisé », tout particulièrement pour la transformation de l’assurance-chômage et celle de la formation professionnelle[2]. Cependant, il est clair que les autorités supérieures de l’État ont déjà mangé leur pain blanc : dès lors qu’il est apparu qu’elles refusaient d’engager un authentique dialogue social avec les représentants du peuple, l’état de grâce dont elles bénéficiaient jusque-là s’est envolé. Les chiffres parlent d’ailleurs en ce sens. Si un récent sondage Elabe diffusé le 22 mars dernier révèle que la politique menée par le Pouvoir exécutif est bien conforme aux engagements du candidat Emmanuel Macron pour 58 % de Français, en revanche, 74 % des personnes interrogées ont le sentiment que l’autoritarisme et l’injustice ont fortement progressé au cours des derniers mois. C’est là que le bât blesse. En vérité, notre pays peut aujourd’hui être comparé à un bateau ivre, semblable au Titanic, qu’un jeune pilote autant inexpérimenté qu’obstiné dirige, sans état d’âme, dans le brouillard et sur une mer houleuse vers des icebergs de plus en plus gigantesques.
 
En d’autres termes, si nos dirigeants ne veulent pas changer leur fusil d’épaule et modifier leur « feuille de route » pendant qu’il est encore temps, s’ils ne veulent pas faire preuve d’un minimum d’empathie à l’égard des citoyens qui souffrent, s’ils ne veulent pas ouvrir de véritable négociations avec les grévistes, alors on peut effectivement s’attendre au pire. Le capitaine Emmanuel Macron pourrait ne pas être en mesure de terminer son mandat présidentiel, dans la mesure où la France connaît aujourd’hui un « bras de fer » comme elle en a peu connu au cours des deux dernières décennies. Faut-il en outre rappeler au chef de l’État que, dans quelques semaines, on va fêter le mémorable cinquantenaire de « mai 68 » ? En parodiant la formule de feu le Grand Timonier, a-t-il conscience que « l’herbe est extrêmement sèche » en cette saison printanière et qu’une « étincelle peut mettre le feu à toute la plaine » ? Dans ce scénario catastrophe qu’il ne faut pas totalement exclure, la première journée de mobilisation et de grève du jeudi 22 mars 2018 décidée par sept organisations syndicales pour défendre le service public, le statut des fonctionnaires et les cheminots a été considérée comme un « coup de semonce » plutôt réussi adressé au Gouvernement d’Édouard Philippe et à sa « chambre introuvable ». Avec l’entrée des étudiants dans la danse, les autres journées de grèves sont également démonstratives et la contagion est imprévisible.
 
Si le mécontentement est devenu général, c’est parce que tous les signaux sont désormais au rouge. À l’exception des banquiers, du patronat et la classe des gens riches qui sont ouvertement choyés et bénéficient déjà de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé dans la loi du 30 décembre 2017 (loi de finances pour 2018) par une taxe qui ne concerne plus que les biens immobiliers (au rendement plus faible), les Français sont désormais, pour la plupart, désemparés et surtout pessimistes pour l’avenir de leurs enfants. Ils le font savoir en brocardant le président et ses ministres (pour la plupart sans expérience et, de surcroît, illustres inconnus) sur les réseaux sociaux, en descendant bruyamment et de plus en plus nombreux dans la rue avec des pancartes explicatives et peu révérencielles, en faisant des grèves à répétition de plus en plus perturbantes mais néanmoins inévitables pour se faire entendre de dirigeants apparemment frappés de psychorigidité et de surdité.
 
Obtenus au cours de plusieurs décennies, à la suite de luttes incessantes par les forces de progrès, tous les droits acquis dans le cadre de notre modèle social et républicain – un modèle pourtant vanté à l’étranger, non sans fierté – sont, du jour au lendemain, remis en cause d’une manière autoritaire, expéditive et surtout sans discernement.
 
En vérité, on assiste au plan général à une lente destruction de l’État providence, la remise en cause des fondements de notre système social né au lendemain de la Libération et l’amoindrissement de la place dévolue aux partenaires sociaux, des partenaires relégués de plus en plus au rang d’exécutants, voire de potiches. Redoutée par les syndicats, la casse du service public est en effet programmée et ses serviteurs – considérés comme une classe de privilégiés avec la fameuse garantie de l’emploi – voués à la vindicte populaire. En prenant appui sur un technocratisme autoritaire qui est aux antipodes de la démocratie, le « pouvoir macronien » veut imposer la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique au cours du présent quinquennat, l’instauration de plans de départs volontaires pour des fonctionnaires qui sont aujourd’hui dénigrés, la mobilité des agents de la fonction publique ainsi que le développement des rémunérations dites « au mérite » sur le modèle de ce qui existe déjà dans le secteur privé, mais au mépris de l’égalité républicaine des droits. De fait, le pouvoir en place entend remplacer de plus en plus souvent et de plus en plus rapidement les fonctionnaires titulaires qui bénéficient d’un statut général, jugé désormais « inapproprié » – parce que trop protecteur – par des robots ou des contractuels : alors bonjour la précarité de l’emploi et les rémunérations au rabais avec les CDI et plus encore avec les CDD ! De surcroît, le pouvoir gèle la valeur du point d’indice qui sert à calculer les rémunérations de ses agents, alors même que le coût de la vie augmente de manière inexorable : il le fait sur les recommandations pressantes d’économistes ultralibéraux et d’énarques parisiens et bruxellois qui ont convaincu – non sans cynisme – le président Macron qu’il faut désormais accoutumer les cinq millions et demi de fonctionnaires et assimilés (soit près de 20 % de la population active) à vivre avec des rémunérations « low-cost » afin qu’ils s’habituent, une fois à la retraite – ces vieux emmerdeurs inutiles et de plus en plus nombreux – à vivre en silence avec de petites pensions[3]!
 
Maintenant, quand on examine le service public sous un angle catégoriel, un service public qui risque de disparaître au terme d’une longue agonie, un constat négatif est encore plus évident au niveau de l’éducation, de la santé, de la sécurité ou des transports ferroviaires. Autant dire que la tempête sociale se manifeste maintenant tous azimuts. Les personnels soignants, les médecins et les chirurgiens dans les hôpitaux, les gardiens de prison, les avocats, les greffiers, les magistrats et les personnels des services judiciaires dans les palais de justice, les policiers dans les commissariats, les cheminots dans les gares et sur les voies, tous sont au diapason pour dire qu’ils redoutent la poursuite d’une baisse déjà constatée des effectifs, des réformes qui les éloignent des citoyens ainsi que de nouvelles et progressives dégradations de leurs conditions du travail et d’accueil, sans oublier bien sûr l’insuffisance cruelle de leurs revenus. Mais le pouvoir en place affiche contre vents et marées sa « grande détermination à poursuivre les transformations » envisagées et ne veut pas les écouter : au fond, peu lui chaut que le service public passe des « sommets aérés » aux « vallons brumeux » !
 
Parallèlement, dans les lycées et les universités, la mobilisation des étudiants se renforce depuis quelques semaines contre un Gouvernement qui n’entend laisser aucune place au dialogue. En instituant « un blocus illimité » des campus universitaires ou en occupant les salles de cours et les amphithéâtres, l’objectif des étudiants est de s’opposer à une désorganisation profonde de l’enseignement supérieur ainsi qu’aux nouvelles modalités d’accès à l’Université fixées par la loi du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (« loi Vidal »), des modalités qui sont assimilées à une forme de « sélection au mérite »[4]. Les étudiants sont légitimement inquiets pour leur avenir dès lors que le pouvoir – un pouvoir qui cherche à diviser pour régner – veut les persuader qu’ils gagneront, non pas la lutte des classes prônée par Karl Marx – une lutte qui est désormais bonne à jeter dans la grande poubelle de l’histoire – mais – le président Macron en est convaincu – la lutte intergénérationnelle opposant désormais les jeunes et les vieux, les actifs et les retraités. Mais parlons-en de cette prétendue « bataille intergénérationnelle » alors qu’il faudrait plutôt parler de « solidarité inter-générations » !
 
Conçue depuis quelques années dans des cabinets parisiens par des technocrates arrogants, coupés de la réalité et aux idées de plus en plus fumeuses, cette bataille intergénérationnelle a déjà été mise en œuvre de manière magistrale par le « pouvoir macronien » et, bien sûr, elle se fait déjà dans un sens bien précis : toujours au détriment des personnes âgées, des faibles et des retraités. Alors même que les classes les plus aisées bénéficient désormais de la suppression de l’ISF (l’impôt de solidarité sur la fortune), remplacée au 1er janvier 2018 par une taxe qui ne concerne plus que la fortune immobilière (IFI), faut-il ici rappeler que, parallèlement, depuis cette date mémorable, des millions de personnes du troisième âge sont indistinctement victimes d’une amputation de leurs pensions de retraite à la suite de l’augmentation de la CSG (la fameuse contribution sociale généralisée) de 1,7 point, alors même qu’il est connu de tous que la plupart des pensions perçues en France par les retraités sont dérisoires, quand elles ne sont pas franchement indécentes[5] .
 
Sous prétexte de remédier à la décrépitude du réseau ferré et de moderniser cette « vieille dame » qu’est la SNCF, de combler ses déficits – au demeurant bien réels – et de l’ouvrir progressivement à la concurrence étrangère (voici une curieuse idée concoctée elle aussi par les cercles responsables de l’Union européenne !), le président Macron et son Gouvernement ont bien l’intention de ranger le service public du transport ferroviaire « aux oubliettes de l’histoire », au besoin sans discussion sérieuse, c’est-à-dire en passant en force par le recours à la loi E-Khomri et aux scélérates ordonnances, déjà utilisées avec succès pour démanteler le Code du travail avec la bénédiction affichée du patronat et notamment du MEDEF, avec pour finalité la suppression d’une kyrielle de lignes de province jugées peu rentables (autant dire adieu au transport ferroviaire de proximité !), l’affaiblissement des organisations syndicales, la remise en cause du statut protecteur de cheminot pour les nouveaux embauchés, la limitation des dommages et intérêts dus en cas de licenciement abusif et, plus encore, la transformation de la SNCF en société anonyme, considérée par la plupart des syndicalistes comme l’antichambre d’une future privatisation de l’entreprise « par pur dogmatisme idéologique » et – sur un plan encore plus global – une préfiguration de ce que sera probablement demain la casse irrémédiable de notre modèle social et républicain. 
 
Pour notre part, nous restons convaincus que le service public traditionnel « à la française » demeure plus que jamais un rempart nécessaire et même irremplaçable face aux conséquences dévastatrices du libéralisme et de la mondialisation. C’est dire qu’il faut résolument se battre pour le sauvegarder car il compte parmi les principaux leviers de nature à lutter efficacement contre les inégalités qui ont aujourd’hui tendance à proliférer et à s’aggraver de manière exponentielle dans la France macronienne.
 
_____
 

[1]Nicolas CHAPUIS, « Quatre mots-clés du lexique LRM. Le vocabulaire de la Macronie est truffé de mots parfois alambiqués », Le Monde, samedi 24 mars 2018, p. 9.
[2]Sarah BELOUEZZANE et Bertrand BISSUEL, « Les partenaires sociaux, faire-valoir des réformes ? Syndicats et patronat ont le sentiment que l’État met au pas le paritarisme, à travers ses projets de loi », Le Monde, mercredi 28 mars 2018, p. 8.
[3]Anicet Le PORS, « Les fonctionnaires, voilà l’ennemi » et Pierre RIMBERT, « L’intérêt général à la casse. Refonder plutôt que réformer », Le Monde diplomatique, avril 2018, respectivement p. 1 et p. 10.
[4]Annabelle ALLOUCH, « Les étudiants livrés au marché de l’anxiété », Le Monde diplomatique, avril 2018, p. 10-11.
[5]Daniel FAIVRE, « Le Président n’aime pas les vieux », Le Quotidien de La Réunion, lundi 26 février 2018, p. 49.
 
André Oraison
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1.Posté par L'Ardéchoise le 10/04/2018 14:30

Monsieur "j'ai raison", que je sache, d'après votre photo, vous n'êtes pas un jeune premier.
Vous avez connu mai 68. Mais où ?

Faut arrêter avec le délire mai 68 !
Vous savez quoi : les protestataires, les grévistes, les je ne sais quoi, parcourront villes et campagnes téléphones ou tablettes à la main, ce sera à celui qui fera le meilleur "selfie".
Si il doit y avoir un mai 2018, il ne sera en rien semblable à l'autre : plutôt que d'être à gauche, les nouveaux venus risquent plus d'être maladroits, ou si vous préférez, mal à droite.
La nouvelle "chienlit" ne peut en aucun cas ressembler à l'autre.

Le souk, oui, mais que la France va-t-elle y gagner ?

E. Macron n'est pas De Gaulle et la démission, vous pouvez vous asseoir dessus.

Et pour en revenir à De Gaulle, il avait dit un truc du genre qu'on ne pouvait réformer un pays où il y avait tant de fromages...
Etes-vous chèvre, vache, ou brebis ?

2.Posté par JORI le 10/04/2018 15:59

En résumé, ne faisons rien, ne changeons surtout rien et tout ira mieux demain. Surtout tant qu'on trouvera des con...tribuables pour financer le déficit creusé par les gouvernement précédents. Ne changeons surtout rien pendant que les autres Etats ont réalisé leur mue.

3.Posté par margouillat974 le 11/04/2018 11:18

Allez faire un tour sur le site la dette publique.fr . ,c'est instructif.

4.Posté par margouillat974 le 11/04/2018 11:34

Pour dialoguer, il faut s'adresser aux bons interlocuteurs : malheureusement, ils ne sont pas français !!

5.Posté par Pierre Balcon le 11/04/2018 17:33

J'ajouterais au désastre , parmi les mesures injustes prises par le gouvernement Macron, - puisque l’intéressé , par un coup d'Etat permanent , se prend pour un monarque en cumulant , en violation de notre Constitution , les compétences des art 5 et 20 de notre Texte fondamental - , en plus de la suppression de l'ISF :

1- l'abandon du principe de progressivité de l'impôt ( conquête de 1914 qui justifiait l'existence de tranches d'imposition ) , remplacé pour les hauts revenus par une " flat tax" à 30% répartie entre la CSG à 17 % et l'IRPP à 13 % , soit un gain net de plus de 30% d'IRPP pour les détenteurs de revenus financiers ) ;

2 l'abandon du principe d'imposition égale pour les revenus du travail et ceux du capital , conquête des vrais socialistes des années 80.

Quand je pense que ce sont en majorité des idiots inutiles de socialos qui lui ont fait confiance .
Quel aveuglement !

Quand je pense que les mêmes aujourd'hui au lieu de faire amende honorable viennent nous proposer une " re fondation " de leurs cerveaux malades !

6.Posté par JORI le 11/04/2018 22:03

5.Posté par Pierre Balcon le 11/04/2018 17:33
Macron ne viole aucun article de la Constitution contrairement à ce que vous prétendez.
Et votre candidat Fillon qui voulait supprimer l'ISF, qu'en pensez vous??..
Et sous la gouvernance de votre candidat Fillon, le principe d'imposition égale pour les revenus du travail et ceux du capital était il de rigueur??.
Quand je pense que ce sont en majorité des idiots inutiles de droite, auxquels vous avez avoué appartenir qui aujourd'hui veulent lui donner des leçons!! .Quel aveuglement !.
Et je ne parle même pas de l'absence de proposition de refondation de leurs cerveaux!!. MDR

7.Posté par margouillat974 le 12/04/2018 09:27

@ 6 Effectivement, Jupiter ne viole aucun article de la Constitution : Mr Valls s'en est chargé quelques heures avant son départ par l'instauration du décret du 05/12/2016 qui place l'autorité judiciaire sous le contrôle du Ministère de la Justice, donc du pouvoir exécutif.
Que prévoit l' article 16 du préambule de notre constitution : séparation des pouvoir législatif, exécutif ET de l'autorité judiciaire.
L'application de ce décret 2016/1675 au 01/01/2017 rend la Constitution caduque.
Tous les actes judiciaires commis depuis cette date sont tous illégitimes .
Je vous laisse le soin d'intégrer dans votre "logiciel" quelles en sont les conséquences.
Les grèves " justice morte" de nos chers avocats me font doucement rigoler, on peut voir où se situe leur " amour de la vocation"

8.Posté par Pierre Balcon le 13/04/2018 02:23

violations permanentes de la lettre et de l'esprit de notre Constitution

- l' article 1er et suivants nulle part ne parle "d'un chef de l'Etat" et dit même le contraire en prévoyant une organisation décentralisée où il y a donc plusieurs chefs à chaque niveau d’organisation de l’Etat . Ce principe de décentralisation est au surplus en permanence bafoué ( le dossier de l’aéroport de Notre Dame des Landes est à cet égard une caricature) En France c’est Paris qui décide de tout .

- l' article 2 désigne le drapeau bleu blanc rouge comme seul emblème national. Le drapeau européen n’a rien à faire dans les lieux publics , dominant notre emblème national , ou alors faudrait changer notre Constitution sur ce point

- l' art 4 prescrit aux partis politiques de respecter dans leur fonctionnement les principes de démocratie , ce qui qui exclut que ce soit le président de la république qui désigne le président d'un parti comme l'a fait Macron ;
- l'art 5 définit les pouvoirs du Président de la République et en fait le gardien de nos institutions et l'arbitre . ce n'est donc pas à lui de gouverner;

-l’art 16 mentionne l’état de siège et l’art 36 vise les « pouvoirs exceptionnels du président de la République ». L'état d'urgence qui emporte pourtant des restrictions importantes aux libertés et porte atteinte à la séparation des pouvoirs n'a délibérément pas été mentionné dans aucun de ces deux articles. La loi n° 2017-1510 du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme est venue pérenniser un dispositif , remontant à 1955 , qui avait pour vocation à des situations exceptionnelles. Elle aurait justifié à ce titre d’être cadrée par notre Constitution .

- l' art 20 définit les fonctions du Premier Ministre et prévoit que c'est le gouvernement ( auquel n'appartient pas le Président de la République ) qui détermine et conduit la politique de la Nation ; il limite du même coup celles du président de la République dont les fonctions principales consistent à veiller au bon fonctionnement de nos institutions . Cet article n’a pas été modifié par le texte du referendum de 62 qui a prévu l’élection du Président non plus par un grand collège d’électeurs mais par le suffrage universel ;

- l' art 27 interdit les mandats impératifs dont abusent les patrons des Marcheurs

- l' art 32 fixe la durée du mandat de président de l'Assemblée aux 5 années de la législature et non pas à la moitié de celles ci , comme l'a fait de Rugy ;

- l'article 34 confère au Parlement et non pas à la BCE le contrôle d'émission de la monnaie et limite le pouvoir du Parlement en matière de CSG à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale ; alors que ce même article 34 délimite le domaine de la Loi , on assiste en permanence à des empiètements du pouvoir législatif sur le pouvoir réglementaire .

- l’art 40 interdit d’introduire des amendements parlementaires qui auraient pour effet d’alourdir les charges ou de diminuer les recettes . Pourtant cette procédure a été largement utilisée notamment à l’occasion de l’examen de la loi Egalité réelle ;

- l’art 42 prévoit que la discussion sur les projets ou propositions de loi porte sur les textes adoptés en commission . Cette disposition introduite en 2008 , a complètement brouillé le pilotage de la procédure parlementaire , au point qu’on ne sait désormais plus qui a réellement l’initiative des lois et les projets sont devenus de simples « véhicules législatifs » .

- les articles 52 et 53 décrivent la procédure de ratification des traités et déterminent la condition de leur prise d’effet . On ne s’explique pas comment un traité comme le CETA pourrait être mis en application « expérimentale » avant d’avoir été ratifié, et dans quel ordre juridique s’inscrivent les "vetos" à posteriori à la mode Hulot - Macron;

- l' art 64 confère au Président le soin de veiller à l'indépendance de la justice , ce qui exclut qu'il s'en serve comme levier pour accéder au pouvoir ou protéger ses copains ; Dans les derniers instants de son mandat de Premier ministre, Manuel Valls a signé un décret créant l'Inspection générale de la justice (IGS). Une institution qui va réunir les anciens systèmes de contrôle.
Sauf que là, et pour la première fois, la Cour de cassation va être concernée par cette disposition.

- les art 69 , 70 et 71 confèrent au CESE une compétence consultative , notamment en matière économique et environnementale , alors que dans les faits cette instance n'est jamais consultée. On invente parallèlement des gadgets d'Assises ou d'Etats généraux ;

- le défenseur des droits dont les compétences sont prévues à l'art 71-1 ne sert plus à rien ,

- l' art 72 prévoit la libre administration des collectivités locales et a priori interdit au gouvernement de déséquilibrer massivement ses recettes . Cette même autonomie fiscale est prévue par la Charte européenne de l’autonomie fiscale des collectivités , ratifiée par la France le 5 Mai 2007. Elle est en l’espèce ignorée .

- l'art 73 a été rédigé pour être totalement incompréhensible;
- l’ art 88 se réfère à un concept fumeux de « civilisation » ;
- l’art 88-6 prévoit un principe d’intervention subsidiaire de l’Europe allègrement bafoué , l’Europe se mêlant de tout !

Voilà !!

Et je n'ai pas parlé :

- du sinistre Congrès du Parlement réuni à Versailles le 4 février 2008 qui a conduit à l’adoption du projet de loi modifiant la Constitution, préalable nécessaire à la ratification du Traité de Lisbonne. Ce dernier a ensuite été ratifié trois jours plus tard à l’Assemblée nationale ,
La ratification par voie parlementaire du Traité de Lisbonne, copie du Traité Constitutionnel Européen refusé par le Peuple français en 2005 par référendum, constitue bien un véritable coup d’État, un acte antirépublicain et contre-révolutionnaire.

- du droit au travail bafoué ,
- de l’équilibre des médias et de la liberté de la presse,
- de la soustraction de plus en plus fréquente du droit commercial et du droit du travail au droit commun , entraînant une rupture de l’égalité devant la loi ,
- du recours aux « arbitrages » dans les traités commerciaux internationaux qui rend inopérant la loi commune .
- Et puis lors de ses vœux à la presse, le mercredi 3 janvier 2018, le chef de l’État a annoncé qu’un « texte de loi » allait être « prochainement » soumis au vote de l’Assemblée nationale pour s’attaquer aux « fake news » sur Internet en « période électorale » , alors que la liberté « d’opinions » et la « libre communication des pensées et des opinions » sont garanties en France par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, rappelée en préambule de notre Constitution du 4 octobre 1958.

Et puis voilà que Macron veut s'attaquer pour l'affaiblir au Parlement. Comme l'a dit Hollande pourquoi s'arrêter à 400 députés alors que 3 suffiraient !

Y a du boulot pour que la France redevienne un pays démocratique i

9.Posté par Fredo974 le 14/04/2018 11:30

Je trouve qu'Ondré Araison .......

10.Posté par Pierre Balcon le 14/04/2018 15:36

Et je n'ai pas non plus évoqué le fait de déclarer la guerre à la Syrie sans mandat de l'ONU et sans consulter le Parlement .
Macron est un apprenti dictateur

11.Posté par Fredo974 le 15/04/2018 11:25

Les cocus et Pierre au balcon :

Macron est un apprenti dictateur , tu divagues Pierre !
Macron est juste un homme à la hauteur de la fonction
Il ne sait même pas que tu existes !

12.Posté par nicolas le 22/04/2018 20:17 (depuis mobile)

Merci Fredo974
Oui il est à la hauteur enfin un Président qui voit l’avenir
Merci Mr MACRON
Félicitations faut continuer dans cette voies

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